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Full text of "Dictionnaire d'argot fin-de-siècle"

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^ 



DICTIONNAIRE D'ARGOT 

FIN-DE-SIÈCLE 



DU MEME AUTEUR 



PARIS-DOCUMENTAIRE 



VOLUMES PARUS 



1. 

II. 
III. 
IV. 

V. 
VI. 



Paris-oublié. 

Paris-qui-s'efface. 

Paris Canard. 

Paris-Palette. 

Paris-Impur. 

Paris-Cocu. 



VII. 
VIII. 

IX. 
X. 

XI. 



Paris-Police. 

Paris-Escarpe. 

Paris-Boursicotier. 

Paris-Galant. 

Paris-Médaillé. 



XII. Paris-Croque-Mort. 



VOLUMES A PARAITRE 



Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 
Paris 



la-Nuil. 

Ambulant. 

Dompteur. 

M as troque t. 

Brasserie. 

Bastringue. 

Cabotin. 

Palais. 

Brocanteur, 

Gargantua. 

■Canotier. 

Tripot. 

à-Table. 

Mendigo. 



Paris-Prison. 

Paris-Escrime. 

Paris-qui-s'éveille. 

Paris-Toqué. 

Paris-Musicien. 

Paris-Huissier. 

Paris-Etudiant. 

Paris-Domestique. 

Paris-Gavroche. 

Paris-Borgia. 

Paris-Badaud. 

Paris-Cafard. 

Paris-Portière. 

Paris-Bourgeois. 



VOLUMES DIVERS EPUISES 



La Commune de Paris, 
1870-1871. 

Les Maisons comi- 
ques. 

Mémoires secrets de 
Troppmann. 



Les Virtuoses du Trottoir. 
Les Curiosités de Paris. 
Les Sauterelles rouges. 
Ces Dames du grand 

monde. 
Les Jeux et les Joueurs. 



A Fniiicisqne SARCEY 



HOMMAGE RESPECTUEUX 



Ch. virmaitre. 



DICTIONNAIRE 
d'Argot 



FlH-lDE-SI]Èel:iE 



PAR 



Charles VIRMAITRE 




PARIS 
A. CHARLES, LIBRAIRE 

8, RUE MONSIEUR-LE-PRI\CE, 8 
1894 



^ln^\ FRANCISQUE SARCEY 



, , A MON CHER ET HONORE CONFRERE 



Permettez— moi de vous prier d'accepter l'hom- 
mage de ce volume. Je suis persuadé que le nom du 
maître critique lui portera bonheur. 

J'ai essayé de faire juste, sans, comme mes devan- 
ciers^ écarter volontairement des termes risqués. 

Je les ai écrits comme ils sont employés dans les 
milieux auxquels je les e?nprunte. 

Pour écrire mes précédents ouvrages ^j' ai dû vivre 
dans ces milieux, depuis l'atelier jusquaux bouges 
les plus infects, inconnus des chercheurs^ et oîi^ d'ail- 
leurs, nul n'oserait s' aventurer sans danger. 

C'est donc un Dictionnaire vécti, étudié sur le vif 
S'il n'est pas aussi savant que ceux de MM. Jean 
Rigaud, Alfred Delvau et Lorédan Larchey, il a au 
moins le mérite de n'être pas fantaisiste ; il n'est 
pas l'écho atténué par une pudibonderie par trop 
Bérengeriste des expressions en usage depuis des 
siècles. 

Des dames à un certain bal célèbre, mirent leur 
chemise au vestiaire, j'ai fait comme elles, ce sera 
moins beau sûrement, mais c'est aussi nature. 

TO BE OR MOT TO BE 

Veuillez agréer, mon cher Maître, mes remercie- 
ment s ^etJL£x^r es sion de mes sentiments de confrater - 

nité.'\^Vi /^ n ^t^^x 

■' ' -f >, CH. VIRMAITRE. 



Moti cher Confrère^ 

Vous ni'ûve^ fait grand plaisir en vous 
souvenant du goût que fai toujours mon- 
tré pour les études de linguistique. J\j' me 
les locutions d'argot^ dont beaucoup sont 
très pittoresques ; au lieu de les proscrire 
toutes, comme font les dégoûtés, nous de- 
vrions avoir à cœur de choisir les plus 
expressives et de les introduire dans la con- 
versation de la bonne compagnie, d^oii elles 
passeraient dans le Dictionnaire de V Aca- 
démie, qui leur donnerait ainsi leurs lettres 
de naturalisation. 
Je vous remercie et vous serre la main. 

FRANCISQUE SARCEY. 



PRÉFACE 



Avant que les bonnes feuilles de ce Diction- 
naire ne me tombassent sous les yeux, je ne 
connaissais guère, je dois le dire à ma honte, 
que Targot de Métcnier et celui de Bruant. Je 
dois confesser que mon éducation était in- 
complète. Et comme je crois que beaucoup 
sont dans mon cas, il est de toute évidence 
que ce Dictionnaire est destiné à rendre les 
plus grands services aux femmes du monde 
qui vont, au cabaret du Mirliton, quérir des 
émotions un peu faisandées, et qui en revien- 
nent mélancolieuses, oh ! combien ! et le 
cœur tout en pantenne, les pauvres chères ! 
de ce qu'elles n'ont pas goûté, n'ayant pas 
compris, toute la boue dont, à leur passage 

II 



DICTIONNAIRE D ARGOT 



dans son bouge, les éclaboussa l'habile cabot- 
limonadier. 



Quel beau livre, quel livre puissant, de 
quel haut intérêt, et de quelle portée morale, 
philosophique et sociale, il y aurait à écrire 
sur l'argot ! Quels coins de voile il soulève 
sur ce monde mystérieux, inconnu, inquié- 
tant, si loin de notre société bourgeoise, sur 
ce monde du crime, où le vol et l'assassinat 
portent cyniquement le même nom que la 
retape de la fdlasse : le turbin î Le turbin 
c'est-à-dire le Travail ! ! ! 

Ah ! nos lois ! nos règlements ! nos conven- 
tions ! Ah ! nos morales! nos vertus ! nos de- 
voirs ! Ah ! nos Godes, nos gendarmes î A 
quels antipodes î 

Il y a dans l'argot l'histoire de tout uft 
monde, il y a la psychique de tout un peuple 
qui pense, croit et agit tout contradictoire- 
ment à nous, de même qu'il parle une autre 
langue que nous, une langue difficile à saisir. 



PREFACE XI 



en dépit de tous les dictionnaires, parce que 
sa mobilité est en raison directe des efYorts 
faits par les profanes pour la pénétrer. 

Je n'ai ni le temps, ni l'autorité qu'il siérait 
pour essayer d'écrire, en tête de ce livre, le 
(Commentaire qu'il faudrait. Je ne veux, je ne 
puis que tenter quelques considérations sur 
ce qu'est l'argot, au point de vue philolo- 
gique, et sur la manière dont se forme et se 
déforme, encore aujourd'hui, ou plutôt se 
transforme en se déformant ce vocabulaire 
d'une richesse si colorée et si sapidement et 
intensément pittoresque. 



Les dictionnaires d'argot, publiés jusqu'à 
présent, n'ont pas assez, me semble-t-il, in- 
sisté sur les modes de recrutement et de 
transformation des vocables argotiques. Or, 
précisément, ce côté philologique m'a tout 
de suite paru, à moi, profane, comporter un 
intérêt de premier ordre. Je sais bien qu'il 
faudrait tout un livre pour écrire, expliquer 
et commenter la longue et si accidentée bis- 



XII DICTIONNAIRE D'ARGOT 

toire philologique de l'argot, dont les com- 
pétents font remonter les origines jusqu'au 
xn^ siècle. 

Toutefois, à défaut de cette étude savante 
il y a tout au moins à donner la formule de 
la mobilité de cette langue, qui, à dix ans 
de distance, devient presque méconnaissable 
et quasi incompréhensible pour qui n'en suit 
pas les évolutions et n'en connaît pas le 
mécanisme. 

L'argot est un langage artificiel, un voca- 
bulaire de convention. 

Riche d'un fond de vieux mots français, 
latins, ou d'importation étrangère (par le fait, 
par exemple, des guerres), rargot,je le répète, 
est une langue essentiellement bougeante et 
fugace. 

Cette mobilité est obtenue par divers prin- 
cipaux procédés, tels que : déformation de 
mots existants, substitution de mots, apport 
de suffixes divers. 

Le procédé de déformation le plus curieux 
est celui qui consiste à remplacer la pre- 



PREFACE XIII 



mière lettre d'un mot par la lettre /, à la re- 
jeter à la fin du mot, et à terminer le mot 
par un suffixe, comme oqiiCj iqiie, ème, onche, 
iichc. 

C'est ainsi que le mot « fou ^) a produit loufo- 
que. Uf de fou, remplacée par un / et pas- 
sant à la fin du mot, a formé louf radical 
auquel est venu s'ajouter le suffixe oque, soit 
loufoque. C'est pareillement que linvé vient 
de viugt, le z^ remplacé par 1'/, est passé à 
la fin du mot, et le / est disparu euphonique- 
incnt. 

Quelquefois le suffixe s'intercale dans le 
mot. Caler, mourir, devient calancher, par 
l'addition du suffixe anche, qui est un suf- 
fixe courant en argot, comme ique et oque. 
Exemple: l)outique, x[ui fait boutoqueel bou- 
ianche. 

Un autre suffixe, qu'on retrouve un peu 
partout, est la syllable(/w//ï. Roux — rouquin. 
Lance, eau, fait lancequine et lancequiner 
pleuvoir. 

Le suffixe go entre dans la composition de 
l)eaucoup de mots : icigo pour ici, remplaçant 



XIV DICTIONNAIRE D ARGOT 

icicaille qui est très vieux ; sergot^ mendi- 
got, etc. 

L'argot s'enrichit de mots nouveaux par la 
méthode des synonymes et par métaphores. 
C'est à dire, à plus exactement parler, que 
les choses et les gens sont désignés par une 
de leurs propriétés, une de leurs fonctions, 
la plus saillante: une montre devient une 
toquante, parce qu'elle fait toc, toc ; un juge 
s'appelle un endormi, un avocat un bavard ; 
l'avocat général V avocat bêcheur , une corde 
ligottante. 

Les dérivations par synonymes, donnent 
parfois des résultats qui déconcertent de 
prime abord. Comment expliquer que taupe, 
femme, vient de marmite, qui désigne égale- 
ment la femme. C'est que marmite, par subs- 
titution de finale est devenue marmotte, et 
que marmotte, ayant éveillé l'idée d'animal 
qui dort sous terre, est un terme cousin 
germain de taupe. 

Une des conséquences à laquelle, par ce 
procédé, on arrive vite, est le calembourg. 



PREFACE XV 



I/argot y a aussi recours pour se mo- 
difier. C'est ainsi que ^^ini-Esprit devient 
Sdinie-Essence, le portier cloporte, les la- 
trines le numéro 100. 

Suivant cet ordre d'idée, l'expression pas- 
sera tabac, doit venir logiquement de r/ïzV/z/^' 
qui en argot signifie l)attre] chiquer ùxeiW'dni 
tout naturellement l'idée de tabac. 



N'y aurait-il pas tout un chapitre à écrire 
sur la poésie de certaines expressions, telle 
que hlanchetle qui veut dire hiver, telle que 
hrouillotte qui signifie la nuit? Et sur l'esprit 
de certaines locutions imagées? Coucher sur 
la plume de Beauce, n'est-ce pas joli pour 
dire m coucher sur de la paille » ! Quand la 
fille qui fait la retape rechasse les passants 
(les reluque si vous voulez) pour les allumer, 
on dit qu'elle distribue son prospectus. 

Et combien d'autres ? 



Ce Dictionnaire vient à son heure, il est 
expression exacte de la langue actuelle 



XVI DICTIONNAIRE D ARGOT 

qu'on parle couramment dans les bouges. Il 
émane de la plume d'un qui a beaucoup 
retenu, après avoir beaucoup vu. Virmaitre 
est plus qu'un écrivain documentaire, c'est le 
Document lui même. Il est le seul homme de 
Paris qui a été partout, là même, là surtout, 
où la police, éventée à distance, n'entre pas. 
Il a rapporté de cette ballade de touriste 
dans le tréfond de Paris, tout une œuvre 
d'un arôme spécial. Que si ces clichés pho- 
tographiques effarouchent quelques pudeurs, 
au moins ont-ils pour eux d'être d'une exac- 
titude absolue, puisqu'ils ont été pris sur 
le vif. 

Ce Dictionnaire d Argot fin-desiède, en 
dépit, et peut-être à cause, du cynisme de 
certains vocables, et du pittoresque violent 
de certaines locutions, n'est pas le moins 
curieux morceau de sa collection. 

Léo Trézenik. 



I 



EXPLICATIONS 



Il est inutile de chercher les origines de l'argot, 
car tous les auteurs qui ont essayé de les décou- 
vrir sont en parfait désaccord. 

D'ailleurs, où commence l'argot, où finit-il? 

Chaque jour ce langage se forme, se déforme 
<'l se transforme. 

Ce qu'il faut reconnaître et simplement consta- 
ter, c'est qu'il est des plus anciens. Il existe depuis 
la création des associations de filous, de voleurs 
et de mendiants ; ils avaient en effet besoin d'un 
langage conventionnel pour se comprendre entre 
<Mix, sans que le vulgaire non initié pût saisir le 
véritable sens de leurs conversations. 



Le moi Argot dérive-t-il du grec Argos, d'Argus 
emblème de la vigilance ; de la vieille expression 



XVIII DICTIONNAIRE D'ARGOT 

Narqiiot (mendiant), de Ragot, truand du 
XYi" siècle, du mot Argu, finesse, etc., etc? 

Gela importe peu. Ce qu'il faut considérer c'est 
que l'usage de l'argot est passé dans nos mœurs, 
dans toutes les classes de la société ; on en retrouve 
des expressions dans la langue courante. 

Nous avons l'argot des voleurs, des soiiieneiirs . 
des filles de la rue et du demi-monde, des ateliers, 
des bouchers, des coulisses, An peuple, des trou- 
piers, des bohèmes, des gens de lettres, des saltim- 
banques, des Joueurs, des boursiers, des typogra- 
phes, des bourgeois, des musiciens^ des mendiants, 
etc.. etc. 

Si les expressions employées dans ces divers 
milieux diffèrent sensiblement comme étymologie 
et comme sens, tout en signifiant la môme chose, 
c'est que cette langue est très riche ; elle est si 
riche que pour exprimer le mot tête, par exemple, 
il existe plus de vingt vocables : Trogne, caboche., 
bobine, fiole, caillou, bouillotte, cafetière, coiia- 
che, poire, hure, sorbonne, olive, nord, baptême, ■ 

trompette, globe, binette, cabéche, etc.. etc. 

i 

* * ; 

L'étude de l'argot a tenté de grands écrivains, ■ 



EXPLICATIONS XIX 



mais ils n'ont pu réussir à pénétrer dans les pro- 
fondeurs de ce mystérieux langage. 

Vidocq, le célèbre voleur, fut, dans notre siècle, 
lo premier initiateur populaire de l'argot ; il était 
placé pour cela, il avait vécu dans le monde des 
prisons, au bagne, à la Force, et pendant qu'il fut 
chef de la sûreté, il vit défder devant lui tous les 
<liefs de bandes célèbres. 

Après lui sont venus MM. Alfred Delvau, Jean 
Uioraud et Loredan Larchev. 

.le ne parle pas des auteurs qui n'ont fait qu'em- 
prunter les expressions de nos devanciers, en 
commettant de grossières erreurs sur le sens et la 
A aleur des mots, erreurs qui prouvent qu'ils n'ont 
rien pris sur le vif, et qu'ils se sont contentés d'em- 
l)loyer les mots tels qu'ils les avaient entendus. 

Ainsi, l'un d'eux dit cadelle pour cadenne 

•haîne); />roff/e/' (manger), ipouv prou ter (colère), 
r/est à l'infini. 



Au XVI'" siècle, l'argot avait pris une telle exten- 
sion que l'on songea à modifier ce langage et à 
I unifier. Ce travail fut confié aux arcin-suppofs, 
litre que prenaient les ca^owx, principaux officiers 
du roi des Truands. 

Voici ce que dit à ce sujet Ollivier Chereau ; 



XX DICTIONNAIRE D ARGOT 

« ... En un mot, ce sont les plus scavants, les 

« plus habiles marpauts de toiitime V argot ^ qui 

« sont des escoliers desbauchez et quelques rati- 

« chons de ces coureurs qui enseignent le jargon 

« a rouscailler bigorne qui ostent, retranchent, 

« réforment l'arg-ot, ainsi qu'ils veulent, et ont 

« ainsi une puissance de triicher sur le loutime 

« sans ficher floutière. » 



La méthode suivie par mes devanciers a ceci de 
particulier : c'est qu'ils se sont évertués à aitribuer 
à telles ou telles personnalités la paternité des 
expressions nouvelles. Gela n'est pas juste, car 
l'argot ne s'étudie pas dans les livres, il s'étudie 
dans les rues, dans les ateliers, dans les bouges, 
en un mot dans tous les mondes où il est la langue 
usuelle. 



C'est le peuple qui est le véritable créateur de 
la langue verte , c'est lui qui trouve chaque jour 
des mots nouveaux pour exprimer sa pensée ; ce 
qu'il recherche avant tout, c'est la figure qui 
frappe, l'image qui détermine l'objet ou la chose 
qii'il veut désigner, voilà la raison pour laquelle 
l'argot est si pittoresque, ne repose sur aucune 



EXPLICATIONS XXI 



règle fixe et n'appartient à personne parce qu'il 
apparlienl à tous, à la masse. 



Dans un atelier, deux ouvriers causent, l'un dit 
à l'autre : 

— Tu ne finiras pas ton travail? 
L'autre lui répond : 

- Non, c'est que je tousse. 

L'apprenti (pii a entendu dans les faubourgs 
dire d'un homme i[\ùj)cle : « Il est enrhumé » trans- 
forme l'expression ; au lieu de dire : cest que je 
tousse, il dit : cest que je pète. 

Les deux expressions restent, la dernière com- 
plète la première, et toutes deux sont dans la 
circulation pour exprimer la môme pensée. 

A qui appartiennent-elles? à tout le monde. 

Qu'importe au peuple que les étymologistes se 
torturent la cervelle pour prouver que gogo vient 
de gaudium et baragouiner du Bas- Breton ? 

Pour lui gogo est un imbécile, voilà tout. 



Dans ce Dictionnaire cFArgot ]dii procédé d'une 
toute autre manière que mes prédécesseurs ; je 
ne cite personne, parce que, je le répète, c'est le 



XXII DICTIONNAIRE D'ARGOT 

peuple qui est l'auteur de tous les mots d'argot 
en usage. 

Depuis dix ans que je travaille à ce Dictionnaire, 
j'en ai étudié les expressions sur le vif, dans \v< 
prisons, dans les ateliers, dans les bas-fonds, dans 
le monde des filles de la rue et des filles de la haute, 
et ailleurs; j'ai acquis la certitude qu'attribuera 
quelqu'un telles ou telles expressions c'est con- 
traire à la vérité. Je me contente d'indiquer à la 
suite de chaque mot à quel argot il est emprunte 
et dans quel milieu il est en usage. 



Certainement, j'ai employé des expressions bru- 
tales, grossières, mais je n'en suis pas cause ; pour 
être un photographe fidèle, je ne devais pas tour- 
ner autour du pot, je ne devais pas hésiter à sou 
lever le couvercle. 
C'est ce que j'ai fait. 

Le parfum du fricot ne sera peut-être pas du 
goût de tout le monde, je le regrette; il y en a qui 
aiment l'odeur de la peau d'Espagne et d'autres 
qui lui préfèrent celle du vidangeur. 

Toutes deux sont aussi bonnes l'une que l'autre, 
la peau d'Espagne a fait la fortune du parfumeur, 
et la merde celle du vidangeur. 



EXPLICATIONS XXIII 



D'ailleurs, une expression n'est grossière que 
lorsqu'elle est voulue ; quand elle employée pour 
déterminer un objet, un fait, un individu elle perd 
sa grossièreté pour passer à l'état d'image, et 
dans cinquante ans ce qui paraît brutal aujour- 
dluii paraîtra sûrement anodin. 
♦ 

Si, à l'époque où l'on poursuivait 3/ac/ame^oi'ar// 
on nous avait dit qu'en 1894, l'Académie fran- 
(jaise accorderait quatorze voix à l'auteur de Ger- 
minal, de Xana et de V Assommoir, on aurait 
conspué l'audacieux prophète. 

V tout il faut s'attendre pour ne s'étonner de rien. 

Je remercie mes collaborateurs du concours 
([uils ont bien voulu me prôter pour accomplir ce 
travail ; pour être conséquent avec mon système,, 
je n'eu nomme aucun, car il en est qui ne\ou- 
draient pas voir figurer leurs noms à côté de ceux 
de Gamahut, d'Abadie et d'autres célèbres vo- 
leurs et assassins qui ont été pour moi des lexico- 
graphes. 

Cil. VmMAITRE. 



NOUVEAU 
Dictionnaire d'Argot 

SIGNES ABRÉVIATIFS 

l.ci< noms suivis des mitiulcs L L .lunueiit, les oxplicaliuns do 
M. Lorédan Larchey ; A i) celles de M. Alfred Delvau. 

Les erreurs des autres auteurs cités par ces messieurs ne va- 
lant pas la peine d'être relevées, je les passe sous silence. 

Toutes les expressions nouvelles, ou celles l\ qui j'ai restitué 
leur véritable sens sont suivies de lu lettre N. 



ABATTUE : Faire des dettes, 
L.L. 

Abattre veut dire faire beau- 
eoup d'ouvrage. — C'est 
un ouvrier habile, il en abat 
en un jour plus que ses coni- 
|Kignoi)s en une semaine 
Argot du peuple). 

ABATTAGE : (En recevoir un) 
être grondé à en être 
abattu. Equivalent à rece- 
voir ur. gras, un suif, en un 
"lot, à être enlecé (Argot 
du peuple). X. 

ABATTAGE : (en avoir) être 

grand, fort, d'une taille à 

l'uniner. — Il a de Vabat- 

'fje, il peut frapper lort 

Argot du peuple). JSf. 



ABADIS ou ABADIE : V. 

Trépe. 

ABAT-RELUrr : Cette ex- 
pression désigne la visière 
placée sur la casquette des 
vieillards ou des gens 
lai blés de la vue pour adou- 
cir l'intensité de la lumière 
(Argot des voleurs]. 

ABATIS : Les pieds ou les 
mains. 

Dans le peuple, oYi dit d'un 
individu mal conformé : 11 
a des abatis canailles, ou 
encore il a des abatis à la 
manque. 

Quand deux hommes se 
battent, la Ibule dit du plus 



ABE 



ABH 



faible : il peut numéroter 

ses ahatis (Argot du peuple) . 

ABATTOIR : Lieu où l'on 
ahat les animaux ; les 
prisonniers ont donné ce 
nom au cachot. des condam- 
nés à mort (Argot des 
voleurs) . 

ABBAYE DE S'OFFRE- 
A-TOUS : V. Bocard. 

ABBAYE DE MONTE-A- 
REGRET : La guillotine. 

L'expression peut se pas- 
ser d'explications : ceux qui 
y montent le font sûrement 
à regret (Argot des voleurs). 

ABBAYE DE CINQ PIER- 
RES : Les cinq dalles de 
granit placées devant la Ro- 
quette, sur lesquelles on 
monte l'échafaud . 

Lacenaire dédia ces stro- 
phes à ces cinq dalles : 

Oh! je vous connais bien, dalles 
[qui faites place 
Aux quatre jîieds de l'échafaud. 
Dalles de pierres blanches ou 
[ne reste plus trace 
Du sang versé par le bourreau. 

ABBAYE RUFFIANTE : 

Four chaud, dans lequel 
les vêlements des prison- 
ni( rs sont passés au soufr > 
pour détruire la vermine 

(Argot des voleurs) . 

J ABÉQUELSE : Maîtresse 



d'hôtel ou nourrice : 
elles donnent la becquée. 

Cette expression s'appli- 
que depuis peu uux voleuses 
qui dévalisent les magasins 
de nouveautés en se servant 
d'un enfant. 

Ce vol nécessite trois 
personnages : la mère, la 
nourrice et le momignard. 

Tous trois entrent dans 
un magasin. La mère se fait 
montrer les étoffes. Elle 
détourne l'attention du com- 
mis par un manège quel- 
«;onque. Profilant de ce mo- 
ment, elle fait tomber à 
terre une pièce d'étofl»?. La 
nourrice se baisse, connue 
pour y déposer l'enfant un 
instant, et cache preste- 
ment l'objet sous la pelisse 
du petit. Aussitôt elle le 
pince fortement. L'enfant 
crie comme un possédé. 
Elle Jiiit semblant d'essayer 
de le calmer, mais elle le 
pince encore plus fort. Ses 
cris redoublent. Alors la 
mère témoigne ime impa- 
tience très vive. 

— Te tairas-tu, lui dit- 
elle ; allez-vous en, nour- 
rice. Nous reviendrons une 
autre fois. 

Leur manière d'opérer 
se nomme le vol à la nour- 
rice (Argot des voleurs) . A''. 

ABBESSE : Maîtresse d'une 

maison de tolérance. 

Allusion aux filles qui 



AHO 



ACC 



xoiilcloîlivesc(»nmi«Mlaiisuu 
couvent (Ai'got du peuple). 

AlîKTl : Lourd, pâteux, nou- 
clialaiit. 

iMot à mot : abruti par 
des pratiques personnelles 
ou de naissanec (Ar^ol du 
peui)le). X. 

AIÎLOQUKK: Aclielerenlas, 
en bloc. 

Les brocanteurs bloquent 
un tas de marchandises les 
plus disparates (Argot des 
camelots). V. recidage. 

AliOXNÉ AU GIIGXON : 
Déveine persistante, qu'au- 
»uu ell'ort ne peut con- 
jiu-er. 

On dit aussi : « 11 a si 
}>eu de chance (pi'il se noie- 
rait dans un crachat (Ar- 
got du peuple). 

AHOULEU : Se dit dans le 
peuple d'un récalcitrant qui 
ne veut pas payer «-ffôow/^r 
la monnaie. 

— Aboulez donc, mon 
vieux, fimt y passer. 

On dit aussi à quelqu'un 
qui attend : Un peu de pa- 
tience, il va abouler (Ar- 
got du peuple). 

AROYEUR : Nom donné dans 
les prisons à l'auxiliaire 
chargé d'appeler les détenus 
à voix haute pour le greflé 
ou pour l'instruction. 

Ce nom est également 
donné aux crieurs qui, dans 
les ventes publiques, a5of(?«^ 



la mise à prix des objets à 
adjuger (Argot des voleurs). 

ABUEUVOIIl : La boutique 
du marchand de vins où les 
ouvriers ont l'habitude cha- 
que matin de boire la goutte. 
Quand la station a été 
trop prolongée, que l'homme 
rentre au logis éméchéà'A\\'& 
les grandes largeurs, la mé- 
nagère lui dit d'un ton ro- 
gne : As-tu assez abreucé 
ton cochon ? (Argot du peu- 
pie). 

ACCAGNAfiDIR (s'j : Être 
indolent qui s'amuse à des 
bagatelles, qui piétine sur 
place et dormirait, comme 
dit le proverbe, le cul dans 
la rivière par dix degrés au- 
dessous de zéro (Argot du 
peuple). 

ACCIDEiNTIEK : Voleur qui 
profite des accidents, et 
sait au besoin les faire 
naître pour dévaliser ceux 
qui en sont les victimes. 

Le voleur s'empresse au- 
tour du blessé, et pendant 
que lui et un de ses com- 
plices le portent chez le 
pharmacien, ils dévalisent 
le pauvre diable en route. 

Ce genre de vol est nou- 
veau (Argot des voleurs). 

ACCORDAILLES : Syno- 
nyme de fiançailles ; il y a 
toutefois une légère nuance : 
elles se font généralement 



ACH 



AFF 



sans le secours du maire ; 
les conjoints ne sont pas 
liés [)ar l'écliarpe niunici- 
[»ale (Ai'got du peuple). A^. 

ACCORDEUR DE FLUTES : 

Juge de paix (Argot du 
peuple). Y. Bidon. 

ACCOUCHER : Avouer, par- 
ler. 

Quand un prévenu garde 
un mutisme obstiné, les 
agents chargés de le « cui- 
siner » lui disent : Accou- 
che donc, puisque c'est le 
même prix (Argot des vo- 
leurs). 

ACCOUPLÉES : Expression 
qui désigne dans un monde 
spécial les habituées du 
Rat Mort, de la Souris 
ou du Hanneton, deux 
iennnes qui s'aiment avec 
une ardente passion et en 
conséquence détestent les 
hommes (Argot des filles). 
V Gougnottes. A". 

ACCROCHER SON PALE- 
TOT : Yoleur qui, chez le 
juge d'instruction, farde 
la vérité. 

Mol à mot : Mentir (Ar- 
got des voleurs). A'. 

ACCUREUSE : Commode 

(Argot des voleurs). A^. 

ACHETER QUELQU'UN : Se 

moquer, lui faire croire des 
choses insensées, se payer 
sa tête. 



Mot à mot : prendre un in - 
dividu pour un imbécile. 

Acheter à la course. 
voler en passant un objet 
quelconque à un étalage 
(Argot du peuple). 

ACRÉE ou ACRIER ou 
ACRE : Méfie-toi, prends 
garde, il y a du pet (dan- 
ger), voilà la rousse (Argol 
des voleurs). 

ACTEUR : La tournure que 
portent les femmes [)our 
faire bouffer leur robe. 

Celle tournure est ainsi 
nommée parce qu'elle e>t 
au-dessus du trou du souf- 
fleur (Argot du peuple). X. 

ACTIE : Ne se prend pas, dans 
le monde où ce mot est 
employé, dans le sens à\ic- 
ticité. 

H veut dire que V actif 
est l'amant du passif (Ar- 
got des pédérastes). V. Pas- 
sif. 

AFFALER SON GRELOT : 

Se taire. 

Dans le peuple, on dit 
d'une femme bavarde (ju'elle 
est un moulin à paroles. 

Quand elle bavarde trop , 
bruyamment, on lui con- 
seille de mettre du papier 
dans sa sonnette. 

L'image est fort juste, la 
sonnette ne tinte plus (Ar- 
got du peuple). A^. 

AFFAMÉE (1') : La bouche. 
Allusion à la k\m\ ou à 






A FF 



AFF 



la l'einme hystérique af- 
famée do baisers (Ar^ot 
(les voleurs). N. 

\FFR (P) : L'àme. 

Son affe se débine. 
Mot à mot : il rend rame 
(Ar^ot des voleurs). N. 

AFKUHriHK M H SES 
ANCUKS : Fille pnl)lique 
([ui renâcle sur le turbin 
\)onr faire tortorer son 
souteneur. 

Cette expression ancienne 
est fré juemment employée, 
car l'image est frappante. 

Affburchée. i m mobile 
comme le vaisseau amarré 
dans le port. 

Sur ses ancres, sm* ses 
Jani'tes. 

Fa lille ne trimarde i^a^^ 
(Argot des souteneurs). 

AFFRANCHI fètre) : Ne rien 
craindre. 

On dit dans le peuple 
d'une lille qui a perdu son 
capital : elle est affran- 
chie (Argot du peuple). 

AFFRANCHIR : Exciter un 
individu mâle ou femelle an 
vice ou au vol. 

S''affranchir d'une tu- 
telle gênante (Argot des vo- 
leurs). 

AFFRANCHIR : Châtrer, 
faire ablation des parties 
génitales h un animal quel- 
confjue. 

Fç tondeur de chiens est 



Xaffranchisseur des chats, 
comme le chanoine Fulhert 
le fut pour Abélard (Argot 
du peuple). 

AFFRANCHTSSEUR : Vo- 
leur qui pousse un hon- 
nête homme pressé par le 
besoin à voler 'Argot des 
voleurs). 

AFFUR ou AFFILE: Profit, 
bénéfice. 

— J'ai mon fade d'affure 
(part de vol ou d'une opé- 
ration quelconque) (Argot 
des voleurs). 

AFFIIRER : Tromper, faire 
un profit illicite. A I). 

Cette expression signifie : 
gagner. 

L'argent que les croupiers 
étouffent sur la cagnotte, 
les sous que l'enfant dé- 
tourne d'une commission ; 
It^ conducteur d'omnibus 
qui oublie de sonner un 
voyageur, c'est de Vaffure 
(Argot des voleurs). 

AFFUTER : Tromper. A D. 

J'ignore où il a pu en- 
tendre que ce mot avait 
cette signification, il est 
pourtant depuis longtemps 
en usage dans le monde des 
ouvriers. 

^y^î^^^r un outil, le passer 
sur la meule pour le rendre 
tranchant. 

Quand, dans les ateliers, 
on embauche un ouvrier. 



AID 



AÏM 



il attend sa paye du samedi 
ou de la fin du mois pour 
être affûté^ savoir ce qu'il 
gagnera (Argot du peuple). 

N- 

AFFUTER DP:S PINCETTES 

(s') : Courir, se sauver à 
grande vitesse (Argot des 
voleurs). 

AGENOUILLÉE : Fille du 
demi-monde et même du 
demi-quart qui a des apti- 
tudes spéciales. 

L'expression est suffi- 
samment expliquée par la po- 
sition d'être agenouillée... 
pas sur les dalles d'une 
église pour prier le bon 
Dieu (Argot des filles). N. 

AGOBILLES: Outils employés 
par les malfaiteurs pour 
voler 

Ce mot est très ancien 
(Argot des voleurs). 

AGITA ou AGOUA : Eau. 

Corruption du mot latin 
aqua (Argot des voleurs). 

AGUALURO : Jeter, bannir. 
On emploie celte expres- 
sion pour envoyer promener 
quelqu'un loin de soi (Argot 
des voleurs). 

AIDE-MARI : L'amant. 

Il aide à la besogne con- 
jugale, sans en avoir les 
désagréments. 

On dit aussi Vautre. 

Pour les omnibus traînés 



par trois chevaux, on dil : 
ménage à trois. 

Allusion à ce qu'ils tireiit 
les uns après les autres 
(Argot du peuple). N. 

AIGLE BLANC : Chef de 
bande de voleurs. 

Sans doute parce que 
l'aigle vole haut (Argot des 
voleurs). V. Méqiiard. N- 

AIGLON : Apprenti voleur 
(Argot des voleurs). N- 

AIGUILLE : Fausse clé (Ar- 
got des voleurs). 

AIGUILLEUR : Vol au moyen 
de fausses clés (Argot des 
voleurs). 

AILERONS ou AILE : Bras. 

— Mademoiselle, voulez- 
vous accepter mon aile. 

Couvrir une femme d'une 
aile protectrice. 

— Prends mon aile, s'y 
te touche, je le crève (Ar- 
got du peuple). y.Ahatis. 

AIMER A CRÉDIT : Ê(re 
l'amant de cœur d'une 
femme. 

Ne la payer qu'en nature. 

De la famille des maque- 
reaux (Argot des filles). 

AIMER POUR PEAU DE 
BALLE : Aimer pour rien 
Perdre son temps et sa 
jeunesse, amour qui ne 
rapporte pas (Argot des 
filles). N. 

AIMER AU CHASSE: Aimer 



ALI 



ALL 



I 



à l'œil, l'aire une (jneue à 
son souteneui' avec un pas- 
sant galbeux (Argot des 

lilles). N. 

\LARM1STKS : Ci»ien <lr 
garde. 

1/animal donne Yaîarme 
à ses maîtres. 

En 18i8, les alarmistes 
étaient des bourgeois ([ni 
répandaient chaque jour des 
mauvaises nouvelles (Argot 
des voleurs). 

ALB.VCJIK : Faux nom, en 
donner un. 

On nonune ainsi 1«' vo- 
leur qui donne un faux nom 
pour dissinniler son iden- 
tité (Argot des voleurs). X. 

ALBOCIIE : Allemand. 

Autrefois les ouvriers di- 
saient hoche, pour qualifier 
un lourdoau, al a été ajouté 
l)our désigner les Alle- 
mands en général (Argot 
du peuple). N. 

AEP]NTOIR : Aux environs, 
aux alentours. 

— Nib de Tronche fait 
le 'pet aux alenloirs pen- 
dant que les aminches, ra- 
tiboisent la cambroiissedii 
garnaffler (Argot des vo- 
leurs). 

ALIGNER fs') : Les duellistes 

s'alignent pour se battre. 

Quand un travail est (rès 

soigné l'onvrior dit avec 



lierté : Hein ! conune c'es 
aligné. 

Quand il s'agit d'argent. 
aligner est synonyme d'al- 
hiiiger (Arçot des voleurs). 

ALFA : Cheveux blonds. 

On sait que Xalfa plante 
textile nui sert h fabriquer 
la pâte au papier, a abso- 
lunuml l'aspect d'un pa- 
quet de filasse. 

Allusion de fait et de 
couleur (Argot des voleurs). 
N. 

ALLEZ VOUS ASSEOIR : 

Terme employé pour en- 
voyer promener un individu 
ennuyeux. 

Cette expression an- 
cienne a servi à un chan- 
sonnier de I8i8 pour com- 
poser une chanson dont le 
refrain : Allez vous asseoir 
est resté célèbre (Argot du 
peuple). 

ALLER A DACIIE: Mot îi 

mot allez vous faire voir, 
vous m'ennuyez (Argot du 
peuple). 

ALLER A DAME : Etre as- 
sommé à coups de poings 
et tomber comme une 
masse sur le pavé (Argot 
du peuple). V. Fluxion de 
pavé. 

ALLER A NIORT. Nier. 

Recommandation qu'ont 
soin de faire les voleurs à 



ALL 



ALL 



leurs complices quand ils 
v.;iit h l'inslrucliou. 

lis se souviennent du 
mot du boucher Avinain 
qui, la tète sous le couteau, 
cria: N'avouez jamais (Ar- 
i<ot des voleurs). 

ALLER AU RAPPORT SANS 
ARME : Moucharder ses ca- 
marades. 

Expression employée dans 
les ateliers pour indiquer 
que l'un des leurs va cha- 
que jour au rapport, chez 
le patron pour lui raconter 
ce qui se passe et même ce 
qui ne se passe pas (Argot 
du peuple). 

ALLER AU REFIL : Dénon- 
cer un complice (Argot des 
voleurs). ^ .Mouton N- 

ALLER OU LE ROI VA A 
PIED : Satisfaire un besoin 
dans le silence d'un cabinet 
qui n*a rien de ministériel. 
L'allusion est juste; mal- 
gré sa grandeur, le roi ne 
pourrait y aller en voiture 
(Argot du peuple.) 

ALLER VOIR DËFILER 
LES DRAGONS : Ne pas 
manger. 

Etre de Ja revue signifie 
la même chose (Argot du 
peuple) . 

ALLEZ VOIR LA-RAS SI 
J'I^SUIS : Ce qui veut dire 
nettement à une personne : 
Foutez-moi le camp (Argot 
du peuple). 



ALLIANCES : Poucettes. 
V Les gendarmes mettent 
X^'^poiicettes aux prisonniers 
pour les conduire de bri- 
gade en brigade. (Argot des 
voleurs) V. Cabriolet. 

ALLUMAGE (professeur d') : 
Grec qui apprend à ses 
élèves le moyen à o^mployer 
pour allumer les joueurs 
naïfs. 

Il y avait anciennement 
au boulevard du Temple, un 
café où se rencontraient les 
grecs, il était connu sous le 
nom de café d'allumage 
(Argot des grecs). V. Snil- 
fart. 

ALLUMER : Faire de l'œil à 
un passant. 

Chautïér une salle d(^ 
théâtre ou une réunion pu- 
blique pour faire éclater 
l'enthousiasme et assurer le 
succès. 

Frapper ses animaux à 
coups de f. net poiu* les 
exciter. 

Compères chargés dans 
les salles de ventes d'allu- 
mer les acheteurs (Argdi 
du peuple). 

ALLUMER LAQUITOURNE : 

Fille qui fait la fenêtre, qui 
raccroche en chambre. 

A la tombée de la nuit 
elle allume sa lampe. Comme 
elle la tourne de laçons dif- 
férentes pour signaler aux 
passants qu'elle est lihvc 



ALP 



AME 



ou occupée, de Ih, la qui- 
tovrne (Argot des filles.) 

ALïA.MFilR SONPKTROr.K: 

Rendre quelqu'un amou- 
reux. 
Mot à mol XenfUihimer. 

— ï.e grand l'a done pla- 
(juée? 

— Comme un pet. 

— T'a pas su -^enflammer 
h' péti'v/e (Argot des tilles). 

AIJAIMKUR : Agent provoca- 
teur chargé d'organiser un 
eonqdol politique quaud le 
gouvernement a besoin d'el- 
IVayer la population pour 
laire voler une loi réac- 
tionnaire. 

(hi en trouve un curieux 
<'\enq)le dans les Mémoires 
(le Claude, à propos de 
Y I nier nationale et des 
allumeurs de la rue des 
(iravilliers. (Arnot du peu- 
ide;, 

ALPAGl K : Abréviation d'a/- 

paija. 

— Je vais me halader, 
N'iiii passe-moi mon alpa- 
(jue (Argot du peuple). 

ALPHONSE : Souteneur. 
Ou a attribué cette ex- 
pression à M. Alexandre 
Dumas (jui en a lait le titre 
d'une pièce ; elle était con- 
nue d -puis plus de vingt 
ans par la chanson si popu- 
laire de Lacombe : Al- 
phonse du Gros-Caillou 
^Vrgot du peuple). 



ALTftQUE : beau, plus que 
beau (Argot des voleurs). 

ALZINCl'E : Même significa- 
tion i\\\\ilpague. 

AMANDES DE PAINS D'I^- 
PICE. V. Dominos. 

AMARRK; : Allusion aux «;w«r- 
res qui fixent les bateaux 
sur la jetée, dans les ports. 

Amarrer quelqu'un, se 
l'attacher. 

— J'ai amarré nn chouette 
gonce (pii casque tout le 
temps (Argot du peuple.) 

AMRILANTE : Fille qui va 
de cafés en cafés , tan- 
tôt à Montmartre tan lut à 
Grenelle. C'est générale- 
ment une fille rangée qui 
n'a pas de soiiteneur. Elle 
passe dans son quartier 
pour une laborieuse ouvrière 
([ui va travailler au loin. 

Elle ne ramène jamais 
chez elle (x\rgot du peuple). 
N. 

AMÈRE (la trouver mauvaise). 

Les voleurs principale- 
ment trouvent toujours leurs 
condamnations amères. 

Synonyme de il faut 
avaler la pilule (Argot du 
peuple). 

AMÉniCAINE fVolàl'). Ce 

vol fut iiiventé par llurand, 

qui en 184 i, était détenu à 

la prison de la Force. 

On sait en quoi consiste 

1. 



10 



ANG 



ANI 



ce vol qui est fréquemment 
pratiqué. 

Il a donné naissance au 
vol au charriage qui se di- 
vise en plusieurs catégories. 
(Argot des valeurs). V. 
Charriage. 

AMINCllE: Ami. 

Quand deux voleui's sont 
associés ils sont aminches 
d'aff'. (Argot des voleurs). 

AMINCITES D'AFF : Amis 
d'affaires. 

Un vol pour un voleur 
est une affaire, comme 
voler c'est travailler (Ar- 
got des voleurs), 

AMOCHER : Recevoir des 
coups. 

Quant ils laissent de 
fortes traces on dit que 
l'ami a été rudement amo- 
ché (Argot du peuple). V. 
Trinquer. 

ANDOUILLE MAL FICE- 
LEE : Individu déguin- 
gandé. à la démarche traî- 
nante. 

Se dit surtout de quel- 
qu'un mal habillé, ayant 
(les allures ridicules. 

On dit aussi : }\^\ fagoté 
(Argot du peuple). 

ANGLAIS : Créancier. 

Celte expression se trouve 
dans Marot, elle était tombée 
en désuétude lorsqu'elle 
revit le jour vers 1804. 

Napoléon I^'" avait plu- 



sieurs commis attachés à un 
cabinet spécial. Il remarqua 
à différentes reprises que 
l'un d'eux arrivait depuis 
quelques matin, deux heures 
au moins avant ses col- 
lègues. 

L'empereur intrigué lui 
en demanda les motifs. 

— Sire, répondit le com- 
mis c'est à cause des an- 
glais. 

— Je ne vous comprends 
pas. 

— Sire , les anglais 
sont vos ennemis , mes 
créanciers sont les miens. 

— Bien, fit l'Empereur, 
donnez m'en la liste, je vous 
en débarrasserai , comme 
moi des autres. 

Le mot est resté et est 
employé fréquemment (Ar- 
got du peuple). 

ANGLAIS (ils débarquent). 

Il est aussi brave, 
Que sensible amant. 
Des anglais il brave, 
Le débarquement. 

(Argot du peuple), V. 

Bande sur l'affiche. 

ANGLUCE : Oie (Argot des 
voleurs). V. Ornichon. 

ANGOULÈME : La bouche 
(Argot des voleurs). V. Af' 
famée. 

ANGUILLE : Ceinture. 

Allusion à sa souplesse 
(Argot des voleurs). 

ANITERGE : Mouchoir (Ar- 



ANT 



AQU 



11 



^ot (les voleurs). V. BJa- 
vi/i. 

ANTIF ou ANTII Fl.t: : Mai- 
chor. 

— Que fiiit la uiôme? 

— Klle bal \ antif ^our 
défjoter un îniché CArçot 
des souteneiu> . 

ANTIFFE : Eglise ^Ai-gol des 
voleurs). V. Aiitonne. 

ANTIUIITÉ : Vieille femme 
Au teuips de sa jeunesse 
Théophile Gautier, en eom- 
|>ai^nie d'un de ses amis, se 
promenail dans le jardin des 
Tuileries. 11 avisa une 
vieille femme velue d'une 
robe à ramaj^es qui dalait 
au moins du Directoire. 

11 s'approcha d'elle, le 
tliapeau à la main. 

— Madame, lui dil-il, je 
raftblt^ des antiquités, vou- 



lez-vous 



me permettre de 



baiser le bas de votre robt 
Elle réjjondit fièrement : 
— Si monsieur veut 
embrasser mon cul, il a 
vingt cinq ans de plus que 
ma robe (Argot du peuple) 

ANTONNE : Eglise. 

Du vieux mot : Antie 
Ai^ot des voleurs). 

ANTONNEUR : Voleur qui a 
la spécialité de dévaliser 
les églises. 

Il vole l'aident contenu 
dans les troncs à l'aide 



d'une baleine enduite de 
glu (Argot des voleurs). 

APASCLINER (s') : S'ac- 
climater. 

\jaminche s'apascHne 
doucettenu^nt à tmiobé (Ar- 
got des voleurs), N. 

APPACIIOiNNER : Attirer à 



— J'ai appachonné un 
rnortiiigiie dans la valade 
d'jm (joncier pendant (pii 
baillait devant les signes 
de la Boutmtche d'un ha- 
hinceur de braise (Ai-got 
des voleurs). N' 

APOTRES : Les doigts (Ar- 
got des voleurs). V. J//- 
nistre de l' Intérieur. 

AQUARIUM : Lieu oîi se réu- 
nissent les souteneurs. 



Allusion aux poissons 
Aq^^ariu 
des députés 



K poisso 
: ta Chu 



unbn 



Celte expression n'esi 
pas très polie pour ces mes- 
sieurs, qui assurément ne 
sont pas tous des poissons, 
mais comme elle est d'ori- 
gine anarchiste, elle ne 
surprendra personne (Ar^ot 
du peuple). N. 

AQUIGER : Battre, blesser. 
On dit par corruption de 
celui qui est battu : il est 
altigé (Argot du peuple). 

AQUIGER : Prendre. 

Aquiger n'est pas le vrai 



12 



ARD 



ARM 



mot, c'est qiiiger (Argot des 
voleurs). 

AQUKïEL'R : Voleur qui cher- 
che quereUe h un passant. 
Pendant qu'il le bat, un 
complice le dévalise pro- 
prement et lestement (Ar- 
got des voleurs). 

ARAIGNËE DANS LE PLA- 
FOND (avoir une) : Syno- 
nyme de loufoque. 

Avoir la cervelle détra- 
quée (Argol du peuple). 

ARCASINEUR : Voleur au 
trésor caché. 

Le voleur se nomme ar- 
casien parce qu'il procède 
au moyen d'une lettre (ar<^ 
cai) écrite d'une prison 
quelconque à l'individu 
qu'il s'agit d'escroquer. 

L'aixat indique généra- 
lement un trésor caché à 
l'étranger. Des naifs mordent 
to ijours dans l'espoir d'un 
gros gain (Argot des vo- 
leurs) . 

ARCO : Avare (Argot des vo- 
leurs). V. Grippe-sous. 

ARÇONNIER : Celui qui 
donne le signal de l'alarme 
convenu entre les voleurs. 
Au temps de Vidocq, le 
(' ligure à l'aide du pouce 
sur la joue droite signiJiait : 
])rene/-garde voilà la l'ousse 
(Argot des voleins). 

ARDENTS : Les yeux (Argot 
des voleurs). 



ARDOISE (boire h 1'): Il exis- 
tait autrefois un marchand 
de vin à la barrière iMont- 
parnasse ; le patron ne sa- 
chant ni lire ni écrire, les 
clients marquaient eux- 
mêmes leurs dépenses sur 
une ardoise à 1 aide d'un 
morceau de craie. 

Un jour le brave homme 
s'aperçut que les consom- 
mateurs s'entendaient, et 
que le dernier qui marquait 
etï'açait avec sa manche, 
comme par mégarde, les 
comptes précédents. 

Il coupa le crédit, mais 
l'expression de boire à l'ar- 
doise est restée (Ai-got du 
peuple). V. Marquer à la 
fourchette. N. 

ARLEQUINS : Détritus de 
toutes sortes de mets que 
les cuisiniers des restau- 
rants vendent à des mar- 
chandes des Halles. 

Ces débris sont triés avec 
soin, et elles en font des 
assiettes assorties que les 
malheureux achètent un ou 
deux sous. 

Cette expression vient de 
l'habit à' Arlequin, qui esi 
composé d'étoifes de di lié- 
rentes couleurs (Argot (!;i 
peuple). 

ARMOIRE A CLACE : Sac 

du troupier (Argot du trou- 
pier). V. As de CMrreau. 
ARMOIRE A RICIIER : Le 
ventre. ' 



ARX 



ARP 



13 



» 



Allusion aux nialièivs f»'- 
cales que conlionnent les 
inleslins (Ar^'ot du peiplei. 

ARNACIIK : A^eiU de poliee. 
A.D. 

Arnache : trompeur. L. 
L, 

Les voleurs disent : .4/*- 
naque. 

Cette expression vient du 
vieux mot français : har- 
Macher ; il est employé, 
sans doute, par les voleurs, 
parce que h's agents les 
harwichenl eu les ligot- 
Uml, soit avee les allian- 
ces, soit avec le cabriolet 
(Argot des voleurs). 

AUNAQUE : Nom d'un jeu 
(jui se joue sur la voie pu- 
blique et sur les boulevards 
extérieurs; il est connu éga- 
lement sous l(^ nom de 
tourne-vire. 

Ce jeu consiste en une 
roue posée à piaf sur un 
pivot, la table est composée 
de trois planches mobiles, 
supportées par deux tré- 
teaux ; ces planches sont 
recouvertes d'une toile cirée; 
cette toile est divisée eu 
«carrés qui forment cases, 
ces cases se distinguent par 
des emblèmes ditïerents, 
les quat: e rois : trèfle, cœur, 
pique et carreau, une an- 
crei un cœur, un dé et un 
soleil. Les joueurs misent 
sur une case, la roue tourne 



et c.dui (jui gagne reçoit 
dix fois sa mise. 

Kn évidence, sur la table, 
il y a des paquets de tabac, 
des cigares, des pipes et 
autres objets, mais c'est 
pour la frime, le tenancier 
du jeu paie le gagnant en 
nioiuiaie. Ce jeu est un vol. 

Autour de la table, il y 
a toujours deux ou trois 
engayeurs, ils sont de pré- 
férence à cbacpie bout (la 
table est un carré long) ; au 
moment oîi la plume va 
s'arrêter sur une case, par 
un mouvement impercep- 
tible, un des engaijeurs 
s'appuie sur la planche mo- 
bile du milieu, la plume 
dévie et le tour est joué ; si 
c'est un engayeur qui ga- 
gne, il partage avec ses 
complices (Argot des came- 
lots). N. 

ARPETTE : Apprenti de n'im- 
porte quel métier. 

Ce mot se prend aussi 
dans le sens de petit, mouf- 
flet^ diminutif de moutard 
I Argot du peuple). 

ARPIONS : Vieille expression 
([ui veut dire : pieds. 

.fean lliroux disait au 
])résideat des assises : 

— Je demande qu'on 
fasse sortir le gendarme, il 
plombe des ar pions. 

— Gendarme, répondit 
le président, remuez vos 



14 



ARR 



AS 



pieds dans vos bottes d'or- 
donnance. 

Prévenu, la punition com- 
mence (Argot des voleurs). 

ARRACHER UN PAVÉ : V. 

Rouscailler. 

ARRACHEUR DE CHIEN- 
DENT : Voleur qui cherche 
une occasion de voler (Ar- 
got des voleurs). 

ARRANGEMANN : Arranger. 

Arranger quelqu'un en 
lui fiiisant faire une opéra- 
tion ruineuse. 

Les grues arrangent les 
pan tes. 

Une femme arrange un 
homme en lui communi- 
(juant un mal vénérien. 

On arrange un homme 
en le battant à plate cou- 
ture. 

— Il e^l arrangemannie 
gonce, il ne rebiffera pas, 
il est foutu d'en crapser 
(Argot des souteneurs). N. 

ARRONDIE : Montre. 

Allusi n à sa forme ronde 
(Argot des voleurs). 

ARROSER : Donner un ac- 
compte sur une dette. 

Un huissier cesse les pour- 
suites commencées quand 
1(^ débiteur arrose. 

Donner de l'argent à un 
fonctionnaire pour obtenir 
un privilège , c'est Var- 
roser. 

Nos députés le furent lar- 



gement par Arton }ioiu' 
l'affaire du Panama. 

Martingaler son enjeu 
c'est arroser le tapis (Ar- 
got du peuple). JV. 

ARROSEURDE VERDOUZE : 

Jardinier (Argot d-s vo- 
leurs), 

ARTIE DE MEULAN : Pain 
blanc. 

Allusion à la blancheur 
des farines produites par 
les moulins de celte ville 
(Argot des voleurs). 

ARTIE DU GROS GUIL- 
LAUME : Painabominahle- 
ment noir qui rappelle celui 
du siège de Paris, en 1870. 
qui contenait de tout, ex- 
cepté de la farine (Arg{.t 
des voleurs). 

ARTIE : V. Bricheton. 

ARTICHE (1') : Le derrière. 

— Je vais t'enlever Var- 
tiche. 

On nomme artiches, par 
abréviation à' artichauts, 
les barres de fer pointues 
et hérissées qui couronnent 
les murs et les grilles des 
prisons (Argot des voleurs) 

AS DE CARREAU : Sac du 

fantassin (Argot du trou- 
pier). V. Armoire à glace. 

AS DE PIQUE : Se dit d'nn(! 
femme qui possède abon- 
damment ce que d'autres 



ASS 



ATO 



iionl que très peu... (Aryol 
(lu peuple). V. Fourni- 
tures. 

ASPllALTFXSE : Fille qui 
raccroche sur le trot- 
loir. 

Elle foule X asphalte eu 
tous sens (Argot des filles). 

ASPERGE MONTEE : (îraïuie 
lenuiio toute eu jambes, 
maigre et sèclie coujiue \m 
copeau. 

()ii dit aussi : longue 
comuie un jour sans pain 
(Ai^ol dn pouide). 

ASPIC : Avare. 

Aspic signifie anssi mau- 
vaise langue, langue de vi- 
père. 

Cette expression est em- 
pruntée au proverbe : Mieux 
vaut un coup d'épée qu'un 
coup de langue (Argot du 
peuple). N. 

ASSOMMOIR : Boutique où 
Ton vend des liqueurs vî- 
.triolées qui assomment les 
buveurs. 

liC premier assoinmoir, 
bien avant celui du fameux 
Paul Niquet, fut créé vers 
1810, rue de la Corderie, 
près du Temple, par un 
nommé Montier. 

Cet empoisonneur chari- 
table avait fait établir dans 
son arrière-boutique une 
chambre spéciale pour les 
assommés; la paille ser- 



vait de litière, des pavés 
servaient d'oreillers. 

Celle chambre s'appelait 
la Morgue (Argot du peu- 
ple). 

ASTIQUE : Bien avant que 
les Aztèques ne vinssent 
du fond du Brésil, celte 
expression servait à dési- 
gner les êtres chélifs et 
malingres (Argot du peu- 
})le). V. Acorton, 

ATTACHER LE BIDON : Dé- 
noncer un camarade. 

Synonyme de remuer la 
casserole (Ai^ot des vo- 
leurs). 

ASTICOT : Vermicelle (Argot 

des voleurs). N. 
ASTICOT : Fille publique. 
Asticot : personne mince 
conune un fil (Argot du peu- 
ple). 

ASTICOT DANS LA NOI- 
SETTE : Personne qui a 
des absences de mémoire. 
On sait que Vasticot dé- 
vore l'amande de ce fruit, 
par analogie il dévore la 
cervelle (Argot du peuple). 



Avoir des atouts dans 
son jeu. 

Un zouave rencontre son 
capitaine accompagné de sa 
femme, il leur lance au nez 
un pet à tout casser en 
criant : Atout. Le capi- 



IC) 



ATT 



AU S 



taine, se retournant, lui 
envoie ini magistral coup 
de pied dans le cul en di- 
sant : Je coii^pe. Le soldat 
répond : Ah ! je ne savais 
pas que vous aviez la dame 
seconde ! 

Ilecevoir un atout : être 
sérieusement blessé. 

C'est sans doute (Vatout 
que, par corruption, on a 
lait attiger (Ar^ot du 
peuple). N. 

ATTIGNOLES : Rognures de 
viandes hachées et vendues 
sous forme de boulettes. 

L'expression est nor- 
mande, mais elle est de- 
venue parisienne en s'éloi- 
gnant du sens primitif. 

Dans le peuple, pour ex- 
primer qu'un individu a été 
fortement endommagé dans 
imerixe, on dit : Il a reçu 
de rudes attignoles (Argot 
du peuple). N. 

ATTOUCHEMENTS : Être 
assez indiscret pour vouloir 
s'assurer si une jolie femme 
porte un pantalon et met 
ses jarretières au-dessus 
du genou: 

Synonyme àepehter (Ar- 
got du peuple) V. Bai- 
aeiises. 

ATTOUCflEUSE: Fille pu- 
blique. 

Le mot est suffisamment 
expressif. 

Allusion aux ménagères 



qui tàtent la viande chez V 
boucher pour s'assurer d«? 
son degré de fraîcheiu' (Ar- 
got des filles). 

ATTRIQUER: Acheter des 
effets volés, sans pour cela 
être un receleur habituel : 

Fourgat ou Meunier (Ar- 
got des voleurs). 

ATTRIQUELÎSE: Vendre des 
objets volés (Argot des vo- 
leurs). 

ATTRISTÉ : Voleur qui ne 
travaille que la nuit, sans 
se soucier des pendus gla- 
c/5(Becs de gazj (Argot des 
voleurs). 

AUBERT : Argent (Argot des 
voleurs). 

AUMONIER : Vol à \au- 
mône. 

Autrefois, cette expres- 
siom désignait les dévali- 
seurs de bijoutiers . 

Le voleur marc'handait 
des bijoux, un mendiant 
survenait et sollicitait une 
aumône. 

L'attention du bijoutier 
était détournée pendant 
qu'on lui dévalisait ses vi- 
trines ; quand ii s'aperce- 
vait du vol, les voleurs 
étaient loin (Argot des vo- 
leurs). 

AUSEICxNOT : Auxiliaire. 
Détenu qui par faveur et 
moyennant une modique 



AVA 



AVA 



n''ti"il)Uti()ii, remplit dans la 
prison lesloiutioiis les plus 
^rossières (Argot des vo- 
leurs). 

\l TEL DE BESOIN : Femme 
ou lille. 

Allusion à Pliôtel qui 
s'ouvre pour ecuv qui 
paient. 

Avtel surlecpiel l'Iionune 
sacritie par nécessité. 

Se dit souvent dans le 
pfuple d'une femme légi- 
time (Artîotdes souteneurs). 

AITOR ET D'ACIIÂIID (d) : 

Abréviation ^'autorité et 
(Vac/iaj'i/ement. 

Lorsque deux jouein's 
l'ont une partie d'éearlé et 
que l'un demande des car- 
tes à son adversaires, l'au- 
tre lui répond : Non, j'y 
vais iVautor et d'achard 
(Arçol du peuple). 

AlVERPIN : Auvergnat. 
On flit aussi : Auverpfum 
et Bovffuat l'ArLtot du 
peuple). 

AVA[J:-Ta T-CnU : Syno- 
nyme de Va de fa gueiife, 
Gueulard, Bouffe-tout et 
Ventre a tous fjrains. 

Ces expressions, dnns le 
peuple, signitient : (îros 
mangeur. 

Lue certaine catégorie 
de voleurs se sont emparés 
de l'expression : Amile- 
frn'f-rri' . pf)Mi' dt'signer un 



genre de vol assez original. 
I^e voleur se fait montrer 
par le bijoutier d<'s diamants 
non montés, sur carte ; il 
jiaraît avoir la vue basse, il 
les regarde de près et d'im 
coup de langue habile il 
en ff77«/('(pielques-uns (.\r- 
got des voleurs). 

AVALER LE f.lRON: Com- 
munier, 

On dit aussi : acater 
/'^?/rrryw«/, parce que sans 
doute, comme lui, Dieu 
n'est ni liomme ni femme 
(Argot des voleurs). 

AVALER SA CUILLER : 

Mourir. 

Etre moins heureux que 
le commis des Magasins du 
Print«^mps ; il est vrai qu'il 
n'avait avalé qu'une four- 
chette (Argot du peuple). 

AVALER LE PEPIN : Etre 
enceinte. 

— Elle en aune de bedaine 
la frangine. Qu'a-t-elle 
donc mangé ? 

— Elle a avalé le pépin 
(Argot du peuple). 

AVALER SA CHIQUE : Mou- 
rir. 

Allusion au chiqueur qui 
s'étoufferait en avalant son 
pruneau (Argot du peuple). 

A VALOIR : La gorge. 

Elle avale tout en effet, 
f Argot du peuple). V. 

Dalle. 



18 



AVO 



AVO 



AVANT-COURRIER : Mèche 
en acier dont se servent les 
voleurs pour percer les de- 
vantures des boutiques de 
bijoutiers (Argot des vo- 
leurs). V. VriUeurs. 

AVANT-SCÈNE : Les seins. 
Ils avancent, en effet, 
quand... il y en a. (Argot 
du peuple). V. Capiton- 
née. 

AVANTAGE : Les seins. 

Avantage, oui, quand il 
fait Froid, mais pendant les 
grandes chaleurs ? (Argot 
du peuple). V. Capiton- 
née. 

AVOIR PERDU SA CLÉ : 
Etre atteint d'une foire à 
tout inonder et ne pouvoir 
se retenir. 

On comprend (ju'il s'agit 
d'une clé que le serrurier 
ne peut remplacer (Argot 
du peuple). 

AVOIR UN PÉPIN : Aimer. 
En tenir momentané- 
ment pour quelqu'un (Ar- 
got du peuple). 

AVOIR LE VENTRE EN AC- 
CORDÉON : F'emme dé- 
formée qui a eu des masses 
d'enfants. 

Allusion au plissage du 
ventre (Argot du peuple). 

AVOIR LE VENTRE EN 



PERSIENNE: Voir ci-dos- 
sus. 
AVOIR SA PISTACHE : Etre 
complètement gris (Argot 
du peuple). N. 

AVOIR DU PAIN SUR LA 
PLANCHE : Etre riche et 
ne pas avoir à s'occuper du 
lendemain. 

Etre condamné à un cer- 
tain nombre d'années de 
prison (Argot du peuple). 

AVOIR LE NEZ SALE : 

Avoir trop bu. 

Quand au lendemain du 
lundi un ouvrier dort sur 
son travail, les amis lui di- 
sent : Tu t'es sali le nez 
hein ! (Argot du peuple.) 

AVOIR LA GUEULE DE 
ROIS : S'être pochardé la 
veille. 

L'ivrogne boit de l'eau 
le lendemain pour éteindre 
le feu qui lui dessèche la 
gorge. 

Mot à mot : Il a la gueule 
sèche (Argot du peuple.) 

AVOIR MANGÉ LA SOUPE 
A LA QUÉ-QUÉTE : V. 

Avaler le pépiii 
AVOIR MANGÉ DES POIS 
PAS CUITS : V. Araler 
le pépin. 

AVOIR QUELQU'UN A LA 
DONNE : Etre très cama- 
rade, ne jamais se quitter, 
vivre comme deux frères 
(Argot du peuple.) 



AVO 



AZO 



19 



AVOIR DEUX ŒUFS SUR 
LE PLAT : On omploie 
cette expression pour une 
l'emme qui a des seins à 
l'état de soupçon. 

Ce à (juoi elle répond : 
J'en ai assez pour un hon- 
nête homme (Âruot du 
[Hupie). A^. 

AVOIR UN PET DE TRA- 
VERS : Se dit d'un j>er- 
sonnajjçe grincheux que l'on 
ne sait jamais par quel Ijoul 
prendre et qui gémit sans 
cesse, du matin au soir et 
(hi soir au matin (Argot du 
peuple). A". 

AVOIR UN RÉGUIN : Etre 
coi Hé de quelqu'un ou 
de (juelqu'une. 

S'aimer à l'œil, ce qui 
ne fait pas bouillir la mar- 
mite. 

C'est pas ['béguin qui fait 
[bouillir la soupe. 
J'te vas coller un pain. 

(Argot des souteneurs). 

AVOIR SON PAIN CUIT : 

Mourir (Argot des boulan- 
gers). 

AVOIR QUELQU'UN DANS 
LE SANG : Aimer violem- 
iiKMit (Argot des lilles). 



AVOIR UN POLICHINELLE 
DANS LE TIROIR : V. 

Avaler leprpin. 

AVOIR UN POT DE CIIAM- 
RRE CASSÉ DANS L'ES- 
TOMAC: V. Trouilhter 
de la hurletie. 

AVOIR UNE CAROTTE 
DANS LE PLOMB : V. 

ci-dessus. 

AVOIR SON COMPTE : Etre 
pochard. 

Avoir reçu une formi- 
dalde volée dans une ba- 
taille (Argot du peuple). 

AVOIR UN PALETOT SANS 
MANCHES : Etre clnué 
dans un cercueil (Argot 
du peuple). 

AVOILVUPÉTER LE LOUP 
SUR UNE PIERRE DE 
ROIS : Les Lyonnais em- 
ploient cette expression 
pour dire qu'une fille a 
])erdu tout droit à la fleur 
d'oranger (Argot du peu- 
].le). À^ 

AVORTON : Etre difforme, 
petit adversaire (Argot du 
peuple) . 

AZOR : V. As de carreau. 



20 



RAB 



BAC 



B 



BABANQUER : Vivre. 

Synonyme de bie7i ban- 
queter (Arijot des voleurs). 

N. 

BABII.LARD : Aumônier de 
prison. 

Allusion à ce qu'il bahil- 
larde sans cesse sans que 
son inlerloculeur lui ré- 
ponde (Argot des voleurs). 
A". 

BABILLARD : Tjvre im- 
primé. 

On dit aussi ; bavard 
(Argot des voleurs). 

BABILLARDE : Montre. 

Allusion à son tic-tac 
(jui malgré sa monotonie 
babille et égaie la solitude 
(Argot des voleurs). 



BABILLARDE : Lettre. 

— T'en fais du chi-chi 
dans la menteuse de babil- 
lards (Argot des voleurs). 

BABILLARDER : Ecrire (At- 
got des voleurs). 

BABILLEl SE (la) : BiMio- 
thèque. 

Allusion aux livres ba- 
billards qu'elle contient 
(Argot des voleurs). 

BAfJÏE : Casquette. 

Elle al)rite la îête comme 
\{\ bâche \q'?< voitures (Argoi 
des voleurs). 

BACHER : Se eouclier ( Argol 
des voleurs. 

BACCANTE : Barhe, favoris. 
Il en est <|ui écrivent : 



liAF 



i;A( 



bocchantes, f'«'st rorllio- 
lii-aplu' Hiiejo domio (jui esl 
i;i 1)011111'. 

Pour lavoris, on dit 
aussi : côtetettes (Aigot 
des voleurs I. X- 

lîACCON : (îoilion (Ari;ol 
dos voleurs I. 

iiÂCLEK : Faire vile, ii h. 
hàle une eliose ([ui d 'Uian- 
derail à èlre soi^e.ée. lu 
maire pressé bucle un 
mariage, un médecin hade 
un pansement, un auleur 
dr.unalKiue bcich une pièee. 
Mot \\\\\u\b:iclcr : s«> dé- 
• ptH-her (Argot du peuple.,) 

BADUiKONNKR LA FKMMK 
AU IHITS : Farder la 
vérité. On sait (pie la vérité 
sort nue d'un puils ; la ba- 
diijeonner c'est mentir (Ar- 
got des voleurs). 

BAFOIILLFU : S'embar- 
quer dans un discours et 
uiélauger les phrases de 
iaron à les rendre incom- 
prélieusibles. 

Vouloir faire le beau par- 
leur et s'exprimer diltici- 
Icment. 

Dans le peuple ou ap- 
pelle celui qui bafouille un 
hafoiiilleur et ou lui ollre 
un démêloir lArgot du 

p.MipI.- . 

r.AI'FlîK : lu coup de poing 
sur la ligure. 

Dans le peuple, cette 



expression est renq)lacée 
par celle-ci : 

— Je vais te coller un 
pain sur la gueule. 

— Je vais le loiurer ime 
bè(j7ie (pie lu n'eu verras 
(pi- du feu lArgol du peu- 
ple!. N 

lîAFFUFU : Manger avec une 
grande avidité (Argot du 
peui)lei. 

DACATFLLF (taire laj : Faire 
l'am ur. 

Quand la maquilleuse de 
brèmes lire les cartes^ à 
une jeune tille et que l'as 
de pique sort, elle lui an- 
nonc(; ([u'elle fera la ba- 
gatelle (Argot des tilles). 

DACLNOLF : Bouge, masure. 
Se dit ('gaiement d'uiu! 
vi(3ille voilure qui gémit 
sur ses ressorts njuillés et 
cabote le voyageur (Argot 
du peuplej. ^V. 

BA(U ENAl DER : Flâner, 
errer par les chemins sans 
avoir un but déterminé. 

Etre longtemps sans ou- 
vrage (Argot du peuple). 
BAGNENALDES : Poches. 
Expression usitée chez 
les marbriers, surtout les 
samedis avanl la paye. 

— J'ai dix ronds (jui se 
baladent dans mes bifjue- 
naudes, les mettons-nous 
dans le commerce ? (chez le 
mastroquet voisin) (Argot 
du i)cuple). 



BAL 



BAL 



BAIGNEDANSLEBELIIKE: 

On sait que le maquereau 
maître d'hôtel est appelé 
par les ménagères : la mort 
au beurre. 

Kotliscliild aussi baigne 
dans le leurre, mais par 
la richesse (Argot du peu- 
pie). 

BAIC.NOIRE A BON DIEU : 

Le calice. 

Cette tigure peint bien 
riiostie consacrée baignant 
dans le saint-ciboire (Argot 
des voleurs). 

BAISER LE CUL DE LA 
VIEIL F.E : Joueur dévei- 
nard qui perd la partie 
sans marquer un point. 

Dans le peuple on dit 
aussi : passer sous la table 
(Argot (lu peuple). 

BAJOUES : La face. 

Les voleurs emploient 
cette expression pour gri- 
maces (Argot des voleurs). 

BALANCÉ : Etre renvoyé de 
sa place. 

— J'ai balancé ma femme 
elle était par trop rasante 
(Argot du peuple). N.- 

BALANCER SON RONDIN : 

Aller au cabinet. 

Allusion à la forme ronde 
des excréments (Argot du 
peuple). ÎV^. 

BALANCER SES ALÊNES : 

Quitter le métier de voleur. 
Deux escarpes sont embus- 



quées au coin d'une rue ; 
de loin, ils voient passer 
un garçon de recettes, une 
lourde sacoche sur l'épaule. 
— Quel dommage, dit 
l'un, que l'on ne puissse 
eft'aroncker son pognon 
Je balancerai mes alênes 
et j'irai vivre lionnête dans 
mon patelin (Argot des 
voleurs). 

BALANÇON : Marteau. 

Pour frapper vigoureu- 
sement il faut balancer son 
marteau par le manche (Ar- 
got des voleurs) . N> 

BALANCEUR DE BRAISE : 

Changeur. 

Allusion à l'argent ipii ne 
fait que passer par ses 
mains, il le balance aussi 
facilement qu'il le reçoit 
(Argot des voleurs). ]S[. 

BALANCEURDE LAZA(;NE: 

Ecrire une lettre d'une pri- 
son et l'adresser à quel- 
qu'un (Argot des voleurs). 
Y. Arcasineiir. 

BALANCEUR DE TINET- 
TES : Auxiliaires des pri- 
sons qui vident les tinettes. 

Quand elles sont pleines 
de rnoiiscaille, elles sont 
lourdes ; ils impriment un 
balancement i>our les vi- 
der : Une, deux et trois. 

C'est fait. 

Les troupiers disent : 
Passer la jambe a Jules. 



\\\[. 



BAN 



Qiiaïul la liiiolle déborde 
un loustic s'écrie : 

— Prenez-la par les 
oreilles. 

Dans le peu[)l<î on dit : 
Passer la Jambe à Tho- 
:ias (Argot du peuple). 

. vLAXSÏIQUEH: Jeter. 

( i'est une aniplilication de 
balancer : se débarrasser 
de quelque cbose qui gène, 
ou d'une personne dont on 
a assez (Ai"got des voleurs). 
N. 

n.VLCON (Avoir du monde 
^ au) : Fennne qui possède 
des seins volumineux (Ar- 
^ got du peuple). V. Capi- 
tonnée. 

BALLE : Celle femme me 
: boite, elle fait ma halle 
' (Ai^ot du peuple). Y. i^/o/. 

BALLON : Prison. 

Allusion à la forme splié- 
rique de Mazas (Ai-got des 
voleurs). N^. 

1>\1.1J)\ : Postérieur co- 
pieux. 

Je vais t'enlever le bal- 
/o7i, pour coup de pied dans 
le derrière( Argot du peuple) . 

P>ALLC1I0N : Petit paquet 
que les compagnons por- 
taient jadis au bout d'un 
bâton sur l'épaule, en fai- 
sant leur lourde France. 

Ce baluchon contenait 
leurs vêtements. 



La coutume s'est perpé- 
tuée dans le peuple : des 
outils et la blouse de tra- 
vail en paquet composent 
un baluchon (Argot du 
peuple). 

BANC DE TEKllE NELVE : 
De la Bastille à la Made- 
leine, et de Belleville à 
Montparnasse, on y pèclie 
la morue sans hameçons 
(Argot du peuple). 

BANDE A L'AISE : N'en 
prendre <[u'à son tenq)s el 
n'en laire qu'à sa volonté. 

Dans le peuple on em- 
ploie cette expression par 
ironie vis à vis d'un vieil- 
lard qui, au lieu de remiser 
^on fiacre court après les 
lilles (Ai-got du peuple). M- 

BANDE A PAPiT (Faire) : 
Fuir ses camarades d'ate- 
lier, aller boire el manger 
seuL 

Synonyme à' ours (Argot 
du peuple). 

BANDE SUR L'AFFICHE : 

Bande de papier que les di- 
recteurs font coller sur 
l'aftiche, annonçant le spec- 
tacle du jour, atin d'indi- 
quer au public un change- 
ment i)ar suite de Yindis- 
position subite d'un artiste 
ou parfois relâche. 

Se dit par analogie dans 
le peuple pour indiquer 
qu'une femme a son échéance 
de fin de mois. 



HA.\ 



HAO 



Il y a U7ie bande sur 
l'affiche pour relâche (Ai-- 
gol du peuple) . N- 

liANQUE (la grande) : Ba- 
raque des grands i'oi'ains 
dans le monde des saltim- 
banques qui a, connue pai- 
loul, ses matadors et ses 
miséreux (Argot des saltim- 
banques). 

BANQUE (la laire) : Le sa- 
medi, les ouvriers typo- 
graphes se partagent le 
prix du travail de la se- 
maine (Argiit d'inq)rimeri(^). 

BANQUE : Les volcuis qui 
se partagent le produit d'un 
vol emploient cette expi-es- 
siou (Argot des voleurs). 

BANQUE (en tailler une) : 
Tenir les cartes au jeu de 
baccara. 

Mot à mot: Etre le bau- 
qider (Argot des joueurs). 

BANQUETTU: Le menton. 
Allusion à ce qu'il avance 
sur le visage (Argot du 
peuple). N' 

BANQUISTE : Charlatan 
Tous ceux qui fardent 
la vérité sont des ban- 
quistes, à quelque class(; 
de la société qu'ils appar- 
tiennent. 

Tous les banqitistes ne 
sont pas sur des tréteaux 
f Argot du peuple). 

BANNIÈRE : Sac. 

On dit de celui (jui se 



promène en chemise : il 
se trimballe en bannière. 

Allusioji aux pans de la 
chemise qui flottent au 
vent. 

On dit aussi : Se \\\'i^- 
mener eji ^«^«az5 (Argot du 
[leuple). 

BAPTÊME : La tète. 

Le ruastroquet baptise 
son vin. 

Le peuple, (pii a horrciu' 
de l'eau, dit des vins bai)- 
tisés : Ils sont chréliens 

Le buveur lait sa tèlc 
(Argot du peuple). A". 

BAPTISÉ D'EAU DE MO- 
RUE : Ne pas avoir (h' 
chance. 

Homme ou femme à (pii 
rien ne peut réussir. 

Ce qui équivaut à de- 
veine salée, par allusion à 
l'eau dans laquelle la mo- 
rue a été dessalée fArgol 
du peuple;^. N. 

BAPTISÉ AU SÉCATEUR : 

Juif. 

Allusion à l'opération de 
la circoncision que subis- 
sent les nouveaux-nés sui- 
vant le rit«' juif (Argot du 
peuple). A^. 
BAQUET : Blanchisseuse 

On dit aussi : Baquet 
insolent. On sait que ces 
dames ne mâchent pas leurs 
paroles. 

Quand une ménagère, par 
économie, va laver son 
linge au lavoir, les proies- 



HA1\ 



n\\\ 



sionnellos rappelleul : 
graillouneuse ou noyeme 
d'clrons Ce sont les plus 
uiij^iioniies de leurs déjec- 
lioiis (Ai'got du peuple). 

IIAII.VQUE : Maison oons- 
Iruite en plaire, en loirhis, 
piovisoireinent. 

Maison où la patronne 
va par détiance au niarelié 
avec sa bomie. 

Maison où l'on enferme 
le vin et les licpieurs. 

Maison où l'on chipote 
sur lout, où l'on rogne 
même la nourriture. 

— Tenez, voilî* mon ta- 
blier, je n'en veux plus de 
votre baraque, j'en ai plein 
le dos (Argot du peuple). 

BAUHAQLE : Jeu de hasard. 
Ce jeu se joue sur un bil- 
lard ordinaire avec un ap- 
l)areil spécial. Un joueur 
lient la queue, les parieurs 
sont divisés en deux camps ; 
il s'agit de mettre une bille 
désignée dans une des cavi- 
tés de l'appareil. 

La harraqiie est un jeu 
prohibé parce que l'on peut 
avec liîtbileté voler facile- 
ment (Argotdesjoueurs). A". 

nAllDAQUE : Viande (Argot 
des voleurs). V. Bidoche. 

liARIîAUTIKKS : Gardiens 
de prison. 

Cette expri'ssion vient- 
elle de ce qu'ils sont char- 
gés de garder les barboi- 
(eicrsl 



Vienl-elle de ce qu'ils 
burbolte?it les prisoimiers 
conliés à leur garde? (Ar- 
got des voleurs). A'. 

lîAUBK : Beau mâle, gars 
solide. 

— Mon honnue est un 
. rude barbe. 

11 y a des barbes qui, 
dans certains quartiers, sont 
en réputation comme autre- 
fois les terreurs (Argot des 
iilles et des souteneurs). 

BAKBl': : Vieux. 

Par corruption on dit : 
bh'be. 

On appelle les vieux de 
18i8 qui survivent : des 
vieilles barbes (Argot du 
peuple). 

BARBE (en prendre une; : Se 
pocharder. 

Dans les imprimeries 
quand un camarade a pris 
une bai'be, on dit aussi 
qu'il était chargé à cul. 

Allusion au cheval qui ne 
peut pas avancer quand sa 
charge est trop lourde (Ar- 
got d'imprimerie). 

BARBICIION : Capucin. 

Allusion à ce que ces re- 
ligieux laissent croître leur 
barbe (Argot des voleurs). 
A^. 
BARBILLON : Souteneur. 
Diminutif de brochet , 
quoitju'ils soient aussi vo- 
races l'un que l'autre pour 
dévorer la recette de la 
o 



26 



BAR 



BAR 



marmite (Argot des soiile- 
neurs). 

BARBILI.ON DE BEAUCE : 

Légumes. 

Les voleurs disent égale- 
ment : larhUlon de Va- 
renne pour naxiel. 

Celte dernière expression 
est des plus anciennes; on 
lit en edet dans le diction- 
naire d'Olivier Chéreau : 
harbillons de Varanne 
(Argot des voleurs). 

BARBISE : Apprenti soute- 
neur. 

Il en existe qui n'ont pas 
quinze ans et qui macrotent 
déjà les petites bouquetiè- 
res, quelquefois leurs sœurs 
(Argot des souteneurs). iSf. 

BARBISET : Diminutif de 

barbe. 

Plus jeune et moins en 
faveur (Argot des voleurs). 

N. 

BARBOIS : Voleurs. 

J^a romance du pègre 
dit : 

Pègres et barbais, rappliquez au 

I Sauvage 

Et sans traquer livrez vous au 

iplaisir. 

On aurait tort de vouloir être sage 

Puisau'après tout on sait qu'il 

]faut mourir. 

(Argot des voleurs). 

iîARBOTTER : EouiUer les 
poches de quelqu'un. 

C'est une spécialité (pii 
demande une certaine 
adresse. 



La ménagère souvent la 
nuit, pendant que son mari 
sommeille, pratique, sans 
mandat, une visite domi- 
ciliaire dans les poches du 
dormeur (Argot du peuplfi. 

BARBOTTIER: CanapéfArgot 

des voleurs). JV. 

BARBUE : Plume. 

Allusion à la barbe des 
anciennes plumes d'oie (Ar- 
got des voleurs). 

BARON DE LA GRASSE : 

Individu malpropre, sale, 
puant, dégoûtant, ne se 
débarbouillant, suivant une 
vieille expression, que lors- 
qu'il pleut (Argot du peu- 
pie). 

BARRE : Aiguille (Argol des 
voleurs). A^. 

BARRE : Taisez-vous, en 
voilà assez. 

Fermez çà, barre. 

Barrée (la rue est). Elle 
l'est, en ellet, pour ceux 
qui n'y peuvent passer à 
cause d'un créancier récal- 
citrant. 

On dit aussi : on pace 
(Argot du peuple). 

RARRÉ (Etre) : Individu bou- 
ché, crédule, ignorant, qui 
comprend diflicilement. 

Mol à mot : il a la cerv^'Ue 
barrée (Argol du peuple). 

BARRÉE (La) : Échelle. 

Allusion aux échelons qu 



BAS 



liAT 



l'onnenl banvaiix (Argot dos 
voleurs). V. Montante. 

IIAS PERCÉ: Etre à fond de 
cale, à bout de ressources. 
Allusion aux bas percés 
qui indiquent la misère (Ar- 
got du peuple). V. Lac. 

IIASANE: Peau. 

f jes tabliers des foi*gerons 
se nomment basane (A^d^^^ 
du peuple). 

IIASCL'LE : La guillotine. 
Allusion à la planche qui 
bascule pour pousser le 
condamné sous la lunette 
I Argot des voleurs). 

liASCULES : Épaules (Argot 
des voleurs). V. Porte 
turbin. ^. 

r.AS DU CUL: Petite femme. 
Dans le peuple, pour bien 
caractériser sa petitesse, on 
dit : quand elle pèle elle 
fait des ronds dans le sable. 
(Argot du peuple). 

r.AS DE BUFFET: Injure à 
l'adresse des vieilles fem- 
mes prétentieuses qui se 
maquillent outrageusement. 
Pour accentuer on dit : 
vieux bas de buffet f Argot 
(\\\ peuple). 

lîASARDER : Vendre. 

— Je hasarde mes frus- 
ques, mon mobilier. 

hasarder veut dire aus- 
si rcHVovcM' : 



— Je basarde ma maî- 
tresse (Argot du peuple). 

BASTRINGUE: Bal de bas 

étage où se doime rendez- 
vous la canaille du quartier 
dans lequel il est situé. 

Bastringue , faire du 
bruit, du ta|)age, 

Quand Tbomme rentre au 
logis, un peu humecté et 
qu'il casse la vaisselle, la 
ménagère, furieuse, lui dit : 

— T'as pas bientôt lini 
ion bastringue, sale cha- 
meau? (Argot du peuple). 

BASSE (La): La terre. 

Pour qualilier un fainéant 
qui ne veut pas travailler 
on dit : il a les eôtes en 
long, ce qui l'empêche de 
se baisser, 

La terre est trop basse 
(Argot du peuple). N. 

BASSIN : Insipide, ennuyeux 
(Ai'got du peuple). V. Bas- 
sinoire. 

BASSINOIRE : Individu qui 
répète cent fois la même 
chose pour ne rien dire (Ar- 
got du peuple). 

BATACLAN : Outils de mal- 
faiteurs (Argot des voleurs) 
Y. Agobilles. 

BATACLAN : Mobilier. 

Les jours de terme les 
ouvriers disent : 

— Nous déménageons le 
bataclan, ou bien : nous 



28 



BAT 



BAT 



enlevons le Saint-Frus- 
qiiin (Argot du peuple). 
BATAILLE DES JESUITES : 
Habitudes de masturbation. 

Dans les ateliers, quand 
un apprenti reste trop long- 
temps au cabinet, un ou- 
vrier dit à un autre appren- 
ti : 

— Vas donc voir s'il ne 
se fait pas sauter la cer- 
velle. 

L'allusion est transpa- 
rente (Argot du peuple). 

BATII AU PIEU : Femme qui 
a des qualités extraordinai- 
res au lit (pieu), 

Terme employé par les 
passionnés qui, générale- 
ment, s'y connaissent (Ar- 
got des souteneiu's). 

BATH AUX POMiMES : Tout 
ce qu'il y a de mieux, le 

nec 2^lus ultra en toutes 
choses (Argot du peuple). 

fîATIF ou BATIVE : Beau tout 
ce qu'il y a d'admirable, de 
supérieur, de merveilleux. 

— J'ai un homme, y en 
a pas de pareil, il est batk 
(Argot des tilles). 

BATIR SUR LE DEVANT: 

fttre enceinte. 

— L'allusion est facile à 
saisir (Argot du peuple). V. 
A va fer le pépin. 

BATON : Juge de paix (Argot 

des voleurs). N. 
BATOUSE: Toile neuve, de 

hatousier (tisserand) 



— J'ai une rouillarde 
en hatouse toute battante 
(neuve) (Argot des voleurs). 
WRomllarde. 

BATOUSIER: Voleur de toile 
ou de linge que les blan- 
chisseurs de la campagne 
font sécher dans les prairies 
ou sur les haies (Argot des 
voleurs). 

BATTAGE: Se moquer de 
quelqu'un, dire ce que l'on 
ne pense pas. 

— C'est du battage il 
n'est pas plus malade que 
moi (Argot du peuple). 

BATTANT: Le cœur (Argot 
des voleurs ). V, (7r«^?^/ res- 
sort. 

BATTANT : L'estomac. 

— J'ai le ventre creux, 
rien a me coller dans le 
battant (\rgoi du peuple i. 

BATTANT,BATTANTE:Chose 

neuve. 

On dil dans le peu- 
ple a tout bout de champ : 

— Elle est battante, 
neuve C'est un double em- 
ploi (Argot du peuple). A\ 

BATTANCOURT: Soulier( Ar- 
got des voleurs). V. Ripa- 
tons. 

BATTANDIER : Mendier (Ar- 
got des voleurs). V. Aller à 
la chasse avec un fusil de 
toile. 



BAT 



BAT 



29 



r.ATTOIRS: Les mains, allu- 
sion au bruit que lonl les 
hianchisseuses a vee leur ifl:/- 
toir ; quand les claqueurs 
applaudissent troj) hruyani- 
nient, les voyons loj^és au 
ponlaillei' erient : Remisez 
donc vos battoirs CAi'iïot du 
peuple). 

HATTRE UNE RASANE: 

(i«'ste familier aux gamins 
qui se frappent la cuisse du 
revers delà main droite. 

Ce iijeste veux dire : Merde 
(Argot du peuple). 

IJATTRELERRIQlETrErot- 

ter en marchant les deux 
jamlies de son pantalon 
l'une contre l'autre (Argot 
du peuple). 

r.ATTRE LACOl VERTl RE : 

Ne savoir que faire et rester 
couché toute la journée (Ar- 
got des troupiers). 

IJATTRE LE.TOR: Y. Battre 
coïDtois. 

HATTRE COMTOIS: Un com- 
père bat comtois en deman- 
dant un gant devant une 
baracjue de lutteur. 

Les spectateurs le prennent 
pour un adversaire sérieux: 
dans l'arène il se laisse tom- 
ber. 

Un accusé bat comtois 
en leigr.ant de ne ])as com- 
prendre les quesîions du 
juc-e d'instruction, 

Une femme bat corntois 



lorsquelle vient de coucher 
avecson amant et qu'ellejure 
à son uiarien rentrant qu'elle 
lui est lidèle (Argot du peu- 
ple). 

RATTRE ENTIEEE : Fair(> le 
niais, l'imbécile. 

— Tu battras entijfe 
(juant le quart te deman- 
dera comment tu as rousti 
la tocante à ta dabe (Ar- 
got des voleurs) 

RATTRE LA SEMELLE : 

Dans les grands froids les 
trou[)iers battent la semelle 
pour se réchauller les pieds, 
soit qu'ils, frappent sur le 
sol, soit qu'ils frappent en 
cadence semelles contre 
semelles (Argot des trou- 
piers) 

RATTRE LA SEMELLE: Ar- 
penter le trottoir, faire les 
cent pas en attendant quel- 
qu'un (Argot du peuple) 

RATTRE LA SEMELLE: 

Se dit d'une femme sans 
homme qui, à l'instar de 
certain photographe, opère 
elle même. 

Elle bat la semelle mais 
ne frappe pas aussi fort que le 
cordonnier sur son pavé 
(Argot du peuple). N . 

RATTRE DE LA FAUSSE 
M( )NNAIE : Rat tre sa femme 
(Argot du peuple). N. 

RATTRE UN DIG - DIG : 

Simuler une fausse atiaque 

2. 



30 



BEC 



BEC 



d'épilepsie sur la voie publi- 
que. 

L'homme qui pratique ce 
truc pour donner à l'atta- 
que simulée l'apparence de 
la vérité, se met préalable- 
ment dans la bouche un 
morceau de savon. En le 
mâchonnant le savon mousse 
et lui amène l'écume aux 
lèvres comme si l'attaque 
était naturelle. 

Les batteurs de dig-dig 
font souvent de fortes re- 
celtes (Argot des voleurs). 

BAUCE ou BAUSSE : Patron. 
Dans toutes les chapelleries 
de France on emploie ce 
terme (Argot des chape- 
liers). 

BAVASSER : Personnage qui 
ne sait ce qu'il dit, qui ha- 
rasse \i tort et à travers. 

Mot à mot baver des pa- 
roles vides de sens (Argot du 
peuple). iV^. 

BAVAROISE AU LARD: Ab- 
sinthe épaisse à couper au 
couteau (Argot du peuple). 

N. 

BAVER DES CLIGNOTS : 
Pleurer. 

Le peuple plus expressif 
dit : chier des chasses (Ar- 
got du peuple). V. ce mot. 

BEC DE GAZ : Sergent de 
ville. 

Il éclaire les malfaiteurs 
quand il n'est pas chez le 
marchand de vins en train 



à' étouffer un glacis (Argot 
des souteneurs). N. 

BEC DE GAZ : A la maïiille 
aux enchères, quand le 
joueur auquel le point est 
adjugé rencontre un jeu sur 
lequel il ne comptait pas 
dans les mains d'un de ses 
adversaires, il dit : J'ai 
rencontré un bec de gaz 
(Argot du peuple). N. 

BÉCANE : Mauvaise machine 
à vapeur rafistolée par les 
Auvergnats de la rue 
de Lappe, qui marche 
comme une montre réparée 
par un charron (Argot (\\\ 
peuple). V. Seringue. 

BECHER EN DOUCE : Bla- 
guer un ami doucettement 
mais lui dire de dures véri- 
tés sous des apparences de 
bonhomie (Argot du peu- 
ple). 

BECHEUR : Avocat général. 

II bêche le prévenu pour 
le faire condamner quand 
même. 

Pour V avocat bêcheur il 
n'y a pas d'innocents. 

Ou le bêcheur commence à 
( Jaspiner. 

(Argot des voleurs). 

BËCOT : Bouche, baiser. 
— Mon petit homme, 
donne-moi un bécot. 

Embrasse-moi (Arffotdes 
fdles). 



BEL 



BEC 



31 



r.KGOTTER : Embrasser. 

— C'est dégoûtant ! Ces 
jeunes mariés se bécottenl 
toute la journée (Argot du 
peuple). 

liKCQlETER : iManger. 

— J'ai encore cent ronds 
à becqueter. Viens-tu inan- 
(jer une Triture à Anieuil 
(Argot du peuple). 

IJEDON : Gros ventre. 

En Normandie on dit be- 
dolle pour bedon (Argot 
du peuple). 

r.EFFEUR (C'est un) : homme 

((ui fait des dupes. 

Honime d'à liai res marron 

Ses clients le sont plus 

souvent que lui (Arçot des 

voleurs). 

IIÉGUIN : Petit serre-tête en 
toile (jue l'on met sur la 
tète des enfants nouveau- 
nés (Argot des nourrices). 
V. Acoir un béguin. 

liKGUIN CARABINÉ : Avoir 
tni amour de première force 
auquel il est impossible de 
résister (Argot du peuple). 



15ELETTE 

se use. 



V. Blanchis- 



HELLE (faire la) : Jouer une 
troisième partie qui déci- 
dera quel sera le vainqueur 
des deux adversaires ayant 
perdu chacun une manche 
(Ai^ot du peuple). 



BELLE DE NUIT : Fille pu- 
blique déjà vieille qui rac- 
croche la nuit parce que 
la mtit tous les chats sont 
gris. 

Celte expression est an- 
cienne. Vers 1850, on 
chantait dans un • revue in- 
tiiulée : Vice la Joie et 
les Pommes de terre re- 
présentée aux Folies-Dra- 
matiques, à l'ancien boule- 
vard du Temple. 

Tous les soirs l'amateur 

I contemple 

Les belles de nuit qui sïunt 

I voir, 

Sur le boulevard du Temple. 

(Ai-got du peuple). 

BÉNISSEUR : Homme qui 
tronvc; toujours tout très 
bien et n'a jamais une pa- 
role amère pour personne. 
Le critique IL de La- 
pommeraye fut et restera 
le plus illustre bénisseur 
du siècle (Argot du peuple). 

BENOIT : Maquereau. 

Benoit, (lans le langage 
populaire, est synonyme 
d'imbécile, de niais, n'en 
déplaise à ceux qui portent 
ce nom. 

Il veut dire aussi ma- 
quereau, dans le monde 
des filles (Argot des soute- 
neurs). N. 

BÉQUILLARDS(Les): Vieil- 
lards infirmes et mendiants 
que -la police arrête quoti- 



32 



RER 



RET 



dieniiemenl et qu'elle est 
forcée de relâcher faille 
de délit. 

Ainsi nommés parce 
qu'ils ont des béquilles ou 
qu'ils boitent s'appuyant 
sur une canne (Argot des 
voleurs). A^. 

REIIDOUILLE : Ventre. 

— Que houIottes-U\ donc, 
mon vieux, pour avoir une 
sacrée berdouiUe comme 
ça? 

On dit aussi bedaine 
(ArgOc du peuple). 

BERCE : Brigadier. 

Pour distinguer un sous- 
ordre, on ne dit pas un 
sous-brigadier^ mais par 
abréviation un S. B. (Ar- 
got des agents de policel. A'^. 

BEliGE : Année. 

— Je tire cinq berges à la 
Centrousse de Melun (Ar- 
got des voleurs). 

BERGERONNETTE : Année. 
Diminutif de berge (Ar- 
got des voleurs). 

BÉQUILLER : Manger (Ar- 
got des voleurs). V. BêC- 

ter. 



BERLINE : Couverture (Ar- 
got des voleurs). N. 

BERLINE DE COMMERCE : 

Commis-voyageur (Argot 
des voleurs). 

BERNIQUE : Non. Je ne 
veux pas. 



On dit aussi Bernique 
Sansonnet (Argot .du peu- 
ple). V. Brenide. 

BESSONS : Les deux seins 

(Argot des voleurs). 

BERTELO : Un franc (Argot 
des voleursj,. 

BÉTA : Niais, crétin, super- 
latif d'imbécile (Argot du 
peuple). 

BÊTASSE : Mou, flasque 
(Argot du peuple). 

BÊTE A CHAGRIN : Une 

femme légitime. 

Quand elle est acariâtre, 
et elle l'est souvent par les 
nécessités de la vie, on lui 
donne ce nom peu aimable 
(Argot du peuple). N. 

BÉTE A BON DIEU : Y. 

Bête à pain. 

BÊTE A CORNES : Four- 
chette (Argot des voleurs). 

N. 

BÊTE A PAIN : Homme bon 
et simple. 

Mot à mot : bon comme 
du bon pain (Ai^ot du 
peuple). 

BETINET : Queue rouge. 
Le peu[)le donne ce nom 
aux paillasses qui font le 
boniment sur les plact^s pu- 
bliques ou devant les ba- 
ra^jues de saltimbanques 
pour amasser la foule. 
L'un d'eux lut célèbre 



Hin 



me 



33 



sous le nom de Bétinet, de 
IcSiO à ISrJO, sur la place 
(le la Hasiille. Il était re- 
iionmié pour ses bêtises 
sîupétianles (Argot du peu- 
pie). 

III. IMPLANT : Café chantant 
o!i les spectateurs chantent 
«'u chd'ur avec les artistes. 
Les deux plus célèbres 
lurent le Beuglant de la 
lue Contrescarpe et le Di- 
ran japonais de Jehan 
Sarrazin (Argot du peuple). 

lU.lGLKK : Enfixnt qui crie 
à en perdre haleine. 

— As-tu fini de beugler, 
horrible crapaud (Argot du 
peuple). 

RKl RUE PANS LES ÉPl- 
NAllDS (en avoir ou en 
mettre) : Bourgeois qui 
augmente sa fortune par 
tous les moyens possibles. 

On sait qur» les cuisiniers 
appellent les épinards la 
mort au beurre, parce qu'ils 
tu absorbent considérable- 
ment. 

L'allusion est facile à 
comprendre (Argot du peu- 
ple). 

lîlIîASSE : Vieille femme. 
Arrivée à un certain âge, 
la femme c'est comme les 
vieux souliers, ça boit ; elle 
hibasse dans les bars (Ar- 
Udl du peuple). 



HIHASSOX, BIBASSIEll : 
Vieillard (Argot du peuple). 
V. Birbe. 

BIBERON : Pochard qui boit 
comme une éponge, sans 
soif. 

iMot à mot : il tète ou 
suce tous les liquides j)os- 
sibles (Argot du pen[)lej. 
V. Suce-Canel/e. 

BIBI : Instrument de cam- 
brioleur (Argot des voleurs). 
V. Tàteuse. 

BIBINE : Assommoir de bas 
étage, où tous les liquides 
les j)lus étranges, connue 
jadis à la bibi^ie du Lapin 
blanc^ chez le père Mauras, 
sont servis aux consonnna- 
leurs (Argot du peuple). V. 
Assommoir. 

BICHER : Ça prend, ça mord. 
Dupe qui, comme le pois- 
son, mord à l'hameçon (Ar- 
got des gens d'à flaires et 
des pêcheurs). 

BICIIET : Mensonge (Argot 
des voleurs). 

BICHON : Petit chien à tout 
faire. 

Cet animal est fort afl'ec- 
tionné des dames d'un cer- 
tain monde qui évitent avec 
lui les accidents et les ma- 
ladies de neuf mois (Argot 
des filles). 

BICHON : Outil de chapeHer. 
C'est une sorte de petit 



34 



BID 



BIF 



tampon de soie ou de ve- 
lours qui sert à bichonner 
les chapeaux de soie et à 
leur donner le coup de fion 
(Argot des chapeliers). 

BICIIONiNER (se) : Homme 
qui a grand soin de lui- 
même et qui se hicJionne 
comme une petite maîtresse 
(Argot du peuple). V. Pom- 
madin. 

BICIIONNET : Menton. 

Ce mot exprime bien 
l'habitude qu'ont certaines 
gens de se passer à tout 
moment la main sur le 
menton pour se bichonner 
(se caresser) (Argot du peu- 
ple). V. Banquette. 

BIGLER : Pour cligner de 
l'œil. 

Bicler est une très vieille 
expression (Argot des vo- 
leurs) V. Guigne à gauche. 

RIDARD : Heureux, veinard. 

C'est un nommé Bidard 
qui gagna \m gros lot à une 
loterie quelconque. 

On en fit une chanson 
qui courut les rues : 

Le père Bidard, la mère 
Bidard, etc. Depuis ce 
temps, les chançards sont 
des Bidards (Argot du 
peuple). N- 

BIDET : Yase intime que l'on 
rencontre dans les cabinets 
de toilette un peu chics. 
Bidet, ainsi noimné par 



allusion au bidet sur lequel 
monte le cavalier ; madame 
se met à cheml dessus, et 
généralement l'eau ne pour- 
rait servir qu'à faire du Thé 
de la Caravane r\ri.mt des 
filles). i\^. 

BIDET : La ficelle qui sert 
aux prisonniers pour se 
transmettre leurs corres- 
pondances d'étages en éta- 
ges. 

Allusion au bidet de 
poste (Argot des voleurs). 
V. Postillon. 

BIDOCHE : Viande. 

Cette expression est con- 
nue depuis 1830. 

Le nom de la mère Bi- 
doche avait été donné à la 
marchande de soupe qui te- 
nait le restaurant des Pieds 
humides à l'ancien marché 
des Innocents, aux Halles. 

Le mot est resté dans le 
peuple, ((ui dit aussi quand 
la bidoche est trop dure : 
c'est de la carne (Argot du 
peuple). 

BIDON : Ventre. 

Corruption de .bedo?i; 
on dit aussi hidoiiard. 

S'emplir le bidon chez 
le mastroquet : boire (Ari 
got du peuple). 

BIEFxVRD : Bourgeois (Argot 
des voleurs). 

BEEFSTEACK A CORBEAU 

Vieille fille publique qui î 



lilL 



BIX 



stTvi (le litière à tout un 
régiment de cuirassiers (Ar- 
-lot du peuple). N'. 

lîEEFSTEACK A MAC- 
QUART. 

Macquart est réqiiarris- 
seur qui a la spécialité d'a- 
battre les vieux chevaux, 
les carnes hors de service 
(Arjj;ot du peuple). 

IFFIX : Chinounier. 

Ainsi dénommé par le 
[ peuple à cause de son cro- 
chet qui lui sert à deua; 
fins : à se délendre et à 
travailler. 

Depuis 18i8, on dit d'un 
chiflbimier qu'il eslmembre 
du comité de recherches. 

Allusion à ce qu'il fouille 
dans les tas d'ordures pour 
y trouver sa vie (Argot du 
peuple). 
RII-FETON : Billet. 

Quelques-uns écrivent 
HiiffetoUj c'est une er- 
reur (Argot des camelots). 

iîi.I()i:tier sur le ge- 
nou : Savetier. 

Allusion aux clous nom- 
més bijoux avec lescjuels 
il ferre les semelles des 
souliers (Argot du peuple). 
V. Gniaff. 

HIEBOQUET : grosse femme. 

Il paraît pourtant impos- 
sible de jongler avec elle. 

C'est sans doute par al- 
lusion à la houle du bilbo- 
quet (Argot des voleurs). 



BHjEANCER : Condamné qui 
a lait sa prison. 

C'est la corruption de 
billancher, payer ; en 
elfet, le prisonnier qui a fait 
sa prison a payé sa dette 
(Argot des voleurs). N. 

BILLANCHER : Payer. 

— C'est dégoûtant, il 
faut toujours billancher 
(Argot du peuple). 

BILLER : Diminutif de bil- 
lancher. 

Même signification (Ar- 
got du peuple). 

BILLET DE LOGEMENT : 

Quand les tilles vont à Mon- 
tretout (la visite sanitaire), 
si elles sont malades, elles 
sont retenues et dirigées 
sur l'inlirmerie de Saint- 
Lazare; le médecin inscrit 
la nature de la maladie sur 
un bulletin dont la couleur 
varie suivant la gravité du 
cas. 

Une fois installées dans 
leur lit, le bulletin est placé 
à la tète du lit dans un 
petit cadre spécial. 

De là le nom de billet de 
logement (Argot des lilles). 

BINELLE : Faillite. 

— Il est tombé en bi~ 
nelle, mais si les Anglais 
se tapent., il a carré \o- 
seille {Xr'^ot des voleurs). 



36 



BLA 



BLA 



BIKBE : Vieillard (Argot du 
peuple). 

BIRIBI (dés) : Ce jeu se joue 
dans les foires et dans les 
fêtes publiques. C'est un 
vol audacieux. (Argot des 
camelots). 

BISOT : Ami (Argot des vo- 
leurs). V. Aminches. 

BISTOURNE : Cor de chasse. 
Allusion à la forme tour- 
née de l'instrument (Argot 
du peuple). 

BISTRO : Marchand de vins. 

On dit aussi des petits 

commis des magasins de 

nouveautés qu'ils sont des 

bistros (Ai^'ot du peuple). 

BlTURE(s'en flanquer une): Se 
saouler comme un cochon 
(Argot du peuple). 

BLAIRE : Nez. 

Cette expression est en 
usage depuis plus de cin- 
quante ans dans L s fau- 
bourgs, où les terreurs à la 
sortie des bals publics se 
bouffaient le blaire (Argot 
des souteneurs). 

BLANCIIETTE : Hiver. 

Allusion à la neige cl au 
givre qui couvre les rues et 
les toits d'une nappe blaii- 
cheikv^Qi des voleurs). N. 

BLANCIIISSELSE : Pièce de 
cinquante centimes (Argot 
des voleurs). JSf. 



BLANCHISSEUR : Avoc:.i. 

Ce mol date du procès 
du fameux empoisonneur 
Couty de Laponmierais. 

Dans les couloirs du pa- 
lais, avant l'audience des 
assises, on discutait la con- 
damnation ou l'acquitte- 
ment; la majorité des avocats 
étaient d'avis qu'il serait 
acquitté parce que Lachaud 
blanchit. 

Lachaud était le défen- 
seur de Lapommerais. 

Les voleurs se souvien- 
nent du calembour (Argot 
des voleurs). N. 

BLANCHISSEUSE DE TU- 
YAUX DE PIPES : Blan- 
chisseuse qui ne blanchit 
jamais rien, elle n'a que 
l'apparence. 

Elle habite géné^lement 
aux environs des hôtels, 
pour avoir la clientèle des 
commis-voyagenrs qui dé- 
sirent être servis à la mi- 
nute (Argot du peuple). 

BLANCHOUILLARDE: Hiver 

Diminutif de blanchette 
(Argot des voleurs). 

RLAGUE A TABAC : Vieilles 
tétasses molles et flasques 
qui tombent outrageuse- 
ment (Argot du peuple). 

BLANQUETTE : Aigenl(Mie 
(Argot des voleurs). N. 

BLAVE : La cravate (Argot 
des voleurs). N- 



BLE 



BOB 



37 



HLAVIN : Mouchoir. 

Une vieille ciiaiisou dil : 

\.Q parrain care sâfrime dans 

I son blaoin. 

Argot des voleurs). Y . 

Aniterge. 

r.l.AVlMSTE : Voleur (pii a 
la spécialité de faire le b/a- 
vi)l (Mouchoir I i \ruoi des 
voleurs). 

lU.AZE : Numéro (Argot des 
voleurs). N. 

lîLÉ : Aident monnayé (Ar- 
got des voleurs), V. Aubert. 

lîLÉClIARD : Laid, disgràeié 
(le la nature. 

Dans les fauhourgs ou dil 
(l'une femme dans ce cas : 

— Elle est rien blèche 
Argot du i)euple). 

r.LÉCnARDE: C'est le super- 
latif de bléchard. 

Pour bien accentuer on 
ajoule qu'elle a une gueule à 
faii'e tourner la soup * au 
lait (Argot du peuple). 

lu. EU (Passer au bleu): Faire 
disparaître un objet ({uel- 
conque. 

Le samedi de paye quand 
l'ouvrier care un peu de 
fjaltouze, la ménagère dit : 

— Mon vieux tu m'as fait 
passer cent sous au bleu 
(Arçot du peuple). 

I5LEU : Jeune soldat. 



Se dit de tous les hommes 
qui arrivent au régiment. 

Ils sont bleii juscpi'à ce 
qu'ils soient passés à l'école 
de peloton (Argot des trou- 
piers). 

BLEU (J'en suis): Etre étonné, 
ne rien eompn ndre, en res- 
ter ébahi (Argot du peuple). 

ULEU (N'y voir que du) : 
Etre volé sans s'en aperce- 
voir (Argot du peuple). 

BLEUET : Billet de banipie. 
Allusion à la couleur ô/^/^^ 
des précieux papiers (Ar- 
got des voleurs). V. 2'al- 
biu d'altèqiie. 

BLOKAUS : Chapeau haut 
de forme (Argot dii peuple). 
Y. Bloiuii. 



BLOUM : Même signiûcation 
que précédemment (Argot 
du peuple). 

BLOT (C'est mon blot)_: 

J'ai ce que je désire, elle 

fait bien mon blot. 

Ça fait le blot, ça fait le 

compte (Argot du peuple). 

Y. Balle. N. 

BOBËCIION (Se monter le) : 
On dit aussi se monter le 
bourrichon. 

Croire qu'une chose fausse 
est vraie et prendre un dé- 
sir pour une réalité (Argot 
du peuple). lY. 

3 



38 



BOI 



BOI 



BOBINE : Tête (Argot du 
peuple). V. Tronche. 

BOBINCUE : L'ancien théâtre 
Bohino. 

Les étudiants disaient 
Bohinsky (Argot des étu- 
diants). 

BOBINO : iMontre (Argot des 
voleurs). V. Babillarde. 

BOBINO EN JONC : Montre 
en or (Argot des voleurs). 

BOBINO EN PLATBE: Mon- 
tre en argent (Argot des 
voleurs) . 

BOCAUD : Maison de tolé- 
rance (Argot du i^euple). 
V. Magasin de Uanc. 

BOGUE : Allemand (Ai-got du 
peuple). V. Alboche. 

BOG EN JONC : Montre en or 

Quelques-uns écrivent 

bogues et baube, mais ce 

n'est pas exact (Argot des 

voleurs) . 

BOILAÎID : Le temps (Argot 
des volem*s). 

BOIRE DU LAIT : Etre con- 
tent. Se réjouir du mal qui 
arrive à un 
du peuple). 

BOIRE A LA GRANDE 
TASSE : Se jeter dans la 
Seine. 

En efïet, l'homme qui se 
noie peut boire à son aise, 
la tasse est assez large et 



assez profonde (Argot du 
peuple). 

BOIT SANS SOIF : Ivrogne 
(Argot du peuple). V. Sac 

à vin. 

BOITE (La grande) : La pré- 
fecture de police (Ai^ol des 
voleurs). V. Tour poin- 
tue. 

BOITE A CORNES : Cha- 
peau. 

Allusion aux cocus qui y 
cachent leurs cornes (Ar- 
got du peuple). 

BOITE A OUVRAGE : L'ou- 
til avec lequel les lilles ga- 
gnent leur vie. 

Quand l'une d'elles va 
au Dispensaire, elle dit 
qu'elle va faire voir sa boUe 
à outrage (Aii^^ot des 
filles). N. 

BOITE AUX CAILLOUX : 

Prison où l'on couche sur 
la dure. 

Allusion aux matelas qui 
sont rembourrés avec des 
noyaux de pêches (Argot 
des voleurs). A'^. 

BOITE A DOMINO : Bran- 
card couvert qui sert dans 
les hôpitaux à transporter 
les morts de leur lit à l'am- 
phithéâtre. 

Allusion de foi'me (Argot 
du peuple). 

BOITE A DOMINOS : La 

bouche. 



BOI 



BOM 



39 



Allusion à la blancheur 
di^s (lents et à leur forme 
(|ui ressemble aux dés (Ai - 
i^ot du peuple). 

nom: a LAIT: Les seins. 
L'allusion est jolie. Les 
seins d'une jolie fennne 
soîit certainement des boi- 
le.s à lait à même les- 
(juelles on voudrait boire 
(Argot des voleurs). N. 

BOITE A PANDORE : C'ost 
u;ie boîte ronde qui a la 
lorme exacte d'une montre 
ordinaire. Elle contient une 
(lie molle très u»alléable 
j) réparée pour prendre les 
empreintes des serrures 
(les maisons marquées pour 
être dévalisées. 

Ce travail est fait parh's 
larbiniers qui préparent la 
beso^^nie des cambrioleurs 
LVrgot des voleurs). 

BOITE A PANTES : Maison 
de tolérance. 

Cette expression n'est 
pas juste ; il n'est pas né- 
cessaire d'èire un pante, 
c'est-à-dire un imbécile, 
l>our s'oHrir une satisfaction 
avec C D. G. (Argot des 
voleurs). V. Bocard. 

BOITE A SIGUES : Gilet. 
Allusion aux poches qui 
X ivent à mettre des pièces 
fie vingt francs [sif/ues]. . . 
(jiiand on en a (Argot des 
voleurs). N'. 



BOITE A YÉUOLE : Fille de 
barrières ou rôdeuse de 
casernes qui s'allranchit d(î 
la visite sanitaire et en fait 
d'eau ne connaît que l'eau 
d'art" (Argot du peuple). 

BOITE A VIANDE : Cer- 
cueil. 

Ce n'est pas une bt^le 
de conserve (Argot des vo- 
leurs). iV. 

BOISSEAU : Chapeau haut 
de forme. 

Allusion de forme et 
aussi à la grandeur de cer- 
tains cliapeaux (jui, assuré- 
ment, pourraient servir à 
niesurer des pommes de 
terre (Argot du peuple). V. 
B/ouili. 

BOITEUX D'UN CHASSE : 

Borgne. 

Manchot eiit été plus 
juste (Ai*got des voleurs). 
V. Caliborgne. 

BOMBE : Mesure non classée 
qui contient environ un de- 
mi-litre de vin. 

Quand un ouvrier en a 
bu un certain nombre, ses 
camarades disent : Il est en 
bombe. 

Quand il rentre au logis, 
la ménagère fait une scène 
épouvantable ; les voisins 
entendant le ^(/^artZ disent : 
la ôowi^(? éclate, gare ! (Ar- 
got du peuple). N . 



40 



BON 



BON 



BON A NIB : î\.ressj:ix. 
Mot à mol : bon à rien 
(Argot des voleurs). 

BONBON A LIQUEURS : 
Bouton qui suinte constam- 
ment une humeur liquide. 
Individu qui a des 
écrouelles (Argot du peu- 
ple). AT. 

BONBONNIÈRE: Tonneau de 
vidange. 

Allusion, sans doute, à 
ce qu'en l'ouvrant on prend 
une prise. 

Dans le peuple on dit 
d'un vidangeur qu'il en 
prend plus avec son nez 
qu'avec une pelle (Argot 
du peuple). 

BONBONNIÈRE AEILOUS : 

Omnibus. 

Les voyageurs sont ser- 
rés, le vol à la tire est fa- 
cile; il y a des voleurs qui 
n'ont que la spécialité de 
voler les morlingues en 
hotibonnière (Argot des 
voleurs). ^V. 

BONDE : Prison Centrale. 

Dans les prisons, le fro- 
mage réglementaire est le 
bondon, sorte de fromage 
rond qui se fabrique à Neuf- 
chàtel. 

La portion, une moitié, se 
nomme un sijslènte. 

Par corruption, on a fait 
bonde (Argot des voleurs). 

BONNET A POIL : Le bon- 



net ({ue portaient les grena- 
diers et les sapeurs. 

Cette coiffure a été sup- 
primée. On l'applique à un 
tout autre objet (Argot 
du peuple). V. As de 
pique. N'. 

BONNETEAU : Jeu des trois 
cartes. 

Ce jeu ou plutôt ce voj 
s'exécute à Auteuil, Saint- 
Ouen et dans les Avagons 
de chemin de fer. 

M. Marcel Schwob, pour 
arriver à expliquer l'expres- 
sion de bomieteiii\ dit 
qu'il faut passer par des 
intermédiaires : bonnet. 
bo7ineteur, lingerie. 

Bannet, dans les «le- 
liers, signifie se réunir plu- 
sieurs pour former une co- 
terie, résister au patron ou 
aux autres camarades. 

Los bonneteurs sont ;4 v'- 
néralement trois pouro^M'- 
rer : le bonneleur i\;v\\ù'^\n 
le jeu, Yengayeur «{ui 
ponte pour allécher les 
naïfs, le nonneur qui est 
en ga/fe pour avertir si la 
rousse décale. 

Ce trio forme donc bien 
un bonnet, et bonnetenr 
en dérive tout naturclle- 
menr, et il n'est nullement 
question de lingerie. 

Bonneûel bonneteur sont 
deux expressions en circu- 
lation depuis plus de cin- 
quante ans ; Vldocq en parie 



BON 



BOU 



41 



dans ses Voleurs (ArL^ot 
(lu peuple). 

r.ONNKTDE M IT ; Triste 

connue un bonnet de nuit. 
Iloninjclacilurne, uiélan- 
(■oli(pie, dont la tristesse 
est eonnnunicalive, sa pré- 
sence dans une réunion 
jette nu froid (Arj^ot du 
[)euple). 

IIOMMKNT : Discours pour 
attirer la foule. 

Forains, orateurs de réu- 
nions puMicpies, hommes 
[toiitiques et autres soni de 
rudes bonimcnteurs. 

Quand un boniment est 
par trop fort, on dit dans 
le peuple : c'est un bo7ii- 
ncnt à la graisse de che- 
vaux de bois (Argot du peu- 
pie). 

BUNNIR : Parler. 

On appelle le pitre qui fait 

le boniment le bonnisseur 
(Argot des camelots). 

BONMR Ql E PEAU : Etre 
nuiet connne une carpe (Ar- 
got des voleurs). 

BONJOURIER : Vol au bon- 
jour. 

Ce vol se praiiqne dans les 
clianii)res d'hùtels. 

Le bonjourier monteles- 
tenient les escaliers comme 
s'il allait faire nne visite, 
généralement le matin à 
l'heure à laquelle les gens 
dorment encore ; il voit une 



clé sur la porte, il entre 
doucement. Si le dormeur 
s'éveille, il lui souhaite le 
bonjour et s'excuse de s'ê- 
tre trompé de porte; au cas 
contraire, il vole rapide- 
ment ce (pii lui tombe sous 
la main et s'esquive. 

11 y a six mois, on arrêta 
une bande de bonjouriers 
^ qui avaient la spécialité de 
voler les souliers des loca- 
taires. 

Ils avaient sous le bras 
une serviette d'avocat gon- 
llée de vieux journaux ; ils 
les jetaient dans un coin du 
couloir et les remplaçaient 
par les bottines et les sou- 
liers (Argot des voleurs). 

BOQUABELLE : La boucjie 
(Argot des voleurs). V. Af- 

famce. 

BOUCAN : Bruit, tapage, 
chahut, scandale. 

Un boucan s'organise 
pour empêcher un orateur 
de parler ou un acteur de 
remplir son rôle. 

Les étudiants sont passés 
maîtres dans l'art d'orga- 
niser un boucan (Argot du 
peuple). 

BOUCARD : Boutique (Argot 
des voleurs). V. Bon tan- 
che. N. 

BOUCARDIER : Le petit pé- 
griot qui s'introduit dans 
la boutique pour aider son 



42 



BOU 



BOU 



complice à voler (Argot des 
voleurs). V. Raton. 

BOUCHER : Chirurgien. 

On dit aussi charcutier. 

Il charcute les chairs du 

patient (Argot du peuple). 

BOUCHON : Mauvaise gar- 
gote où l'on vend du vin 
sans raisin. 

Allusion h l'usage ancien 
de placer comme enseigne, 
au-dessus de la porte d'en- 
trée, une branche de sapin 
ou de houx ; cela se nomme 
un bouchon (Argot du peu- 
ple). 

BOUCHON DE PAHJ.E : 

Objets à vendre. 

()n place un bouchon de 
paille au collier ou à la 
cpieue d'un chien (pie l'on 
désire vendre. 

On dit de certains indi- 
vidus dont la moralité est 
plus que douteuse : Ils ont 
un bouchon de paille à la 
conscience. 

Mot à mot : elle est à 
vendre (Argot du peuple). 
N. 

BOUCLER : Enfermer. 

Dans les prisons, on bou- 
cle les prisonniers chaque 
soir dans leurs cellules. 

On boucle la lourde 
(fermer la porte) (Argot des 
voleurs). 

BOUDER AU TURBIN : Ou- 
vrier qui cherche tous les 



moyens possibles pour ne 
pas travailler. 

Fille publique qui ne 
veut [)his tîirbiner pour 
son souteneur. Dans la fa- 
meuse chanson : Lamenta- 
tions d'un souteneur, on 
lit : 

Quoi? C'est éteint... Tu r"bu.tes 

j au flanche, 

Y'a pu de trottinage à la clé, 

Des dattes pour que tu fass'la 

I planclie, 

L'anse de la marmite est cassé. 

Pour parer c'gnon qui ni"met 

I su'l' sable, 

Comme ta peau n'veut plus 

I quTeignanter, 

J'vas me rcoller avec ta dabe, 

Qui ne r'toul' pas pour turbiner. 

(Argot des souteneurs). 

BOUDINOTS : Cuisses (Argot 
des voleurs). N- 

BOUILLON DE ONZE HEU- 
RES : Dans le peuple, on 
est persuadé que l'on vous 
administre dans les hôpi- 
taux un bouillon qui lait 
mourir. 

Cette légende vient de ce 
qu'un malade à qui on 
donna un bouillon à onze 
heures mourut à midi. 

Quand il arrive quelque 
chose de désagréable à quel- 
qu'un, on lui dit : 

— Comment trouves-tu 
le bouillon"^ (Argot du 
peuple). 

BOUÏS-BOUIS : Endroit mal 
famé. 

Se dit d'un café comme 



BOU 



BOU 



43 



d'un théâtre do dernier or- 
dre (Argot du peujde). 

ilOlFKARDE : Pipe. 

Allusion à la bouffée de 
fumée (juo le l'unieur tire 
par intervalles de sa pipe 
et ianee dans le vide (Argol 
du peuple). 

l'.orFFE-TOl T : Il est des 
individus atteints de Xwhou- 
limie, (pii mangent tout ee 
((ui se présente. 

Thomas l'Ours, le mo- 
dèle bien connu de Mont- 
martre, mangeait en guise 
de hors^l'œuvre huit livn's 
de pain en buvant un se:!U 
de vin. 

J.es rapins racontent en- 
core qu'un jour de lamine 
Thomas l'Ours avait dévoré 
un poêle de laïence (Argot 
du peuple). 

BOUFFER LA BOTTE : 

Amour platonique... faute 
de mieux (Argot du peu- 
ple). 

BOUFFER SON CRAN : Ne 
pas être content, mar- 
ronner. 

On dit aussi : bouffer 
son bœuf (Argot d'impri- 
merie). 

BOUFFER A L'AS : Dîner par 
cœur. 

Même signification que 
passer à l'as, passer de- 
vant Chevet, regarder mais 



ne pas toucher (Argot du 
peuple). 

BOUFFER DES BRIQUES 
A LA SAUCE AUX CAIL- 
LOl'X : Se dit par ironie. 
Mot à mol n'avoir rien à 
se mettre sous la dent (Ar- 
got du peuple). A^ 

BOUFFI: Noyé. 

Allusion à l'eau qui 
gonlle la lace de l'individu 
qui reste longtemps im- 
mergé (Argot du peuple). 

BOUFFI : Êtrejoulllu. 

D'un vaniteux on dit 
qu'il est bouffi d'orgueil. 

On dit aussi ironique- 
ment : tu l'as dit bouffi, 
dans le sens i\\} grosse bête. 
Bouffi est le synonyme (Ar- 
got du peuple). 

BOUGE : Endroit infect. 

Bouge vient certaine- 
ment de b'iuge où les co- 
chons se Vautrent dans la 
boue et dans leurs excré- 
ments. 

C'est dans les bouges 
que se réunissent les vo- 
leurs de bas étage (Argot 
des voleurs). V. Bagnole. 

B0UX;NAT : Charbonnier. 

Il y a fort peu de temps 
que cette expression est en 
usage, depuis la liberté des 
marchands de vin (Argot 
du peuple). V. Auverpin. 

BOUILLOTTE : La tète. 

Dans le peuple pour ex- 



44 



BOU 



BOU 



primer que Ton a une forte 
migraine on dit : Ma c^r- 
velle bout. 

Bouillotte est la consé- 
quence (Argot du peuple). 
Y. Tronche. 

BOULE DE LOTO : Gros 
yeux presque à ileur de 
tète (Argot du peuple). 

BOULE DE SON : Pain. 

Ainsi nonuiié à cause de 
sa forme ronde et de sa 
couleur, car autrement il 
n'entre pas de son dans la 
confection du pain de mu- 
nition, pas plus que dans 
celui qui se fabrique à la 
boulangerie centrale de 
Saint-Lazare pour les pri- 
sons de la Seine (Argot des 
voleurs) . 

BOULEAU : Travail. 

Ce mot a pris naissance 
chez les sculpteurs sur bois, 
parce que tout morceau de 
bois à travailler est un 
louleau. 

Cette expression s'est 
étendue à tous les corps de 
métiers qui disent : 

— Je cherche du bouleau 
(Argot du peuple). N- 

BOULENDOS : Bossu. 

On dit aussi : boscando. 
Dans" le peuple par allusion 
à la gibbosité on dit éi^ale- 
ment : 

— Il a volé îm pain. 

— Il a un orgue de 
Barbarie dans le dos. 



— Il a un durillon 
dans le dos. 

Les troupiers disent d'un 
bossu : 

— Il a le sac au dos 
(Argot du peuple). 

BOULER : Envoyer prome- 
ner quelqu'un. 

Sabouler veut dir • la 
même chose. 

— Je l'ai salement sa- 
boulé ce pierrot-là (Argot 
du peu])le). 

B )ULET : Femme légitime. 

— Tu traînes toujours ton 
boulet mon vieux JBoireau ? 

— Mon Dieu oui, elle 
ne veut pas crever. 

— Fous-lui un lavement 
au verre pilé. 

Boulet.'AWmion au forçat 
condamné aux travaux for- 
cés qui en traînait un autre- 
fois pendant la durée de sa 
peine (Argot du peuple). 
Y. Paillasse. 

BOULETTE : Commettre une 
erreur, se tromper. 

— J'ai fait une rude 
houlette en me mariant. 

— Quelle boulette j'ai 
faite en quittant ma place. 

La dernière boulette est 
de mourir (Argot du peu- 
pie). 

BOULETTES : Billes de bil- 
lard. 

Allusion à la forme ronde 
(Argot des voleurs). N. 



Bor 



roi: 



45 



BOILKTTE : Mélange de 
cliair à saucisse et de bœul" 
bouilli, liaehé menu. 

Elles sont rondes, de \h : 
boulette {Sv'^oi du peuple). 
V. AttifjnoUes. 

BOri;MICllE : Abréviation 
de boulevard Saint-Michel 
(Argot des étudiants). 

lîOl'LIX : Perche de sapin qui 
sert au maçon pour cons- 
truire ses échafaudages (Ar- 
got du peuple). 

UOriJNE : Cette expression 
désigne une vieille coutume 
en usage dans les petites 
listes locales. 

Les camelots qui font 
ces letes sa cotisent pour 
produire une certaine sonmie 
elle est destinée à faire boire 
le garde -champêtre pour 
détourner sa surveillance 
ou à l'indemniser s'il y con- 
sent pendant qu'un des 
compères qui lient un jeu 
de hasanl vole les paysans, 

Bouliner, faire le tour 
de la bouline (Argot des 
camelots). 

BOULOTTAGE : Nourriture 
(Argot du peuple). 

BOULOTTE : Femme ronde- 
lette, grassouillette, bien 
en chair, ayant du monde 
devant et derrière (Ai'got 
du peuple). Y. 

BOULOTTER : Manger (Ar- 
got du peuple). 



BOULOTTEK : Faire ses pe- 
tites allaires. 

Quant ya va bien on dit : 
ça boulotte à la douce, 
comme le marchand de ce- 
rises. 

On sait que ce dernier 
])Our annoncer sa marchan- 
dise crie : 

— A la douce, à la dou- 
ce (Argot du peuple). 

BOITIBEUX : Paysan. 

Allusion à ce que pen- 
dant la saison des pluies il 
est toujours couvert de houe 
(Argot des voleurs). V. Pê- 
trousquin. 

BOURSICOTIER : Agioteur 
qui boursicote des valeurs 
qui n'en ont pas. 

Tripoteur, qui vend et 
achète des résidus au war- 
ché des pieds humides à 
tous les négociants qui , 
voulant faire une jolie fail- 
lite, achètent des valeurs 
tombées pour justifier de 
grosses pertes vis-à-vis du 
syndic (Argot des bour- 
siers). 

BOURDON : Fille qui fait le 
trottoir. 

Cette expression vient de 
ce que les fdies chantent 
sans cesse, ce qui produit 
aux oreilles des passants 
un bourdonnement sem- 
blable à celui du petit in- 
secte que l'on nomme bour- 
don ( Argot des soute - 
neurs). 



46 



BOU 



BOU 



BOURGUIG.^ON : Le soleil. 
Il (ait mûrir les bons vins 
de Bourgogne (Argot des 
voleurs). 

BOURRASQUE : Rafle faite 
par des agents. 

— Ne vas pas ce soir au 
bistro, il y aura une bour- 
rasque à cause du gonce 
estoiirbi par la Saucisse. 

Bourrasque })eint bien 
les agents arrivant sur les 
boulevards et les balayant 
comme une trombe, ou pé- 
nétrant dans une maison 
comme un ouragan (Argot 
des voleurs). N- 

BOURRE-COQUIN : Haricots 

(Argot des voleurs). 

BOURREUR DE PÈGRES : 

Le Code pénal . 

Généralement les figures 
employées sont plus exac- 
tes; mieux vaudrait dire 
bourreur de bondes, car 
c'est d'après le Code que 
les prisons sont bourrées 
et non lea pègres (Argot des 
voleurs). 

BOURRIQUE : Indicateur (Ar- 
got des voleurs). A^. 

BOUTERNIÈRE (La) : C'est 
une voleuse qui, dans les foi- 
res de villages, expose dans 
une vitrine nommée bouter- 
ne des bijoux véritaljles. 

Les paysans, alléchés de 
courir la chance de gagner 



une montre en or pour deux 
sous, prennent des jjillels 
mais ils ne gagnent jamais. 
Les dés sont plombés 
(Argot des voleurs). 

BOUSCULADE (Vol àla) : Ce 
vol est une variété du vol à 
Vesbrouffe. 

Il y a quelques années, 
un facteur lut victime, pla- 
ce de la Bourse, du vol 
d'un pli chargé contenant 
quarante mille francs. 

Ce vol est très commun 
(Argot des voleurs). V. Es- 
broiiffe. 

BOU SI LLER : Fia iier,gouaper . 
Mettre quinze jours sur un 
ouvrage 6ù il en faudrait 
deux et ensuite le terminer 
rapidement avec une mal 
façon (Argot du peuple). 
V. Saboter. 

BOUSILLEUR : Ouvrier qui 
bousille (Argot du peuple). 

BOUT COUPÉ : Juif (Argot 
du peuple). V. Baptisé au 
sécateur. 

BOU-CI BOU-LA : Deux nu- 
méros tète-bêche 

0) 
CD 

(Argot du peuple). 
BOUTANCIIE : Boutique. 
Quelques-uns disent que 
boutanche veut dire bou- 
teille, c'est une erreur. 
Boutanche veut dire 



BOY 



BRA 



47 



boutique (Argot (1<'< m^- 
\G\\Yh).S . Botœard. 

nOlTIQUEA SI IIPIUSKS: 

Maisons (|ui, on appariMico, 
vendent (les livres, des ta- 
bleaux ou de la parfumerie 
et chez lesquelles l'aelieleur 
trouve tout autre eliose (jue 
la mari'liandise annoncée. 

Ces maisons ne sont pas 
au coin du (juai, on ne rend 
pas l'argent si le client n'est 
pas content (Argot des ÏA- 
les). N. 

nOTTOClIE: Fusil (Ai^'ot des 

voleurs). N. 

HOUSSOr.E : Tèle. 

La tète, comme la bous- 
sole, dirige (Argot du peu- 
ple). 

BOUTORD : Tabac à chiquer. 

Ou sait que ce qui atlecte 
le plus le prisonnier c'est la 
privation du tabac. 

Une chanson célèbre dans 
les prisons centrales : Pour 
(lu tabac, dit ceci : 

Pour du tabac, disait un nègre. 
Et pour trois pouces de Saint- 
I Père, 
.l'ai hasardé ma viande hier. 
Et j'ai turbiné comme un no,'re 
Pour un petit bout de bouturd. 
Je vends ma bonde et mon pain 

I même 
Et, bourreau de mon pauvre 

I corps, 
Je suis doublement au système 
Pour du tabac, pour du tabac. 

(Argot du peuple). iV. 
nOYAU : 11 a toujours un 



bot/au de vide pour soi /fer 
(Argot du peuple). V. Poi- 
vrot. 

BOX ON : Maison de tolérance. 

Maison 7>ial famée, dit 
le sénateur Bérenger, sans 
doute i)arce qu'il y a de fort 
Jo/ies femmes. 

(^)ueslion d'appréciation 
(Argot du peuple). V. Bo- 
card. 

BBAGQUEMAUD : Pennis. 
V. Paf. 
(Argot du peuple). 

BIIAIS^: : Argent. 

Allusion à la braise du 
boulanger (pii enllammetrès 
vite le charbon ou le bois. 

Doniuu' de la braise à 
une lille c'est Tenllammer. 

La braise passe vite dans 
les deux cas (Argot des 
filles). 

BUANDILLANTE: Sonnette. 
Par le mouvement que 
lui imprime le cjrdon, elle 
brandille (Argot des vo- 
leurs). iV". 

BRANCARDS : Jambes. 

Elles traînent le corps. 

Cette expression a donné 
naissance à une autre. 

Se mettre dans les bra^i- 
cards. 

La situation explique le 
fait, surtout si on ajoute 
d'une femme passionnée : 
elle rue dam les brancards 
(Argot des souteneurs). iV. 



48 



BRE 



BRI 



BRANLEUSE DE GENDAR- 
MES : Allusion au fer à re- 
passer qui porte ce nom. 

Les blanchisseuses bran- 
lent pour repasser ce fer 
toute la journée (Ai"got des 
blanchisseuses). 

BRA*^SEUR DE FAFFES : 

Fabricant de faux papiers à 
l'usage des filles de maisons 
et des voleurs (Argot des 
voleurs). V. Lopheur. 

BREDOUILLE : Suivre une 
femme et ne pas réussir à 
la lever. 

Aller à la chasse et re- 
venir bredouille (n'avoir 
rien tué). 

Aller chercher de l'ar- 
gent et n'en pas recevoir. 

Mot à mot, bredouille 
est le sy.ionyme de rater 
(Argot du peuple), 

BRÈME DE FOND : Pièce 
de cinq francs en argv-nt. 
(Argot du peuple). 

BRÈMES : Les cartes (Argot 
des filles). 

BRÈME DE PATELINS : 

Cartes de pays. 

Elles servent aux rabat- 
teurs de sorgues pour se 
guider (Argot des voleurs). 

BREMER ; Jouer aux cartes 
(Argot des voleurs). 

BRENICLE : Non. 

C'est une corruption de 

bernique (Argot des vo- 
leurs). iV. 



BRICULE: Officier de paix 
(Argot des voleurs). 

BRIDE : Chaîne de montre. 
Elle bride le gilet (Argot 
des voleurs). V. Cordelettes. 

BRIDOUX : Fou (Argot d»s 
voleurs). 

BRIFFE : Pain (Argot des 
voleurs). V. Bricheton. 

BRIFFER : Manger. 

Vient de briffe (Argot 
du peuple). 

BRIGEANT : Cheveux (Argol 
des voleurs). Y. Alfa. 

BRIGEANTE : Perruque. 
On dit aussi réchauf- 
fante, en effet, elle préserve 
les cheveux du froid (Argol 
des voleurs). N.' 

BRIGNOLET: Pain (Argot 
du peuple). V. Bricheton. 

IILLA] 

francs. 

Elle brille (Argot des 
voleurs^ V. Signes. 

BRINGUE : Grande femme 
haute en jambes. 

Quand elle est mal ficelée 
mal habillée, c'est une 
bringue {kv^oi du peuple). 
V. Asperge montée. 

BRISEURS : Bande noire. 
Cette bande est compo- 
sée de plusieurs Auvergnats 
qui achètent des marchan- 
dises neuves et qui les 



lîRl 



lUR 



49 



ùrisc'/il pour les revendre 
eiisuiie à la leiTaille connue 
iH a r c 11 an dise s d'occasion 
(Argot des voleurs). 

lUlOCIIET : Marlou, soute- 
neur (Argot du peuple). 
V. Barbillon. 

l'.l'.OQUE : Un sou (Argot 
des voleurs). 

I5H0QI ILLE : Minutes (Ar- 
got des voleurs). 

imOQriLLEl RS : Les vo- 
leurs qui portent ce nom 
pratiquent le col à l' éti- 
quette. 

Ce vol consiste à faire 
fabricpier des bagues en 
toc ornées de pierres lausses 
( t à les substituer adroite- 
ment aux vraies dans les 
écrins que niontrentles bi- 
jout'ers aux Taux aclieleurs 
' Ai-got des voleurs). N. 

liliOlILLÉ AVEC LE DI- 
RECTEUR DE LA MON- 
NAIE : N'avoir pas le sou 
(Argot du peuple), V. Les 
toiles se touchent. 

BROUILLOTTE : La nuit 
(Argot des voleurs). V. Bru- 
nette. 

BRÛLÉ : Affaire manquée. 

Se dit plus communé- 
ment d'un agent chargé 
d'une surveillance, lorsqu'il 
est éventé par le surveillé 
il est brûlé. 

On brûle paiement une 



carie vue par les joueurs 
(Argot des voleurs). 

BRULE-GUEULE : Pipe dont 
le tuyau est très court. 

En fumant, la pipe vous 
brûle la gueule (Xv'^oi du 
peuple). V. Bouffarde. 

BRULER LE PÉGRIOT : 

Faire disparaître les tra- 
ces d'un vol (Argot des 
voleurs). 

BRULOTTE : Lanterne (Ar- 
got des voleurs). 

BRUNETTE : La nuit (Arçot 
des voleurs). V. Brouil- 

lotte. N. 

BUCIIE : Imbécile. 

Borné, bête, grossier 
comme une bûche. 

Bûche : une ligure, dame, 
roi ou valet, qui ne compte 
pas au jeu de baccara. 
(Argot des voleurs). 

BUCHER : Travailler. 

— Je suis dans mon dîu\ 
je bûche ferme. 
(Argot du peuple). 

BUCHER : F'rapper fort, 
allusion au bûcheron. 

Biicher (se) : Se battre 
avec acharnement. 

Bûcher le bouleau, : atta- 
quer avec énergie une pièce 
de bois (Argot des sculp- 
teurs). JV. 

BUREAU DES PIEDS : Salle 
du Dépôt de la Préfecture 
de Police où xVI. Bertillon 



50 



BUQ 



BUT 



fait passer les ilctonus à la 
mensuration pour recon- 
naître leur identité (Argot 
des voleurs). ÎV. 

BURETTE : Visage (Argot 
des voleurs). iV- 

BURLINGUE : Bureau. 

J'ai été au hurlingiie du 
qua7't (Argot des voleurs). 

BUQUER : Voleurs qui 
dévalisent dans les boutiques 



sous le prétexte de deman- 
der de la monnaie (Argot 
des voleurs). 

BUTTE (Monter à la) : Quand 
réchalaud avait treize mar- 
ches, celte expression était 
juste, aujourd'hui qu'il est 
de plein-pied, elle n'a plus 
de raison d'être (Argot des 
voleurs). 

BUTTER : Tuer (Argot des 
voleurs). 



CAB 



GAB 



51 



^ 



(A (11 a (le) : Se dit de quel- 
(lu'iin qui possède beaucoup 
(hirgenl. 

Les filles, pour vauterles 
aijfréments d'un homme, di- 
sent : // a de rà ; mais ce 
n'est pas d'argent qu'il s'a- 
git (Argot du peuple). 

CAHASSEl'Il : Cancanier ou 
cancanière. 
Argot du peuple). 

( ABASSER : Bavarder sans 
c.'sse à tort et à travers 
Argot du peuple). 

CAiJESTAN : OlfiGierde paix. 
Il fait virer ses sous- 
ordres (Argot des voleurs). 
V. Bricule. 

r. A BOCHE: Tète (Argot des 
voleursj. 



CABOMBE : La chandelle. 

Quelques-uns écrivent c«- 

lombeow calbombe ; le vrai 

mot est cahomhe (Argot 

du peuple) . 

CABOT : Chien (Argot du 
peuple). V. Alarmiste. 

CABOT FEURË : Gendarme. 
Allusion aux clous qui 
garnissent les semelles de 
bottes des gendarmes (Ar- 
got des voleurs). V. Hiron- 
delle de potence. 

CABOT : Chien du commis- 
saire de police. 

Par abréviation on dit 
simplement le cahot du 
quart (Argot du peuple). 

CABRIOLET : Corde de bovau 



52 



CAD 



(CAF 



de chat, ou forte ficelle de 
fouet, terminée par deux 
chevilles. 

Les gardes et les agents 
passent le cabriolet au 
poignet des prisonniers 
pour prévenir les évasions 
et empêcher les récalcitrants 
de se révolter. 

(Argot des voleurs). 

GABOULOT : Cabaret de bas 
étage. 

Brasserie où les consom- 
mateurs sont servis par des 
femmes. 

CahoiUot n'est pas juste, 
on devrait dire maison to- 
lérée. 

Cette expression a pour 
berceau le quartier latin 
(Argot du peupli'). 

CACHALOT : Femme qui a 
des aptitudes spéciales. 
Elle rend par le nez ce 
qu'elle a avalé par la bou- 
che (Argot des lilles). N- 

CAGIIE-FRLXGUES : Ar- 
moire (Argot des voleurs). 

N. 

CACHET DE M. LE MAIRE : 

Tache à la chemise, der- 
rière, ce qui indique l'oubli 
du papier traditionnel (Ar- 
got du peuple). 

CADENi^^E : Chaîne de mon- 
tre. 

Quelques-uns écrivent 
cadelle, mais c'est bien 
cadenne, car on appelait 
ainsi la grande chaîne de 



forçats qui autrefois par- 
taient de Bicètre po'ii' les 
bagnes de Brest ou de Tou- 
lon. 

Cette expression est res- 
tée (Argot des voleurs). 

CADET : Le postérieur. 

— Viens ici, bibi, qii? 
je torche ton petit cadet. 

— Tu as une ligure qui 
ressemble à mon cadet (Ar- 
got du peuple). 

CADETS : Outils de voleurs 
(Argot des voleurs). V. 
Agobilles. 

CADRAN SOLAIRE : Le der- 
rière. 

Allusion à sa forme ronde. 

Cette expression vient du 
Pont cassé, pièce repré- 
sentée au théâtre Séraphin, 
au Palais-Royal. 

Nicolas, le comique de la 
troupe de marionnettes, ré- 
pondait il l'ofticier, le jeune 
premier, qui lui demandait 
l'heure, en lui montrant son 
derrière. 

En même temps il lui 
chantait : 

Voilà le cadran solaire. 
Tire lire, lire.... 
(Argot du peuple). 

CAFARD : Individu qui af- 
fecte des dehors religieux. 

Hypocrite qui n'en croit 
pas un traître mot et ex- 
ploite la crédulité publique. 

Cafard est employé 



CAL 



CAL 



53 



comine terme de mépris 
(Ai'got du peuple). iV. 

(VFARD : Ouvrier qui, daus 
les ateliers, caple la coii- 
tiauce de ses camarades 
pour ia[)porler aux patrous 
t'O-^cju'ils peiiseut elceciu'ils 
disent (Argot du peuple). 

CAFARDE : La lune (Argot 
des voleurs). V. Mou- 
charde. 

CAFARDER : iMoucharder, 
dénoncer (Argot du peuple). 
\. 

CAFIOT : Mauvais ca'é lait 
avec de la chicorée ou avec 
des résidus de vieux nuire 
de café déjà épuisés (Argot 
du peuple). V. Jm de cha- 
peau. 

CAILLOF :Tète. 

Il a rien un sale caillou 
(Argot du peuple). 

CAISSE D'ÉPARGNE : Le 

marchand de vin. 

C'est là, en eft'et, (jue 
les ouvriers placent non 
seidenient leurs économies, 
mais souvent l'argent de la 
paie (Argot du peuple). JV". 

CALANGIIER : Mourir. 

Pour indiquer qu'un oh- 
jet n'est pas d'aplomh, on 
dit : il calanche (penche) à 
droite ou à gauche (Argot 
du peuple). 



CALEBASSE : Seins. 

Se dit quand les mal- 
heureux sont sans consis- 
tance, qu'ils pendent et se 
répandent (Argot du peii- 
ple). 

CAEÈGflE DU PRÉFET : 
Ee panier à salade qui trans- 
porte les voleurs des postes 
de police au Dépôt de la 
prélecture (Argot des vo- 
leurs). 

CALENDRLNER SUR LE 
SABLE : Être dans une 
misère noire (Argot des vo- 
leurs). 

CALER : On cale un meuble 
avec un coin de bois. 

Un homme riche est cale. 

Les typogra'jhes em- 
ploient cette "expression 
pour dire qu'ils attendent 
de la copie, ils calent (Ar- 
got du peuple). 

CALER LES JOUES : Bien 
boire et bien manger. 

Allusion aux joues qui 
gonflent lorsqu'elles sont 
pleines (Argot du peuple). 

CALIRORGNE ouGALIBOR- 
G\ON : Rorgne (Argot des 
voleurs). V. Guigne à gau- 
che. 

CALOQUET : Chapeau (Ar- 
got du peuple). V. Bloum. 

CALOTS : Les yeux mau- 
vais. 

Calots à la manque 
(Argot des voleurs). 



54 



CAM 



CAM 



CALOT : Grosse bille avec 
laquelle les enfants jouent 
à la poucette (Argot du 
peuple). 

CALTER : S'ew aller. 

Calter est synonyme de 
débiner; on dit à quel- 
qu'un en danger : calle au 
plus vite ou bien débine- 
toi (Argot du peuple). 

CAMARDE : La mort. ' 

Mais si la grice, 
Parfois arrive, 
Pour nous seruir, 
Nous sw'cre ou nous courir, 
Cont' la camarde. 
Toujours en garde, 
On a bien soin, 
De jouer du surin. 
{Ifoinance du Pègre). 

(Argot des voleurs). 

CAMARLUCIIE : Camarade 
(Ai^ot du peuple). 

CAMAROS : Même significa- 
tion. Même argot. 

CAMBOLA : Faux épilep- 
tique (Argot des voleurs). 
V. Battre un dig-difj. 

CAMBRIOLEUR : Vol à la 

camt)riotte. 

Ce vol l'ut célébré par B. 
Maurice : 

Travaillant d'ordinaire, 
La sorgue dans Pantin, 
Pour mainte et mainte alïaire, 
Faisant très bon chopin. 
Ma gente canibriotte, 
Rendoablée de camelotte, 
De la dcdle au finquet. 
Je vivais sans disgrâce, 
Sans regout ni morace, 
Sans ta'fet sans regret. 



Le quart-d'œil lui jabotte : 

Mange sur tes nonneurs ; 

Lui tire une carotte. 

Lui montrant la couleur. 

L'on vient, l'on me ligoite, 

Adieu, ma cainbrioite, 

Mon beau jjieu. mes dardan(.<. 

Je monte à la Cigogne. 

On me gerbe à la grotte, 

Au tup et pour douze ans (1). 

CAMBROUSIER : Escarpe 
qui vole tout ce qui lui 
tombe sous la main en par- 
courant la France. 

Ce nom lui vient de ce 
qu'il opère dans les ca/iu- 
bronsses (maison) (Argot 
des voleurs) 

CAMBUSE : Maison qui lu' 
tient pas debout, bâtie avec 
de la boue et du cracha L 
Cambuse : cabaret oii 
l'on sert mal et de mau- 
vaise marchandise (Argot 
du peuple). 

CAMBUSIER : Le maître de 
la cambuse. 

Cambusier : qui tient la 
cantine au bagne ou à bor>l 
(Argot du peuple). 

CAMELOTTE : Marchandise. 
Pour qualifier q:ielque 
chose d'inférieur on dit : 
c'est de la camelotte (Ar- 
got du peuple). 

CAMOUFLE : Chandelle (Ar- 
got du peuple). V. Ca- 
bombe. 

(1) La traduction de tontes ces 
expressi<.ins est dans le Dfction- 
naire. 



CAN 



CAN 



55 



( \MOrFLER(se) : Changer 
(le eostiimos et de physio- 
nomie afin (le n'tMic |):is 
reconnu (Argot des soute- 
neurs ef 
Sûreté). 

CAMOUFLER : Réparer. 
On camoufle mi décor 
(Argot des artistes). 

(lANAPK : Femme copieuse- 
ment douée du coté des 
fesses. 

Le mot est en usage 
chez h^s |)édérastes qui ne 
recherchent pas cet avan- 
tage (hi coté féminin (Ar- 
got des voleurs). 

(ANARD : Mauvais journaL 
Quand un journal est 
mal rédigé, mal imprimé, 
pas même bon pour certain 
usage, car le papier se dé- 
chire, c'est un canard [kv- 
got du peuple et des jour- 
nalistes). 

(ANARD : Terme de mépris 
employé dans les ateliers 
vis-à-vis d'un mauvais ca- 
marade. 

— Bec salé, c'est un 
sale canard (Argot du 
peuple). X. 

CANARD : Nouvelle fausse 
ou exagérée. 

Ce système est employé 
par certains journaux aux 
at ois. 

On pourrait en citer cin- 
quante exemples depuis les 



ecrevisses mises par n^ 
mauvais plaisatit dans un 
bénitier de l'église Notre- 
Dame-de-Lorette et qui re- 
tournèrent à la Seine en 
descendant par les ruisseaux 
delà rue I)r<)U()l ; jns(ju'au 
fameux canard belge. 

Lu huissier à l'aide d'une 
ficelle pécha vingt canards 
qui s'enfilèrent suecessiv(;- 
ment, connue Trufaldin dans 
les Folies Espagnoles da 
Pignault Lebrun, il fut en- 
levé dans les airs, mais la 
ficelle se cassa et il Unnhw 
dans un étang ou il se noya. 

Ce canard fit le tour du 
monde arrangé ou plutôt 
dérangé par chacun, il y a 
à peinte quelques années 
qu'il était reproduit par un 
journal, mais la lin était 
moins tragique, l'huissier 
était sauvé par un membre 
de la Société des Sauve- 
leurs ù qui on décernait 
une médaille de 1'° classe. 

Pour sauver un huissier 
on aurait dû lui fourrer dix 
ans de prison (Argot du 
peuple). 

CANARDER SANS FAFFS : 
Braconner sans port d'ar- 
mes (Argot des voleurs). 

CANASSON : Vieux cheval 
liors de service. 

On appelle aussi les 
vieillards : canasson (Argot 
du peuple). V. Gaye. 



56 



CAN 



CAR 



CANFOUINE : Domicile (Ar- 
got des voleurs). 

CANICHE : Ballot à oreilles. 
Allusion aux longues 
oreilles de chien-mouton 
(Argot des voleurs). iV. 

CANER : Avoir peur, reculer. 

Caner : synonyme de 

làcliettj (Argot du peuple). 

CANER LA PEGRENNE : 

Mourir de faim (Argot des 
voleurs) . 

CANNE D'AVEUGEE : Bou- 
gie. 

Allusion à la forme droite 
comme la canne sur la- 
quelle s'appuie Vaveugle 
(Argot des voleurs). 

CANON : Verre de vin. 

Allusion à la forme splié- 
ri(iue du verre (Argot du 
peuple) . 

CANONNER : Boire des ca- 
nons sur le zinc du mas- 
troquet (Argot du peuple). 

CANONNIER DE LA PIÈCE 
HUMIDE : Soldat infirmier 
c[ui opère sur les derrières 
de l'armée (Argot du peu- 
pie). 

CANONNIER : Les cambrio- 
leurs. V. ce mot. 

CANTON : Prison. 

Le prisonnier y est en 
effet cantonné (Argot des 
voleurs). 



CAPISTON : Capitaine (Ar- 
got des troupiers). 

CAPITONNÉE : Femme bien 
en chair, qui a une gorge 
bien développée, qui se 
tient ferme sans le secours 
du corset. 

On dit aussi qu'elle est 
meublée. 

— Ah ! Gugusse, mince 
de viande, ça ferait rien un 
bath traver: 
peuple). N. 

CAPSULE : Chapeau (Argot 
du peuple). S . Bloum 

CARAMBOLAGE : Choc de 
deux voitures dans la rue. 
Les voyous que cela 
amuse disent : 

— Ah zut, mince de 
de caram])olage (Argot du 
peuple) . 

CARAMBOLER : Au billard, 
faire toucher les trois billes 
(Argot du peuple). N. 



CARAMBOLER : Y 

cailler. 



Rous- 



CARCAGNOT : Brocanteur, 
usurier, juif qui achète tout 
à vil prix sans s'occuper de 
la provenance (Argot des 
voleurs). N. 

CARCASSER : Tousser. 

— Carcasse-àowQ, ton 
dernier poumon tu ne nous 
emmerderas plus la nuit 
(Argot du peuple). 



CAR 



CAR 



57 



CAK!<: : (Vol à la care) : Les 
careuses entrent clans un 
magasin , pi'inci|)alen!ent 
dans les hureaiix «le tabacs 
et demandent à changer des 
pièces d'un certain millé- 
sime contre d'autres. 

Prulilant de l'inattention 
des commerçants, elles es- 
camotent une partie des 
pièces (Argot des voleurs j. 

CAUGOT : Cantinier. 

Ce n'est pas une corrup- 
tion,de (jarfjotier.CAV d'a- 
près les règlements des pri- 
sons le cargot ne fait pas 
de cuisine et ne vend que 
des aliments froids, du fro- 
mage et de la cliarcuterie. 

Comme les cantiniers 
sont arabes, qu'ils étran- 
glent le plus qu'ils peuvent, 
on les a baptisés du nom de 
cargot, synonyme à'usu- 
rier, abréviation de carca- 
gnot (Ai-gotdes voleurs). X. 

CARRÉMENT : N'aie pas 
})eur, vas-y carrément. 

Maintenant que tu n'as plus 
[ q'ta chemise, 
Tu poux y aller carrément. 

(Argot du peuple). 

CARME : Argent (Argot des 
souteneurs). V, Aubert. 

CARME A L'ESTORCIE : 

Fausse monnaie (Argot des 
voleurs). 

C ARMER : Payer (Ai^ot des 
voleurs). V. Billancher. 



CARNE : Viande dure. 

On dit d'un lionnue im- 
pitoyal)le : 

— 11 est dur connue 
une vieille carne. 

E'ouvrier qui ne veut 
rien faire est également une 
carne (Argot du peuple). 

CAROTTE : Mensonge pour 
ti'omper ou duper ([uel- 
qu'un. 

Tirer une carotte : em- 
prunter de l'argent. 

'ï'wvA'wwQ carotte de lon- 
gueur: la préparer de lon- 
gue main. 

Le troupier tire une ca- 
rotte à sa famille quand il 
lui écrit qu'il a perdu la 
clé du champ de uianœu- 
vre, ou qu'il a cassé une 
l)ièce de canon (Argot du 
peuple). 

CAROTTIER : Homme qui 
fait le métier d'en tirer 
pour vivre (Argot du peu- 
ple). 

CARRE DES PETITES GER- 
RES : La police correc- 
tionnelle (Argot des vo- 
leurs). 

CARRÉ DE RERECTAGE : 

La Cour de cassation. 

Quelquefois elle diminue 
la peine du condamné ou 
l'acquitte complètement. 

11 est rebecqueté. 

Rebecqueté se dit pour 
raccommoder, se rapprocher 
(Argot des voleurs). 



58 



CAS 



CAS 



CARREAUX : Les yeux (Argot 
des voleurs). 

CARREAUX : Outils spéciaux 
des malfaiteurs (Argot des 
voleurs). V. Tateiise. 

CARREAUX : Fer à repas- 
ser dont se servent les tail- 
leurs pour aplatir les cou- 
tures (Argot du peuple). 

CAROUBLE : Clé employée 
par lescarroubleurs (Argot 
des voleurs). 

CAROUBLEUR : Vol à l'em- 
preinte à l'aide de fausses 
clés (Argot des voleurs). 
V. Boile de Pandore. 

CARRUCHE : Prison (Argot 
des voleurs). V. Gerh:. 

CASIMIR : Gilet. 

Allusion à l'étolfe (x\rgot 
des voleurs). V. BoU^e à 
Signe. 

CASQUE (Avo'rle): Être ma- 
lin, savoir profiter des oc- 
casions, les saisir aux clie- 
veux, même lorsqu'elles 
sont chauves. 

Acoir son casque : avoir 
bu a en être saturé. 

— Il a son casque, il 
en a plein la peau (Argot du 
peuple). 

CASQUER : Payer (Ai'got des 
tilles). V. Billanclier. 

CASTU : Infirmerie, hôpital 
(Argot des voleurs). 



CASUEL : Vente de hasard 
sur laquelle on ne comptait 
pas. 

Casuel : ce que les ma- 
riages, les baptêmes et les 
enterrements ra])porlent 
aux curés. 

Casuel : le miche que 
fait la fille en dehors de 
son entreteneur (Argot du 
peuple). N. 



CASSANTES 



dents 



(Argot du peuple). V. Do- 

minos. 

CASSER LA IIANE : Cou- 
p(U' la bourse (Argot des 
voleurs). 

CASSER DU SUCRE : Dé- 
noncer. 

Casser du sucre sur 
quelqu'un : en dire du mal 
(Argot des voleurs). V. 
Mouton. 

CASSE -POITRINE : Mau- 
vaise eau-de-vie. 

En effet, elle casse ru- 
dement la poitrine de ceux 
qui en boivent (Argot du 
peuple). V. Eau d'aff. 

CASSER SA CANNE : Rom- 
})re sa surveillance. 

Casser sa camie : mou- 
rir. 

Casser une canne : 
dormir (Argot du peuple). 
V. Sonjûer. 

CASSER SA PIPE : Mourir. 
On donne pour origine à 



CAÏ 



CER 



59 



cetlo expression qu'un f;i- 
nu'ui',atUil)lé dans un caba- 
ivt, uioiu'iil stibilenient. Sa 
pipe lui loniba des lèvres 
el se cassa. Quand on le re- 
leva, un des assistants s'é- 
cria : 

— Tiens il a cassé sa 
pipe (Ai^ol du peuple). 

CASSER UNE LOIRDE : 

Briser une porte (Ai^ot des 
Toleurs). 

CASSER SA FICELLE : S'é- 
vader de la pristm. 

Allusion au hanneton qui 
s'évade ([uand le fil qu'il a à 
la p;itte se brise (Ai'gol des 
voleurs). X. 

CASSER SON VERRE DE 
MONTRE : Tomber sur le 
derrière (Argot du peuple). 
V. Tomber pile. 

< ASSEROLE (La remuer) : 
Dénoncer. Mot à mot : cuisi- 
ne)' (faire pailer). Allusion 
au cuisinier qui remue 
lu casserole (Argot des 
voleurs). 

C.VTIN : Fille publique. 
Catin : petite poupes. 
Câlin : nom d'amitié 
donné à une maîtresse. 

C'est aujourd'hui la St-Crépin 
Les savetiers se frisent 
Mon cousin ira vuir catin. 



Argot du p uple). 



CATICIIE : Diminutif de ca- 
tin (Argot du peuple). 

GAVALER : Se sauver. 

— Cacale-io'i v'ia la 
roiisse (Ai^'ot du peuple). 

CAVE : lloninie. 

Allusion à- l'estomac de 
riionnne qui emmagasine 
une foule de choses (Argot 
des voleurs). 

CELLOTTE : Cellule (Ai-got 
des Yoleirs). 

CENT PIEDS DE MERDE 

(Je voudrais te voir dans) : 
Souhait d'un gendre à sa 
belle-mere féroce ou à une 
femme crampon (Ar^got du 
peuple). A'. 

CENTRE : Nom. 

Quant une pcr^oinie 
donne un faux nom, c'est 
un centre à Vestor(jue\kx- 
got des voleurs). 

CENTROUSSE : Maison cen- 
trale (Argot des voleurs). 

CERF- VOLANT : Jouet d'en- 
fant composé de baguettes 
d'osier, recouvertes de 
feuilles de papier, -cjne les 
gamins enlèventen l'air avec 
une ficelle. 

FjCs voleuses qui dans 
les jardins publics s'em- 
parent des boucles d'oreilles 
des jeunes enfants se nom- 
ment des cerf - volants^ 
l)arce que le vol accompli 



GO 



CHA 



CHA 



elle se sauvent en courant 
c mme un cerf (Argot des 
voleurs). 

CES MESSIEURS : Agents 
de police. 

— Ne vous hasardez pas 
ce soir sur le trottoir, ces 
messieurs y seront (Argot 
des filles). 

C'EST PLUS FORT QUE DE 
JOUER AU DOUCHON 
AVEC DES PAINS A CA- 
CHETER DANS SIX 
PIEDS DE NEIGE : Ex- 
pression employée pour 
inanpier le comble de l'éton- 
nement. 

On dit aussi c'est fort 
de café (Argot du peuple). 
N. 

CHARANNAIS : Faire du la- 
page, du bruit. 

— Allons, viens boire le 
dernier verre, 

— Y a pas de pet, la 
bourgeoise ferait un rude 
chabannais. 

Faire du chahannais 
dans une assemblée : trou- 
bler l'ordre (Argot du 
peuple). 

CIIABLER : Lancer des 
pierres dans un arbre pour 
en abattre les fruits. 

Chahler est le synonyme 
de ^«z^/(?r (Argot du peuple) 
N. 

CIIAMBARD (En faire): Faire 



un potin infernal (Argot du 
peuple). V. Chambarder. 

CHAMBARDER : Tout cas- 
ser, tout démolir, boule- 
verser une maison de fond 
en comble, renouveler son 
personnel. 

Mot à mot : faire halai 
neuf (Argot du peuple). 

CHAMBERTER : S'amuseï . 
Quant les troupiers met- 
tent les lits en bascules, 
qu'ils chahutent toute la 
chambrée, ils chamhertent 
les camarades (Argot du 
troupier). 

CHAMP DE NAVET : Ci- 
metière d'Ivry . 

Il est ainsi nommé })arce 
qu'il est sur l'emplacement 
de champs dans lesquels 
jadis les paysans cultivaient 
des navets. 

Au Château d'Eau sur 
l'emplacement de la ca- 
serne du prince Eugène (ci- 
devant) il existait un bal 
qui se nommait aussi pour 
les mêmes raisons , vers 
185^), le Champ de Nac et 
(Argot du peuple). 

CHANDELLE (Moucher la) : 
On dit cela au moutard qui 
laisse pendre sous son nez 
un filet de morve. 

On appelait autrefois 
chandelle les troupiers qui 
faisaient le service des 



dix 



CHA 



Gl 



|)osles (le Paris pour con- 
duire les voleurs aux bu- 
reaux (les commissaires de 
[)olice. 

— J'ai élc conduit entre 
quatre chandelles. 

Allusion à la raideur du 
lusil (Argot du peuple). 

CHANGER SON POISSON 
D'EAU : Aller pisser. 

L'allusion est claire (Ar- 
got du peuple). 

(;iian(;ek sonklsild'é- 

PAl LE : Changer d'avis 
ou d'opinion. 

On dit pour exprimer la 
UK^'uie chose : mettre son 
drapeau dans sa poche. 

Ou bien encore : retour- 
ner sa veste (Argot du 
peuple). 

CHANGEUR : Le fripier chez 
le(|uel les voleurs vont se 
cainoufler moyennant un 
abouuemenl : tout comme 
les avocats chez le costu- 
mier du bari*eau. 

Ils trouvent là tous les 
costumes nécessaires pour 
leurs transformations (Ar- 
got des voleurs), 

CHAPARDER : Aller à la 
maraude (Argot des trou- 
piers). 

CHAPARDEUR : Qui cha- 
parde (Même argot). 

CHAPELET DE SAINT - 



FRANÇOIS : Chaîne qui 
sert à attacher les condam- 
nés. 

C'est un chapûlet ([ue 
volontiers ils n 'égrèneraient 
bien jjas (Argot des voleurs). 

CHAPELLE RLANGHE : Le 

lit. 

Allusion à la blancheur 
des draps (Argot du peuple). 

N. 

CHAPELURE SUR LE JAM- 
BONNEAU (Pas de) : Ab- 
sence complète de cheveux. 

(jcnou hors ligne. 

On dit aussi : pas de 
cresson sur le caillou, 
(Argot du peuple). 

CHAPERONNER : Prott-er 
(piekiu'un. 

Mot à mot : lui servir de 
chaperon pour le couvrir 
(Argot du peuple). 

CHARGÉ : Quand une iille 
fait un miche elle dit : 

— : J'ai chargé. 

Dans la nuit elle fait le 
contraire elle le décharge 
de son morlingue (Argot 
des filles). N. 

CHARGÉ PARLACULASSE: 

Prendre un lavement. 

Les passifs se chargent 
également par le même 
C(jté. 

Allusion aux canons (Ar- 
got du peuple). V. Pas- 
sifs. 



62 



CHA 



CHA 



GHAKLEMAGNE (faire) : Se 
mettre au jeu avec peu d'ar- 
gent, gagner une certaine 
sonune et se retirer de la 
partie sans donner de re- 
vanche (Argot des joueurs). 

GIIATELLERAULT : Cou- 
teau . 

Allusion à la ville re- 
nommée pour sa fabrication. 

On pourrait aussi bien 
dire TJmrs ou Noniron 
(Argot des voleurs). V. 
Lingre. 

CHARRIAGE A LA MÉCA- 
NIQUE : Ce genre de vol 
est l'enfance de l'art ; un 
mouchoir suffît. Le voleur le 
jette au cou d'un |)assant, 
il l'étrangle à moitié, le 
charge sur son épaule pen- 
dant qu'un complice le dé- 
valise. 

C'est exactement le coup 
dît père François, toutefois 
pour exécuter celui-ci les 
voleurs se servent d'une 
courroie llexible ou d'un 
foidard de soie (Argot des 
voleiH's) . 

CHARRIAGE AU POT : Ne 

demande pas non plus un 
grand effort d'imagination : 
un pot et un imbécile aussi 
bête que lui suflisent. 

Deux voleurs abordent un 
individu à l'air naïf. Après 
quelques stations dans les 
cabarets, ils lui oH'rent de 
le conduire dans un hocard 



éloigné. En chemin, ils 
avisent un terrain vague, 
l'un des deux voleurs ex- 
prime à ses compagnons la 
crainte d'être volé car il 
porte sur lui une grosse 
sonune. Devant eux il la ca- 
che dans le pot qu'il en- 
terre. Plus loin il se ravise 
et dit aunaïf d'aller déterrer 
l'argent caché, mais aupa- 
ravant il lui fait donner ce 
qu'il a sur lui. Le naïf part, 
ne trouve que des rouleaux 
de plomb dans le pot et 
quand il revient les voleurs 
sont loin ( Argot des voleurs j. 

CHARRIAGE AU COFFRET : 

Ce vol là est plus drôle. 

Un individu, ayant l'as- 
pect d'un anglais s'adresse 
à la dame de comptoir d'un 
grand café, et lui confie un 
coffret y mais avant de le 
fermer à clé il lui fait voir 
qu'il contient une quantité 
de rouleaux d'or. Il le 
ferme, la damt^e serre pré- 
cieusement. Dans la soirée, 
il revient dire qu'il a perdu 
sa clé, et lui emprunte 
(|uelques centaines de francs. 
Sans crainte (elle est ga- 
rantie), elle les lui donne, 
et ne le revoit jiius. Fina- 
lement, on fait ouvrir le cof- 
fret, il n'y a (|ue des je- 
tons de cercles (Argot des 
voleurs). 

CHARRIER : Signifie se mo- 
quer de quelqu'un. 



CHA 



Cil A 



03 



wSyiJonyme de mener en 
bateau (Argot du peuplo). 

CHAR LOT : Le bourreau 
(Argot des voleurs). 

CnARLOTTK : Pince (Ai-got 
(les voleurs). V. Monsei- 
(jneiir. 

CIlARIBOTKi: : Kii avoir sa 
charge. 

Cela veut aussi dire 
beaucoup. 

— Elle a une charibotée 
d'enfants (Arçot du peuple). 
V. Tiolée. 

CHARMANTE : La gàle. 

Par allusion aux vives 
(léniangeaisons (jue cause 
celle maladie, on la nomme 
aussi la frotte (Argot du 
peuple). 

CriAROGNE : Individu ru- 
gueux, diilieile à vivre, être 
insociable. 

( )n dit aussi de quelqu'un 
([ui seul mauvais : 

— Tu pues comme urie 
charogne. 

De charogne on a f;»it 
charognard. 

Généralement les patrons 
ou les contremaîtres qui 
commandent durement sont 
qualiliés tels par les ou- 
vriers (Argot du peuple). 
X. 

CHASSES : Les yeux. 

On dit d'une femme qui 

pleure : 



— Elle chie des yeux 
(Argot du peuple). 

CHASSER AVEC IN ELSIL 
DE TOILE : Mendier dans 
les campagnes. 

Allusion à la besace de 
toile que portent les men- 
diants pour y mettre ce 
qu'on leur donne (Argot des 
voleurs). 

CHATAIGNE : Soufllet. 

— Je vais te coller une 
châtaigne, ou je vais te 
plaquer un marron (Argot 
du peuple). 

CIL\TTE : Homme aimé des 
l)édérastes pour ses ma- 
nières câlines. 

La fenmie aussi est c/i«^/^; 
si elle est câline à ses 
heures, à d'autres elle sait 
g ri /fer (Argot du peupl»»). 
N. 

CHAUD (Il est) : Malin, rusé, 
méfiant. 

Se dit de quelqu'un dif- 
ficile à tromper (Argot du 
peuple). 

CHAUD DE LA PINCE : 

Hommes pour qui toutes 
les femmes sont bonnes. 

On dit d'un homme 
chaud : 

— Chien enragé mord 
partout (Argot du peuple). 

CHAUDE LANCE : Maladie 
qui se soigne à l'hôpital 
Ricord, ou chez les charla- 



64 



CHA 



CITE 



tans qui vantent leurs spé- 
cifiques dans les pissotières. 

— Traitement facile à 
suivre, en secret, même en 
voyage , guéri son radicale 
sans rechute (Argot du 
peuple). 

CHAUDE COMME BRAISE : 

Femme hystérique qui aime 
tous les hommes (Argot du 
peuple). 

CHAUFFE LA COUCHE : 

Homme qui fait dans son 
ménage Touvrage de la 
femme. 

Il soigne les enfants, il 

cliaujfe la couche (Argot 
du peuple). 

CHAUFFE GRIPPARD : 

Chaulferette (Argot du peu- 
ple). 

CHAUFFER : On cliai^jfe une 
pièce poTU' la faire réussir 
et obtenir un succès. 

Chauffer une réunion pu- 
blique. 

Chauler une femme : la 
serrer de près, lui faire une 
cour assidue. 

On disait autrefois : cou- 
cher une femme en joue. 
On ajoute de nos jours, par 
ironie : 

— ïu ne la tireras i)as, 
ou bien encore : Ce n'est 
pas pour toi que le four 
chauffe. 

Chauffer une affaire pour 
attirer les actionnaires (Ar- 
got du peuple). 



CHAUSSETTES RUSSES : 

Etre nu-pieds dans ses sou- 
liers (Argot du peuple). 

CHAUSSON : Putain. 

Femme pour qui tout 
homme est bon. 

On dit putain comme 
chausson, parce que le 
chausson prête beaucoup 
et va à tous les pieds (Ar- 
got du peuple). 

CHAUSSURE A SON PIED : 

Femme laide et défectueuse 
qui trouve quand même un 
amant on à se ,marier. 

Elle a trouvé chaussure 
à son pied (Argot du peu- 
ple). N. 

CHELINGOTER DE LA 
GUEULE: Puer de la bou- 
che (Argot du peuple). V. 
Trouilloter de lahurletle. 

CHENILLE : Femme laide 
(Argot du peuple). i\^. 

CHEVALIER GRIMPANT : 

Les cambrioleurs. 

Allnsion à ce que les vo- 
leurs opèrent aux étages su- 
périeurs des maisons et 
qu'ils gravissent tous les 
escaliers (Ar^ot des voleurs) . 

CHEVALIER DE LA GRI- 
PETTE : Homme qui suit 
les femmes (Ai^ot du peu- 
file). N. 

CHEVRONNÉ : Voleur ré- 



I 



cm 



cidivisle qui a lail [)liisiiNU-s 
congés en prison. 

Allusion aux anciens im- 
cards de l'armée qui por- 
taient des cJiecrons sur h; 



cm 



65 



ClIIAr.KR : Pleurer. 

Ou dit aussi : y aller de 
sa larme (Argot du peujjle). 

CIIIAHD : Petitenlant. 

Allusion à ce qu'il fait 
dans ses couches (Argot du 
peuple). .V. 

CIIIASSF (Avoir la) : Avoir 
peur. 

Mot à mot : se lâcher 
dans sa culotte (Ai-gol du 
peuple). V. 2'af. 

CIIIASSE : Vieille fdle pu- 
blique. 

C'est le dernier dc^gré de 
l'abaissement (Argot des 
souteneurs). 

CIIICAN: Marteau (Argot des 
voleurs). V. Balançon. 

IllC : Il a du chic, il est 
bien . 

C'est une femme c^î'c, un 
beau porte-manteau, sa toi- 
lette est bien accrochée. 

L'origine de celte expres- 
sion n'est pas éloignée. 

Un ministre de l'Empire, 
habitué des coulisses de 
l'Opéra, envoya deux dan- 
seuses du corps de liallet 
souper à ses irais chez le 
restaurateur Maire. Très 



^ 



modestes, elles ne dépen- 
sèrent à elles deux que 
quinze francs. 

Quand le ministi'e de- 
manda la note, il lit la moue. 
Ee soir même il leur en lit 
le reproche et leur dit : 
Vous mancpiez de chic, pjs 
de chic. 

Quelques jours plus tard 
il renvoya deux autres dan- 
seuses souper au même res- 
taurant. Elles dépensèrent 
cinq cents francs. Quand il 
paya il lit une grimace sé- 
rieuse : Tro|) de chic^ trop 
de chic, fit-il. 

Le mot fit fortune dans 
les coulisses et est resté 
(Argot des filles). 

CHICANE (Crinchir à lai: 
Variété du vol à la 
rencontre. 

Chicaner un individu 
pour le battre, pendant 
qu'un complice le dévalise 
(Argot des voleurs). V. 
Aquigeurs. 

CIIICIIE :' Avare de son ar- 
gent, lésineur qui tondrait 
un (i'uf. 

Chiche de ses pas, de sa 
personne, qni ne rendrait 
jamais un service à qui que 
ce soit. 

Chiche veut aussi dire: 
défier quelqu'un de faire 
quelque chose. 

— Chiche de faire ça 
(Argot du peuple). 

4. 



G6 



CHI 



CHI 



CIIIE TOUT DEBOUT : Se 
dit d'un ouvrier indolent, 
nonchalant, 

Synonyme de dort de- 
bout (Argot du peuple). ^Y. 

CHIEN TOUT PUR : Eau-de- 
vie. 

Allusion au buveur qui a 
la voix rauque et aboie en 
])arlant (Argot du peuple). 
Y. Ecm d'ajf. 

CHIEN (Avoir du) : Posséder 
un aplomb remarquable. 

Femme qui n'est pas 
belle, mais qui a beaucoup 
d'audace et plaît quand 
même. 

Elle a du chien (Argot 
du peuple). 

CHIÉE (En avoir une) : Avoir 
une ckiée d'enfants. 

Avoir une chiée d'ennuis 
h ne savoir oîi donner de la 
tète (Argot du peuple). JV. 

CIIIER (Tu me fais) : Tu m'en- 
nuies (Argot du peuple). 

CIIIER DANS MON PANIER 
JUSQU'A L'ANSE (Il a) : 
Je n'en veux plus, j'en ai 
plein le dos. 

Ou dit aussi : il a chié 
dans ma malle (Argot du 
peuple). N. 

CIIIER DU POIVRE : Se 

sauver des mains des 
agents. 

S'en aller sans tambour 
ni trompette. 



Synonyme de pisser à 
l'anglaise (Arçot du peu- 
ple).iY. 

CIIIER DES CORDES A 
PUITS : Individu qui est 
tellement constipé qu'il reste 
une heure sur la tinette en 
poussant des soupirs à fen- 
dre l'âme (Argot du peuple). 

CIIIER DES YEUX : Pleurer 
(Argot du peuple). Y. Ba- 
ver des clignots. 

CHIEUR D'ENCRE : Ecrivain 
(Argot du peuple). Y. Cul 

de plomb. 

CllIFFARDE : Pipe (Argot 
du peuple). V. Bouffarde. 

CHINER : Blaguer quelqu'un. 
— Il est tellement chi- 
neur que tout le monde 
passe à la chimie (Argot du 
peuple). iA^. 

CHINER : Courir les rues ou 
les canqiagnes pour vendre 
sa carnelotte. 

Chiner est synonyme de 
fouiner. 

Conuue superlatif on dit 
chignoler (Argot du peu- 
ple). 

CHINEUR : Genre de voleurs 
dont les procédés se rap- 
prochent de ceux des char- 
rieurs. 

Ils sont pour la plupart 



CIIO 



cm 



G7 



originaires du Midi (Argot 
(les voleurs). 
CIIIPKR : Prendre (Argot du 

llfU|.l.'.. 

ClIlKnEK: Marchander. 
Chipoler dans son as- 
siette avant de manger (Ar- 
got du peuple). ^Y. 

ClilQL ER-CONTRK : WBat- 

ire comtois. 

CULASSE : Saoul à ne pas 
ItMiir debout (Argot dos sou- 
teneurs). X. 

CIIOPLN (Faire un) : Bonne 
allaire. 

Mettre la main sur une 
femme qui possède des qua- 
lités exeeptionnelles. 

Si la chose faite ne vaut 
rien, on dit : 

— Tu as fait un sale 
Chopin (Argot du peuple). 



ClIOrCROUTMANN 

mand. 



AUe- 



Allusion au mangeur de 
choucroute (Argot du peu- 
ple). N. 

CHOUETTE : Superlatif de 
tout ce qu'il y a de plus 
beau, le sui)rème de l'admi- 
ration. 

Chouette (être fait) : être 
arrêté par les agents. 

Ce n'est pas chouette : 
ce n'est pas bien. 

Elle n'est pas chouette : 



elle est laide (Argot du 
peuple). 

CIRIGE : Cigarette (Argot du 
peuple). 

CKÎOGNE : Le Dépôt de la 
l*réfecture de police (Argot 
des voleurs). 

CINGLER LE BLAIRE (Se) : 

Se saouler. 

Se pi({uer le nez (Argot 
du peuple). 

CIPAL : Abréviation de mu- 
nicipal. 

Il est franc et loyal, 
Y craint pas le cipal. 

(Argot du peuple). 

CL\Q CONTRE UN : Y. Ba- 
taille des jésuites. 

CINQ ET TROIS FONT 
. HUIT : Boiteux. 

On dit aussi han-han. 
Allusion au balancement 
du boiteux en marchant 
(Argot du peuple). 

CIREUX : Qui a de la cire 
aux yeux . 

Dans le peuple on dit de 
celui qui est afiligé de cette 
infirmité qu'il fournit les 
cierges au Sacré-Cœur (Ar- 
got du peuple). 

CIREUR : Yol à la cire. 

Yoleur qui barbotte les 
couverts dans les rares res- 
taurants où l'on se sert 
encore d'argenterie. 



68 



CLA 



CLO 



Il s'attable, déjeune tran- 
quillement, puis, profitant 
du mouvement occasionné 
par le service, il colle adroi- 
tement avec de la cire un 
couvert sous la table, puis 
s'en va tranquillement. 

Quelques instants plus 
tard un complice vient s'as- 
seoir à la même table et 
fourre le couvert dans sa 
poche. 

Ce vol est sans danger, 
si on s'aperçoit de la sous- 
traction, le voleur demande 
que l'on le fouille, comme 
on ne trouve rien on lui 
fait des excuses (Argot des 
voleurs). 

CITRON : Se dit d'un indivi- 
du qui n'a jamais à la bou- 
che que des paroles amères 
pour tous (Ariïol du peuple). 

N. 

CLAQUE : Maison de tolé- 
rance. 

Abréviation de claqne- 
dents (Argot du peuple). 

CLAQUER : Donner une cla- 
que sur la figure ou sur le 
contraire. 

Synonyme de gifle. 

Allusion au bruit que 
produit la main (Argot du 
peuple), 

CLAQUER : Mourir. 

Allusion à un objet qui 
claque, qui casse (Argot 
du peuple). 



CLAQUER DU BEC : Avoir 
faim et ne rien avoir à se 
mettre sous la dent. 

La faim donne la fièvre, 
les dents claquent (Argot 
du peuple). 

CLAQUEURS : Applaudis- 
seurs à gages (Argot du 
peuple). V. Romains. 

CLAVINS : Clous. 

Les voleurs ne connais- 
sent pourtant guère le lai in. 
Clavin vient de clacus 
(Argot des voleurs). 

CLICNOTS : Yeux (Argot des 
voleurs). V. Chasses. 

CLIQUETTES : Oreilles (Ar- 
got du peuple). V. Es- 
gourdes. 

CLOCHE DE BOIS : Démé- 
nager furtivement sans pré- 
venir son propriétaire. 

Quand le déménagement 
s'opère par la fenêtre on 
dit : déménager à la fi- 
celle. 

Brûler ses meubles, c'est 
déménager par la chemi- 
née. 

On dit aussi : déménager 
a la cloche de cuir ou à la 
sonnette de bois. 

CLOU : Le mont-dc-piété. 

On va, les jours de dè- 
che, y accrocher ses habits. 

On dit aussi : aller chez 
ma tant'., mon oncle en 
aura soin. 



COL 



COL 



09 



On dit également : au 
plan (Argot du peuple). 

CLOUS : Fausses clés (Argot 
des voleurs). V. Carou- 
bles. 

CLOUS : Terme de mépris 
employé dans les ateliers. 

— Tu n'es qu'un chu 
(Argot du i>euple). 

COCU : Pourquoi diable fait- 
on dériver cor» de coucou'} 
Si Ton suivait la véritable 
étyniologie du mot, ce n'est 
pas le mari, mais bien 
y amant qu'on devrait ap- 
peler cocii\ en elfet. la lé- 
gende veut (|ne le coucou 
tasse ses petits dans le nid 
des autres oiseaux. 

t.Hii cinquante ans aura vécu 
i:t jeune femme éi)Ousera, 
S'il est galeux se grattera 
Avec les ongles d'un cocu. 

(Ai-got du peuple;. 

COGNE : (gendarme (Argot 
des voleurs). V. Hiron- 
delle de potence. 

COIFFÉ : Être né coi/fé, 
avoir de la chance, rénssir 
toutes ses entreprises. 

Coiffé de quelque chose 
ou de quekpi'un (Argot du 
peuple). V, Béguin. 

COHIF : Ferme ou métairie 
(Argot des voleurs). 

COLBACF : Conscrit. 

C'est une erreur d'écrire 



colbasse pas plus que col- 
hack. 

Ce mol est employé par 
les vieux briscards qni 
n'aiment [)as les bleus. 

11 l'est également par les 
anciens marions pour dési- 
gner les jeunes souteneurs 
inexpérinlentés (Argot des 
souteneurs). 

COLLE : Mensonge. 

Synonyme de craque. 

— Tu penses que l'on ne 
croit pas à tes craques 
(Argot du peuple). 

COLLlil (Être) : Vivre mari- 
talement avec une femme 
sans avoir passé par la 
niairie (Argot du peuple). 

COLLÉ (Être) à un examen. 
Avoir sa bille au billard, 
collée sous bande. 

Être collé : être pris en 
ilagrant délit de mensonge 
(Argot du peuple). 

COLLÈGE : Prison. 

Cetteexpressionest d'une 
grande justesse; c'est, en 
ellél, en prison que les vo- 
leurs se perfectionnent dans 
leur art et que nos grands 
financiers du jour appren- 
nent à ne plus se faire re- 
pincer (Ai^'ot des voleurs). 

COLIS : Les courti-rs ou 
placeurs qui racolent les 
femmes sur la voie publi- 
que pour les expédier dans 



70 



COM 



CON 



les maisons de tolérance; 
nomment les femmes des 
colis : 

— J'ai à vous expédier 
un colis de 50 kilos (Argot 
des souteneurs). N. 

COLIFICHET : Pain (Argot 
des voleurs), y .Bricheton. 

COLLIGNON : Cocher de 
fiacre. 

Cette expression date de 
l'assassinat de M. Juge par 
un cocher de fiacre nommé 
Coin gnon, qui fut arrêté 
par l^roudiiou , rue de 
l'Ouest. 

Collignon fut exécuté. 

Ce nom esl resté im 
terme de mépris (Argot du 
peuple). 

COMBERGE : Aller à con- 
fesse (Argot des voleurs), 

COMBERGO (Aller à) : V. 

Comberge. 

COMPAS (L'a voir dans l'œil) : 
Ouvrier qui a le coup d'œil 
juste, qui réussit une pièce 
d'un coup comme s'il avait 
pris ses mesures avec un 
compas (Argot du peuple). 
N. 

COMPLET (Il est) : Avoir lui 
outre mesure (Aigol du 
peuple). N> 

COMMANDITE : Association 
d'un certain nombre d'ou- 
vriers compositeurs pour 



faire un journal (Argot d'im- 
primeriej. 

COMPTER SOI^ LINGE : Vo- 
mir (Argot du peuple). V. 

Mettre du cœur sur du 
carreau. 

CONGE DE CASTU: Infir- 
mier d'hôpital, 

Couce doit être une cor- 
ruption de gonce (Argot 
des voleurs). 

CONDÉ (Avoir un; : Indivi lu 
qui obtient l'autorisation de 
tenir un jeu ou une bouti- 
que ambulante sur la voie 
j)ublique, à condition de 
rendre des services à la 
préfecture de police. 

Avoir un condé c'est 
être protégé et faire ce 
que les autres ne peuvent 
pas (Argot des camelots) . 

CONASSE : Fille peu au 
courant du métier, qui rac- 
croche à n'importe quel 
prix (Argotdes souteneurs). 

CONNERIE : Bêtise, 

— Tu dcconnes, tu ne sais 
pas ce que tu dis. 

Mot à mot : tu es un 
c-o-n, pantoufle, un cré- 
tin. 

Ce mot ancien vient de 
conard. 

Il est enqiloyé dans le 
peuple pour désigner un 



COP 



COR 



71 



autre objet lAi};;ol du peu- 
ple). 

CONSOLATION (S'en cH'iir 
inie) : Aller boire un coup 
et même phisieurs cliez le 
marchand de vin pour faire 
passer un chagrin réel ou 
imaginaire. 

l'n assommoir de Belle- 
ville avait pris C(>tte ensei- 
gne ; les buveurs se conso- 
laient en s'empoisoimant 
Argot du peuple) . 

CONSOLATION : leu qui se 

joue dans les wagons de 
eliemins de Ter au relour 
(les courses. 

Les ho7i')ieieurs offrent 
la consolation aux jou<>urs 
malheureux, qui ont celle 
(le se voir enc(jre dépouil- 
lés (Argot des camelot s). 

CONTRE-COLP : Contre- 
mai tre. 

Quand un ouvrier fait un 
loup (manque une pièce), 
c'est le contremaître (pii 
re<:oit le contre-coup du 
patron (Argot du peuple). 
iV. 

:.CONVALESCENCE (Être 
en) : Sous la surveillance 
de la haute police (Argot des 
voleurs). V. Surbine. 

COPAIN : Camarade de col- 
lège, compagnon. 

(>e mot d'appartient pas 
à ]]d. About, connue le dit 



M. Lorédan Larchey, c'est 
un dérivé du vieux mot 
français coin pain g. 

Copaille pour copain 
(Argot des voleurs). 

COQUER : Dénoncer (Argot 
des voleiu-s). V. Mouton. 

COQl ER DE RIFLE : Allu- 
mer une femme. 

S'enllammer en la regar- 
dant (Argot des voleurs). 

COQl ER LA LOFFITLDE : 

Prêtre qui donne l'absolu- 
tion. 

— J'ai été à comberge 
et le ratichon m'a coque 
la ïoffitude (Argot des vo- 
leurs). 

CORDEAU : Frère ignoranliji. 
Quand les gamins ren- 
contrent uu frère, ils crient : 
Couac l couac! imitant le 
croassement du corijeau 
(Argot du peuple). 

CORBILLARD : On écrivait 
autrefois corbeillard, par- 
ce ([ue ce mot désignait le 
coche d'eau qui faisait le 
service entre Paris et Cor- 
beil. 

On a écrit également 
corbillas et corbillat. 

Goulfé a chanté la lugu- 
bre voilure : 

Que j'aime à voir un corbillard; 

Ce goùt-là vous étotine?- 
Mais il faut partir tôt ou tard, 

Le sort ainsi l'ordonne 



72 



COR 



COU 



]*]t lu n de craincl;"e l'avenir, 
Moi de cette aventure 
Je n'aperçois que le plaisir 
D'aller en voiture. 

L'expression de corhil- 
hcrd date de 1793, époque 
de la création de ces voilu- 
res (x\rgot du peuple). N. 

CORBUCIÏE LOFF : Faux 
ulcère. 

Les mendiants, pour ex- 
citer la charité publique, 
employent toutes sortes de 
moyens ; ils se font man- 
chots, culs-de-jatte, boi- 
teux, etc. 

Le truc le plus usité est 
celui des Ihux ulcères ; une 
simple mouche de Milan 
suflit pour produire une 
plaie arliiicielle qui peut 
disparaître par un simple 
lavage. 

Les troupiers carottiers 
pratiquent ce moyen pour 
aller à l'intirmerie (Argot 
des voleurs). A^. 

GORCIFË : La prison de la 
Conciergerie (Argot des vo- 
leurs). 

CORDELETTE : Chaîne de 
montre (Argot des voleurs). 
V. Cadenne. 

CORNARD : Vient de cor- 
nette, de la cornette des 
femmes. 

Autref is, un mari qui 
se laissait tromper })ar sa 
femme était appelé jjor^^^r 



de cornette (Argot d u peu- 
ple; . 

COSQSIS : ^ . Balanceur de 
tinettes. 

COSTEL ou CAUSTEL : Sou- 
teneur. 

Balance moi-là; et ne sois plus 

I causteL, 

Casser des lourdes vaut mieux 

I que... des chats. 

(Argot des souteneurs). 

COTES EN LONG : Fainéant 
(Argot du peuple). V. la 
Basse. 

COTELETTE DE PERRU- 
QUIER : Deux sous de Iro- 
mage de Brie (Argot du 
peu|>le) . 

COTTERET : Forçat libéré. 

Cotteret : Petit fagot de 
bois. 

Cotteret de bordel : 
Paquet de petites bûchettes 
qui coûte dix centimes el 
s'allume instantanément. 

Allusion à la courte du- 
rée de la passe qui ne dure 
pas plus que le petit pa- 
quet de bois (Argot du 
peuple) . 

GOUACHE : Tète (Argot des 
voleurs). 

COUCHE (En avoir une) : 
Être bête à manger du 
foin. 

Allusion à la couche à^ïw- 
mier que niellent les maraî- 



cou 



cou 



73 



cliei's dans leurs cliàssis 
pour faire hâtivement pous- 
ser les melons; plus la 
couche est (;'paisse, meil- 
leur est le résultat (Ar^'ot 
<ui peuple), .y. 

(OICIIER A LA BELLE 
ETOILE : Dormir dans les 
champs. 

On dit aussi : coucher 
dans le lit aux pois certs 
(Ai-got du peuple). 

tCOUlLLE EN BATON (De 
la) : C'est une bêtise. 

Mot à mot : ce n'est 
rien (Argot du peuple). 
• 

COUILLON : Imbécile, peu- 
reux (Argot du peuple). 

COULAGE (Avoir du) : Ne 
pas surveiller ses ouvriers. 

Perdre sur une com- 
mande ou sur une vente. 

Couler le patron : le 
ruiner petit à petit (Ai-got 
du peuple). 

COULE (Être à la) : Malin 
qui croit que personne ne 
peut le tromper. 

On dit : // la connaît 
dans les coins ; pas moyen 
de lui introduire : il est à 
la coule (Ai^ot du peuple). 

^ULER DOUCE (Se la) : 
Faire le moins de travail 
possible et vivre pour le 
mieux (Argot du peuple). 



COULER UN ENEANT : Faire 
avorter une l\'nune (Argot 
du peuple I. 

COULER ULKLUL'UN : 
Collier un individu dans 
l'esprit de quehpi'un en 
disant de lui |)is que pen- 
dre ; le perdre dans l'es- 
time d'autrui (Argot du 
j)euple). 

COULEURS (En faire voir de 
toutes les) : Mentir, trom- 
per. 

Faire à quehpi'un tous 
les tours possibles (Argot 
du peuple). 

COUILLONADE : Il ne faut 
pas faire attention à ce 
qu'il dit, il ne raconte ja- 
mais que des coidllonades 
(Argot du peuple). 

COUP : Procédé secret et 
particulier (Argot des vo- 
leurs) . 

COUP DE BAS : Coup dan- 
gereux. 

Achever quelqu'un, le 
finir (Argot des voleurs). 

COUP DE FLAN : Voler an 

hasard (Argot des vo- 
leurs). 

COUP DE FUSIL : Vendre à 
n'importe quel prix (Argot 
des camelots). 



COUP A MONTER : Piège à 
tendre. 



74 



COU 



cou 



Tromper quelqu'un (Ar- 
got des voleurs). 

COUP DE LA BOUFFÉE : 

Genre de vol pratiqué chez 
les grands bijoutiers. 

Le voleur l'urne un énorme 
cigare, il lance au visage 
de la bijoutière un formi- 
dable jet de fumée ; aveu- 
glée, elle ne voit pas les 
mains du voleur travailler 
(Argot des voleurs). 

COUP DE CHASSES : Coup 
d'œil. 

Système employé par 
certaines filles pour raccro- 
cher les passants. 

— Tu ne marches pas, as- 
tu vu ce coup de chasses ? 
(Argot du peuple). 

COUP DE CANIF DANS LE 
CONTRAT : Homme qui 
lrom[)e sa femme ou femme 
qui trompe son mari. 

On dit aussi, quand une 
femme a une masse d'a- 
mants, que le contrat est 
criblé de coups de sabre 
(Argot du peuple). 

COUP DE FION : Terminer 
un ouvrage (Argot du peu- 
ple). V. Fignoler. 

COUP DU CHANDELIER 

(Le) : Dans les maisons de 
rendez-vous ou chez les 
femmes publiques un peu 
cossues, une fois la séance 
terminée, la bonne vous 



reconduit en vous éclairant 
(c'est à charge de revan- 
che), on lui donne généra- 
lement un pourboire; elle 
vous remercie gracieuse- 
ment, en ajoutant comme 
Bilboquet : 

— Si vous êtes coulent 
et satisfait, envoyez-nous 
du monde. 

C'est le coup du chan- 
'"?r (Argot des lilles). 

COUP DU LAPIN : Achever 
un adversaire, lui donner 
le coup suprême. 

Le bourreau donne le 
coup du lapin au con- 
damné à mort (Argot des 
voleurs). 

COUP DU MALADE : Le vo- 
leur va chez un bijoutier 
choisir des bijoux; il de- 
mande qu'on lui porte sa 
commande à son apparte- 
ment ; il s'en va, et, aus- 
sitôt rentré, il se couche 
en attendant le commis et 
sinuile un mal subit. 

Quand le commis arrive 
il trouve l'acheteur entouré 
de lioles et de pommades, 
gémissant, il paraît soufti'ir 
mille douleurs. 

Il renvoie le commis cher- 
cher un autre objet qu'il dit 
avoir commandé la veille ; 
le commis part sans dé- 
fiance en laissant les bijoux 
sur la cheminée; aussitôt le 
malade se lève et se sauve 



p 



cou 



cou 



75 



:iii plus vile. Qiiaïul le com- 
mis revient, visage de bois 
(Argot des voleurs). 

COUP DE MARTEAU : Fou 

par instant (Argot du peu- 
ple). V. Mailloche. 

( OUP DU MOINEAU : Un 

in'griot a un pierrot ap- 
privoisé ; il avise une bouti- 
(pie et laehe son oiseau; ce- 
lui-ci se sauve derrière les 
sacs ; il entre, pleure, se 
désole : 

— Mon pierrot, mon 
[lierrot. 

Ues garçons, le patron, la 
[)atronne, tout le monde est 
après le pierrot. Lepégriol 
profile de cette chasse im- 
provisée pour fouiller dans 
le comptoir et prendre une 
|>oignée de monnaie. 

Le pierrot est pris, le 
i^amin se sauve en remer- 
ciant, le tour est joué (Ar- 
ot des voleurs). V. 

LOUP DU PÈRE FRAN- 
ÇOIS : Ce coup est très 
ancien. Aulrei'ois les déte- 
nus remployaient pour se 
débarrasser d'un person- 
nage qui moutonnait. 

Il consiste simplement à 
l'Uangler un passant à l'aide 
d'un ibulard de soie. 

Louis le Bull-Dogue, 
'•lève du père François 
< xplique ainsi la manière 
d'opérer : 



Pour faire le coup ûu Père 

I François, 

"Vous prenez un Ibulard de soie; 

Prés du client en tapinois 

Vous vous glissez sans qu'il 

I vous voie 

Et crac ! vous lui coupez la voix. 

Sitôt qu'il est devenu de bois 

Vous lui prenez son os. ses noix. 

Et c'est ainsi qu'un Pantinois 

Peut faire fortune avec ses 

I doigts. 

COUP DE POUCE : System-^ 
em|)loy6 par certains com- 
merçants pour aider la ba- 
lance à pencher du côté de 
la pesée. 

Les bouchers jouissent 
d'une grande habileté pour 
le coup de pouce (Argot 
du peuple). 

COUP DE SOLEIL : Avoir 
trop bu du petit bourgui- 
gnon. 

On dit aussi un coup de 
siroj) (Argot du peuple). 

COUPE SIFFLET : Couteau 
(Argot des voleurs). V. 
f7'e. 



COUPER : Echapper. 

— Tu ji'y échapperas 
pas, tu n'y couperas pas. 

On coupe à une corvée, 
à une obligation quelcon- 
que (Argot du peuple). 

COURIR (D'une peur et d'une 
envie de) : Voleur qui 
s'offre un paletot à l'étalage 
sans s'occuper du prix. 

— Te voilà bien rupin, 
ma vieille branche, combien 
que la pelure te coûte? 



CRA 



CRA 



— Un ' peur et une en- 
vie de courir (Argot du 
peuple). V. Foire d'em- 
poigne. N. 

COURTAUD DE BOUÏAN- 
GHE : Lourdaud de bouti- 
que. 

Synonyme de calicot 
(Argot des voleurs). 

COURTIER : Voleur (jui pré- 
pare le coup à faire (Argot 
des voleurs). V. Nourris- 
seiir de poupard. 

CRACHER DANS LE SAC : 

Allusion à la tête du con- 
damné à mort qui tombe 
dans le sac de sciure. 

On dit aussi : élernuer 
dans le sac (Argot des vo- 
leurs). 

CRACHER DES PIÈCES DE 
QUATRE SOUS : Avoir la 
gorge sèche au lendemain 
d'une soulographie. 

Allusion à l'absence de 
salive (Argot du peuple). 
V. Gueule de bois. 

CRACHER AU BASSINET : 
Faire cracker (payer) un 
débiteur dur à la détente 
(Argot du peuple). 

CRAIE D'AUVERPIN: Char- 
bon (Argot du peupl<>). 

CRAMPE (La tirer) : V. 

Rouscailler. 

CRAMPON : Femme ou maî- 



tresse qui ne vous lâche 
pas et dont rien ne peut 
vous débarrasser pas même 
la mort — quand on en 
rêve (x\rgot du peuple) 

CRAMPONNER (Être) : V. 

Co-ampon. 

CRAN (Être à craiij : Être 
furieux. 

On dit aussi : être à crin 
(Argot du peuple). 

CRANEUR (Faire le): Honnne 
qui se fait plus fort qu'il 
ne l'est, au physique connue 
au moral. 

Un souteneur qui veut 
tenir le haut du pavé, est un 
crâneur (Argot du peuple). 

CRAPAUD : Cadenas (Argot 
des voleurs). 

CRAPAUD : Moutard (Argot 
du peuple). 

CRAPSER : Mourir. 

D'aucuns écrivent 
clarnser ou krapser. C'est 
crapser qui e:^t le vrai 
mot (Argol des voleurs). 

CRAPULARD : Superlatif 
de crapule. 

Synonyme de canaille, 
gredin, scélérat. 

Injure adressée à des 
individus assez adroits pour 
conmiettre des délits sans 
tomber sous l'application 
des lois. 



CRE 



CRO 



Ternie très usité dans le 

peuple (Ai'Lrol (\\\ peuple I, 

(IIAQIELH : Menteur (Ar- 
iiot du peuple). 

(.HKME : C'est une cré7)ie 
d'homme pour dire : i/ est 

hou. 

Même signilication que : 
c'est un beurre 

Lts bourgeois pour ex- 
primer (pf un être est beau 
(lisent également : 

— C'est une crêrae. 

— C'est une bonne pâte 
d'homme (Argot du peuple). 

nîF:PER LE CHIGNON 

' Se) : Se dit de deux fem- 
mes qui se battent avec 
aeharnenement. 

C'est le contraire qu'il 
faudrait dire, car après la 
bataille, le cliignoyi est plus 
(pie décrêpé (Argot du peu- 

CRESSON SUR LE CAIL- 
LOU (N'en plus en avoir): 
Homme chauve (Argot du 
peuple). 

CREVER LE BOCAL (S'en 

faire) : Avoir trop mangé. 

S'être bourré au point 

que le bocal (ventre) en 

crève (Argot du peuple). 

CREVETTE : Nom donné aux 
tilles du demi-monde. 
On appelle aussi crevette 



une fenuiie maigre (Argot 
dubonlevard 1. V. Agenouil- 
lée. 

CRIBLER A LA GRIVE : 

Crier à la garde. Appeler 
au secours (Argot des vo- 
leurs). 

CRIBLEUR DEVERDOUZE: 
Marchand des quatre sai- 
sons (Ai^ot des voleurs). 

CRIBLEUR DE ERUSQUES : 

Marchand d'habits (Argot 
des voleurs). 

CRIER AUX PETITS PA- 
TES : Eemme qui accouche 
difficilement et qui crie 
comme une baleine (Argot 
du peuple). 

CRIGNE : Viande dure comme 
une vieille semelle (Argot 
des voleiirs) V. Bidoche. 

CRIGNOLIER : Boucher. 
Marchand de crigne (Ar- 
g )t du peuple). 

CRIN (Être comme un) : 
Homme sans cesse furieux. 
Individu plus gênant que 
gêné (Argot du peuple). 

CRIN-CRIN : Violon. 

Allusion au grincement 
. de l'archet sur les cordes 
(Argot du peuple). 

CROCHETTES: Clés (Argot 
des voleurs). V. Caro%bIe. 



78 



CRO 



GUI 



CROMPER LA TANTE : Dé- 
tenu qui s'emploie pour 
faire évader un de ses ca- 
marades (Argot des vo- 
leurs). 

CRONÉE : Écuelle. 

Une cronée àeharMllons 
de Beauce, voilà h pitance 
à la Centroiisse. 

CROQUE-MORT : Porteur de 
mort. 

Monsieur le Mort, laissez- 

I vous faire, 

Il ne s'agit que du salaire. 

Le croque-mort est gé- 
néralement joyeux, il a 
toujours le 'petit mort pour 
rire. C'est l'un d'eux qui a 
trouvé que la meilleure bière 
est celle de sapin (Argot 
du peuple). 

CROQUANT: Paysan (Argot 
du peuple). V. Pétronsquin. 

CROQUENEAUX VER- 
NEAUX : Souliers vernis 
(Argot du peuple). 

CROSSEUR : L'avocat géné- 
ral (Argot des voleurs). Y. 

Bêcheur. 

CROTTE DE PIE : Pièce de 
cinquante centimes (Argot 



des voleurs) 



Poire 



CROTTE D'ERMITE 

cuite. 

Allusion à la forjne (Ar 
got des voleurs). 



CROUSTILLAGE : Nourri- 
ture (Argot du peuple). N. 

CROUSTILLANT : Quelque 
chose qui croustille sous la 
dent. 

Pain appétissant, bien 
cuit. 

Jolie fdle dont les appâts 
sont pleins de promesses. 

Un récit vif, animé, plein 
de situations égrillardes, est 
croustillant. 

Paul de Kock et Pigault 
Lebrun sont restés les maî- 
tres du genre (Ai^ot du 
peuple). 

C ROUTER : Casser la croûte. 

Le matin, avant de com- 
mencer la journée et à qua- 
tre heures, les ouvriers 
mangent un morceau sur le 
pouce. 

Ils cassent une croûte. 

On dit aussi : l'heure de 
la croustille (kv^^Qi An peu- 
ple). N. 

CROUTON : Vieillard bon à 
rien (Argot du peuple). V. 

Birhe. 

CRU DU CHATEAU LA 
POMPE : Eau. 

Se dit par ironie (Argot 
du peuple). 

CUILLER DANS LA TASSE 

(L'avoir laissée) : Femme 
enceinte (Argot du peuple). 
V. Avaler le pt 



CUL 



COEU 



79 



(".riR : Peau (Argot du peu- 
ple). 

Cl IR A RASOIR : Tétasses 
d'une vieille femme dont la 
peau est dure comme du 
cuir. 

On pourrait repasser ses 
rasoirs dessus (Argot du 
peuple). V. Calebasse. 

C USINER : Quand un pri- 
sonnier ne veut pas avouer, 
les agents le « cuisinent » 
pendant trois ou (piatre 
heures s'il le faut. 

Ils réussissent presque 
toujours, et le prisonnier 
ne trouve jamais cette cui- 
sine à son goût (Argot des 
voleurs). 

CUITE (En prendre une) : Se 
saouler royalement (Argot 
du peuple).' V. Culotte. 

CILBUTE OU CULBUTANT : 

Pantalon (Argot du peuple). 
V. Fahar. 

CULBUTE (Faire la) : Négo- 
ciant qui lait faillite . 
-^ Il fait liltéralement la 
culbute (Argot du peuple). 



CUL DE PLOMB : Employ 
rivé h son lauleuil d'un 
bout de l'année à l'autre 
(Argot du peuple). 

CULOTTE (En prendre une) : 
Être abominableriient po- 
chard . 

On dit également : il est 
cuit, il a trop chatiffé le 
four (Arçot du peuple). 



CULOTTE (Prendre une) : 
Perdre une grosse somme 
au jeu (Argot des joueurs). 

CUL TERREUX: Paysan. 

L'allusion est transpa- 
rente (Arçot du peuple). V. 
Pétronsquin. 



CAMPAGNE : 

tout faire, qui 



CURE DE 

Femme à 

sait se retourner à l'occa 

sion (Argot des filles). 



CURIEUX : Juge (Argot des 
voleurs). V. Palpeurs. 

COEUR SUR LE CARREAU 

(Mettre le) : Vomir (Argot 
du peuple). 



80 



DAN 



DAX 



DAB ou DABE : Père (Argot 
du peuple). 

DAB DES RENIFLEI RS : 

Préfet de police (Argot des 
voleurs). 

DABIER : Père (Argot du 
peuple). 

DADA (Avoir un). V. 3fa- 

rotte. 

DAIM : Imbécile (Argot du 
peuple). V. Coiiillon. 

DANDILLANTE : La cloche. 

Dans les usines, la cloche 
sonne les heures d'entrées 
et de sorties et aussi l'heure 
des repas. 

— Si je suis en retard 
c'est parce que tu as tbutu 



un coup de pouce à la to- 
cante du singe. 

Mot à mot : la cloche 
clandille (Argot du peuple). 

DAiN DINETTE : Diminutif de 
danse, battre légèrement. 

Dandinette est une cor- 
rection infligée à un enfant 
désobéissant ( Argot du 
peuple). 

DANDILLER : Sonner. 

Les faubouriens en ont 
fait dardillei\ de dard. 

— Je dardille pour une 
belle fille (Argot du peuple). 
N. 

DANSE (En donner une) : 
Battre un individu. 

Entrer en danse, entrer 



DAU 



DEB 



81 



dans une alïaire. apparaître 
(Argot (lu peuple). 

DANSER : Faire danser 
qaeKjifun. 

Synonyme de faire payer 
(Ai^ot du peuple). 

DANSER DU BEC : Puer de 
la bouche (Ai'gotdu peuple). 
V. Trouiilotter delà hur- 
lette. 

DANSER L'ANSE DE PA- 
NIER (La faire) : Donics- 
liquc qui majore les denrées 
(pi'elle achète et lait payer 
cent sous à la patronne ce 
qui en vaut quarante (Ar- 
got du peuple). 

DARDANTS : Mes amours (Ar- 
got des voleurs). 

DARDUNNE : Cinq francs 
(Argot des voleurs). V. 
Time. 

DARIOLE : Soufflet, coup de 
poing. A. D. 

La dariole est une pâtis- 
serie commune qui se vend 
dans les fêtes publiques. 

Le pâtissier se nomme 
darioleur (Argot du peu- 
ple). N. 

DARON : V. Dahe. 

DARONNE : Mère ; dans le 
peuple on dit la dahiiche 
(Ai^ot du peuple). 

DAUF : V. Paf. 



DAUDÉE (Passer à la) : Sou- 
teneur qui floppe sa mar- 
mite quand elle ne rapporte 
pas de pognon (Argot (h^s 
souteneurs). ]S[. 

DÉBÂCHER LA ROULOTTE : 

Changer la voiture de phice.* 
Les forains emploient 
cette expression pour indi- 
quer qu'il vont d'une ville 
à une autre. (Argot des sal- 
timbanques). 

DÉliAGOULER: Cetteexpres- 
sion est usitt'c dans h's lau- 
bourgs pour qualifier un 
orateur de réunion publique 
qui débagoiile sou boni- 
ment (Argot du peuple). 

DÉBALLAGE : Etalage par 
les camelots de marchan- 
dise sur la voie publique ou 
dans des boutiques louées 
au mois. 

Déballage se dit aussi 
dans le peuple d'une femme 
avec qui on couche pour la 
première fois. 

— Tu la crois dodue, 
bien faite tu vas la voir 
au déballage ; elle a été 
moulée dans un cor de 
chasse (Argot du peuple). 



Soulager ses 



DÉBALLER 

entrailles pour quinze cen 
times, ce que ne pouvait 
digérer Villemessant qui 
trouvait exorbitant d'être 
forcé de donner trois sous 
pour restituer un petit pain 

5. 



82 



DÉB 



DÉB 



qui n'en coûtait qu'un et 
tncore en laissant la mar- 
chandise (Argot du peuple). 

DÉBALLONNER (Se) : S'é- 
vader. 

Mot à mot: se sauver du 
ballon (prison). 

Déballonner : accoucher. 

Se défaire de son ballon 
ou mieux du lève- jupes 
(Argot des voleurs). 

DÉBINE : Se prend de ma- 
nières différentes. 

Etre dans la misère la 
plus complète. 

— Je suis dans la dé- 
bine. 

— Je m'en vais, je me 
sauve, je me débine (Argot 
du peuple). 

DÉBINER : Dire du mal de 
quelqu'un. 

— Nous l'ayons tellement 
débiné qu'il n'a \m réussir 
(Argot du peuple). 

DÉBINER LE TRUC : Com- 
père mécontent qui révèle le 
secret de son associé (Ar- 
got des voleurs). 

DÉBOUCLER SA VALISE : 

Mourir. 

On devrait plutôt dire 
boucler car le voyage est 
assez long (Argot des com- 
mis voyageurs). 

DÉBOULER : Arrivée subite 
de quelqu'un que l'on n'at- 
tendait pas. 



— Il déboule subito (Ar- 
got du peuple). 

DEBOULER : Femme qui ac- 
couche. 

Allusion de forme ; en- 
ceinte à pleines ceintures, 
elle est ronde comme une 
boule ; accouchant elle dé- 
boule (Argot du peuple). 

DÉBOULONNER SA CO- 
LONNE : Mourir. 

Cette expression n'est 
employée que depuis 1871, 
lorsque les communards je- 
tèrent la colonne Yendôme 
par terre parce qu'elle 
gênait Courbet (Argot du 
peuple). 

DÉBOURRER SA PIPE : V. 

Déballer. 

DÉBRIDOIRE : Outil de 
malfaiteurs (Argot des vo- 
leurs). V. Tâteuse. 

DÉBOUTONNER : Parler, 
avouer. 

— Tu peux le débou- 
tonner mon vieux, il faut 
que nous sachions ce que 
tu as dans le ventre. 

On dit aussi : Déculotte 
tapetisée[k.T^oiàvi peuple). 

DÉBROUILLARD : Individu 

qui sait se débrouiller au 

milieu des ennuis de la vie 

et qui en sort victorieux. 

On emploie, dans les aie- 



DEC 



DEC 



83 



Hors, celle imago caracté- 
ristique, mais p(Mi parl'u- 
mée : 

— II sortirait de cent 
pieds de merde (Arçot du 
peuple). 

DÉCALITRE : Ciiapeau. 

Il a, eu elVet, la forme 
d'un boisseau (Ariiot du 
peuple) . 

DÉCAMPER SAXS TAM- 
ROl R M TROMPETTE : 

Lâcher une femme ou un 
patron sans les prévenir. 

Fausser compagnie à 
cpielqu'un. 

Laisser une affaire en 
plan (Argot du peuple). 

DECANILLER : Se lever de 
sa chaise ou de son lit. 

— Allons, paresseux, dé- 
canille plus vile que ça 
(Ai^otdu peuple). 

DÉCARADE : S'en aller au 
plus vite. 

En un mot, décarrer, 
partir. 

Une vieille chanson dit : 

Allons, Flipote, 
Met ta capote, 
Et puis, décarrons-ï[o\x%. 

(Argot du peuple). 

DÉCARCASSER (Se) : S'é- 
chiner à faire un travail 
qui produit peu. 

Se décarcasser à courir 
pour arriver à l'heure de la 
cloche. 



— J'ai beau me décarcas- 
ser,]*? ne suis pas plus avancé 
une année que l'autre (Ar- 
got du peuple). 

DÉCARRER DE RELLE : 

Sortir de prison à la suite 
d'une ordonnance de non- 
lieu. 

Mot à mot : Je l'échappe 
l)(>lle (Argot des voleurs). 

DÉCARTONNER : Mourir de 
consomption. 

Les conunères disent : 
mourir à petit feu. 

Décarlonner est syno- 
nyme de décoller (Argot 
du peuple). 

DÉCIIARD : Qui est dans la 
dèche (Argot du peuple). 

DÉCHE : Synonyme de dé- 
bine. 

Cette expression est due 
à une circonstance cu- 
rieuse : 

Un colosse, nommé Ha- 
che, marchand de riboiiis 
au marché du Temple, avait 
la passion du théâtre ; il 
figurait au cirque de l'an- 
cien l)oidevard du Temple. 
Il occupait l'emploi de tam- 
bour-major de la garde ; 
c'était insufiisant pour son 
ambition : il voulait^parler. 
A force d'obsessions, il ob- 
tint de Laloue de dire un 
mot dans une pièce. Il de- 
vait dire à Napoléon : 



84 



DEC 



DEC 



— Quel échec, mon Em- 
pereur ! 

La langue lui fourcha, il 
avait oublié sa phrase. 

x\lors, à tout hasard, il 
s'écria : 

— Sire, ah ! cpielle 
dècTie ! 

L'expression est resiée, 
et, dans le peuple, quand 
on veut indiquer un grand, 
malheur elle est employée 
(Ai^ot du peuple). 

DÉGJIIRER SA TOILE : Pes- 
ter. 

Allusion au bruit qui sou- 
vent ressemble à un déchi- 
rement (Argot du peuple). 
V. Peaiij courte. 

DÉCORS : Bijoux. 

L'expression est jolie. On 
dit dans le peuple, d'une 
femme chargée de bijoux : 
Elle est décorative (Argot 
du peuple). 

DÉCRASSER : Les filles dé- 
crassent un homme en le 
débauchant d'abord, en le 
ruinant ensuite. 

Les voleurs décrassent 
un pante en le volant. 

Décrasser, dans un autre 
sens, est synonyme de dé- 
niaiser (Argot du peuple). 

DÉCROCHER UN LARDON : 

Faire avorter une femme. 

Les spécialistes qui se 

livrent à cl* ijenre de tra- 



vail se nomment des fai- 
seuses d'anges (Argot du 
peuple). N. 

DÉCROCHER LA LUNE 
AVEC LES DENTS : Vou- 
loir accomplir une chose 
impossible. 

Expression employée par 
ironie (Argot du peuple). 

DÉCROCHER LATIMBALE : 

Arriver bon premier, réus- 
sir. 

Allusion au mât de co- 
cagne, où le premier arrivé 
au sommet décroche le pre- 
mier prix qui est générale- 
ment une timbale. 

Cette expression est po- 
pulaire depuis la représen- 
tation de la pièce intitulée 
la Timbale (Argot du peu- 
ple). N. 

DÉCROCHEZ-MOI ÇA : Vê- 
tements fripés que vendent 
les marchandes à la toi- 
lette. 

Comme les vêtements 
sont accrochés Qi étiquetés, 
inutile de marchander; on 
n'a qu'à dire à la vendeuse : 
Décrochez-moi ça. 

Toute personne mal ha- 
billée sent le décrochez- 
moi ça {kv%QX du peuple). 

DÉCROCHER SES TA- 
BLEAUX : Individu qui 
sans cesse se fourre les 
doigts dans le nez [)0ur en 
retirer les oriluies. 



DÉF 



DEG 



85 



— Tu reçois donc du 
inonde que tu décroches tes 
tableaux ? (Ai-got du pini- 
ple). 

hl.GlLOTTK : Homme qui 
a mis son mobilier ou son 
oonnnerce au nom de sa 
femme. 

Il ne porte plus la cu- 
lotte. 

Déculotté aussi quand 
la fenmie est maîtresse au 
logis : elle porte les cu- 
lottes (Argot du peuple). 

DJ< FARGUER : Pâlir. 

Le parrain fargue, 
Le bêcheur détargue. 

dit une vieille chanson (Ar- 
got des voleurs). 

DKFARGUER : Les joueurs 
disent cela d'une carte qui 
les gêne. 

knpolignac ih ^e dé fai'- 
gue^it du valet de pique 
(Argot des voleurs). ^V. 

DÉFENDRE SA QUEUE : 

Défendre sa peau dans une 
bataille. 

Quand deux chiens se 
battent dans la rue, les 
spectateurs crient : 

— Jolo, dé fend ta queue. 
Défendre sa queue, c'est 

défendre ses intérêts de 
toutes manières (Argot du 
peuple). 

DÉFILER LA PARADE : Se 

dit à quelqu'un que l'on 
chasse. 



— Allons, défilez la 
parade, et plus vite que 
«:a (Argot du peuple). 

DÉFLEURIR ou DÉFLOUER 
LA PICOUSE : Voler le 
linge qui sèche dans les 
campagnes, sur des haies 
(Ai^got des voleurs). V. Ba- 
tousier. 

DÉFOURAGER : S'en aller, 
quitter un endroi t pour un au- 
tre. 

— Je défourage de la 
Centrousse pour renquil- 
ler à Pantin (Argot des 
voleurs). ^ 

DÉGLINGUE (Tomber dans 
la) : Être tout à fait par 
terre. 

Plus misérable que les 
misérables (Argot du peu- 
ple). N. 

DÉGOBILLER : Vomir (Ar- 
got du peuple). V. Mettre 
du cœur sur le carreau. 

DÉGOTTER : Se dit de quel- 
qu'un mal habillé. 

— Tu la dégottes mal. 
Dégotter, signifie égale- 
ment trouver. 

— 11 y a deux mois que je 
la cherche, j'ai fini par la 
iégotter. 

2)^'^o/'^^r quelqu'un : faire 
quelque chose mieux que 
lui. 

Vietor-ITugo, parexemple 



DÉG 



DEM 



dégotte Sarrazin, le poète 
aux olives (Argot du peuple). 

DÉGOURDI : Se dit par iro- 
nie d'un homme lourd et 
pâteux. 

— J'ai froid, je vais mar- 
cher vite pour me dégour- 
dir les jambes. 

On dit d'une gamine qui 
connaît à six ans ce qu'elle 
devrait ignorer à quinze : 
elle est dégourdie pour son 
Age (Argot du peuple). 

DËGHAISSEUR : Le garçon 
de banque qui à chaque 
échéance vient dégraisser 
les débiteurs (Argot du 
peuple). N. 

DÉGRINGOLADE. V. Dé- 

gringoler. 

DÉGRINGOLADE A LA 
FLUTE : Vol commis par 
une fille sur un miche de 
passage. 

L'expression p^ûie est 
assez significative (Argot 
des voleurs). 

DÉGRINGOLER : Tomber 
d'une haute situation dans 
la misère. 

Dégringoler un 'j^ante : 
tuer un bourgeois. 

Dégringoler des hau- 
teurs d'un succès pour tom- 
ber dans la médiocrité (Ar- 
got du peuple). 



DÉGUEULAS, DÉGUEULA- 
TIF, DÉGUEULDIF, DÉ- 
GOUTATIF ET EMMER- 
DATOIRE : Individu à l'as- 
pect tellement dtîgoûtant 
que sa vue soulève le cœur 
et donne envie de vomir 
(Argot du peuple). iV. 

DÉGUISER EN CERF (Sej : 

Se sauver le plus rapide- 
ment possible. 

— Je t'invite à un bal 
masqué, quel costume pren- 
dras-tu ? 

— Je me déguise en 
cerf. 

iMot à mot : Je n'y vais 
pas (Argot du peuple). iV^. 

DÉMARQUEUR DE LINGE : 

Homme de lettres qui pille 
ses confrères sans façon. 

Démarquer un article 
de journal : changer simple- 
ment les phrases. 

Allusion aux voleurs qui 
déniarquent le linge avant 
de le bazarder au fourgat 
(x\rgot du peuple). 

DEMI-AUNE : Le bras. 

Les mendiants disent : 

— Je tends la demi- 
aune. 

C'est une façon de ne 
pas avoir l'air que l'on 
ten<l la main (Argot des 
mendiants. 

DEMI-RÉCOLTE : Personne 
petite, naine, chélive. 



DEM 



DEP 



87 



On (lit dans le peuple : 

— Sa mère devait élre 
conciei^'C, un locataire aura 
demandé le cordon au bon 
moment (Argot du peuple). 
V. Bas du cuL 

DEMOISELLE DE PAYEUR : 

Sorte de pilon en bois gar- 
ni à sa base d'un fort uior- 
ceau de fer. Il sert à enlon- 
cer les pavés pour égaliser 
la rue. 

Ce pilon a deux anses en 
forme de bras ; pour le sou- 
lever, les paveurs le jtren- 
nent par les bras. 

Allusion au bras que 
l'on donne aux demoiselles 

Elles sont généralement 
moins dures à soulever que 
la demoiselle du paveur (Ar- 
got du peuple). N. 

DÉMONTER SON CIIOU- 
BERSKI : Mourir. 

L'expression n'est pas 
juste, on devrait plutôt 
dire : 7nonter son ckou- 
herski, car chacun sait que 
ce poêle n'ariende conunun 
avec l'elixir de longue vie 
(Argot du peuple). N. 

DEMORGANER : Accepter 
une observation. 

Comprendre que la mor- 
gue est inutile (Argot du 
peuple). 

DMMORRE : Homme (Argot 
des voleurs). 



DEMURGER : Fuir. 

Cette expression est fré- 
quenunent employée par 
les souteneurs au cours 
d'une bataille : 

— Yoilh la rousse, de- 
mur ge. ou y vont te faire 
choucUe. La copaille va 
rendre Vaffe, il est saigné 
au bon coin (Argot des 
voleurs). 

DÉNICHEUR DE FAUVET- 
TES : Terme ironique em- 
ployé pour se moquer d'un 
individu qui se vante de 
prendre la virginité des 
lilles (Argot du peuple). V. 
Dépticeleur de nourrices. 

DÉPAILLER: Jusqu'ici celte 
expression élait employée 
pour dire qu'une chaise n'a- 
vait plus de paille : elle 
était dépaillée. 

Dans les quartiers pau- 
vres, les ouvriers n'ont gé- 
néralement pas de som- 
miers ; ils couchent sur des 
paillasses^avmQ^ défaille 
de seigle ; quand un proprié- 
taire, un vautour impi- 
toyable, veut les faire ex- 
pulser, ils disent : 

— Tu peux aller cher- 
cher le quart et tous ses 
sergots. tu ne me feras pas 
démailler. 

Mot à mot : abandonner 
ma paille (Argot du peu- 
ple). N. 



88 



DÉP 



d?:p 



DÉFENDEUR D'ANDOUIL- 

LES : Homme grand comme 
une perche à houblon. 

Allusion à ce qu'il pour- 
rait sans échelle dépendre 
les andoviUes suspendues 
au plafond (Argot du peuple) . 

DÉPENSER SA SALIVE : 

Orateur qui parle à un au- 
ditoire distrait ; il parle en 
pure perte et dépense sa 
salive inutilement. 

On dépense sa salive à 
vouloir convaincre quelqu'un 
qui ne veut rien savoir (Ar- 
got du peuple). N. 

DÉPIAUTER : Synonyme de 

dépouiller. 

Terme commun. 

— Je me déshabille, je 
me dépiaute. 

Quand les voleurs s'en 
veulent pour un motif quel- 
conque, ils tentent de 5'«r- 
racher la peau. 

Mot à mot : se dépiauter 
comme un lapin (Argot des 
souteneurs). 

DEPITE : Ennuyé, éprouver 
du dépit., dans le sens de 
déception. 

Dans le peuple on appli- 
que cette expression aux 
députés non réélus. 

Le mot français est de- 
venu un mot d'argot. 

— C'est un dépité de la 
Seine ou d'ailleurs. 

On dit encore qu'il a été 



dépoté, prenant la Cham- 
bre pour un pot . 

Ou bien : 

— Les électeurs l'ont 
enfin déporté (Argot du 
peuple). A^. 

DÉPLANQUER : Quand un 
voleur est en prison, il est 

en planque. 

Il est également enplan- 
que quand il est filé par 
un agent ; quand il sort de 
prison ou quand il grille 
l'agent, il se déplanqiie 
(Argot des voleurs). V. Dé- 
planqueiir. 

DÉPLANQUEUR : Complice 
qui déterre les objets volés 
pendant que son camarade 
subit sa peine. 

C'est un usage chez les 
voleurs d'enterrer pour les 
soustraire à la justice, les 
objets volés ; au moins s'ils 
subissent une peine ils ne 
font pas du plan de couil lé 
(Argot des voleurs). 

DÉPONER : levare ventris 

omis. Â. D. 

Nous voilà suffisamment 
renseigné si on ajoute pour 
comprendre que déponer 
vient de ponant, derrière, 
et que déponer est syno- 
nyme de débourrer. 

Quand un individu vous 
cramponne par trop, on 
l'envoie... déponer sur la 
plancMe où il met son pain 
(Argot du peuple). 



di:p 



DES 



89 



DÉPOTOIR : Confessionnal. 
C'est bien en efl'et un 
dépotoiry puisque l'on y 
laisse ses ordures, une fois 
l'absolution reçue. (Arçot 
(les voleurs). V. Comberge. 

DKPOT : Prison située sous 
le Palais de Justice, où l'on 
conduit par le panier à sa- 
lade tous les individus ar- 
rêtés par les agents. 

C'est un lieu infect, in- 
difjne de noire éjwque, en 
laison de la promiscuité des 
déteiuis et de l'absence 
d'air et de lumière. 

Ce n'est pas dépôt que 
l'on devrait dire, mais bien 
dépotoir, car il y passe 
annuellement 67,000 indi- 
vidus. 

Environ 13,000 vaga- 
bonds et 22,000 filles pu- 
bliques. 

Je ne compte pas les vo- 
leurs qui ont horreur de ce 
lieu de détention surnommé 
la Cigogne (Arçot des vo- 
leurs). N. 

DÉPUCELECR DE NOUR- 
RICE : Fanfaron qui s'i- 
magine avoir trouvé la pie 
au nid et qui y trouve sou- 
vent une chose désagréable. 
(Argot du peuple). 

DÉPLCELEUR DE FEMME 
ENCEINTE. V. Enfon- 
ce^ir déporte ouverte. 



DÉRONDINER : Un sou se 
nommant un rond^ de là 
l'expression pour indiquer 
que l'on s'en sépare en 
payant : 

— Je me dérondine tous 
les jours pour sorguer 
(Argot du peuple). 

DÉROUILLER : Recouvrer 

sa souplesse, se mettre au 
tait d'un service Z. L. 

Dérouiller: enlever la 
rouille d'une pièce de fer 
ou d'acier. 

Dérouiller : perdre ses 
habitudes casanières pour 
reprendre ses relations. 

Dérouiller a dans le 
peuple une autre significa- 
tion . 

Pour dérouiller, ce n'est 
pas le papier émeri qui est 
employé, mais la première 
femme venue (Argot du 
peuple). N- 

DÉSATILLER : Châtrer (Ar- 
got des voleurs). 

DESCENDRE LA GARDE : 

Mourir (Argot du peuple). 

DESCENDRE A LA CRÉ- 
MERIE : Cette expression 
est employée par les filles 
qui n'aiment pas les hommes; 
elle est suffisamment claire. 
Par la satisfaction qu'el- 
les éprouvent, elles boivent 
du lait non écrémé (Argot 



90 



DES 



DÉT 



des filles). V. Accouplée. 

N. 

DESCENTE DE GOSIER : 

Avoir une soif perpétuelle 
Pochard jamais rassasié 
(Argot du peuple). 

DESCENTE DE LIT : Femme 
facile, qui se couche au 
moindre signe. 

Synonyme de paillasse 
(Argot du peuple). i\^. 

DËSENFLAQUER : Se tirer 
d'un mauvais pas. 

Mot à mot : sortir de la 
merde. 

Un prisonnier est en/la- 
qué; le désenflaquer ^ c'est 
lui rendre la liberté (Argot 
des voleurs). 

DËSENTIFLAGE : Rompre 
avec quelqu'un avec qui on 
était lié. 

Mot à mot : se désenti- 
fler, se quitter, se séparer. 

C'est l'opération con- 
traire à celle d'entifler (Ar- 
got du peuple). 

DESSALÉ : Noyé que l'on 
retire de l'eau , 

Allusion à la morue 
que les ménagères font des- 
saler avant de la manger 
(Argot du peuple). 

DESSALEURS : C'était une 
compagnie d'assasins qui 
attendaient sur les quais 
déserts du canal Saint- 



Martin les passants attar- 
dés. 

Ils les dépouillaient d'a- 
bord et les jetaient ensuite 
à l'eau. 

Le lendemain matin ils 
arrivaient comme par, ha- 
sard sur la berge, armés 
d'un croc et repêchaient le 
dessalé poar avoir la prime. 

L'opération était double- 
ment fructueuse. 

La bande fut arrêtée et 
condamnée. L'expression est 
restée dans le peuple ; tout 
noijé pour lui est un des- 
salé (Argot du peuple). T. 

DÉTACHER LE DOUCIION : 

Vider ses intestins. 

Allusion à la bouteille qui 
se vide le bouchon retiré 
(Argot du peuple). V. Dé- 
bourrer sa pipe. 

DETOCE : Détresse, misère. 

^ Quand les amijicàes 

n'ont plus à'os, ils sont 

dans la détoce (Argot du 

peuple). 

DÉTOURNE UR : Voleur. 
Détourner un objet de 
sa destination (Argot du 
voleurs). 

DÉTOURNEUSE : Voleuse 
qui opère spécialement dans 
les grands magasins de 
nouveautés. 

Il y a bien des manières 
de pratiquer ce vol, elles 



DÉV 



DIL 



91 



sont expliquées à leur place 
(Argot des voleurs). 

Dl^LRNEUSE AU MOMI- 
GNARD : V. Abéqueuse. 

DF.UX SŒURS (mes) : Dans 
le peu|»le, par abrévialion, 
on (lit : mes deux pour te 
fiiire une paire de lunettes . 

Ce n'est pas des fesses 
qu'il s'agit, comme le dit 
Delvau, mais des testicules. 

On appelle aussi deux 
sœurs, les deux nattes de 
cheveux que les femmes 
portent sur leurs épaules 
(Argot du peuple). 

1H:VIDAGE A L'ESTOR- 
GUE : Acte d'accusation 
lu en cours d'assises par 
le grelïier. 

Dévider : parler : h l'es- 
torgue, faussement (Argot 
des voleurs). 

Dévider : promenade en 
dévidoir que font les pri- 
sonniers sur le préau (Ar- 
got des voleurs). V. Queue 
de cervelas. 

DÉVIDER SON CHAPELET: 

Les portières se chargent 
de cette opération en can- 
canant sur les locataires 
(Argot du peuple). 

DÉVISSER SON RILLARD : 

Mourir. 

Quand le hiUard est 
dévissé, adieu la partie. 

Un à peu près dit qu'il 



n'y a plus Moyaux de ftiire 
une partie de Billoir 
quand on joue Troppnann 
(Argot du peuple). 

DIADLE : Agent provocateur. 

Malgré que ce mot fasse 
partie du vocabulaire des 
voleurs, il n'est pas d'usage 
que les agents de la sûreté 
provoquent les voleurs ^ 
commettre uii vol; ils n'ont 
pas besoin d'être stimulés 
pour cela. 

En politique c'est un fait 
constant, car, sous l'Em- 
pire, jamais il n'y a eu un 
complot sans que, parmi les 
pseudo-conspirateurs, il n'y 
se soient trouvés plusieurs 
agents de la préfecture de 
police. 

Il y en eut même un du 
service du fameux Lagrange 
dans l'alîaire des bombes 
d'Orsini. 

Dans le peuple on dit 
simplement mouchard (Ar- 
got du peuple). 

DIGELETTES ou DÉGE- 
LETTES : Ragues (Argot 
du peuple). 

DILIGENCE DE LYON : 
(La promettre). 

Chose invraisemblable que 
promit un jour une fdle à 
un client de hasard. 

Elle mourut subitement 
avant d'avoir réalisé sa 
promesse . 



92 



DIS 



DON 



C'était, à ce qu'il paraît, 
vraiment fantastique : il 
fallait cin({uante mètres de 
cable, une ancre de marine 
en acier fondu, cinq kilos 
de chandelles-des-six, un 
tonneau de mélasse, un 
kilo d'essence de géranium, 
trente éponges, la graisse 
d'un guillotiné, un fémur 
de fille vierge, dix lilres de 
pétrole, deux cartouches de 
dynamite.... 

Le client parcourut le 
monde entier à la recherche 
de la diligence de Lyon, 
il mourut à son tour sans 
la rencontrer (Ar^ot des 
fdles). N. 

DINDORNIER DE CASTU : 

Infirmier. 

Prisonnier employé 
comme auxiliaire pour rem- 
plir ces fonctions dans les 
infirmeries des prisons (Ar- 
got des voleurs). N. 

DINGUER : Envoyer din- 
guer quelqu'un, c'est l'en- 
voyer promener. 

Quand deux hommes se 
battent et que l'un tombe 
sur le pavé, sa tète din- 
gue. 

Synonyme de sonner 
(Argot du peuple). 

DISTRICT : Maison de tolé- 
rance. 

Ces maisons sont par- 
quées dans des quartiers 
spéciaux. C'est un restant 



des vieilles coutumes du 
moyen-àge, où les ribaudes 
étaient parquées dans les 
clapiers de la Cité. 

xMot à mot : maison dans 
un district (Argot des sou- 
teneurs). V. Bocard. 

DIX-lILIT : Ce mot est né 
d'un calem bourg. 

Un soulier ressemelé est 
deux fois neuf. 

â fois 9 18 (Argot du 
peuple). 

DOIGT DANS L'OEIL (Se 

fourrer le) : Prendre ses 
désirs pour la réalité, croire 
que s'est arrivé . 

S'imaginer être aimé 
pour soi-même. 

Se figurer avoir du ta- 
lent (Argot du peuple). 

DOMREUR : Pince qui sert 
aux voleurs pour fracturer 
les portes (Argot des vo- 
leurs). V. Monseigneur. 

DONNER : Dénoncer. 

Les nonneurs en dénon- 
çant, mot à mot : donnent 
(livrent) leurs complices à 
la justice (Argot des vo- 
leurs). 

DONNEZ-LA : Prenez garde, 
il y a du danger. 

Mot d'avertissement pour 
prévenir de l'arrivée de la 
police. 

Synonyme Sacrée (Ar- 
got des voleurs). 



DOR 



DOR 



03 



DONNER UN COUI> DE 
PILON : Les niondianls 
qui ont une jambe de bois 
comment eetle jambe un 
pilon. 

L'allusion de lornie est 
juste. 

Quand ils vont mendier 
à une porte, ils ont soin de 
l'aire voir leur inlirmité, de 
là l'expression donner un 
coup de pilon (Arj^ot des 
mendiants). iV^. 

DONNER A LA BOURBON- 
NAISE (La) : 

Vouloir du nud à un indi- 
vidu, n'oser lui en faire, ne 
lui rien dire, mais le regar- 
der d'un maucais œil. 

— Qu'est-ce que tu as 
donc que tu la donnes à la 
Bourbonnaise sur le har- 
bauttierl 

—Y m'a loutu Xmûjornes 
de fra7ic carreau (Argot 
des voleurs). 

DORANCHER : Pour dorer, 
par extension comme hil- 
l anche r pour M lier. 

On trouve fréquemment 
dans l'argot du peuple un 
changement de finale pour 
exprimer un mot (Argot du 
peuple) . 

DORMIR A LA CORDE : 

Avant l'invention d«^s refu- 
ges municipaux (les haras 
(le la vermine) il existait, 
rue des Trois- Bornes, un 
bouge tenu parle père Jean. 



]/uni((ue salle avait à 
pe;i près vingt mètres de 
long sur (rois mètres de 
largeur. Dans toute la lon- 
gueur, une grosse corde 
était tendue ; A\^ était ter- 
minée par deux forts an- 
neaux (juila fixaient àchaque 
extrémité. 

Les clients, la ])lupar( 
des giverneurs, payaient 
trois sous d'entrée; cette 
somme leur donnait le droit 
de s'accroupir les bras sur 
la corde et de dormir . 

Cinquante environ pou- 
vaient)' trouver place. 

A cinq heiu'es du matin 
le père Jean sonnait le ré- 
veil en tapant avec un mor- 
ceau de 1er sur une vieille 
casserole. 

Parmi les dormeurs il y 
en avait dont le sommeil 
était dur : ils ne se levaient 
pas. Alors le père Jean dé- 
crochait la corde et les 
dormeurs tombaient sur les 
dalles. 

Dormir à la corde est 
resté légendaire (Argot du 
. peuple). N. 

DORMIR DANS L'AUGE : 

Paresseux pour qui le tra- 
vail est un supplice. 

Allusion au cochon, qui, 
lorsqu'il est gavé, s'endor! 
dans son auge (Argot du 
peuple). N. 

DORMIR EN CHIEN DE 



94 



DOR 



DOU 



FUSIL : Dormir en cer- 
ceau . 

Allusion à la forme de 
l'ancien chien de fusil à 
pislon (Argot du peuple.) 

DORMIR D'UN OEIL : Faire 
semblant de dormir, avoir 
Vœil ouvert et l'oreille aux 
aguets. 

Le prévenu enfermé dans 
sa cellule avec un mouton 
ne dorl que d'ion œil pour 
ne pas, pendant son som- 
meil, laisser écriapper des 
révélations. 

On dit aussi dormir en 
gendarme (être en éveil) 
(Argot du peuple). 

DORMIR SUR LE PAN DE 
LA CHEMISE DE SA 
FEMME : Quand un ou- 
vrier arrive en relard à l'a- 
telier, les camarades le 
plaisantent et le saluent 
par cette phrase, qui a un 
sens caché. 
— 'Tu as dormi sur le pan 
de la chernise de ta femme 
(Argot du peuple. N. 

DORMIR SUR LE ROTI: 

Être couché avec sa femme 
et s'endormir au moment 
psychologique. 

'^'i^' endormir sur son tra- 
vail (Argot du peuple). N. 

DORT EN CIIIANT : Ouvrier 
qui va fréquemment au ca- 
binet et y reste longtemps : 



pendant ce temps-là il ne 
travaille pas. 

Cette expression s'appli- 
que surtout aux maçons qui 
restent accroupis jusqu'à ce 
que les jambes leur fassent 
mal. 

Dans le peuple on dit : 
— Tu chies comme le^ 
maçons (Argot du peuple). 
N' 

DOURLE-SIX : Nègre (Argot 
des voleurs). 

DOUBLEUR DE SORGUE : 

Voleur de nuit. 

Il double la journée (Ar- 
got des voleurs). V.J./M.s^^'. 

DOS VERT : Maquereau. 

Ce poisson, en elfet, est 
mélangé de plusieurs cou- 
leurs sur le dos. 

L'allusion est transpa- 
rente. (Argot du peuple). 

DOSSIÈRÊ : Chaise (Argot 
du peuple). N- 

DOUCE (S'en offrir une) : V. 

Bataille des Jésuites. N. 

DOUCETTE : V. Mordante. 

DOUILLARD : Peut s'enten- 
dre de deux manières. 

Clovis Hugues a beau- 
coup de douilles (che- 
veux). 

Rothschild a beaucoup de 
douilles (ai'gent) (Argot du 
peuple). 



DRO 



DUR 



9d 



DOILOUREUSE (La) : La 
carte à payer. 

Quand on paye c'est tou- 
jours douloureux, c'est l'é- 
ternel quart d'heure de 
Rabelais (Argot du peu- 
ple). 

DOllLLLS : Cheveux (Argot 
«lu peuple). V. Alfa. 

DOUILLES SAVONNÉES : 

Cheveux blancs. 

Lorsque les cheveux com- 
uïoncent à grisonner, la 
chevelure est poicre et sel 
(Argot du peuple). N. 

DOL'SSIN : Plomb (Argot des 
voleurs). V. Gras double. 

DRAGEOIRES : Les joues 
(Argot des voleurs). V. 

Jaffles. 

DRAGUE : Le médecin. 

Allusion à la drague qui 
nettoyé la Seine. 

Le médecin de prison 
<iui a le purgatif facile, dra- 
gue les intestins des mala- 
des qui sont au castu (Ar- 
got des voleurs). 

DRLNGUE : Pièce de cinq 
francs en argent (Argot des 
voleurs). V. Tune. 

DROGUER : Demander. 

Allusion à droguer, at- 
tendre. 

— Voilà deux heures que ce 
pierrot-là me fait droguer 



potu' la peau (Argot du peu- 
ple et des voleurs). 

DROGUEURDE LA HAUTE : 

Voleur du grand monde 
(Argot des voleurs). 

DUC DE GUICHE : Guiche- 
tier. 

A l'instar des anciens ducs 
féodaux , il règne sur ses 
vassaux : — les prisonniers 
(Argot des voleurs). 

DUCONNEAU : Être niais, 
— Tu es plus bète que 
celui d'où tu sors (Argot 
du peuple). N. 

DU MÊME TONNEAU : La 

même chose. 

Un homme politique veut 
tout réformer , il fait de 
belles promesse à ses élec- 
teurs et ne fait pas mieux 
que ses devanciers. 

C'est du même tonneau. 

Du vin à douze ou du 
vin à seize, Bordeaux ou 
Bourgogne : 

C'est du même tonneau 
(Argot du peuple). 1^. 

DUO D'AMOUR : Yeux po- 
chés (Argot des voleurs). iV". 

DUR : n est au dur : en pri- 
son). 

C'est dur: pénible, diffi- 
cile. 

C'est dur à digérer : 
grosse sottise ou blague im- 
possible à avaler. 



96 



DUR 



DUR 



Dur à cidre: vieux trou- 
pier qui ne ressent rien. 

Dur (être dans son) : 
être ce jour-là plus coura- 
geux qu'à Tordinaire (Argot 
des voleurs). 

pURAlLLE : 

des voleurs). 

DIjRAILLE sur mince : 

Diamant sur carte (Argot 
des voleurs). N- 

DURE (La) : Terre. 



Les vagabonds, (pii y 
couchent souvent, savent 
par expérience qu elle n'a 
pas la mollesse d'un lit de 
plume (Argot des voleurs». 

DURÈME : Fromage blanc 
(Argot des voleurs), 

DURINER : Ferrer. 

Allusion à la dureté des 
chaînes avec lesquelles au- 
trefois on ferrait les for- 
çats (Argot des voleurs). 



EAi: 



ECL 



97 



£ 



I Vi: D'AFF : Eau-de-vie 
Argot du peuple). 

1 AU DE SAVON : Absinthe. 
Allusion à l'eau troublée 
par la dissolution qui res- 
semble à de Veau de sa- 
von surtout l'absinthe blan- 
che (Ai-got du peuple). Y. 
Poileuse. 

KAUX BASSES : Les eaux 
sont basses quand arrive la 
lin de la semaine. 

Quand la rivière est 
basse les bateaux ne circu- 
lent pas, quand les eaux 
sont basses qu'il n'y a plus 
d'argent pas mèche de na- 
viguer (Argot du peuple). 



ECARTER DU FUSIL : 

Lancer en parlant des jets 
de salive. 

On dit aussi : lancer des 
postillons 

Quand quelqu'un a cette 
infirmité on ouvre son pa- 
rapluie* en l'écoutant et on 
ajoute : 

— Tu baves et tu dis 
qu'il pleut (Argot du peu- 
ple). 

ÉCHAPPÉ DE CAPOTE : 

Chétif, malingi'e (Argot du 
peuple). V. Acorton. 

ÉCLAIRER : Payer. 

— C'est mon vieu.v qui 
tient le flambeau,. 

Mot à mot qui éclaire. 

6 



ECU 



ÉGR 



ÉCOPPER : Épuiser Teaii 
d'un bateau avec une 

écoppe. 

Écopper : recevoir un 
mauvais coup dans une ba- 
garre. 

Dans les faubourgs on 
dit par ironie : 

— Tu boiras de l'anis 
dans une écoppe. 

D* écopper y par corrup- 
tion, on dit de celui qui est 
blessé : il esiescloppé (Ar- 
got du peuple). 

ÉCORNER LES BOUTAN- 
CIIES : Forcer les portes 
des boutiques. 

Cela indique bien Fac- 
tion de la pince-monseigneur 
qui fait éclater le bois par 
la pesée (Argot des voleurs) . 

ÉCREYISSE DANS LA 
TOURTE (Avoir une) : Être 
à moitié toqué (Argot du 
peuple). 

ÉCURER LE CHAUDRON : 

Aller à confesse (Argot des 
voleurs). V. Comberge et 
Dépotoir. 

ÉCUREUIL (Faire 1') : Faire 
une besogne inutile, mar- 
cher sans avancer. A. D. 
On nomme écureuil les 
ouvriers qui tournent la 
roue chez les petits tour- 
neurs en bois ; c'est au con- 
traire un métier extrême- 
ment fatiguant. 



Autrefois les écureuils \ 
réunissaient au carré Saint 
Martin ; c'était un ramassis 
de toute la fripouille pari- 
sienne; depuis que la ma- 
chine à vapeur s'est vulga- 
risée ils ont presque dis- 
paru. 

On les nomme ausïi 
chiens de cloutier. 

C'est une allusion au 
pauvre animal qui tourne la 
roue toute la journée pour 
actionner les soufilets de 
forge, allusion également à 
l'écureuil qui tourne sans 
cesse dans sa cage (Argot 
du peuple). N. 

EFFAROUCHER : Prendre, 
s'évanouir sur la monnaie. 

Cela arrive fréquemment 
dans les cercles, où Ton a 
remplacé l'expression effa- 
roucher par celle d' appri- 
voiser. 

— J'ai apprivoisé un 
signe. 

ÉGRUGEOIR (1') : Une tri- 
bune quelconque. 

L'orateur égruge ses pa- 
roles. 

Égrugeoir : la chaire à 
prêcher. 

Égrugeoir : les petites 
boîtes qui ressemblent à un 
comptoir dans lequel se 
tiennent les sœurs qui font 
la lecture aux prisonnières 
de Saint-Lazare. 

Allusion h l'antique 



EMB 



EMM 



99 



égntgeoir qui sert à piler 
le sel (Argot du peuple). N. 

ELLK KST ENCEINTK D'UN 
PET ELLE ACCOUCHERA 
IVUNE MERDE DEMAIN : 

Se dit d'une femme qui a 
\m gros ventre sans pour 
cela être enceinte (Argot 
(lu peuple). N- 

EMBALLEUR : Les agents 
de la sûreté. 

Rs emballent en effet les 
prisonniers dans le panier 
à salade. 

[BARDER : Entrer dans 
me affaire (Argot du peu- 
)le). 

IBAUDER : Voler de force, 

rd'aulorité. 

W est évident que per- 

, sonne ne se laisse voler de 
►onne volonté, mais il est 
les voleurs qui reculent 
levant l'emploi de la force. 

Emhauder : signifie vo- 
leur que rien n'arrête, pas 

lême la police et qui assas- 
[sine à l'occasion (Argot des 

roleups). 

IBOITÉ (R est) : Suivi ou 
^arrêté. 

On embolie le pas à 
fquelqu'ui pour le suivre 
[sans le perdre. 

Être e^nboUé dans une 
affaire. 
Emboîté, embauché ; 



mot à mot : entrer dans la 
botte. 

— Je vais V emboîter (te 
battre) (Argot du peuple). 

.¥. 

EMBRASSADE (Le vol à 1') : 
Le voleur feint de recon- 
naître un ami dans un 
homme qui vient de faire 
un encaissement ; il se jette 
dans ses bras et l'embrasse 
chaleureusement. 

En un tour de main il lui 
vole son portefeuille ou son 
porte monnaie: il s'excuse 
de l'erreur qu'il a conmise 
grâce à une ressemi)lance 
extraordinaire, puis il file 
lestement. 

Ce toup s'exécute aux 
environs de la Banque de 
France et des grandes mai- 
sons de crédit (Argot des 
voleurs), 

ÉMÉCIIÉ (Être) : N'avoir pas 
assez bu pour être pochard 
mais suffisamment pour 
avoir une légère pointe ; 
être allumé. 

Allusion à la rougeur du 
visage (Argot du peuple). 

EMMAILLOTER UN MOME : 

Combiner un vol. 

C'est une redondance de 
nou7'rir un poupard (Ar- 
got des voleurs). 

EMMANCHÉ : Individu qui 
se tient raide comme un 
pieu. 



100 



EMP 



END 



Dans le peuple, on dit 
qu'il à un manche à balai 
de cassé quelque part. 

On emmanche une af- 
faire. 

Emmanché se dit aussi 
dans une autre sens . 

— J'ai emmanché la 
gosse (Argot du peuple). 

EMMERDi;: : Eètre jusqu'à 
la garde. 

N'avoir plus rien à es- 
pérer. 

C'est un démenti au dic- 
ton po[)ulaire qui prétend 
que marcher dans la merde 
cela porte bonheur (Argot 
du peuple). 

EMMERDEMENT : J'en 
éprouve un à cinquante francs 
par têtes. 

Se dit de tous les ennuis 
possibles. 

Travailler, par exemple, 
est un emmerdement i)er- 
pétuel (Argot du peuple). 

ÉMOUCHEUR : V. Bêle à 

chagrin. 
EMPAVES : Drap de lit. 

— Je vais m'empaver 
dans mon pieu (Argot des 
voleurs). i\^, 

EMPAILLÉ : Imbécile qui ne 
remue pas plus que s'il 
était empaillé dans une vi- 
trine du Musée^ zoologique 
(Argot du peuple). 

EMPIFFRER : Manger comme 



un cochon (Argot du ])eu- 
pie). 

EMPOUSTEUR: Truc tns 
commun employé par des 
placiers. 

Ils déposent chez des 
commerçants des mauvaisi's 
marchandises, à condition ; 
des compères les achètent ; 
les marchands alléchés pren- 
nent de nouveaux dépôts 
qui, cette fois, leur restent 
pour compte (Argot des vo- 
leurs). 

EMPROSEUR : Variété de pé- 
déraste (Argot des voleurs). 

ENCALDOSSÉ : Superlatif 

(Vendossé (Argot des vo- 
leurs). Y. Passif. 

ENCHTIBÉ (Il est) : Être 
pris, arrêté (Argot des vo- 
leurs). 

ENCLOUÉ : Allusion au ca- 
non dont on encloue la lu- 
mière (Argot des voleui'S). 
V. Passif. 

ENDORMI : Juge. 

Allusion à ce que les 
juges dorment dans leur 
fauteuil pendant que les 
avocats plaident (Argot des 
voleurs), N. 

ENDORMEl R : Individu qui 

sans cesse promet une 

chose et ne la tient jamais. 

Endormir est aussi sy- 

nonvme de voler. 



ENF 



ENQ 



101 



— II s'est endormi sur 
(Jes bijoux (Argot des vo- 
leurs). 

INDORMEIR : Voleur qui 
opère au moyen d'un nar- 
cotique. 

Les romanichels se ser- 
vent pour ce geine de vol 
d'une décoction de datura 
stramonium. 

Ce vol se pratique en 
wagon. Le voleur profite du 
sonmieil d'un voyageur pour 
lui couvrir le visage d'un 
mouchoir imbibé de chloro- 
forme. 

Les voleurs qui ont cette 
spécialité forment une secte 
à part (Arç;ot des voleurs). 

I:NDR0GUER : Chercher un 
coup à faire. 

Le voleur drogue (at- 
tend) sur le trottoir l'occa- 
sion favorable (Ai*got des 
voleurs). V. Arracheur 
de chiendent. 

ENFIGNEUR : Tient de /?- 
gnoion. 

Ce dernier mot en dit 
assez . C'est \ actif an 'pas- 
sif (Argot du peuple). 

ENFLAQUÉ(Être): Enfermé, 
emprisonné (Argot des vo- 
leurs). 

ENFLÉE : Femme enceinte. 
On dit aussi : avoir une 
fluxion de neuf mois (Ar- 
got du peuple). 



ENFONCEUR : Ranquier ([ui 
promet 50 0(0 par mois 
aux imbéciles et qui ter- 
mine ses opérations en em- 
l)ortant la grenouille à 
l'étranger (Argot du peu- 
ple). 

ENFONCEUR DE PORTE 
OUVERTE : Homme qui 
se vante d'avoir pris la vir- 
ginité d'une liUe alors 
(lu'elle était enceinte de 
six mois (Ai-got du peuple). 
N. 

ENFRliMER ou ENFRI- 
MOUSSER : Dévisager 
quelqu'un. 

Les agents de la Sûreté 
enfriment les voleurs pour 
reconnaître les récidivistes 
(Argot des voleurs). 

ENGAYEUR : Complice qui 
attire le trèpe (la foule) 
pendant que son complice 
explore les poches des ba- 
dauds. 

Vengayeur est indis- 
pensable à tous les came- 
lots ; c'est lui qui le pre- 
mier achète l'objet mis en 
vente, pour entraîner les 
acheteurs. 

Vengayeur est le com- 
plice du bonneteur ; il mise 
pour engager les pontes à 
jouer (Argot des camelots). 

ENQUILLER : Ehtrer. 

— 11 y a longtemps que 

6. 



102 



ENT 



ENT 



je cherche à m'enquiller pour les reprendre au sor 

dans cette boîte (\rgot du '' ' 

peuple). 



ExNQUILLEUSE : Voleuse 
qui opère dans les grands 
magasins de nouveautés. 

Elle enquille la mar- 
chandise volée entre ses 
cuisses. 

Il faut vraiment être orga- 
nisée particulièrement pour 
cacher un coupon de ^soie 
à cet endroit-là (Argot des 
voleurs). 

ENRHUMÉ DU CERVEAU : 

Allusion au nez qui coule 
sans cesse. 

Mais ce n'est pas du nez 
qu'il s'agit (Argot du peu- 
ple). V. Lazzi-loff. 

ENTAILLER : Tuer quel- 
qu'un. 

C'est en effet une fameuse 
entaille. 

AvinainetBilloir étaient 
deux rudes entaillettrs 
(Argot des prisons). 

ENTAULER : Entrer dans 
une taule (maison) (Argot 
des voleurs). 

ENTAULER A LA PLAN- 
QUE : Entrer dans une ca- 
chette pour se soustraire 
aux recherches de la po- 
lice. 

On entaule aussi à la 
planque des objets volés 



tir de prison (Argot des 
leurs). 

ENTERREMENT : Morceau 
de gras-double, de lard et 
de pain que les femmes 
vendent aux environs des 
halles. 

On les appelle Mesdames 
la po"le, parce qu'elles 
font frire leur marchandise 
dans cet instrument de cui- 
sine. 

Un enterrement de pre- 
mière classe coûte trois 
sous, de deuxième deux 
sous, de troisième un sou . 

Ces femmes gagnent de 
dix à douze francs par jour 
(Argot du peuple). iV. 

ENTOILE : Emprisonné. 

Synonyme à^enflaqxic. 

Cette expression vient de 
ce que dans les camps, la 
salle de pohce est sons une 
tente-abri : de là entoilé. 

Mot à mot : emprisonné 
sous la toile. 

Sa' entoiler : se coucher, 
se fourrer dans ses draps 
(Argot du peuple). iV". 

ENTRAVES : Les cordes et les 
courroies qui ligottent les 
condamnés à mort pour en- 
traver leurs mouvements 
quand ils marchent à l'é- 
chafaud (Argot des vo- 
leurs). 



ENV 



ÉPA 



103 



ENTRAVER : Empêcher une 
a Ha ire. 

Meltre des bâtons dans 
les roues. 
Entraver : comprendre. 

— J'entrave bigorne. 

Mot à mot : Je com- 
prends l'argot et non pas 
je \e parle. 

Entraver a un double 
sens : 

— J'entrave nihergiie 
ou niente. 

Je n'entends rien, je ne 
comprends pas (Argot des 
voleurs). 

ENTRECOTE DE BRODEU- 
SE : L'ne saucisse de deux 
sous ou une côtelette panOe 
que les charcutiers tiennent 
au chaud dans des boîtes 
de fer blanc, et que les ou- 
vrières mangent pour leur 
déjeuner — pas la boîte, 
mais la côtelette (Argot du 
peuplcy. 

ENTROLER : Emporter des 
objets volés. 

l'ro/Z^r serait plus exact, 
car ce mot signifie porter 
(Argot des voleurs). 

ENVOYER UNE LETTRE 
CHARGÉE AU PAPE : 

Allusion au papier employé 
qui est en elFet chargé 
d'un singulier cachet (Argot 
du peuple). V. Déballer. 

ENVOYER AUXPELOTTES : 



Envoyer promener quel- 
qu'un. 

On dit aussi envoyer h 
la balançoire, ou va te 
baigner (^Argot du peuple) . 
Y. Dingner. 

ENVOYER A LA COUILLE: 

Jeter quelque chose en 
l'air, au hasard. 

Jeter une poignée de sous 
à des enfants (Argot du 
peuple) . 

EPARGNER LE POITOU : 

Cette expression se com- 
prend peu; en elfet, Poitou 
veut dire public, or, il n'est 

F as d'usage que les voleurs 
épargnent, puisque c'est 
lui justement qui forme 
toute sa clientèle. 

Poitou veut aussi dire 
non 



EPASTROUILLANT : Extra- 
ordinaire (Argot du peuple) . 

ÉPATANT : M. Jean Rigaud, 
dans ^awDictionnaired'' ar- 
got moderne (1881) dit à 
ce propos du mot épater : 

— Epater, épate et 
leurs dérivés viennent du 
mot épenter, qui signifiait 
au XVIII- siècle intimider. 

Il y a quelques années, 
M. Francisque Sarcey écri- 
vait que le vocable apparte- 
nait à Edmond About, qu'il 
avait été dit par Pradeau 



104 



EPA 



ÉPO 



dans le Savetier et le Fi- 
nancier^ pièce représentée 
en 1877 aux Bouffes Pari- 
siens ; le savant écrivain 
ajoutait que huit jours 
après, le « Tout-Paris» ré- 
pétait ce mot. 

Cette expression, n'en 
déplaise au maître critique 
et à M. Jean Rigaud, n'pp- 
partient ni au XVIIP siècle 
ni à Edmond About, elle a 
cinquante quatre ans seu- 
lement d'existence. 

Elle a pris naissance au 
Café Saint-Louis , rue 
Saint-Louis, au Marais (au- 
jourd'hui rue de Turenne). 

Des ouvriers ciseleurs sur 
bronze jouaient au billard 
une partie de doublé. A la 
la suite d'un hlcc fumant., 
Catelin, une contrebasse du 
Petit Lazzari , qui avait 
parié pour un des joueurs 
et qui perdait par ce coup, 
se leva furieux, et d'un 
brusque mouvement fit tom- 
ber son verre sur la table 
de marbre. 

Le verre se décolla net. 

— Tiens, dit Catelin, mon 
verre est é^gaté — le verre 
n'avait plus de pied. 

A chaque coup, les joueurs 
répétaient à l'adversaire : 
tu es épaté et, quand la 
partie se termina par un 
coup merveilleux, un des 
joueurs dit au vainqueur : 
— Si nous sommes épatés, 
lu es épatant. 



Catelin, sans le savoir, 
se servait du mot épaté 
qui est en usage depuis des 
siècles dans les verreries, 
parmi les ouvriers verriers . 

Ils disent d'un verre sans 
pied, mis à la refonte pour 
ce motif, il est épaté. 

Epaté signifie étonne- 
ment (Argot de tout le 
monde). N. 

ËPLNGLE AU COL(En mettre 
une) : Avaler un demi se- 
tier d'un seul trait. 

On dit aussi : mettre une 
épingle à sa cravate (Ar- 
got du peuple). N, 

ÉPOILANT : Plus fort que 
tout ce que l'on peut rêver. 

Pourtant la source de ce 
mot est des plus simples et 
ne signifiait au début rien 
d'extraordinaire. 

A l'école de Saumur, en 
faisant un travail dans le 
manège, un cheval tomba 
et se couronna les deux 
genoux. En le relevant, 
l'élève dit : 

— Mon pauvre cheval 
est époilé. 

L'expression est restée, 
mais elle est autrement ap- 
pliquée (Argot du peuple). 
N. 

ÉPOUFFER : Saisir à l'im- 
proviste un passant par 
derrière, comme cela se 
pratique pour exécuter le 



ESB 



ESC 



105 



coup du père François 
(Argot (les voleurs) . 

EPOUSER LA VEUVE : 

fltre guillotiné. 

C'est Chariot ((ui rem- 
plit roflice (le maire et les 
aides i\w\ servent de témoins 
pour ce mariage forcé (Ar- 
got des voleurs). 

i';f>ouser la foucandii:- 

HE : Quand un voleur est 
pris par les agents en fla- 
grant délit, en se sauvant, 
il jette sur la voie pu- 
hlicpie ou dans les égouts, 
s'il le peut, l(^s objets vo- 
lés, afin de se débarrasser 
des preuves compromet- 
tantes (Argot des voleurs). 

i;PPRENER : Appeler quel- 
qu'un. 

Xj'anseigyiot vient dV^))- 
prener hancalo pour aller 
au rastue (grefle) (Argot 
des voleurs). N . 

ERMITE : Voleur de grands 
cliemins. 

Ainsi nommé parce qu'il 
opère généralement seul. 
* On dit aussi un 56)/i7«î><? 
(Argot des voleurs). 

ESBlGNER(s') : Se sauver. 
Dans les faul ourgs , 
quand un voyou sait qu'il 
va recevoir une maîtresse 
correction, il s'eshigne[kv- 
got du peuple). 



ESBROUEEE (En faire) : 
Faire des embarras, du 
vent, de la mousse. 

Eshroîi/fe est un vieux 
mot qui vient iVesbouffer, 
éclabousser. 

C'est Théophile Gautier 
qui a transformé ce mot 
dans le sens de ve7it et de 
mousse. 

Les escarpes se sont em- 
parés du mot esbroît/l'er 
j)our désigner un genre de 
vol assez répandu. 

Ce vol consiste à bous- 
Ciiler un passant dans la 
rue, à profiter de sa sur- 
prise pour le voler et s'ex- 
cuser ensuite (Argot des 
voleurs). 

ESBROUEFER : Dire des 
sottises à quelqu'un, le se- 
couer vertement (Argot du 
peuple). 

ESBROUFFEUR : Qui fait 
des esbrou/l'es. 

Voleur à Vesbrou/feiXr- 
got des voleurs). 

ESCABRANTE : Echelle (Ar- 
got des voleurs) V. Mo7i- 
tante^. 

ESCARGOT : Vagabonds, les 
habitués des refuges, les 
gouapeurs des halles, les 
hirondelles du Pont- 
Neuf. 

Dans la pièce des Bohé- 



106 



ESC 



ESP 



miens de Paris, Golbnm 
chantait : 

Sur mon dos comme un limaçon, 
Portant mon bagage. 
Mon mobilier et ma maison. 
(Argot du peuple). 

ESCARGOT : Casquette que 
portaient les souteneurs 
avant la david, laquelle 
fut à son tour détrônée 
par la casquette à trois 
ponts (Argot des soute- 
neurs). N- 

ESCARGOT D'HIVER : Vieil- 
lard impuissant. 

L'allusion est on ne peut 
mieux trouvée. 

Comme l'escargot il ren- 
tre dans sa coquille (Argot 
du peuple) . N. 

ESCARPE : Voleur, assassin. 
A. Delvau pense que cette 
exprer.sioH vient de scar'p 
mot allemand qui signifie 
instrument tranchant et 
aigu ou bien du couteau 
d'escalpe {du scalp des sau- 
vages). 

C'est aller chercher bien 
loin une étymologie bien 
simple . 

Les voleurs et les assas- 
sins travaillent dans des en- 
droits isolés, escarpés (Ar- 
got des voleurs). 

ESCARPER UN ZIGUE A 
LA CAPAHUT : Assassi- 
ner un complice pour lui 
voler sa part de butin. 



wSjr les deux mots il y 
en a un de trop, capahut 
co.nme escarpe voulant dire 
assassin (Argot des voleurs). 

N. 

ESCOFFIER : Rlesser ou tuer 
quelqu'un. 

Se dit également au point 
vue moral. 

— Je l'ai rudement es- 
coffié dans l'estime de ses 
amis (Argot du peuple). 

ESCOLE : Trois francs (Ar- 
got des voleurs). 

ESCLOTS : Sabots (Argot 
des voleurs). 

ESCRACIIE : Passeport, pa- 
pier. Z. L. 

Escrache veut dire vo- 
leur ; c'est le synonyme d'es- 
carpe et de fripotdlle (Ar- 
got du peuple) iV 

ESGOURDES ou ESGOUR- 

NES : a-eilles. 

Quand elles sont déme- 
surées on dit : Ah ! quelles 
feuilles de chou. 

On dit également : plat 
a harhe. 

Les voleurs disent: cli- 
quettes. 

ESPATROUILLANT : Cette 
expression est employée pour 
exprimer le comble de l'ad- 
miration. 

C'est le mot épaté al- 



ESS 



ETO 



107 



longé (Argot du peuple). 

i:SQUINE : Le temps (Argot 
des voleurs). V. Boilard. 

ESQUINTÉ : Fatigué, moulu, 
rompu. 

L'ouvrier qui iravaille 
mal esquinte son ouvrage. 

Quand deux individus se 
battent, le plus fort esquinté 
son adversaire. 

Dans une polémique, on 
esquinte son contradicteur 
pour avoir raison (Argot du 
peuple). 

ESTAFFIOUouESTAFFION : 
Chat. 

Estaffiou veut dire aussi 
./lie, bal " 
voleurs). 

ESTAMPER : Tromper quel- 
qu'un. 

Emprunter de l'argent 
sens le rendre, c'est estam- 
per le prêteur. 

Allusion au balancier de 
machine qui frappe. 

L'estampeur tape (Ar- 
got du peuple). 

ESTAMPEUR. Y. Estamper. 

ESTOURBIR : Tuer un in- 
dividu par surprise (Ar- 
got des voleurs). 

ESSENCE DE CHAUSSET- 
TES : Sueur des pieds (Ar- 
got du peuple). 



ÉTALER SA BIDOCHE : Se 

décolleter par en haut. 

Raccourcir ses jupes par 
en bas. 

Mot à mot : étaler sa 
viande. 

Les fdles appellent cette 
manière de s'habiller ou 
plutôt de se déshabiller Vé- 
loqiienee de la chair car 
elles ne pratiquent pas le 
proverbe : A bon vin pas 
d'enseigne (Argot du peu- 
ple). N. 

ETEIGNOIR : Cafard qui 
éteint l'intelligence des en- 
fants qu'il est chargé d'ins- 
truire. 

Eteignoir : individu mo- 
rose qui éteint toute gaieté 
dans une réunion. 

Eteignoir : nez monu- 
mental. 

— Dérange donc ton nez 
que je voie la tour Eifl'el 
(Argot du peuple). 

ÉTOUFFER : Du vieux mot 
estou/fer, prendre, cacher, 
faire disparaître (Argot du 
peuple). V. É touffeur. ■ 



ETOUFFEUR : On étouffe 
une affaire, un scandale. 

Un libraire étouffe un 
livre qu'il ne sait pas lancer. 

Le caissier qui vole son 
patron étouffé la monnaie. 

C'est surtout dans les 
cercles que les croupiers 
étouffent les jetons. 

On et ou ffenw perroquet. 



108 



ETT 



EXP 



Fiou/fer^en un mot, est 
le synonyme de voler (Ar- 
got du peuple). 
ËTOUFFOIR : Agence d'af- 
faires ou de renseignements 
(Argot des voleurs). iV. 

ÊTRE CHARGÉ A CUL : 

Être saoul comme la bour- 
rique à Robespierre. 

Allusion à une voiture 
chargée à cul qui ne peut 
avancer ; l'ivrogne fait de 
même (Argot du peuple). 

ÊTRE EN FINE PÉGRAINE : 

Être sur le point de mourir. 
— Le raticlion vient d'être 
epp'éné au castir, pour 
l'aire avaler le père la Tuile 
au frisé, il va tourner de 
l'œil (Argot des voleurs). 

ET TA SOEUR? Façon iro- 
nique de répondre à une 
question ennuyeuse. 

Il arrive fréquemment que 
la réponse est raide. 

— Et ta sœuri 



— Elle est à Saint-La- 
zare qui bat du beurre; 
quand elle battra de la 
merde la crème sera pour 
toi. 

— Et ta sœur^ 

• — Elle est couverte d'ar- 
doises, les crapauds ne mon- 
tent pas dessus. 

— Et ta sœur} 

— Elle est à Saint-La- 
zare qui fait de la charpie 
pour la tienne. 

— Et ta sœur} 

— Elle est au Panthéon 
qui prie le bon Dieu pour 
que tu soies moins.. . melon. 

On pourrait varier à l'in- 
fini ces citations (Argot du 
peuple). JSf. 

ETUI : V. Cuir. 

EUSTACIIE : Couteau (Ar- 
got du peuple). V. Lingre. 

EXPULSER UN LOCA- 
TAIRE GÊNANT : Péter 
(Argot du peuple). 



PAC 



FAI' 



109 



lABE : Poches (Argot des 
voleurs). V. Fouilleuse. 

FAIJRIQUÉ : Fait, cuit, pris. 

Fabriquer quelqu'un : le 
prentlre dans un piège sans 
(pi'il s'en doute. 

Fabriquer est synonyme 
de voler (Argot du peuple). 
N. 

FACE : Argent. 

Allusion à l'elligie des 
pièces de monnaie. 

— As-tu des faces, nous 
irons voir jouer la misloque 
(Argot des voleurs). 

^\GTIONNAIRES (En rele- 
ver un) : 

Aux Halles, les porteurs 
ne peuvent abandonner leur 



poste tous à la fois pour 
aller boire chez le marchand 
de vin, ils laissent le verre 
dt! chaque camarade au 
comptoir, le bistro donne 
un jeton\ quand le cama- 
rade vient boire son verre, 
il relève le factionnaire, 

A la fin de la journée le 
jeton souvent répété devient 
une contremarque pour la 
sorgue car la soulographie 
est complète (Argot du peu- 
ple). N. 

FAFFES A L'ESTORGUE : 

Faux papiers. 

Il faut que les filles aient 
vingt-et-un ans pour être 
admises dans les maisons 
de tolérance ; il existe des 

4 



110 



FAF 



FAI 



fabriques de faux papiers 
pour maquiller les étais 
civils ; (l'uue brune on en 
fait une blonde, d'une Mar- 
seillaise on en fait une Lil- 
loise (Argot des souteneurs). 
y . Lopheur. N. 

FAFIOT A PIPER : Mandat 
d'amener délivré par le 
juge d'instruction. 

Ce sont les agents de hi 
sûreté qui sont chargés du 
mandat à prendre. 

Mot à mot : fafiot, ])a- 
pier; pipé, pris (Argot des 
voleurs] . 

FAFIOTS A PARER : Pa- 
piers en règle. 

Il est à remarquer qu'il 
n'y a que les gens qui n'ont 
pas la conscience nette qui 
sont toujours munis des 
meilleurs papiers (Argot 
des voleurs). 

FAFIOT SEC : Livret. 

Fajiot à rouloiter : 
l)apier pour circuler. 

Fafiot à rouloiter : 
papier à cigarettes. 

Fafiot garaté : billet 
de banque, quand c'était 
M. Garât qui les signait. 

Fafiot du Bourg ui- 
gnon : quand il était signé 
Soleil (Argot des voleurs). 
V. Talbin d'altèipuc. 

FAFIOTEUR : Ranquier. 



Allusion aux billets d( 
banque ou à ordre qu'il ma- 
nie sans 
voleurs). 

FAFFLARDD'EMRALLACE: 

Même signilication que fa- 
fiot à piper (Argot des vo- 
leurs) . 

FAGOTS (En débiter) : Pas- 
ser son temps à dire des 
niaiseries, à raconter des 
histoires de grand'mères 
(Argot du peuple). 

FAIBLARD : Un homme en 
convalescence après une 
longue maladie, est fai- 
blard. 

Un article de journal mat 
conçu, mal écrit, sans con- 
clusion, est faiblard. 

Faiblard : synonyme de 
rachitique. 

On dit aussi quelquefois, 
pourexprimer la même pen- 
sée. 

— C'est faiblot (Argot 
du peuple). iV- 

FAIRE ALLER EN RATEAU : 

TrimJialler quelqu'un et le 
remettre toujours au lejide- 
main (Argot du peuple;. 

FAIRE CHAPELLE : Il 

existe une catégorie d'indi- 
vidus certainement malades 
du cerveau, car leur passion 
idiote ne peut autrement 
s'expliquer. 

Ils s'arrêtent devant la 



FAI 



FAI 



111 



(It'vanliire des nia^^asiiis ou 
Iravailloiit les jeunes lilles, 
généralenjcnt des modistes, 
ils enlr'ouvrent leur pale- 
tot, en tenant un pan de 
chaque main et font voir ce 
(jue contient leur culotte 
déboutonnée. 

Ces cochons opèrent éga- 
lement dans les jardins pu- 
l'iics ou jouent les petites 
lilles. 

Ce n'est pas la police cor- 
rectionnelle qu'il leur fau- 
drait mais bien un cabanon 
à Charenton. 

On les nomme aussi des 
exhibitio7i7iistes, de ce 
(ju'ils font une exhibition 
(Ai-got du peuple). 

FAIRE CHAPELLE: Ecarter 

les jambes et retrousser ses 
jupes pour se chauffer de- 
vant le feu. 

Une accouplée se chauffe 
(le cette manière, l'autre 
(|ui la regarde lui dit : 

— Fais -le assez cuire car 
je ne l'aime pas saignant 
•Argot des filles). N. 

FAIIIE CHIBIS : S'enfuir 
(Tune prison avec le con- 
cours d'un camarade, sans 
piévenir le gardien. 

C'est briller la politesse 
:tii directeur (Argot des vo- 
li'urs). 

FAIRE CUIRE SON HO- 
MARD : Rougir subite- 
ment. 



Synonyme (k' piquer sou 
fard (Ai-got du peuple). 

FAIRE DES YEUX DE HA- 
RENGS : Crever les yeux 
à quelqu'un au moyen d'un 
coup bien connu des vo- 
leurs. 

Allusion à l'œil vide du ha- 
reng (piand il arrive des ports 
de mer sur nos marchés 
(Argot du peuple). 

FAIRE DES PETITS PAINS : 

Faire des manières. 

Prendre des airs mysté- 
rieux pour causer avec 
quelqu'un, lui dire des 
riens et avoir l'air de lui 
parler de choses intéres- 
santes. 

Faire la cour à une 
fenmie c'est faire des pe- 
tits pains (Argot du 
peuple] . A^. 

FAIRE DU POTIN : Faire du 
bruit, du tapage (Argot du 
peuple). 

FAIRE ÉTERNUER SON 
CYCLOPE : Inscrire cent 
sous sur son carnet de dé- 
penses sous cette rubrique 
significative ; 

On n'est pas de bois ! 
(Argot du peuple). iV. 

FAIRE FAUX-BOND A L'F% 
CHÉANCE : 

Manquer à un rendez- 
vous, ne pas payer une 
traite (Argot du peuple). 



112 



FAI 



FAI 



FAIRE L'EGARD : Gyrder la 
part d'un vol qui revient à 
un complice. 

Ce derrait être plutôt 
faire V écart, à moins que 
ce ne soit pris dans le sens 
de manquer d'égard en ne 
partageant pas (Argot des 
voleurs). 

FAIRE DE L'IIARMONE : 

Parler bruyamment dans un 
lieu public. 

Abréviation d'harmonie 
(Argot du peuple). 

FAIRE LA GRANDE SOU- 
LASSE : Assassiner tous 
les habitants d'une maison 
(Argot des voleurs) . 

FAIRE LA NIQUE : Se mo- 

querde quelqu'un au moyen 
d'un geste familier aux 
voyous (Argot du peuple). 
^^ Battre ïine hasane. 

FAIRE LA PAIRE (Sej : Se 
sauver à toutes jambes. 

Ou dit aussi : se tirer 
des deux (Argot du peu- 
ple). 

FAIRE LA SOURIS : Fille 
qui vole son client pendant 
qu'il dort. 

Albert Glatigny a dit à 
ce sujet : 

En robes plus ou moins poni- 
I peuses, 
Elles vont comme des soaris. 
Ce sont les jeunes retapeuses 
Qui font la gloire de Paris. 

(Argot des fdles). 



FAIRE LE JACQUES : Faii. 

l'imbécile. 

On .fait le Jacques au- 
près d'une femme pendant 
qu'elle est la maîtresse d'un 
autre (Argot du peuple). A'. 

FAIRE LE LÉZARD : Ralii.' 
sa flemme sur l'iierbe, le 
ventre au soleil. 

On dit aussi : manger 
une soupe à l'herbe (Ar- 
got du peuple), V. Zou- 
peur. 

FAIRE LE POIREAU : At- 
tendre longtemps quelqu' ui i . 
si la personne ne vient pas. 
celui qiii attend est planté 
là pour reverdir. 

On dit aussi : poiroter. 

Synonyme de : Attends- 
moi sous Vorme (Argot du 
peuple). 

FAIRE NONNE : Se rendre 
le complice d'un vol pré- 
paré de longue main par 1(' 
nonneur lui-même (Argot 
des voleurs). 

FAIRE SA GUEULE : Fain 
une figure renfrognée. 

l]tre mécontent sans en 
rien dire (Argot du peuple). 

N. 

FAIRE SA MERDE : Faiseur 
d'embarras. 

Les gascons ont ce pri- 
vilège (Argot du peuple». 

FAIRE SA POIRE : Ne ja- 



FAI 



FAX 



113 



mais rien Irouver de bien ; 
s'iniaginer êlre au-dessns 
(le tout et de tous (Argot 
du peuple). I^. 

FAIRE SA SOPHIE : Faire 
le dt^'oùlé, h table ne man- 
^'t'r ([ue du bout des lèvres. 

Mot à n«ot : faire des 
manières. 

Synonyme de chipie ( Ar- 
i;ol du peuple). i\^. 

I VIHE SES ORGES : Grat- 
Irr. 

Faire danser /'anse du 
panier. 

Engraisser ses poches 
aux dépens de celles des 
autres (Arçot du peuple). 

FAIRE SON BEURRE a la 
même signilication. 

I AIRE SUER : Faire suer 
une atl'aire, lui laire rendre 
liinpossible. 

Faire suer, expression 
employée par les cuisiniers 
pour faire revenir certaines 
viandes très légèrement 
dans la casserole. 

Dire à quelqu'un : Vous 
me faites suer, signilie : 
VoîiS m'embêtez f Ai^ot du 
peuple; . 

FAIRE SUER LE CIIÈNE : 

Tuer un homme (Argot des 
voleurs). 

FAIRE SUISSE : Ouvrier 
qui boit seul et ne frater- 
nise jamais avec ses cama- 



rades (Argot du peuple). 
Y. Oitrs. 

FAIRE UN HOMME : Action 
de tecer au bal ou ailleurs 
un individu à la recherche 
(Vime bonne ou d'une mau- 
vaise fortune, i\ l'heure, à 
la course ou à la nuit (Ar- 
got des filles). 

FAIRE UN RKIOLO : Vol 
identique h celui (pie l'on 
nomme V embrassade. 

L'homme volé n'a guère 
envie (h7'igo/eroi ne trouve 
[)as rif/o/o le vol dont il est 
victime (Ai^got des voleurs). 

FAIRE UN TROU DANS LA 
LUNE : Faire banqueroute 
(Argot du peuple). 

FALOURDE ENGOURDIE : 

Un cadavre. 

Allusion à la rigidité 
(Argot du peuple). 

FANAL : La gorge. 

— Viens -tu nous arroser 
le fanal. 

1/ivrogne, en buvant son 
premier verre de vin, s'é- 
crie: 

— Place- toi bien, mon 
vieux, il y aura foule ce 
soir (Argot du peuple). ]V. 

FALZAR : Pantalon (Argot 
des voleurs). 

FANANDEL : Ami. 

Expression usitée dans 
les prisons (Argot des vo- 
leurs). 



114 



FAR 



FAU 



FANEE : Tabatière (Argot 
des voleurs). 

FANTABOCIIE : Fantassin 
(Argot du peuple). 

FANTAISIE SUR LA TRIN- 

CLE : V. Bataille des 

Jésuites. N. 

FARAUDENE : Madame (Ar- 
got des voleurs) . 

FARAUDEC : Mademoiselle. 
Ce mot vient àa faraude ; 
c'est un simple changement 
de finale (Argot des vo- 
leurs). 

FARCHER DANS LE PONT : 

Tomber dans un piège 
tendu par les agents (Ar- 
got des voleurs). 

FARFOUILLARD pour FAR- 
FOUILLEUR : Individu 
obstiné et méticuleux qui 
cherche sans cesse ce qu'il 
ne trouve jamais, excepté 
(juand il farfouille les po- 
ches d'un homme cossu. 
On dit également ; il cherche 
la petite-bête. (Argot du 
})euple). 

FARFOUILLER DANS SES 
ESGOURDES (Se) : Net- 
toyer ses oreilles pour en 
enlever les mucosités (Ar- 
got du peuple). 

FARGUER : Rougir (Argot 
des voleurs). 

FARIDONDAINE (Étreà la) : 



Être dans la purée la plus 
complète. 

Par abréviation, on dit 
être à la faridon (Argot 
du peuple). 

FAUCHANTS : Les ciseauv 
(Argot des voleurs). 

FAUCHÉ : Guillotiné. 

Par allusion au supplicié 
qui est sans tête, on dit 
d'un homme sans le sou, 
qui n'a pas de faces dans 
ses poches : 

— Il est fauché (Argot 
des voleurs). 

FAUCIIE-ARDENTS : Los 

mouchettes. 

Les mouchettes cou- 
pent, en effet, la mèche de 
la chandelle (Argot des vo- 
leurs) . 

FAUCIIEMANN : Fauche. 

— Je suis fauchemauii 
(Argot des souteneurs). A'. 

FAUCHEUR : Le bournmi 
(Argot des voleurs). 

FAUX-BLAZE : Donner un 
faux numéro (Argot des vo- 
leurs). 

FAUSSE COUCHE : Homme 
petit, chétif, qui n'a pas 
été terminé. 

Terme de mépris em- 
ployé dans les ateliers (Ar- 
got du peuple). V. Avor- 
ton. 



FEN 



FER 



115 



I 



! AUVKTTEATÉTENOIRK : 

Gendarme. 

Allusion au chapeau bi- 
corne (Arj^ot des voleurs). 
V. Hirondelle de Potence. 

; !':r: atx yeux verts 

(La) : Absinthe. 

Klle charme les buveurs, 
(|ni ne savent se soustraire 
à son inllu 
boulevard). 

KEICNANT : Propre à rien. 
Lâche, poltron, paresseux. 

Ucscends-donc deton cheval, 
I eh! feignant! 

Apostrophe d'im voyou 
charitable à Henri IV sur 
le Pont-Neuf pour lui offrir 
un canon. 

On dit également fei- 
gnasse (Argot du peuple). 

VVAA\ : Toqué, un peu fou. 

— Il a le coco fêlé. 
Allusion à une marmite 

fêlée, elle fuit; par la fê- 
lure de la tête, la mé- 
moire s'en va (Argot du 
|)euple). 

FENDRE A S'ËCORCÏIER 

(Se) : Dépenser tout son 
argent sans profit. 

— Albîis fends - toi 
d'une tournée (Argot du 
peuple). 

1 I:NDRE L'ARCHE : Quand 
un homme pressé marche 
vile, les vovous lui crient : 



— Prends garde, tu vas 
te fendre f arche. 

Couper une carte de son 
adversaire, c'est lui fendre 
r arche (Argot du peuple). 

FEiNDRE L'OREILLE : Mise 
à la retraite de quelqu'un, 
lùnctionnaire, ofiicier ou 
employé avant l'âge révolu. 

— Sacré nom de Dieu, 
les cochons m'ont fendu 
r oreille : J'ai pourtant en- 
core du sang. 

Allusion à la coutume de 
fendre l'oreille aux che- 
vaux mis à la réforme (Ar- 
got des troupiers). 

FENÊTRE : V. Carreau. 

FERLAMPIER : Homme à 
qui tous les métiers sont 
bons. 

Mendiant, voleur, sou- 
teneur (Argot des vo- 
' leurs). 

FERME ÇA : Ferme ta bouche 
(Argot du peuple). 

FERMÉ SON VASISTAS 

(Avoir) : Mourir (Ai'got du 
peuple). 

FERRÉ A GLACE : Sachant 
parfaitement ce qu'il doit 
savoir. A. D. 

Dans le peuple, cette ex- 
expression signifie être 
affranchi, ne rien craindre. 

C'est la conséquence d'un 
vieux proverbe : 



116 



FEU 



FIG 



— Il est ferré à glace. 
il ne craint ni putain ni 
garce (Argot du peuple). A^. 

FERTANCE ou FERTILLE : 

\a\ paille. 

— Dans mon garno à 
quatre ronds la sorgue^ y 
a (les pégoces dans la fer- 
tance (Argot des voleurs). 

FESTILLANTE : La queue 
du chien ; il la remue pour 
témoigner sa joie à son 
maître. 

Elle frétille. 

Festillante est la cor- 
ruption de frétillante (Ar- 
got des voleurs). 

FESTONNER : Puchard qui 
ne lient pas sur ses jambes. 
Il festonne en marchant 
pour essayer de maintenir 
son équilibre (Argot du 
peuple). 

FESSER LA MESSE : Prêtre 
qui expédie à la vapeur une 
messe d'enterrement de 
dernière classe. 

— Le ratichon a fessé 
sa messe en xîinq secs (Ar- 
got du peuple). 

FEUILLES DE CHOUX : 

Oreilles (Argot du peuple). 
V. Es gourdes. 

FEUILLE DE CHOU : Mau- 
vais journal qui ne se vend 
qu'au poids (Argot d'im- 
primerie). 



FICELÉ : Se dit de quelqu'un 
bien habillé, tiré à quatre 
épingles (Argot du peuple i. 

FICELEUSE : La ceinture 
(Argot du peuple). V. An- 
guille. 

FICELLE : Être ficelle, ma- 
lin, rusé, employer toutes 
sortes déficelles pour réus- 
sir dans une affaire. 

— Je la connais, vous 
• êtes trop ficelle pour ma 

cuisine. 

— Vous ne me trompe- 
rez pas, je vois la ficelle 
(Argot du peuple). 

FIÈVRE CÉRÉBRALE : 

Condamné à mort. 

Il meurt en effet subite- 
ment (Argot des voleurs). 

FIGNE : Le ^odex (Argot 
des voleurs). 

FIGNOL : Joli (Argot des vo- 
leurs). 

FIGNOLER : Polir une pit.N» 
d'ouvrage, l'achever avec 
un soin tout particulier 
(Argot du peuple). 

FIGNOTON : Derrière (Argoi 
du peuple). N. 

FIGURE DE CAMPAGNE : 

Faire ses nécessités en 
plein air. 

On comprend quelle fi- 
gure est au vent (Argot du 
peuple). 



FIG 



Fir. 



117 



L 



FIGURANTS DU SALON : 

('orlaines maîtresses de 
luaisons de lolérance pour 
l'aire croire à une clienlèle 
choisie, paient clKupie soir 
[)lusieurs individus (jui jigu- 
rent au Salon. 

Rue Sainte- Âppoline, 
une de ces maisons eut 
pour figurants pendant 
plusieurs années deux ac- 
teurs devenus très célè- 
bres (4i^ot du peuple). N. 

FIGURE A CLAQUES : Yi- 

saiïe ingrat, pas précisé- 
ment laid, mais antipalhi- 
({ue de prime abord. 

Dans le peuple, tout in- 
dividu qui ne vous regarde 
l)as en face, franchement, 
comme on dit Tœil dans 
l'œil, est une figure à cla- 
ques. 

— Tiens, Va me dégoûtes, 
ta gueule appelle la claque 
(Argot du peuple). 

FIGURE D'ECUMOIRE : 

Homme affreusement grêlé 
(Argot du peuple). V. Poêle 
à marrons. 

FK.URE DE PAPIER M ACIIÉ 

Personne sans couleur, aux 
joues creuses et à visage 
pâle. 

Le peuple, sans pitié, 
ne manque jamais d'em- 
ployer eelteexpression pour 
un malheureux qui meurt 
de consomption. 



— Il ne tient pas debout 
avec sa figure de papier 
mâché (Argot du peuple). 

FIL A LA PATTE (En avoir 
un) : Etre gêné par quel- 
qu'un. 

Être entravé dans ses 
affaires, n'avoir pas ses 
coudées franches. 

Une femme crampon est 
un rude fil à la patte (Ar- 
got du peuple). 

FIL A RETORDRE (Avoir 
du) : Peiner pour réussir 
une affaire. 

Essayer de convenir un 
incrédule. 

— Pas moyen de venir 
à bout de celte mauvaise 
tète d'Alfred. En voilà un 
enfant qui m'a donné du 
fil à retordre (Argot du 
peuple) . 

FILATURE : Terme employé 
par les agents de la sûreté 
pour indiquer qu'ils filent 
un voleur (Argot des vo- 
leurs). 

FIL DE SOIE : Filou, vo- 
leur (Argot du peuple). 

FIL EN QUATRE : Eau-de- 
vie supérieure (Argot du 
peuple). 

FILER : Suivre. 

Pour organiser une fila- 
ture, les agents se mettent 
deux, l'un devant le filé, 

4. 



118 



FIL 



FLA 



l'autre derrière, de façon 
à ce qu'il ne puisse échap- 
per. 

Il y a des filatures qui 
sonl extrêmement mouve- 
mentées, c'est une véritable 
chasse où toutes les ruses 
sont mises en œuvre. 

Le gibier cherche toutes 
les occasions de se dérober 
pour éviter le sapement 
(Argot des voleurs). 

FILER LA COMÈTE : Mal- 
heureux qui n'a pas de do- 
micile et qui marche toute 
la nuit pour éviter d'être 
emballé par les agents. 

Quand il n'y a pas de 
comète il file^ les étoiles 
quand il n'est pas filé lui- 
même (Argot du peuple). 

FILER UN SINVE : Filer, 
suivre, sinve, homme fa- 
cile à duper. 

Mot à mot : le filer jus- 
qu'au moment favorable pour 
le dévaliser sans danger 
(Argot des voleurs). 

FILOCHE : Bourse. 

Avoir sa floche à jeun, 
c'est être sans le sou (Ar- 
got du peuple). 

FINIR EN QUEUE DE 
POISSON : Chose qui 
commence bien et finit mal 
ou pas du tout. 

Un livre qui commence 
en empoignant ses lecteurs 
et se termine bêtement, 



c'est finir en queue de 
poisson (Argot du peuple;. 

FLAC D'AL : Sacoche à ar- 
gent. 

Flac sac, dal argent : 
abréviation A'altèque. 

Pour flaquer, on dit 
anssi je vais à flacdal (Ar- 
got du peuple). 

FLAGORNER : Flatter quel- 
qu'un bassement. 

Trouver une croûte, une 
œuvre de maître. 

Comparer un mauvais 
vaudevilliste à Molière ou à 
Legouvé. 

Mol à mot : prodiguer 
des éloges tarifés ou inté- 
ressés (Argot du peuple). 

FLAGORNEUR : Flatteur, 
Race assez commune. Il 

y en a toujours au moins un 

dans un atelier. 

Le flagorneur descend 

sans vergogne au rôle de 

mouchard (Argot du peuple). 

FLAMAND : Amis (Argot des 
voleurs). V. Aminche. 

FLAMBEAU (En avoir un) : 

— Je connais le flam- 
beau, c'est-à-dire je con- 
nais la chose. 

Faire une belle. invention 
c'est avoir un chouette 
flambeau. 

— Tu ne me monteras 
pas le coup, mon vieux, je 
sais ou est le flambeau. 



FLA 



FLI 



119 



Être très habile dans un 
métier c'est avoir le flam- 
beau 

Flambeau, dans le peu- 
ple, veut dire être supé- 
rieur aux gens de sa pro- 
fession. 

Francisque Sarcey, Bou- 
guereau, Ambroise Tlion^as, 
Clovis Hugues, sont des 
flambeaux. 

Emile de Cirardin, Victor 
llui^o, Lamartine, Diaz, 
etc., étaient des flambeaux 
(Argot du p(Miple). N- 

FLANCHER : Avoir peur (Ar- 
got du peuple). 

KLÂXCIlEïl : Jouer sur les 
places publiques au bou- 
rhon {radin) on à V anglaise 
I iiionac). 

En général de tous jeux 
on dit flancher (Argoi du 
peuple) . 

FLANXIIEÏ : Pari de vol. 

Lot qui échoit à un bro- 
canteur. 

Morceau de viande qui 
lorme la poinle dans l'in- 
térieur du bœuf (Divers ar- 
gots). 

FLANCIIEUR : Qui flanche 
(Argot du peuple). 

FLANELLE (Faire) : Entrer 
dans une maison de tolé- 
rance, peloter le personnel 
-ans consommer (Argot des 
>()Uteneurs). 



FLAQUER : V. Déballer. 

FLAQUET : L'endroit ou le 
dos change de nom. 

Dans le peuple on ne 
l)rend pas de mitaine pour 
donner au flaque t son vrai 
nom (Argot du peuple). 

FLEMME : Maladie que la 
plupart des ouvriers ont les 
lundis. 
Ondil : battre une flemme. 

Bien souvent la flemme, la 

I flemme. 

Bien souvent la flemme me 

I prend. 

En hiver comme en été, 

Elle ne m'a jamais quitté. 

(Arçotdu peuple). 

FLEURE-FESSES : Homme 
qui moucharde ses compa- 
gnons d'alelier et est sans 
cesse derrière le patron 
(Argot du peuple). \. Lèche- 
cul. 

FLEUR DE SACRISTIE : 

Calotin qui fréquente les 
églises sans en croire un 
mot. 

C'est un commerce comme 
un autre. 

On dit aussi : o^at de 
sacristie (Argot du peu- 
ple). iV. 

FLIQUE ou FLICK: Sergent 
de ville (Argot du peuple). 
V. Bec de gaz. 

FLIC A DARD : Sergent de 
ville. 

Allusion à ce que dans 



120 



FLO 



FLO 



les manifestations, ils met- 
tent sabre au clair, ils lar- 
dent les manifestants. 

Dans le peuple, le mot 
est soudé, on dit flicadard 
(Argot du peuple). N. 

FLINGOT : Fusil (Argot des 
troupiers). V. Boltoche. 

FLOME : Femme. 

Cette expression est nou- 
velle dans les faubyurgs. 

D'où vient-elle ? 

Probablement de ce que 
les iemmes d'ouvriers, pen- 
dant que leurs maris tra- 
vaillent, flentmcnt chez les 
voisines. 

Fl(jme e^iune corruption 
de flemme, comme flem- 
mard pour paresseux, et 
une adjonction de finale à 
flemme (Argot du peuple). 

FLOPPÉE : En donner une 
ou la recevoir. 

Être battu ou battre vio- 
lemment. 

Quand la marmite du 
souteneur ne rapporte pas, 
elle reçoit une floppée. 

Allusion au cordonnier 
qui bat son cuir pour l'as- 
souplir : il le floppe (Argot 
des souteneurs). 

Fr.OTTE : Eau. 

La rivière flotte. 
On dit d'une personne 
mince dans des vêtements 
trop larges : 



— Ses membres flottent . 

Toute la flotte (l'ate- 
lier en entier) a été manger 
une friture. 

Nous étions une flotte 
pour nous étions un tas 
(Argot du peuple). N. 

FLOTTANT : Bal où se réu- 
nissent les souteneurs du 
quartier. 

Toute la flotte s'y donne 
rendez- vous. 

Les souteneurs n'ont pas 
de préjugés, une expression 
même injurieuse glisse sur 
les oreilles de ces messieurs. 

Ils savent très bien que 
le mot flottant vient de 
flotte, eau, or les poissons 
sont dans leur élément (Ar- 
got des souteneurs). iV. 

FLOUMANN : Floueur, lilou. 

Mann, en allemand veut 
dire homme. Mot à mol, 
en retournant la finale, 
cela fait homme floueur. 

Etre floué, est synonyme 
d'être trompé. 

Ainsi, un homme épouse 
une femme qu'il croyait 
vierge, elle sort de la ma- 
ternité. 

— Il est floué {kr^o{ du 
peuple). N. 

FLOUPLN : Diminutif de 
flomnann, comme pégriot 
l'est àa pègre. 

Un floupin est un petit 
filou qui travaille dans les 
bas prix. 



FOI 



FOR 



121 



— Il vole un niouelioir ; 
le floitmann vole des mil- 
lions (Ai'gol (lu peuple).. V. 

I IX>rT!i:i{K: Hien. 

Au XVI*^ siècle on cri ti- 
quait les aiehi-suppôts 
chaînés de réformer le lan- 
i^age (l'argot) en usage dans 
les iours des Miracles ; on 
(lisait d'eux... sans ficher 
flontière . 

l.e mot est resté en 
usage (Argot du peuple). 

KLITES : Jambes. 

On dit d'une femme mai- 
gre : Elle a volé les flûtes 
du boulanger. 

FliUe, synonyme de zut 
(Je ne veux ])as) (Argot du 
peuple) . 

I-Ll TENCUL : Pbarmacien. 

Bonjour Mam'/.elleZirzabelle 

J'vous apporte uup"tit lave- 

I ment, 

Ça Vous r'I'ra le tempérament. 

Allons, tournez-vuus, mam' 

i zelle. 

Fi! Monsieur, pas tant 

l d'raideur, 

(Jar jamais apothicaire 

Ne verra c'que par pudeur 

Je n'fais voir qu'à ma chère 

I mèrr-! 

(Argot du peuple). 

I ï IJXION DE PAVÉS : Po- 

ebard qui tombe et s'abime 
la ligure : elle enlle comme 
s'il avait mal aux di^nts. 

De là Fexpression (Ar- 
got du peuple). 

FOIHE D'EMPOIGNE : Vo- 



ler à la force du poignet 
(Argot des voleurs). 

EOIUEUX : Poltron. 

On dit aussi : foirejtx 
comme un geai. 

L'ami Mac-Nab nous a 
laissé une cbanson connue, 
à ce sujet : 

Il reste les Napoléon, 

Des mulfs qu'a toujours la 

I colique 

Et qui foire dans ses pan- 

I talons 

Pour em... bèter la Répu- 

1 blique. 

Allusion à la fuite de 
Craint-plomb, pendant la 
guerre de Crimée (Ai^got du 
peuple). 

FOIRON : Le derrière (Ar- 
got du i)euple). 

FOND DE PECHE : Le nom- 
bril (Argot des voleurs). A^ 

FONDRIÈRES : Les poches. 
Allusion à leur profon- 
deur (Argot du peuple). 

FORTANCHE : Fortune. 

C'est un chang(Mnent (h; 
finale comme boutanche 
pour boutique, dorancher 
pour dorer, brodancher 
pour broder, etc., etc. 

— Turbiner, c'est bon 
pour les pantes, j'ai fait 
ma fortanche à la foire 
d'empoigne (Argot des vo- 
leurs). iV. 

FORT EN GUEULE : Crier 
beaucoup. 

Les poissardes bavardes 



122 



FOU 



FOU 



et insolentes sont fortes en 
gueule (Argot du peuple). 

FOU : Marteau (Argot du 
peuple). V. Balançon. 

i GUETTER DU BEC : Avoir 
une haleine fétide qui ex- 
hale une odeur d'égout (Ar- 
got du peuplej. 

FOUILLE AU POT : Petit 
cuisinier qui sert les ou- 
vriers dans les gargotes. 

— 11 fouille aiiyot pour 
en retirer les légumes (Ar- 
got du peuple). 

FOUILLE MERDE : Tatillon 
qui fourre son nez partout 
(Argot du peuple). 

FOUILLER (Tu peux te) : Tu 
n'auras rien, ou il ne reste 
rien (Argot du peuple). 

FOriLLEUSES: Poches (Ar- 
got du peuple). 

FOUINETTE : Juge. 

Diminutif de fouinard, 
malin, rusé, chercheur (Ar- 
got des voleurs). V. Pal- 
peur. 

FOULER (Ne pas se) : : Ou- 
vrier ou employé jamais 
pressé, plus exact à la 
soupe qu'au travail. 

— Tu vas te fouler la 
rate. 

— Prends garde de te 
casser. 

Même signification (Argot 
du peuple). 



FOUR (En faire un) : Man- 
quer une affaire (Argot du 
peupl ). 

FOURBI : Piège, malice. .1. 
/>. 

C'est une erreur. Cette 
expression très usitée vient 
du régiment, où le caporal 
chargé de l'ordinaire gratte 
sur la nourriture des lioni- 
mes. 

Fourhi signifie bénéfice 
(Argot du peuple). i\^. " 

FOURCHETTE : Voleur à la 
tire. 

Allusion à ce que les vo- 
leurs qui ont cette spécia- 
lité, ne se servent que des 
deux doigts de la main 
droite qui forment four- 
chette pour extraire les 
porte-monnaies des poches 
des badauds (Argot des vo- 
leurs). iY. 

FOURGAT : Receleur qui 
achète les objets volés (Ar- 
got des voleurs). V. Meu- 
nier. 

FOURGUER : Vendre des 
objets volés (Ai-got des vo- 
leurs). 

FOURLINES : Voleurs et 
meurtriers à l'occasion (Ar- 
got des voleurs). 

FOURMILLON : Marché. 

La foule fourmille : en- 
droit propice pour les vo- 
leurs. 

— 11 y a un riche coup h 



FOU 



FRA 



123 



(aire sur la placarde du 
fourmilion (Arçot des vo- 
leurs). 

FOURNAISE : On sait que 
les mornifleurs-tarte sont 
réunis en tierce i^^v trois). 
Le rnornifleur, le faux 
nionnayeur, le gaffe qui 
délient la réserve des pièces 
fausses, et l'émettenr qui 
écoule les pièces chez les 
commerçants. 

L'émettenr se nomme la 
fournaise. 

L'allusion est juste, car 
il est dans le feu, courant 
à chaque minute le risque 
d'élre pincé. 

Mot à mot : il est dans 
la gue%ile du loup (Argot 
des voleurs). N. 

KOURNE AU : Vagabond , men- 
diant habitué du fourneau 
de charité. Z. L. 

Fourneau, signifie cré- 
tin, imbécile. 

Quand on imprime dans 
les journaux que nos mi- 
nistres et nos députés sont 
des fourneaux ils ne sont 
pas je pense habitués des 
asiles de nuit (Argot du 
peuple). N. 

FOURNEAUTLN : Diminutif 
de fourneau (Argot du 
peuple). N. 

FOURNITURE : Allusion aux 
fines herbes que l'on met 
dans la salade pour lui 



donner du goût et la parer 
(Argot du peuple). V. As 
de pique. 

FOURRACIION : Le lit (Ar- 
got des voleurs). V. Jvge 
de paix. 

FOUTAISE : Rien. 

— Tu m'offres cent sous 
d'acomple sur mille francs 
la 11 elle foutaise. 

— Tu nous en raconte 
des /b«^aî5^5. On dit aussi : 

— . C'est de la fouterie 
de pauvre (Argot du peu- 
ple). 

FOUTIMASSER : S'applatir 
sur un ouvrage, le faire 
traîner en longueur. 

C'est une corruption de 
deux mots accouplés foutîi, 
mauvais, rnasseîtr. travail- 
leur (Argot du peuple). N. 

FRANC CARREAU : Quand 
un prisonnier est incorri- 
gible il est mis au cachot. 
On lui enlève sa literie, 
il couche alors sur le franc 
carreau (Argot des voleurs). 
N. 

FRACASSÉ : Être vêtu d'un 
habit, d'un frac. 

C'est un mauvais calem- 
bour. 

— J'en ai du frac assez. 

Il me rappelle la célè- 
bre scie d'atelier sur le 
mot Afrique : 

— J'ai de la fricassée, 



124 



FRI 



FRI 



du fracandeau, de la fri- 
pouille, de la friture, 
etc., etc. (Argot des ate- 
liers). 

FRANC DE COLLIER: Che- 
val qui remplit sa besogne 
en conscience. 

Homme franc , ouvert, 
loyal. 

—Il est franc du collier 
(Argot du peuple). N. 

FRANGIN : Frère (Ai^ot du 
peuple). 

FRANGINE : Sœur (Argot des 
voleurs). 

FRÈRE FRAPPART : Mar- 
teau. 

L'allusion est frappante 
(Argot des forgerons). V. 

Balançon. 

FRÈRE JACQUES : Pince 
(Argot des voleurs). V. 

Monseigneur. 

FPiÉROT DE LA CAQUE : 
Filou (Argot des voleurs). 

FRÉTILLON : Grisette chan- 
tée par Réranger. 

L'expression est heu- 
reuse, rien de plus frétil- 
lant en effet qu'une tille du 
peuple qui s'a.nuse et aime 
pour son compte (Argot des 
bourgeois). V. Grisette. 

FRIAUCIIE : V. Aller au 

rebectaye . 

FRIC-FRAC (Vol au). 



Ainsi nommé à cause du 
bruit que produit l'outil «*n 
fracturant les portes (Ar- 
got des voleurs). 

FRICADIER : Un son. 

C'était l'expression fi!- 
vorile de Pradier, le cé- 
lèbre bàtonniste qui tra- 
vaillait devant l'Institut (sur 
la place) (Argot du peuple i. 

FRICASSÉE DE MUSEAU : 

S'embrasser mutuellement. 

Cela indique bien le frot- 
tement de deux visages. 

Mot à mol : s'embrasser 
avec effusion (Argot du 
peuple). 

FRIMASSARD : Le froid (Ar- 
got des voleurs). V. Frisbi. 

FRIME : La figure. 

Tomber en frime, se 
rencontrer face à Aice avec 
quelqu'un (Argot du peuple) . 

FRIME (Pour la): Pour rien. 

Faire semblant (Argot du 
peuple). 

Frimer : Faire de l'em- 
barras. 

— Il est bien mis, il 
/>*/w(? (Argot du peuple). 

FRIMOUSSE : Vieille ex- 
pression qui veut dire vi- 
sage. 

On la trouve dans la 

ffenriade travestie (Argot 
du peuple). 

FRINGUER : S'habiller. 



FRI 



F Ri: 



i>: 



Rabelais dans Panta- 
gruel écrit fringuez (Ar- 
got du peuple). 

KlUPE : Nourriture. 

— L'heure de la fripe 
va sonner (Argot d'inipri- 
merie^ . 

, FRIPES : Mauvais vête- 
ments que revendent les 
fripiers sur le carreau du 

' Temple (Argol du pouplo). 

\? V. Loques. 

FlîlPOUILLE : Rien de hou. 

Dans le peuj)le, ipiand 

on a dit d'un homme c'est 

une fripouille, c'est tout 

dire. 

Fripouille est certaine- 
ment une corruption de 
friperie, donc ou avait 
fait fripaille (Argot du 
peuple). 

FRIQFET: Mouchard, ^.i). 
Z. L. 

C'est une erreur, friquei 
est un moineau, c'est une 
variété du pierrot parisien, 
l'eflronté gavroche de la 
gent ailée (Argot du peu- 
pie). 

l RISBI : Froid. 

Ou dit aussi : il fait 
fridt, frisquet, et conuiie 
superlatif : 

— Nom de Dieu, que ça 
pince il gèle à pierre feiite 
(pour fendre) (Argot du 
p«'nple>. 



FRISE : Juif (Argot des vo- 
leurs). 

FRISER SON NAZ : Être 
mécontent. 

Friser son naz est une 
variai! t(; de la vieille ex- 
pression, même adressée à 
un chauve : 

— Ça te défrise, mon 
vieux (Apgot du peuple). iV. 

FROMGY : Fromage (Argot 
du peuple). 

FHOrrE-ROTTES : Domes- 
li(pie (Argot du peuph'), 

FROTTÉE : Recevoir une 
bonne frottée ou la don- 
ner. 

Se battre (Argot du peu- 
ple). 

FROTTER : Faire la cour à 
une lêmme. 

— Elle est rien raide, 
faut pas s'y frotter (Argot 
du peuple). N. 

FROTTIN : Billar<l. 

— Yiens-tu faire une 
partie de frottin^. (Argot du 
peuple). 

FROUSSàRI) : Individu (pn 
a peur (Argot du peuple). 

N. 

FROUSSE : V. Taf. 

FRUSQUES : Vêtements. 
Pour indiquer des habits 



126 



FUM 



FUN 



en mauvais état, on dit des 

frusques houlinées. 

Quand ils sont tout à 
fait eltilochés, on dit que 
Ton pourrait y accrocher 
toute une batterie de cui- 
sine (Argot du peuple). 

FUITE DE GAZ (En avoir 
une) : Laisser échapper un 
pet en sourdine ; si on ne 
l'entend pas, on le sent. 

Allusion à l'odeur insup- 
portable du gaz, quand un 
conduit est crevé (Argot 
du peuple). 

FUMER SANS TABAC : Être 
lurieux, fumer de colère 
(Argot du peuple). A'. 

FUMER SES TERRES: Être 

enterré dans sa propriété. 

Épouser une fille riche 
((uand on n'a pas le sou. 

Déposer dans son jardin 
ce que l'on dépose pour 
trois sous dans un chàlel 
de nécessité (Argot du peu- 
ple). N. 

FUMERONS : Les jambes. 

— Il est à moitié décati, 
il ne tient plus sur ses fu- 
merons. 

Pour exprimer la même 
idée, on dit aussi : 

— Il tremble sur ses 
fils de fer (Argot du peu- 
ple). 

FUMERON : Calopin qui 



fume dans la rue en allant 
à l'école. 

— Comment tu fumes 
saie crapaud? 

— Mais oui. 

— Tu as raison les étrons 
fument bien! (Argot du 
peuple). N. 

FUMIER DE LAPIN : Bon 

à rien, individu inutile. 

On dit aussi : il ne vaut 
pas un 'pet de lapin (Ar- 
got du peuple). N. 

FUMISTE : Farceur, mysti- 
ficateur, qui cherche toutes 
les occasions possibles de 
faire des blagues. 

Les plus grands fumistes 
des temps passés furent 
Romieu et Sapeck. 

Ils sont remplacés par 
Lem ice- Terrieux . 

A pro[)os de Sapeck dont 
la réputation est encore 
grande au quartier latin ; la 
fameuse farce des bougies 
coupées ne lui appartient 
pas, elle fut faite quarante 
ans avant lui. on la raconte 
dans nue brochure intitulée : 
Les mystères de la Tou,r 
de N estes (Paris 183.*>). 
(Argot du peuple). N- 

FUNICULÉ (Être) : Refuser 
de marcher ou de tra- 
vailler. 

Allusion au funiculaire 
de Belleville, qui marche 
quand il veut. 



FUS 



Fl'S 



127 



Funiculé remplace le 
mot capricieux et modi- 
fiera le dicton : capricieux 
comme une jolie femme. 

— Cette jolie femme est 
funiculée (Argot du })eu- 
j)le). N. 

FUSAIN : Curé. 

Allusion au vêlement 
noir (Arçot du peuple). 

FUSEAUX : Jambes minces 
comme des baguettes de fu- 
sil. 

Dans le peuple, on dit : 
Minces du bas, fines du 
haut. 

On dit également : 
J[/îWC(? d'aiguilles à trico- 
ler (Argot du peuple). N. 

FUSEE (En lâclter une): 
(Juand un ivrogne a Iroj) 
bu, il soulage son estomac 
en lâchant une fusée. 



Allusion à ce que la dé- 
jection retombe en gerbe. 

Quand elles se suivent, 
on dit dans le peuple : 

— Quel riche feu d'arti- 
lice, voilà le bouquet (Ar- 
got du peuple). 

FUSEU : Fusée d'un autre 
genre qui ne s'envole pas 
par le même côté. 

— Où donc qu'il est, Du- 
manet ? 

— Il est en train de fu- 
ser (Argot des troupiers). 

FUSILLER : Donner un mau- 
vais dîner. A. D. 

Fusiller se dit des sol- 
deurs (pli fusillent des 
marchandises volées. 

Ils les vendent à n'im- 
porte quel prix. 

On les nomme des fu- 
silleurs (Argot des came- 
lots). N. 



128 



GAG 



TiAF 



GABARI : Perdre au jeu, jar- 
gon des ouvriers de fer. 
i. L. 

Le gahari est une pla- 
que de tôle ou de zinc tail- 
lée sur un modèle donné 
pour que l'ouvrier mécani- 
cien ou menuisier puisse 
confectionner exactement sa 
pièce. 

Avant l'invention de la 
machine à diviser, une roue 
d'engrenage ne pouvait être 
juste sans le secours du 
gahari pour aligner les 
dents (Argot des ouvriers). 
N. 

(.ACFIER DU GROS : Aller 
pisser comme les poules. 

Allusion aux maçons qui 
mangent énormément et qui 



font de même (Argot du 
peuple). 

GACHEUR : Le président de 
la Cour d'assises. 

Quand il condamne, il 
gâche la vie des gens (Ar- 
got des voleurs). i\^. 

GADIN : Vieux chapeau. L. L. 

Le gadhi est im bouchon . 

Le jeu qui consiste à 
abattre le bouchon chargé 
de gros sous se nomme 
gadiner. 

n y a plus de cinquante 
ans que cette expression 
est populaire (Argot du 
peuple). N. 

GAFFE (En commettre une) : 
Dire ou faire une bêtise. 



(;a( 



(iAM 



14'J 



parler trop et à côté (Arj^'ol 
j;ol (lu peuple). 

(iAFFE : Faire le guet pour 
avertir des complices de 
Tarrivée de la rousse ou des 
j)assants qui pourraient les 
déranger (Argot des vo- 
leurs). 

CAFFE DE SORGUE : (.ar- 
dieii de marché ou surveil- 
lant de maisons en cons- 
truction. 

Autrefois, c'étaient 'des 
invalides qui remplissaient 
ces fonctions (Argot des 
voleurs). 

tiAFFELR : Qui commet des 

gaffes. 

Il y en a de célèbres, 
par exemple, dire au maî- 
tre de la maison dans la- 
quelle on est invité : 

— Qui est donc cette 
vilaine bossue qui fait tant 
de grimaces. 

— Monsieur, c'est ma 
femme (Argot du peuj)le) . 

CAGNER LE GROS LOT : 

C'est assez extraordinaire 
de ne pas mettre à une lo- 
terie et d'avoir cette chan- 
ce. 

Ce gros lot se gagne sans 
billet. 
I.a garde qui veille aux barriè- 
[res du Louvre 
N'en défend pas les rois. 

On dit aussi : je suis as- 
saiso/uié (Argot du peu- 



ple). V. Quinte, quatorze 
et le point. 

GAILLARDES : Joues (Argot 
des voleurs). V. Jaffles. 

GAJARD : Gros homme (Ar- 
got des voleurs). N. 

GALDELX : Avoir du galbe, 
posséder un visage correct 
et avenant. 

On dit d'une jolie fille : 

— Elle est galbeuse. 
Au superlatif : elle est 

truffée de galbe (Argot des 
liUes). 

GALETTE : Ai^'ent (Argot 
du peuple). V. Aubert. 

(iALOURET (En avoir) : 
Posséder une belle voix ou 
crier bien fort. 

On dit d'un chanteur 
émérite : 

— Il a un rude galou- 
bet. 

GALTOUZE : Argent (Argot 
du peuple). V. Aubert. 

GALURIN : Chapeau. 

On dit quand il a une 
hauteur exagérée : 

— Mince de galure 
(Argot du peuple). Y. 
Bloum . 

GAMBETTES : Jambes. 

— Elle est bien molle- 
tonnée (montée en gam- 
bettes) (Argot du peuple). 
V. Brancards. 



130 



GAM 



GAR 



GAMBILLER : Danser. 

Mot à mot : faire marcher 

ses gambettes (Argot du 
peuple). 

GAMBILLEUPi: Danseur (Ar- 
got du peuple). 

GAMBIELEUR DE TOUR- 
TOUSE : Danseur de corde. 

Gamùii 1er, dnïi&er, tow'- 
iouse, corde. 

Cette expression servait 
autrefois à désigner la cor- 
de employée par le bour- 
reau pour expédier ses 
clients dans l'autre monde. 

L'image est juste , le 
i^.owàiimné gamhi'lle au bout 
de la tourtouseJ^kY^aV des 
voleurs). 

(GAMELLES : Seins. 

Les troupiers, dans les 
jardins publics, se placent 
de préférence sur les bancs, 
à côté des nourrices qui 
allaitent leurs nourrissons. 

Ils se pourléchent les lè- 
vres à la vue des nichons 
blancs et volumineux. 

— Mademoiselle, en voilà 
un heureux gaillard de 
manger à une pareille ga- 
melle. 

Quand il y en a pour un, 
il y en a pour deusse. 

Le camarade se penche : 
« Il y en aurait bien pour 
troisse » (Argot des trou- 
piers). iV. 



GAMELLE (En attacher une) : 
Quitter une femme avec la- 
quelle on est collé, sans la 
prévenir. 

Rendre son tablier sans 
faire ses huit jours (Argot 
du peuple). 

GANGE : Bande. 

Association de malfai- 
teurs (Argot des. voleurs). 

GANDIN D'ALTÈQUE : 

Homme décoré d'un ruban 
quelconque. 

Homme portant une par- 
ticule (Argot du peuple). 

GANTS (Pour mes) : Pour- 
boire sous quelque forme 
que ce soit. 

Cette expression, néan- 
moins, est plus générale- 
ment employée pour les 
tilles qui réclament un sup- 
plément au prix con verni. 

Gant est synonyme d'r- 
pingle (Argot des filles) 

GANTER : Il ou elle me 
gante. 

Synonyme de chausse. 

— Cethomme me gante, 
il a une rude pointure. 

Pas d'explications su- 
perflues (Argot des filles). 

GARÇON : Les hôtes habi- 
tuels des prisons appellent 
garçon un voleur. 

Le garçon de campagne 
est un vol ur de grand che- 
min, qui a pour spécialité 



(;ar 



GAT 



131 



(le dévaliser les garnaff'es. 
V. ce mol l'Argot «les vo- 

lriii'>>. 

CARDl': NATIONAL : l'a(itiel 
(le couennes. 

On dit aussi «tewi/d'épée, 
Allusion à la forme (Argot 
des charcutiers). 

(VliDE NATIONALK (En 

I Ire) : Fennne pour femme 
Argot des filles). V. Ac- 
■ouplées. 

MIE A FAFFl.AUDS : 

Uureau. 

Allusion à Tutilité de ce 
meuble pour garer ses pa- 
piers. 

Garer, seri-ei-, faf/lards 
papiers (Argot des voleurs), 

(VKER SON PITON : Mettre 
-on nez à Tahri des coups 
• pi'il pourrait r.'cevoir. 

Cette précaution est né- 
cessaire dans les quartiers 
excentriques où les soute- 
neurs mangent sans l'aire de 
iaçon, le piton du bour- 
geois qui n'apprécie pas les 
charmes de leurs mar- 
mites. 

Avant l'annexion de la 
banlieue à Paris, Belleville 
et la Villette étaient renom- 
més pour ce genre d'exer- 
cice (Argot des soute- 
neurs). 

IGAMELLE : Le gosier. 

C'est une très vieille 

^jipression qui a été rem- 



placée par celles plus mo- 
dernes de dalle, sifflet 
cmiloir (Arçot du peuple). 

(JARCOINE : La bouche. 

Par abréviation : la gar- 
gue. 

Quehpies - uns écrivent 
gargouenne (Argot du 
peuple). V. Affamée. 

CARCOTER : Cuisinière qui 
rate tous ses ragoûts. 

Mot à mot : faire de la 
mauvaise cuisine, de la 
gargote. 

Gargoter un travail ou 
le savater, le gâcher en 
mi mot (Argot du peuple). 

C ARC LE : La bouche (Argot 
du peuple). 

CATE-SAUCE : Gar(.on pâ- 
tissier. A. D. 

Gàte-sauceno. s'emploie 
pas exclusivement pour 
désigner un garçon pâtis- 
sier, cette expression s'ap- 
plique à tous les métiers. 

Dire à un mari qu'il est 
cocu et troubler la félicité 
des amants, c'est gâter la 
sauce. 

Quand un commissaire 
de police tombe comme un 
aréolithe au milieu d'un 
tripot, la sauce est gâtée 
pour les joueurs. 

Dans le peuple, de tout, 
ce qui va mal, la sauce 
se gâte. 

Le synonyme est : ça 



132 



G EN 



(iJ-:R 



tourne au vinaigre (Ar- 
got du peuple). 

GAULES DE SCriTAilI) : 

Barreau de prison. 

Gaule : allusion à la ri- 
gidité du fer (Argot des 
voleurs). 

GAU PICANDI : Pou qui 

pique. 

Quand il j)rovoque des 
démangeaisons trop vives, 
({M^W jpique trop fort, comme 
aux joiu's d'orages, par 
exemple, pour s'en débar- 
rasser on le tue ; cela s'ap- 
pelle : basourdir un gau 
(Argot du peuple). 

GAVIOT : Le gosier. 

Serrer le gaviot : faire 
passer le goût du pain. 

Mot à mot : étrangler un 
individu (Argot du peuple). 
V. Qîci-Qui. 

GAYE : Cheval. 

Quand le cheval est vi( 
on dit qu'il est une rc 
(Argot des maquignons). 

GENDARME : Fer à repas- 
ser. 

Gendarme est le nom 
du fiibricant le plus re- 
nommé (Argot des blanchis- 
seuses). 

GÊNE : Malheureux momen- 
tanément, embarrassé dans 
ses affaires. 



ieux 

'osse 



Gêné dans ses en tour- 
nures : être habillé trop 
étroitement. 

GVw^f par quelqu'un : n'a- 
voir pas ses coudées fran- 
ches, être tenu en laisse. 

Gêné : être mal à l'aise 
dans un milieu auquel on 
n'est pas habitué. 

Dans le peuple, gêné a 
une signification toute dif- 
férente. 

Quand une femme a un 
amant, elle lui dit au mo- 
ment psychologique : 

— Fais comme mon 

mari, gêne -toi (Argot 

du peuple). N. 

GÉNÉRAL PAYÉ : Les filles 
publiques qui arpentent les 
rues du malin au soir à la 
recherche de clients sont 
entretenues par ce général, 
qui est souvent bien dur 
pour elles. 

L'allusion est claire (Ar- 
got du peuple). N- 

GERBE : Prison. 

Gerbe : condamné. 

Gerbe à vioc : être con- 
damné aux travaux forcés 
à perpétuité. 

Gerbe à la passe : con- 
damné à mort (Argot Ac^ 
voleurs). 

GERBIER : président de la 
Cour d'assises (Argot des 
voleurs). 



GIG 



GIL 



133 



CKBCE : Feiiiine (Arj^ol du 
peuple). 

CKUMLNVSEll: Membre (l'un 
cercle catholique qui cher- 
che à pénélier dans un 
centre ouvrier. 

La conchunnation qui 
frappa un personnage cé- 
lèbre reconnu coupable d'un 
délit, qui n'était assurément 
([u'un acte de folie erotique 
a donné uaissance à cette 
expression devenue popu- 
laire (Argot du peuple). 

CIBKLOTTK DE (;OUT- 
TIÈHE : Il existe des in- 
dustriels qui, la nuit, vont 
chasser les chais ! 

Ils les fourrent dans un 
sac de toile, les dépouil- 
lent, ])uis les vendent aux 
restaui'aleurs de bas-étage 
qui les transforment en 
lapin sauté ou en lapin 
chasseur. 

Ils les préparent plus 
parliculièrement en gibe- 
lotte parce que le vin et les 
épices atténuent un peu 
l'odeur sauvage du chat- 
lapin . 

Dans les portions servies 
au public, jamais il n'y a de 
tète ; elle ferait reconnaître 
facilement la nature du 
lapin {kv^oi du peuple). 

(ilGOLETTE : Fille des fau- 
bourgs qui, à l'âge ou les 
autres vont encore à l'école, 



a déjà jeté son IrhuicI par 
dessus la Tour Eillel. 

La (jigolelte travaille 
pour l'amour de l'art. 

(iOnnmî elle fré<piente les 
bals publics où elle yigotle 
avec frénésie, l'expression 
gigolette est indiquée (Ar- 
got du peuple). 

(iUîOLO : L'amoureux de la 
gigolette. Un vieux re- 
frain très po[)uIaire, dit : 

Si tu veux être ma gigolette 
Moi, je serai ton gigoio. 

Gigolo s'aj)plique aussi 
à un individu peu ainiable. 

— Qu'est-ce qui nous 
a foutu un gigolo aussi bas- 
siiiant (pie toi (Argot du 
peuple). 

GKjOTS : Les cuisses. 

— Mon cher elle a des 

gigots épastrouillants , 
c'est de la bidoche première 
catégorie (Argot du peuple). 
V. Boudinots. 

GIBIER DE POTENCE : Fi- 
lou, voleur, souteneur ; tous • 
ceux qui, en un' mot, se 
mettent en dehors des lois 
et sont justiciables de la 
planche à pain ou du 
carré des petites gerbes 
(Argot du peuple). 

GILET : La poitrine. 

On dit d'une fenune qui 
en possède une copieuse : 

— La nature à rien été 



134 



GIR 



GLA 



généreuse, ])W^ àonc le 
bath devant de gilet. 
Oii dit également : 

— Elle a un rude plas- 
tron. 

Cela a donné naissance 
à un jeu de mois que les 
farceurs ne manquent jamais 
de faire. A Tépoque des 
éleclions, ils arrêtent une 
fille dans la rue et lui de- 
mandent : 

— Mademoiselle, pour 
qui vos tétons'^ 

Une autre plaisanterie 
est encore commune : 

— Mademoiselle qu'avez- 
vous donc dans votre cor- 
set ? 

— Du foin pour amuser 
les ânes? (Argot du peuple). 
N. 

CINGLARD, GUINGLET ou 
REGINGLARD : Petit vin 
aigre, il faut se crampon- 
ner à la table pour le boire. 
Une vieille chanson dit : 

C'est un nectar, un vrai chas- 

I selas 

Ça vous coupe la gueule à quinze 

I pas. 

Ce petit vin tire son nom 
d'un clos très ancien qui 
était situe sur les hauteurs 
du Mesnil-Montant : il ap- 
partenait au XVI'^ siècle à 
un nommé Guinguet (Argot 
du peuple). N' 

GIROFLÉE A CINQ FEUIL- 
LES : Gide. 



Allusion aux cinq doigts 
(Argot du peuple). V. Sal- 
sifits. 

GIROLLE : Soit, volontiers, 
je marche. 

Par abréviation on dit 
simplement : 

— Gy, mon ange (Argot 
des voleurs). 

GIRONDE : Relie fennue. 
Le souteneur qui se la- 
men le lorsqu'elle vieillit, lui 
chante : 

Dans ce temps-là t'étais rien 

I gironde. 

Maint'nant tu toquardes de la 

I frime 

T'es comme une planche tou- 

j jours en bombe, 

T'es même des mois sans chan- 

I ger de lime. 

(Argot des souteneurs). 

GIVERNEUR : Vagabond ha- 
bitué des refuges munici- 
paux et de la bouchée de 
pain. 

Quand le giverneur ne 
trouve ])as à coucher, il 
file la comète (Argot des 
voleurs) . 

GLACE : Verre. 

On dit également glacis. 

— Allons-nous sucer un 
glacis ? (Argot du peuple). 

GLAVIOT : Crachat. 

Un poitrinaire qin crac/ie 
ses poumons lâche son gla- 
viot. 

Dans les ateliers, par 



GLr 



GNO 



435 



plaisanterie, on compte les 
glaciots ; arrivés à onze, 
les ouvriers, sans pitié, di- 
sent an malheureux : 

— Il n'en faut plus qu'un 
pour faire la douzaine de 
Portugaises. 

Pas ragoûtant pour les 
amateurs d'huîtres (Argot 
du peuple). N. 

GLlERrLe diable. 

Quand quelqu'un vous 
ciubèle par trop, on dit 
(huis le peuple : 

— Va-L'en aux cinq 
icnis diables, 

— Que le diable t'em- 
porte. 

— Que le diable te pa- 
tafiole. 

Dans le monde des pri- 
sons on dit : 

— Que le glier Venta le 
en son patelin. 

Patelin (l'enfer) , le 
pays du diable (Argot des 
voleurs). 

GLISSER (Se laisser) : ^Mou- 
rir (Argot du peuple). 

GLOBE : La tête. 

Allusion de forme (Argot 
des voleurs). 

t; LU AU I Lâcher son) : Débal- 
ler. 

Pisser son gluau : ac- 
coucher. 

Allusion à l'aspect gélati- 
neux du nouveau-né (Argot 
du peuple). 



GLUAU (En poser un): 
Quand les agents tendent 
un piège pour prendre des 
voleurs, ils posent un 
gluau. 

Allusion au chasseur qui 
pose des gluaux dans les 
arlires pour prendre les pe- 
tits oiseaux. 

— Ne va pas rôder avec 
la fine, vous allez vous 
faire poser un gluau. 

Mot à mot : ne va pas 
avec l"s autres, vous allez 
vous faire mettre en prison 
(Argot des voleurs). 

GNIAF : Plusieurs degrés au- 
dessous du savetier. 

On apj)elle gniaf tout 
individu qui gâte un ou- 
vrage 

Se conduire comme un 
gniaf : commettre des 
bassesses (Argot du peu- 
pie). 

(;MAFFERIE (En faire une): 
Faire une malpropreté à un 
camarade. 

Mot à mot : se conduire 
vis à vis de lui comme un 
goujat. 

GNIASou GNIASSE: Soi- 
même. 

— Pas mèche de me 
gerber, il n'y a que 7iib sur 
mon gniasse (Argot des 
voleurs) 

GNOLLE ou GNOLE : Imbé- 
cile aussi niais qu'il est 
possible de l'être, 



13G 



CxOR 



GOR 



— Si ton point de côté 
savait que nous pagnotons 
ensemble, il te carderait 
le cuir. 

— Y a pas de pet, il est 
trop gnolle, il a de la 
merde dans les chasses 
(Argot du peuple). 

GNON : Donner un coup ou 
le recevoir. 

— Ce pauvre Léon, il 
est crapsé du gnon que 
lui a foutu sa poi^ffiace 
(Argot des souteneurs). 

(;N0UGN01JTTE : Cette ex- 
pression est employée par 
les filles dont ce n'esl pas 
la profession (Vaimer à 
crédit. 

Pas de galette, pas de 
gnougnoutte. 

L'expression est claire : 
pas d'argent, pas de viande 
(Argot des fdles). 

GOBE MOUCIIP: : Planeur 
(|ui s'arrête à chaque bou- 
tique. 

Allusion à ce qu'il bait/e 
ébahi (Argot du peuple). 

GOBE-SON : Le calice. 

A l'élévation le prêtre 
gobe son hostie (Argot des 
voleurs). V. Baignoire à 
J)ondieu. 

GOBER : Aimer quelqu'un. 
Gober : croire à quel- 
cjue chose, même à une 
chose fausse. 



GOBER LA CHÈVRE : Être 
furieux d'une chose qui va 
de travers. 

On dit aussi pour ex- 
primer la même idée : 
bouffer son bœuf 

Ce que font souvent les 
typographes quand les cas- 
ses sont embrouillées et 
que les lettres de différents 
corps y sont mélangés. 

Rs gobent aussi la chè- 
vre quand un auteur méti- 
culeux, qui ne connaît pas 
le métier, se mêle de leur 
donner des conseils (Argot 
d'imprimerie). , 

GOBER la pilule. 

Gober une aventure ex- 
traordinaire. 

Gober (se) : s'imaginer 
valoir plus que les autres 
(Argot du peuple). 

GORET : Morceau de viande, 
bœuf ou mouton entier. 

— Je ne veux pas de 
cette viande coupée, elle a 
été tripotée. 

— Je vais vous en cou- 
per dans un gobet, répond 
le boucher (Argot des bou- 
chers). 

GOBEÏTE: Gobelet de fer- 
blanc qui mesure 33 centi- 
litres. 

Ce gobelet sert aux dé- 
tenus dans les prisons pour 
prendre une ration de vin 
à la cantine où ils ont droit 



GOD 



GOl 



137 



c'est prendre une tournée 
chez le marchand de vin 



à trois (johetles par jour, 
en payant, i)ien enlenihi. 

Passer à la gohelte, 

st prench'e 

îz le marc! 
(Argot des voleurs). N. 

r.OBEUR : Individu qui avale 
tout, même les bourdes les 
plus impossibles (Argot du 
peuple). 

GODAILLER : Courir les ca- 
barets. 

Ce verbe est un souvenir 
de l'occupation de Paris 
par les Anglais, amateurs 
de good aie. A. Z>. 

Godailler est synonyme 
d'èlre en 'patrouille et 
aussi de flâner. 

Manquer un travail, c'est 
le fjodailler. 

Godailler, c'est ne ja- 
mais se trouver bien nulle 
part. 

— On n'en fera jamais 
rien, c'est un mauvais ou- 
vrier, il godaille sans 
cesse (Argot du peuple). iV^. 

GODAN (Donner dans le) : 
Croire à un mensonge. 

Synonyme de couper 
dans le pont (Argot du 
peuple). 

GODAN (Le connaître) : 
Éventer le mensonge et ne 
pas se laisser tromper (Ar- 
got du peuple). 

GODETS: Les yeux (Argot 



des vohîurs), V. Boule de 
loto. 

GODILLER : Se réjouir, être 
content. A. D. 

Godiller veut dire con- 
voiter une fenmie. 

Ce couplet de la célèbre 
chanson d'Alphonse du 
Gros Caillou me dispen- 
sera d'explication : 

Pourtant, des fois, fallait 

I être solide 

Le 15 août, Tète de l'empe- 

I reur. 

C'était chez nous tout rem- 

I pli d'invalides, 

De fantassins, de dragons, 

I d'artilleurs, 

Dame! Ce jour-là, ce que 

I le soldat (^oc^/Y^e! 

Eh bien tout ça sortait con- 

. I tent de chez nous 

r Godille vient du mot an- 
cien gaudille (Argot du 
peuple). 

GODINETTE : Grisette. 

Elle gode pour tous les 
hommes (Argot du peuple). 

GOGUENOT : Pot de cham- 
bre. 

Le locataire de la table 
de nuit (Argot du peuple). 

GOINFRE : Gourmand qui 
mange à en crever. 

On dit aussi : goulaffe 
(Argot du peuple). 

GOINFRE: Chantre. 

Sans doute parce qu'ils 
ouvrent, pour chanter, des 

5 



138 



GOU 



GOU 



bouches aussi grandes que 
des fours. 

On y engamerait un 
pain de deux livres (Argot 
des voleurs). N. 

GOLGOTHE : Martyr imagi- 
naire. 

Ceux qui sont atteints du 
délire de la persécution gol- 
gothent sans cesse (Argot 
du peuple) . 

GONCE, GONCIER : Bour- 
geois facile à tromper (Argot 
des voleurs). 

GONDOLER (Se) : Se tordre 
de rire. 

Riro à s'en mordre l'œil. 

C'est gondolant (Argot 
du peuple). N- 

GONGONNER : Terme em- 
ployé dans les ménages 
d'ouvriers lyonnais et aussi 
par Gnaff'ron dans les Gui- 
gnols : 

— Ma vieille colombe 
go7igonne toujours quand je 
licàe une chopine. 

— Tais-toi donc, vieux 
g on g on. 

Gongonner, synonyme 
de bougonner et de o^on- 
chonner (Argot du peuple). 
N. 

GOUALER : Chanter. 

On se souvient de la 
goualeuse des Mystères 
de Paris. 
La goualante signifiant 



chanson, la chanter, goua- 
1er, cela va de soi (Argot 
du peuple). 

GOUAPEUR : Individu qui 
ne travaille jamais (Argot 
du peuple). V. Loupeur. 

GOUGNOTTE : Femme qui 
déleste les hommes et qui 
a des mœurs à part. 

On dit aussi gousse (Ar- 
got des filles). V. Accou- 
plées. 

GOULU : Dévorer ses ali- 
ments (Argot du peuple). 
V. Bajfrer. 

GOUPINER : Voler. 

On applique également 
ce mot à quelqu'un de mal 
babdlé. 

—Est-il goiipinét (Argot 
des voleurs). 

GOUPINEURS : Voleurs qui 
ont la spécialité de dévali- 
ser les pochards qui s'en- 
dorment sur la voie pu- 
blique. 

Ils goupinent les pro- 
fondes (Argot des voleurs). 

GOUPLL\E: Litre de vin. 
— C'est pas malin que 
nous étions chlasse ; à qua- 
tre, nous avons étranglé 
douze gouplines de gin- 
glard à Charonne, au Pe- 
tit Bonhomme qui chie 
(Argot du peuple). N. 



GRA 



GRA 



139 



(iOURDE : Homme pàleux, 
paysan mal dégrossi. 

Au superhilif : crème 
de gourde (Argot du peu- 
ple).A^. 

(iOURDIFFLOT : Petite 
gourde (Argot du peuple). 

(iOUREURS : Les goureiirs 
sont des individus qui se 
déguisent en marins étran- 
gers venant des pays loin- 
tains. 

Ils offrent au public des 
marchandises qu'ils ont soi- 
disant rapportées de l'Inde 
ou de la Perse, et qui pro- 
viennent tout bonnement 
d'un bazar quelconque (Ar- 
got des voleurs). 

(;0U\ ERNEMENT : Ëpée à 
l'École Polytechnique. A. 
J). 

Gouvernement : La 
femme dans les ménages 
d'ouvriers. 

— Mon vieux, pas Wî^c/^^ 
d'aller gouaper avec toi, 
mon gouvernement est tel- 
lement rosse que je serais 
engtieiilé toute la semaine 
(Argot du peuple). N. 

GRAILLON : Cuisinière, la- 
veuse de vaisselle. 

Fille sale qui pue la 
mauvaise graisse (Argot du 
peuple). 

(iRAILLONNEUSE : Ména- 



gère qui va laver acciden- 
tellement son linge au lavoir 
(Argot des blanchisseuses). 
V. Baquet. 

GRAISSER : Je vais dégrais- 
ser, te battre. 

Graisser les poches de 
quelqu'un: y mettre de l'ar- 
gent. 

Graisser sa femme : allu- 
sion au graissage de l'es- 
sieu pour que la voiture 
roule mieux (Argotdes sou- 
teneurs) . 

GRAISSER LES ROTTES : 
Mourir. L. L. 

Graisser les hottes : 
l'exlrème-onction. 

Mot à mot : graisser les 
hottes pour le voyage loin- 
tain (Argot du peuple). N. 

GRAND PRÉ (Le) : Ragne. 
Les voleurs, autrefois, 
appelaient ainsi Toulon et 
Rrest ; depuis ils disent la 
Nouvelle (Argot des vo- 
leurs). 

GRAND RESSORT : Le 

cœur. 

C'est en effet le grand 
ressort de la vie. 

Quand un individu meurt 
on dit: le grand ressort 
est cassé (Argot du peuple). 

GRAS (Il y a) : Il y a beau- 
coup d'argent. 

— Nous pouvons net- 



liO 



GRA 



GRE 



loyer le gonce, il y a gras 
flans sa cambrousse. 

C'est de cette expression, 
gras, qu'est née celle de 
dégraisseur (le gai^-on de 
banque), pour exprimer 
qu'il enlève le gras (Argot 
des voleurs). N- 

GliAS DOUBLE: Ploml) (Ar- 
got des voleurs). V. Li- 
mousinier. 

GRATIN : Il y a du gratin, 
il y a de quoi. 

Il est gratin : il est à la 
mode. 

Pour un homme du 
monde, on dit : C'est un 
homme du gratift. 

On traduit dans le peu- 
ple : persomia grata par 
personne gratinée, àw gra- 
tin. 

Les moutards préfèrent 
manger le gratin qui s'at- 
tache à la casserole, quand 
la mère prépare la bouillie 
du petit frère (Argot du 
peuple). N- 

CHATOUILLE: La gale (Ar- 
got du peuple). V. Char- 
mante. 

CHATTE-CUL : Vieille femme 
repoussante, laide à faire 
peur. 

— Elle est laide comme 
un cul gratté à deux 
mains (Argot du peuple). 

GRATTE-PAPIER : Employé 



aux écritures (Argot du 
peuple). V. Chieur d'en- 
cre. 

GRATTE (En faire) : Chiper 
sa patronne en majorant les 
achats (Argot du peuple). 
V. Gratter. 

GRATTER: Rattrequelqu'un. 

— .levais \ç^ gratter. 
Gratter : prendre, gra- 

piller sur tout pour gros- 
sir son lopin (Argot du 
peuple). 

GRATTER LA COUENNE 

(Se faire) : Se faire raser 
(Argot du peuple). 

GREFFER : Attendre (Argot 
des voleurs). 

GREFFIER : Chat (Argot ihi 
peuple). 

GRÊLE : Patron. 

II tombe souvent sur le 
dos des ouvriers comme hi 
grêle sur les vignes. 

— Attention, gare la 
g7'êle. 

Signal pour prévenir les 
camarades (Argot du peu- 
ple). N. 

GRELOT : La voix (Argot 
du peuple). V. Affaler son 
grelot. 

GRENADIER : Pou énorme. 

Allusion à l'expression 

populaire qui dit d'un 



(iH[ 



(;ri 



141 



(Mifanl poiiilU'ux : il a une 
rude i^arnison. 

Grenadier : pou d'élite. 
(^ Argot du peu[)le). 

GRENAFE : Grange. 

Les Hiondiaiits qui voya- 
i^^ent couchent <lans les yre- 
?iafes. 

Cela vient de ce que la 
grange abrite les gre- 
iiail/es (Argot des voleurs). 

(.liENOUïLLE : Femme de 
rien (Argot du peuple). 

(.lUACIIES : Seaux qui 
étaient dans les cellules des 
|>risonniers et dans lesquels 
ils faisaient leurs ordures. 
Ce ferme était employé 
dans les prisons vers 1790; 
on le trouve dans un rap- 
port sur la Conciergerie, 
adressé au roi, qui voulait 
détruire l'horrible infection 
({ui empoisonnait les mal- 
îieurcux (Argot des pri- 
sons). 

CIllB'LOGE : Individu qui se 
plaint lorsqu'il est battu 
Argot des voleurs). 

(.HILLE : Une affaire est 
(jrillée quand on n'en peut 
plus rien tirer. 

Un agent est grille quand 
il est démasqué par ceux 
qu'il est chaîné de pour- 
suivre (Argot des voleurs). 
V. BnMé, 



GIÎIEEE (Jeter de la) : Ar- 
rêter un ûidividu au nom 
de la loi. 

— 11 n'y a pas de grille 
(il n'y a pas de danger) (Ar- 
got du peuple). 

GRILLEUSES DE BLANC : 

Les repasseuses sont sou- 
vent distraites par les pas- 
sants qui admirent leurs 
bras blancs ; alors, si le fer 
est trop chaud, tant pis 
pour la chemise elle est 
grillée (Argot du peuple). 

GRIMPANT: Pantalon (Argot 
«lu peuple). Y. Falzar. 

GRINCHE : Voler (Argot des 
voleurs). 

GRINClllSSEUR : Voleur 
(Ai^ot des voleurs). 

GRINCIIISSEUSE A LA MI- 
TAINE : Voler avec les 
pieds. 

La voleuse laisse tomler 
un objet qu'elle cache pres- 
tement dans son soulier 
sans empeigne (Argot des 
voleurs). 

GRINGALE : Pain (Argot des 
voleurs). V. Bricheton. 

GRINGALET : Mièvre, ma- 
lingre, enfant pas réussi 
(Argotdu peuple). V. Avor- 
ton. 

GRIPPARD et non Griffard: 



142 



GRI 



GRO 



Chat (Argot du peuple). V. 

Greffier. 

GRIPPE-SAUCISSES : Ap- 
prenti qui va cherclier le 
déjeuner des ouvriers et qui 
en chemin égratigne un petit 
morceau de chaque sau- 
cisse (Argot du peuple] . A^. 

GRIPPE-SOIIS : Avare qui 
pousse sa passion jusqu'à se 
relover la nuit pour mettre 
un bouchon dans la douille 
de son soufflet pour en éco- 
nomiser le vent (Argot du 
peuple). N' 

GRIS COMME UN CORDE- 
LIER : Saoul à n'en plus 
pouvoir, incapable de re- 
trouver sa maison et être 
obligé de s'asseoir sur une 
borne pour attendre qu'elle 
passe. 

Gris, allusion à la cou- 
leur de la robe de ces reli- 
gieux (Argot du peuple). 

GRISAILLE : Sœur de cha- 
rité (Argot des voleurs). 
V. Pampine. 

GRISETTE : Jeune tille, ou- 
vrière plumassière, fleu- 
riste, modiste ou polis- 
seuse qui lit la joie de nos 
pères et le désespoir des 
leurs. 

Depuis qu'elle a passé 
les ponts, ce n'est plus 
qu'une vulgaire cocotte. 



Type charmant, grisette sémLl- 

I iante, 

Au frais minois, sous un pi- 

I quant bonnet 

Où donc es-tu, genlille étu- 

I diante 

Reine sans fard de nos bals 

I sans apprêts. 

Ainsi s'exprime la chan- 
son en vogue autrefois au 
quartier latin (Argot du 
peuple). 

GRIVIER : Soldat de la 
ligne (Argot du peuple). Y. 
Lignard. 

GROSSE CULOTTE : Ivro- 
gne, beau parleur. L. L. 

Grosse culotte est en- 
core en usage dans les ate- 
liers de forgerons. 

C'est une expression con- 
nue. Chez les compagnons 
forgerons depuis la création 
du compagnonnage, on 
l'applique à l'ouvrier le 
plus habile de la partie, à 
celui qui était appelé à tinir 
les grosses pièces avant l'in- 
vention des marteaux pi- 
lons. 

Deux d'entre eux furent 
célèbres, on s'en souvient, 
encore dans les ateliers ; 
ils se nommaient Dany et 
Pierre Yirmaitre, dit Bour- 
guignon. 

Grosse culotte est tou- 
jours un terme consacré 
(Argot des ouvriers). N. 

GROSSES LÉGUMES: Gens 
millionnaires, magistrats 
élevés, généraux, etc. 



GUE 



GUE 



143 



Quand, sous la Goin- 
iiiuue, un voyou demandait 
il être noninié général, à 
outrer dans les grosses lê- 
ijumes, il donnait pourrai- 
son qu'une de plus ou de 
moins dans le las ça ne 
paraîtrait pas f Argot du 
(teupltt). N. 

GROSSES UtVHKS : La ti- 
nette. 

Allusion aux rebords (Ar- 
got des voleurs). N. 

(.liOTTE : Prison (Arçol des 
voleurs). V. Gerbe. 

'^KUE : Fille publique, jolie 
mais bête à manger du 
loin. 

De cette allusion est né 
un mauvais caleni bourg : 

Les camelots crient : De- 
mandez V Indicateur des 
ijrues de Paris pour rues 
(Argot du peuple). 

<.ri::NlLLON : Femme mal 
habillée. 

Traîneuse des rues. 
On dit aussi : vieille 
Huenipe (Argot du peuple). 

(lELLE EN CUL DE 
POLLE : Individu mâle ou 
l'emell(? qui en faisant la 
moue serre les lèvres (Ar- 
got du peuple) . 

(.lEULE EN COLl» DE 
SABRE : Bouclie léndue 
jusqu'aux oreilles. 



— Il peut manger la 
soupe avec une cuiller à pot 
(Argot du peuple). 

Cl EULE D'EAlPEICNE : Pa- 
lais babitué aux liqueurs 
fortes. Z. Z. 

Dans tous les ateliers de 
de France, gueule d'em- 
peigne signilie bavard inta- 
rissable qui a le verbe haut, 
(pii gueule constamment. 

C'est un sobi'i(pnt géné- 
ralement donné aux Pari- 
siens qui Ibnt partie du 
compagnonnage (Argot du 
peuple). K. 

(;UETTE AU TROU : Sage- 
femme (Argot du peuple). 

Cl'EUSARD : Rideau (Argot 
des voleurs). N. 

CUEUX : Misérable. 

Tout le monde connaît la 
chanson de Déranger : 

Les gueux, les gueux 
Sont des gens heureux, 
lis s'aident entre eux, 
Vivent les gueux ! 

(Argot du peuple). 

GUEUX : Coquin, canaille, 
gredin. 

— Vous êtes un gueux 
d'avoir commis une aussi 
mauvaise action (Argot du 
peuple) . 

(iCEUX : Petit vase en argihï 
<pii sert de chaufferette aux 
portières ou aux marchandes 
des halles. 



Ul 



GIJ 



C.Ul 



(Vesl la cliaufl'erctte pii- 
luitive. 

Le gueux a donné nais- 
sance à une plaisanterie 
assez clrùle. 

A la foire de Sainl-Ro- 
main, qui a lieu à Rouen 
tous les ans le l^^" novem- 
bre, une marchande, pour 
utiliser son feu, fait cuire 
des harengs; elle a son 
gueux sous ses jupons, un 
gamin lui crie : 

— lié ? la mère, tes ha- 
rengs vont brûler. 

— A pas peur, petit, j'ai 
:eil c 

peuple). 

GUIBOLLES : Jambes (Argot 
dvi peuple). V. Brancards. 

GUICHES : Les cheveux que 
les souteneurs ramènent sur 
les tempes. 

On dit aussi rouffla- 
quettes (Argot du peuple). 



GU1(;NE a GAUCHE: Se dit 

d'une personne qui louche. 
Dans le peuple, on dit 
de celui qui est affligé d'une 
semblable infirmité, qu'il 
trempe la soupe et renverse 
les légumes dans les cendres, 
ou bien qu'il regarde «ii 
Bourgogne si la Champagne 
brûle (Argot du peuple). X. 

GUINAL : Juif (Argot des 
voleurs). Y. Bout coupé. 

(iUINCHE : Bal de barrière 
(Argot du peuple). 

GUINCHER et non Guin- 
guer : Danser, fréquenter 
la gimiche (Argot du peu- 
ple). 

GUITARE : Soulïlet dont se 
servent les plombiers. 

Allusion de forme (Ai"got 
du peuple). 



HAR 



HIB 



145 



H 



HABIT A QUEUE DE MO- 
RUE : Habit de soirée. 

Les pans ressemblent, en 
effet, à une queue de oiiorue 
(Argot du peuple) . 

HABIT A QUEUE DE PIE : 

Même signification (Même 
ai-got). 

HABILLÉ DE SOIE : Cochon 
ou sanglier. 

Allusion à la [)eau dont 
les soies servent aux cor- 
donniers pour préparer leur 
fil (Argot du peuple). 

HARICOT VERT : Voleur en 
grande réputation dans le 
monde des prisons (Argot 
des voleurs). 

HARPE : Barreau de prison. 



Les voleurs disent plus 
connnunément d'un prison- 
nier qui s'ennuie : 

— Il pince de la guitare 
à travers ses barreaux (Ar- 
got des voleurs). 

HAUTOCHER : Monter à une 
certaine hauteur. 

— J'ai ^aw^0C/^(? jusqu'au 
sixième (Argot des voleurs). 

HERBE A LA VACHE : L'as 
de trèfle (Argot du peuple). 

HERBE SAINTE : L'absinthe 
(Ai-got du peuple). 

HIBOU : Voleur solitaire qui 
ne travaille que la nuit (Ar- 
got des voleurs). V. At- 
tristée 

y 



146 



HOS 



HUS 



HIRONDELLES : Les mous- 
taches. 

Les voleurs emploient 
généralement l'expression 
plus caractéristique d'om- 
ôreuses (Argot des voleurs.) 

HIRONDELLES D'HIVER : 

Les ramoneurs et les mar- 
chands de marrons. 

Quand les hirondelles 
partent pour un climat plus 
doux, on les voit arriver 
(Argot du peuple). 

HIRONDELLES DE POTEN- 
CE : Les gendarmes (Argot 
des voleurs). 

HIRONDELLES DU PONT- 
NEUF : Messieurs les Gi- 
verneurs viennent l'été cou- 
cher sous le pont ; ils y font 
fréquemment de bonnes ri- 
pailles avec les produits 
des vols de la journée (Ar- 
got du peuple). 

HOMELETTE : Homme tout 
petit. 

La ménagère n'a pas mis 
la quantité d'œufs néces- 
saire (Argot du peuple). N- 

HOSTO : Prison (Argot des 
voleurs). 



HOTEL DES QUATRE CO- 
LONNES (L') : Salle com- 
mune du Dépôt de la pré- 
fecture de police où sont 
enfermés les prévenus, vo- 
leurs, souteneurs et vaga- 
bonds. 

La raison de ce nom est 
que quatre colonnes sup- 
portent les voûtes de cette 
salle (Argot des voleurs). N. 

HUGREiMENT : Deaucoup. 
Corruption de l'expres- 
sion bougrement , qui signi- 
fie beaucoup (Argot du 
peuple). 

HUMILIÉ (L') : Le dos. 

On dit d'un homme qui 
^'humilie : il baisse le dos 
(Argot des voleurs). iV- 

HURE : La tête (Argot du 
peuple). V* Tro7iche. 

HUS -MUS : Grand merci 
(Argot des voleurs). 

HUSSARDS DE LA VEUVE : 

Les gendarmes ou la garde 
républicaine qui entourent 
l'échafaud les matins où l'on 
exécute un condamné à mort 
(Ai-got des voleurs). 



ILP 



IMP 



147 



ICICO : Ici. 

On dit aussi icicaiUe. 
Icicaille est un vieux 
mot français ; on le trouve 
en effet dans une édition 
du Jargon, imprimée à 
Troyes, de 1686 à 1711. 

Icicaille est le théâtre 
Du petit Dardant. 

On avait attribué cet 
opuscule à Cartouche, le 
célèbre voleur, mais M.Mar- 
cel Schwob détruit cette lé- 
gende. 

Il faut croire que les vo- 
leurs ont le respect de la 
tradition, puisque le mot 
icicaille est encore en 
usage (Argot des voleurs). 

IL PLEUT : Quand un étran- 



ger pénèlre dans un atelier 
de compositeurs- typogra-- 
phes, les ouvriers crient : 
il pleut pour avertir. 

Il pleut veut dire : si- 
lence. 

Ce mot est en usage chez 
les forains ; quand un pitre 
allonge par trop son boni- 
ment, le patron lui dit : 

— Ecoute s'il pleut (si- 
lence). 

// fleut est également 
un terme ironique, une 
façon de répondre négati- 
vement à une demande : 

Prête-moi cent sous. 

— Il pleut. 
(Argot du peuple). N. 

IMPAIR : Commettre un im- 
pair : se couper dans un 



148 



INS 



INV 



iuleiTogatoire vA dire ce 
qu'il ne faudrait pas. 

Faire un impair à quel- 
qu'un, c'est lui manquer 
de respect. 

Impair : commettre une 
faute, se tromper dans l'ap- 
préciation de la valeur 
d'une aftaire. 

Aller un peu trop de l'a- 
vant, c'est commettre un 
impair (Argot du peuple). 
N. 

INGONOHRÉ : Inconnu ou 
étranger. 

On dit aussi : incommau 
bataillon (Argot des vo- 
leurs) . 

INSEPARABLE: Cigare à 
♦ sept centimes et demi. 
Petites perruches. 
Femmes qui s'aiment 
(Argot du peuple). V. Ac- 
couplée. 

INSINUANT : Pharmacien. 
Malgré l'invention du doc- 
teur Eguisier, qui permet 
avec le petit appareil que 
l'on sait, d'opérer seul, le 
mot insinuant est resté 
pour caractériser le phar- 
macien, descendant de l'a- 
pathicaire Flutencid, qui 
insinuait la canule de la 
seringue dans le derrière 
du malade (Argot du peu- 
ple). 

INSOUMISE : Fille en 
carte qui s'allVanchit vo- 



lontairement de la visite 
sanitaire imposée par le 
règlement. 

Les insoumises sont très 
nombreuses à Paris et for- 
ment la majeure partie du 
personnel de la prostitu- 
tion (Argot des filles). N. 

INSPECTER LES PAVÉS : 

Fille qui raccroche à la 
jlan (au hasard). 

Elle espère voir sui'gir 
des clients (Argot des tilles). 

INSPIRÉ : Le front (Ai^ot 

des voleurs). N. 

INTERMITTENTE : Fennne 
qui fréquente par intervalle 
irrégulier, suivant les be- 
soins de son ménage, les 
maisons de rendez-vous ; , 
elle est toujours servie 
comme nouvelle aux étran- 
gers (Argot des filles) . N- 
m 

ISOLEE : Fille publique qui 
travaille seule dans les rues, 
loin de son quartier, et 
qui n'a pas de souteneur. 

Visolée fait les bureaux 
d'omnibus, les jardins pu- 
blics, les églises et les ci- 
metières. (Argot des filles). 



ITALO : Abréviation d'Ita- 
lien (Argot du peuple;. 

INVALO : Invalide. 

Il est k remarquer que 



i 



i 



INV I\V 149 



l'ai^ot moderne a une len- Ce procédé est des plus 

dance h transformer la finale simples ; il suffit de couper 

de la plupart des exprès- le mot et d' v ajouler le suf- 

sions : sergent, sergot\ tixe o : invalide, invalo 

mendiant, mendigot ; Saint- (Argot du peuple). A''. 
l.azare, Sftivt-T/iqo. etc. 



150 



JAG 



JAC 



JABOT : La gorge. 

Allusion au jabot du din- 
don. 

Dans Targot des voleurs, 
on dit aussi ^'/«/, sans doute 
par analogie avec Vétal du 
boucher, sur lequel il passe 
toutes sortes de viandes 
(Argot des voleurs) . N. 

JABOT (S'arroser le) :. Boire. 

— Toute la tine s'arrose 

\e Jabot (Argot des voleurs). 



peuple). V. Fricadier. 

Jacques : mollets (Argot 
du peuple). V. Jacquots, 

JACQUELINE : Grisette. 
— J'ai été promener ma 



petite Jacqueline (Argot 
du peuple). A^. 

JACQUOT : Niais, bavard im- 
portun. A. D. 

Jacquot : mollet (Ai^ot 
du peuple). A". 

JACOBIN : Pince à l'usage des 
cambrioleurs (Argot des vo- 
leurs). V. Monseigneur. 

N. 

JACTE : Crie (Argot des vo- 
leurs). 

JACTER : Parler, crier. 

Si quelque pante 

Se glisse et entre 

Et se permet 
Chez nous de faire ^npet 
On ïsaigne, on VfroUe, 
Et c'est fini par là. 



JAM 



JAV 



151 



S'il se caoale et jade dans la 

I rue 

Pour ameuter tous les daims 

I contre nous. 

dit une des plus vieilles 
chansons d'argot connue. 

J acier vient sûrement 
de yac^â^;v (Argot des vo- 
leurs] . 

JAFFLES ou JAFFES : Les 

JOUPS. 

En Normandie, on dit 
îaffe pour soufflet (Argot 
du peuple). 

JAMBES EN L'AIR: Potence. 
A.D. 

Il est vrai que le pendu 
a les jmnhes en l'air ; mais 
le peuple ne donne pas du 
tout le même sens à celte 
expression quand il dit : 
faire une partie de jambes 
en Vair. 

Généralement cette par- 
tie se joue sans témoins. 

Ce jeu est connu chez 
tous les peuples (Argot du 
peuple). iV. 

JAMBES EN MANCHE DE 
VESTE: Individu mal bâti, 
tordu, qui festonne en mar- 
chant (Argot du peuple). 

N. 

JAMBES DE LAINE : Indi- 
vidu peu solide sur ses 
jambes. 

Quand un homme sort de 
l'hôpital, il a généralement 



des jambes de laine : il fla- 
geole. 

Autrefois on disait, pour 
exprimer la même image : 
jambes de coton (Argot du 
peuple). iV^. 

JAMBONNEAU : Les cuisses 
(Argot du peuple) . V. Boii- 
dinots. 

JARDINER : Médire de quel- 
qu'un, fouiller dans sa vie, 
comme \çi jardinier fouille 
dans la terre pour en mettre 
à jour les coins les plus se- 
crets. 

Jardiner est synonyme 
de bêcher (Argot du peu- 
ple). N. 

JARDINIER : Nom donné au 
complice des voleurs à Va- 
méricaine (Argot des vo- 
leurs). 

JARNAFFLEou JARNAFFE: 

Jarretière (Argot des vo- 
leurs). 

JASANTE : Prière. 

— Y me fait suer le rati- 
chon avec sa jasante en 
lalimpem (Argot des vo- 
leurs). 

JASPINER : Signe convenu 
d'aboyer sur la voie pu- 
blique pendant que des 
complices dévalisent les 
poches des badauds (Argot 
des voleurs). 

J A YARD : Lin que les pay- 



152 



JES 



JEU 



sans mettent en javelles 
avant le rouissage (Argot 
des voleurs). N. 

J'MENFOUTISTE : Gens qui 
se fouteiil de tout et de 
tous. 

Cette catégori'^ devient 
chaque jour de plus en 
plus nombreuse. 

— Que pensez-vous de 
la politique? 

— J'm'en fous. 

— Votre femme vous 
trompe. 

— J'ifrien fous (Argot 
du peuple). N- 

JE ME LA BRISE: Je m'en 
vais. 

Quand un individu vous 
ennuie, dans le peuple on 
lui dit sans façon : 

-^ Tu peux te la briser^ 
il y aura moins de perte 
qu'une pièce de vin (Argot 
(lu peuple) . A''. 

J'EN AI MON PIED : J'en ai 
assez. 

Yen ai soupe signifie la 
même chose. 

J'ai soupe de ta fiole, 
de même. 

Donne-moi mon pied 
veut dire : Donnez-moi ma 
part. 

Ça ïii\{\Qpied, synonyme 
de ça fait \ejoi7it (l'affaire) 
(Argot des voleurs). iV. 

JÉSUITE : Dindon. 

Ce sont les jésuites qui, 



en 1570, ont introduit le 
dindon en France ; mais 
tous ceux qui ont été leurs 
victimes ne pensent pas 
comme les voleurs (Argot 
des voleurs). 

JÉSUS : Jeune homme à l'as- 
pect efféminé, frisé, parfu- 
mé, qui sert d'appât pour 
attirer les individus à pas- 
sions honteuses. 

Souvent il travaille réel- 
lement pour son compte 
(Argot des voleurs). 

JETER SON BONNET PAR 
DESSUS LES MOULINS: 

Traîner sa tleur d'oranger 
dans les ruisseaux (Argot 
du peuple). 

JETER UN FROID: Au mi- 
lieu d'une soirée joyeuse, 
raconter une histoire ma- 
cabre. 

L'invité au maître de la 
maison : 

— ■ Quelle est donc cette 
horrible femme, laide, vieille, 
sèche et revêche qui fait 
tapisserie. 

— C'est ma sœur. 

Voilà qui s'appelle jeter 
un froid (Argot du peuple). 

JEUNE HOMME (Avoir son) : 
Être ivre (Argot du 
peuple). 

JEUNEHOMME(Suivez-moi): 

Rubans que les femmes 



JOU 



JOU 



153 



laissent pendre sur leur dos 
(Argot du peuple). iV. 

JONC : Or (Argot des vo- 
leurs). 

JONCS : Lit des prisonniers. 

Allusion à la duret(^ de 

la paille des matelas (Argot 

des voleurs). V. Plumes 

de beaxice. 

JONQUILLE : Cocu. 

Allusion à la couleur 
jaune qui est l'emblème des 
prédestinés (Argot du peu- 
pie). 

JORNE : Le jour (Argot des 
voleurs). A^. 

JOSEPH : Homme trop chaste. 
A.D. 

Joseph^ dans le peuple, 
est le patron des cocus. 

On ne dit pas : tu fais 
ton Joseph, mais bien : tti 
es un Joseph^ à celui qui a 
assez de cornes sur la tête 
pour alimenter de manches 
une fabrique de couteaux 
(Ai^ot du peuple). iV. 

JOSÉPHINE : Mijaurée, bé- 
gueule. A. D. 

Joséphine est le nom 
donné à la tête de carton 
sur laquelle les modistes 
essayent l'elfet des chapeaux 
avant de les ajuster sur la 
tète de la cliente (Argot du 
peuple). iV. 

JOUER A LA MAIN 



CHAUDE : Être guillotiné. 

Celte expression n'est 
plus juste, car, comme au- 
trefois, le condamné ne 
s'agenouille plus pour re- 
cevoir le coup fatal, il est 
couché sur la planche. 

On dit : // fait la 
planche (Argot des vo- 
leurs). iV". 

JOUER UN AIR DE VIO- 
LON : Prisonnier qui scie 
les barreaux de sa cellule 
pour s'évader (Argot des 
voleurs) . 

JOUER UN PIED DE CO- 
CHON : Jouer un bon tour 
à quelqu'un; s'en aller, le 
laisser en plan au moment 
de payer son écot, sachant 
qu'il est sans le sou (Argot 
du peuple). .Y. 

JOUR DE LA SAINT-JEAN- 
BAPTISTE (Le) : Le jour 
de l'exécution d'un con- 
damné. 

A la prison de la Roquette, 
le jour d'une exécution, les 
prisonniers ne descendent 
pas à l'atelier à l'heure 
réglementaire, ils savent ce 
que cela veut dire : c'est le 
jour de la Saint-Jean- 
Bapiisie : on décolle un 
copain (Argot des voleurs). 

JOURNAILLE : La journée. 

On dit d'un paresseux 

qu'il trouve la journaille 

9. 



154 



JUG 



JUT 



plus longue que la queue 
au pain (Argot du peuple). 

JOURNALISÏESARICHER: 

Les vidangeurs. 

Cette expression vient 
d'un mauvais calembour. 

Les journalistes pu- 
blient souvent des fausses 
nouvelles. 

Les vidangeurs recher- 
chent les fosses nouvelles 
(Argot du peuple). iV. 

JUDÉE : La préfecture de 
police. 

Ce mot n'est plus en 
circulation depuis la démo- 
lition de la rue de Jérusa- 
lem (Argot des voleurs). 

JUGE DE PAIX : Le lit. 

Dans le peuple, on trouve 
qu'après une dispute et 
même une bataille, le lit 
est un instrument de rac- 
comodement. 

Cette expression vient 
d'une enseigne d'un mar- 
chand de meubles établi 
boulevard de Belle ville. 

L'enseigne figurait un 
lit complet, et sur l'oreiller 
placé au milieu, il y avait 
cette inscription : 

Ai« tlug-c de Paix. 

(Argot du peuple). N. 

JUGE DE PAIX : Un cornet 



contenant trois dés, la par- 
tie qui se nomme Zanzibar 
se joue sur le comptoir du 
marchand de vins. 

Ce jeu est ainsi appelé 
parce qu'il met les joueurs 
d'accord (Argot du peuple). 
N. 

JUGEOTTE (En avoir) : 

Bien juger les choses, 
avoir wn jugement sain (Ar- 
got du peuple). 

JULES : Pot de chambre 
(Argot du peuple). V. Qo- 



JUS DE CHAPEAU: Mauvais 

café,, celui que les femmes 
vendent le matin au coin 
des rues, aux ouvriers qui 
se rendent à leur travail. 

Quand il pleut sur un 
chapeau, le jus a exacte- 
ment la couleur de ce café 
(Argot du peuple). 

JUTEUX : Il a du jus, il est 
rupin. 

Une affaire e?,i juteuse, 
quand elle donne beaucoup 
de bénéfices. 

Tomber à l'eau, c*est 
tomber dans \%jus. 

Boire du vin, llcher un 
coup de jus. 

Faire du jus^ faire de 
l'embarras (Argot du peu- 
ple). i\r. 



KAN 



KLÉ 



155 



KANGUROO (Le vol au) : 
Ce vol consiste à englou- 
tir les dentelles ou les cou- 
pons volés aux étalages 
dans une vaste poche dis- 
simulée sous la robe (Ar- 
got des voleurs). 

KILO : Litre (Argot du peu- 
ple). iV. 



KLÉBER : Manger. 

Ce mot vient du russe 
lileh (manger). 

Nos soldats l'ont rap- 
porté de la guerre de Cri- 
mée, et il est resté en usage 
dans le peuple (Argot du 
peuple). 



136 



LAC 



LAC 



LAC (Être dans le) : Être 
pendu. L. L. 

Être dans le lac, c'est 
ne plus rien avoir à espérer, 
être aussi bas que possi- 
ble. 

Lac, ici, est synonyme 
de lacet, être enlacé, pris 
par la misère, enserré dans 
les filets d'une femme ou 
d'un usurier, comme le 
pauvre oiseau dans le lac 
du braconnier (Argot du 
peuple). N' 

LACETS : Menottes. 

Le gendarme ou l'agent 
sont des marchands àe. pas- 
se-lacets (Argot des vo- 
leurs). V. Alliances, 

LACHARD : Diamant de vi- 
trier (Argot des voleurs. 
N. 



LACHER LA BONDE : Se 

comprend ded<^ux manières. 

Lâcher la bonde : taire 
ses besoins. 

Lâcher la honde à son 
tempérament: donner cours 
à sa violence, à son mau\ais 
caractère. 

Dans les ateliers, quand 
le contre-coup gueule trop 
fort, on dit : Gare, il a lâ- 
ché sa honde (Argot du 
peuple). N. 

LACHEZ-MOI D'UN CRAN : 

Allez- vous en. 

Compliment peu flatteur 
fait habituellement aux gens 
qui vous importunent. 

On lâche sa ceinture 
d'un cran quand on a trop 
mangé. 

On la serre d'un cran 



LAC 



LAI 



15: 



quand on a faim. 

On lâche sa femme ou 
sa maîtresse d'un cran 
([uand elle est par trop em- 
bêtante. 

Mourir, c'est lâcher la 
vie d'u7i cran. 

Quand un homme est 
uiaussade en société, on lui 
dit : 

— Allons, lâchtz-voiis 
. d'un cran, déboutonnez- 
vous. 

Ce à quoi un farceur ré- 
pond . — Ah ! non , il y a 
des dames. 

On dit aussi : remonter 
d'un cran dans l'estime 
du monde (Argot du peu- 
ple). JSf. 

LACHER LES ÉCLUSES : 

Pisser. 

L'allusion est juste, mal- 
gré que cela ne fasse pas 
monter la Seine. 

On dit aussi : mon pan- 
talon ne tient pas l'eau (Ar- 
got du peuple). N- 

LACHER LA RAMPE: Mou- 
rir (Argot des serruriers). 

LACHER SON GAZ : Éter- 
nuer bruyamment par en 
bas. 

Quand cela arrive à quel- 
qu'un dans la rue, les ga- 
mins lui disent : 

— Dieu vous bénisse ! 
(Argot du peuple). N' 

LACHER UNE TUBÉ- 
REUSE • Pet foireux qui 



répand une odeur qui ne 
rappelle pas précisément la 
rose (Argot du peuple). 

LACHER UNE SOURNOISE: 

Vesser en sourdine. 

Pet avorté (Argot (hi 
peuple). 

LACHETON : Diamant de 
vitrier (Argot du peuple). 
V. Lachard. 

LAFEE : Soupe. 

On dit aussi : mouise, 
tamhouille. 

Les maçons disent mor- 
tier, parce qu'ils empilent 
du pain dans le bol tant 
qu'il en peut tenir, ce qui 
forme une pîUée épaisse qui 
ressemble à du mortier 
(Argot du peuple) . iV. 

LAISSEZ PISSER LE MÉ- 
RINOS : Ne vous tour- 
mentez pas, laissez mar- 
cher les choses, elles vont 
bien. 

Autrefois on disait : 
Laissez pisser le mou- 
ton, ce qui est absolument 
la même chose (Argot du 
peuple) 

LAISSER TOMBER UNE 
PERLE : Ces ;perles-\k ne 
pourraient guère se mettre 
aux oreilles des dames car 
elles n'ont pas le parfum 
de celles de la gazelle (Ar- 
got du peuple). V. Pousser 
sa moulure. 



158 



LAI 



LAN 



LAIT A BRODER : Encre. 

Dans les prisons, quand 
le lazagneur écrit une 
lettre pour un camarade, il 
dit qu'il se sert du lait à 
hrodancher pour attendrir 
celui à qui on écrit. 

Brodancher pour bro- 
der. 

Encre est ici une figure, 
car souvent c'est le lait 
qui en sert. 

Dans les prisons on sait 
que toutes les lettres des'dé- 
tenus adressées à des pa- 
rents ou à des amis passent 
par le greffe. 

Le greffier ou le direc- 
teur lit la lettre et si elle 
ne contient rien de con- 
traire au règlement il la 
vise par ce signe : V . 

Le plus grand souci des 
prisonniers est d'éviter cette 
formalité gênante surtout 
si la lettre est adressée à 
un complice. 

Alors ils emploient le 
lait pour écrire entre les 
lignes écrites à V encre. 

Pour cela il faut du lait 
écrémé et du papier non 
glacé, parce que l'écriture 
serait grasse, brillante et 
la supercherie serait appa- 
rente. 

Pour faire apparaître 
l'écriture il suffit de frapper 
fortement la lettre avec un 
chausson plein de pous- 
sière ; la poussière s'atta- 



che aux caractères qui de- 
viennent lisibles. 

Autrefois dans les pri- 
sons on se servait d'oi- 
gnons, mais le truc fut dé- 
couvert, on n'en vend plus 
dans les cantines, tandis 
que l'on y trouve du lait 
(Argot des voleurs). A^. 

LAMPISTRON : Lanterne. 

Vient de lampiste, c'est 

le mot déformé (Argot des 

voleurs), V. Brulotte. N. 

LANCE : Eau, pluie. 

— Il tombe de la lance 
à ne pas mettre un chien 
dehors. 

Le peuple a emprunté ce 
mot à l'argot des voleurs. 

LANCIER DU PRÉFET : 

Balayeur. 

Allusion au long manche 
du balai qui ressemble à 
celui de la lance des lan- 
ciers (Argot du peuple). 

LANGUE DE CHAT: Petit 
morceau de savon très 
mince, en forme de langue 
de chat, que les vagabonds 
portent constamment dans 
leur poche. 

On nomme aussi langue 
de chat, une sorte de petit 
gâteau sec que l'on mange 
en buvant du thé (Argot du 
peuple). N. 



LAN SQU AILLER 

besoins. 



Faire ses 



LAN 



LAT 



159 



' ■ viens de mettre clans un 

I trou rond 

({u'uu jour avec impudence 

■ ministre Thiers sur un bal- 

I con 

Fit voir aux citoyens de France. 

Ce quatrain est de Gé- 
laril de Nerval (Argot des 
voleurs). 

I.VXSQUINE : Eau. pluie 
(Argot du peuple). V. 
Zance. 

lANSQUINER: Pleuvoir. 

— II lansquine à tor- 
rent. 

Lansquiner des chasses: 
Pleurer. 

Ea pluie tombe des yeux 
(^ Argot du peuple). 

LANSQUINEUR: Petit men- 
diant qui fait semblant de 
pleurer à ehaudes larmes 
sur la voie publique pour 
attendrir les passants (Ar- 
got du peuple). 

LANTERNER : Faire une 

chose mollement, accomplir 
un travail à regret : lanter- 
ner pour l'achever. 

Lanterner : synonyme 
de muser (abréviation de 
^'amuser). Marcher comme 
un chien qu'on fouette (Ar- 
got du peuple). 

LANDIER : Employé de l'oc- 
troi. 

Autrefois, lorsque la foire 
du landit battait son plein, 



toutes les marchandises de- 
vaient payer un droit fixe, 
des employés étaient pré- 
posés pour le percevoir ; les 
haudeurs nombreux les 
nommaient les tandiers. 

Dans le [)euple, on dit 
des (jabelous, en souvenir 
de ia gabelle (Argot du 
peuple) . 

r.ANDIÈRE : Roulique do 
marchand forain. 

Ce mol est également un 
souvenir de la célèbre foire 
du landit où les escholiers 
de la rue du Fouarre allaient 
en procession s'approvi- 
sionner de papier. 

Une chronique du temps 
dit que la tète de la colonne 
était à la Plaine-Saint-De- 
nis, alors que la queue était 
encore sur le parvis Notre- 
Dame (Arçot des forains). 

LANTIPONNER : Synonyme 
de rasoir et de bassinant. 
Généralement, les con- 
cierges passent leur temps 
à lanti'ponner , c'est-à- 
dire à bavarder (Argot du 
peuple). 

LAPIN (En poser un) : Pro- 
mettre cinq louis à une 
fdle, ne pas les lui donner 
et lui faire son mouchoir. 

Faire attendre quelqu'un 
dans la rue par dix degrés 
de froid (Argot des filles). 



160 



LAR 



LAR 



LAPIN FERRÉ : Gendarme à 
cheval (Argot des voleurs). 

LAPIN (Un rude) : Homme 
fort, un risque tout, en 
tout et en toutes choses. 

Dans le peuple, une 
lenuiie dit : 

— Mon homme est un 
rude lapin (Argot du peu- 
ple). A^. 

LAPIN DE COLLIDOR : Do- 
mestique . 

Quand une femme vient 
aux halles accompagnée d'un 
larhin, les marchandes, en 
remettant les achats au do- 
mestique pour les porter à 
la voiture, lui disent : 

— Tiens, mon vieux lapin 
de collidor (Argot du peu- 
ple). N. 

LAPINEUR : Genre de vol 
accompli par le conducteur 
d'omnibus qui oublie de 
sonner les voyageurs. 

Zajpineur y lenl sans doute 
du nom du voyageur, qu'on 
désignait jadis sous le nom 
de lapin (Argot des vo- 
leurs). . 

LARBIN : Domestique (Argot 
du peuple). 

LARBINIER : Complice qui 
se déguise en domestique 
pendant que le cambrioleur 
opère. 

C'est le larbinier qui va 
préalablement en reconnais- 



sance pour préparer le vol 
(Argot des voleurs). 

LARD (Vieux) : Terme de mé- 
pris employé pour qualifier 
les vieilles rouleuses. 

Superlatif : Vieux lard 
rance (Argot du peuple). 
N. 

LARDON : Enfant. 

Diminutif de la7'd. 

Dans le peuple, pour la 
chair de l'homme ou de la 
femme, on dit : le lard; 
comme V enfant est le pro- 
duit des deux sexes, de là, 
lardon. 

Quand quelqu'un, dans 
une conversation, vous pi- 
que à chaque moment, on 
dit: 

— As-tu bientôt fini de 
me larder ? 

Allusion au veau que le 
charcutier pique de lardons 
(Argot du peuple). N- 

LARGUE : Femme publique. 

Les voleurs disent /«r- 
guepé par une adjonction 
de finale. 

M. Marcel Schwob dit 
que largue s'explique par 
marqué (Villon. /. de 
Varg.), qu'on a eu las- 
quemé^ puis que la finale 
î??(9' est tombée; de là largue. 

Ilalbert d'Angers donne 
largue ou lasque. 

C'est largue qui a sub- 
sisté (Argot des voleurs). 



LAT 



LAV 



161 



LAIIMON : Etain (Argot des 
voleurs). iV. 

I . ARTIF o» LARTILLE : Pain 
(Argot des voleurs). V. Bri- 
cheton. 

I.ARTON : Pain (Argot des 
voleurs). V. Bricheton. 

LVRTONNIER : Voleur qui a 
pour spécialité de dévaliser 
les boutiques de boulangers. 
Lartonnier est impro- 
pre ; on devrait dire lar- 
tonneur (Argot des voleurs) . 
N. 

LASQUÉ : Vingt centimes 
(Argot des voleurs). iV. 

LA SEMAINE DES QUATRE 
JEUDIS : On dit d'une per- 
sonne sale et crasseuse 
qu'elle se débarbouille la 
semaine des quatre jeudis, 
c'est-à-dire jamais. 

Un paresseux ne travaille 
jamais que celte semaine- 
là. 

— Quand allez-vous me 
payer mon terme ? demande 
im propriétaire à son loca- 
taire. 

— La semaine des qua- 
tre jeudis. 

Cette expression est sy- 
nonyme de remettre aux 
cale7ides grecques (Argot 
du peuple). N. 

LA TAREE EST xMISE : Les 

enfants du peuple portent 



des pantalons fendus j>ar 
derrière, on en comprend la 
raison. 

Quand le moutard a fait 
ses besoins, il oublie d«> 
rentrer sa chemise ; il en 
passe toujours un lambeau, 
souvent taché de moutar- 
de ; les gamins lui crient : 

— La table est mise. 

Allusion à la nappe (Ar- 
got du peuple). A''. 

LATIF : Linge blanc (Argot 
des voleurs). 

LAUMIR : Perdre. 
— Il a laumi son pognon 
(Argot des voleurs). 

LAVER : Vendre ses frus- 



On dit a(.ssi nettoyer 
son complet (Argot du peu- 
ple). 

LAVER LA VAISSELLE: V. 

Descendre à la crémerie, 

LAVER SON LINGE (Avoir) : 
Le condamné qui a subi sa 
peine a lavé son linge. 

Il sort de prison blanc 
comme neige (Argot des vo- 
leurs) . 

LAVER SON LINGE SALE 
EN FAMILLE : Se dispu- 
ter dans son intérieur, se 
faire des reproches san- 
glants (Argot du peuple). 

LAVEU'R : Complice qui vend 



162 



LEC 



LEO 



aux receleurs les efîejs vo- 
lés (Argot des voleurs). 

LAVETTE : Langue. 

Dans le peuple, cette 
expresssion veut dire mou. 

On dit aussi : Mou 
comme une chiffe, apocope 
de chiffon rouge, langue 
(Argot des voleurs). N- 

LAVOIR : Confessionnal. 

Mot à mot, on y lave sa 
conscience (Argot des vo- 
leurs). V. Planche à lave- 
ment. 

LAZAGNE : Lettre (Argot 
des voleurs). 

LAZAGNEUR: Prisonnier 
qui écrit pour ses camarades 
de prison (Argot des vo- 
leurs). 

LAZZLLOFF: M.Prudhomme 
tient son fils par la main, 
un collégien de quinze ans, 
rue Notre - Dame - de - Lo- 
rette ; il hèle l'omnibus Ra- 
tignoUes-Clichy-Odéon : 

— Gond uctem% vous pas- 
sez rue de Tournon, de- 
vant chez Ricord ? 

— Oui, Monsieur. 
Alors, poussant son fils 

dans la voiture : 

— Montez, petit cochon ! 
(Argot du peuple). V. 

Chaude-lance. 

LE 36 DU MOIS : Réponse à 
un créancier qui demande : 



— Quand me paierez- 
vous? (Argot du peuple). 

N. 

LÉCIIARD ; Jeune homme 

(Argot des voleurs). iV. 

LÈCIIE-CUL (V. Fleitre- 
fesse. 

LÉCHER : Peindre un ta- 
bleau avec un soin méticu- 
leux . 

Dans les ateliers, on dit 
d'un peintre lécheur qu'il 
fait de la peinture de de- 
moiselle (Argot des artistes 
peintres). iV. 

LECTURE (Être en): Femme 
occupée sur sa chaise lon- 
gue (Argot des filles). ]<[. 

LËDÉ : Dix centimes (Argot 
des voleurs). Isf. 

LÈGRE : Foire, marché (Ar- 
got des voleurs). V. Lé- 
greur. 

LEGRER : Lever, tromper 
(Argot des voleurs). ]Sf. 

LÉGREUR (Le) : Est un fo- 
rain qui tient un jeu dans 
les foires et qui annonce, 
pour allécher le public, des 
lots imaginaires (Argot des 
voleurs). N, 

LÉON : Le président de la 
cour d'assises. 

— Quelle tapette, \e léon 
de la planche à pain. 
Léon, dans le peuple, est 



LES 



LEV 



163 



employé à tout propos : — 
— Vas y Z5'ow,lape dessus. 
(Argot du peuple). 

LENTILLE : Punaise (Argot 

des voleurs). N- 

LESBONDE : V. Accouplée, 

LES ROUTES SONT SURES 
ICI, ON NE VERSE PAS 
SOUVENT : Exclamation 
d'un ivrogne dans une mai- 
son où l'on verse à boire 
avec parcimonie (Argot du 
peuple). N' 

LES TOILES SE TOU- 
CHENT : Cette expression 
.signifie ne pas avoir d'ar- 
gent : les toiles des poches 
se touchent (Argot du peu- 
ple). .V. 

LES VINGT-HUIT JOURS : 

Quand les réservistes par- 
tent, ils emportent géné- 
ralement dans un mouchoir 
quelques menus objets de 
toilette. 

Quand les agents arrê- 
tent un individu, on le con- 
duit au poste de police où 
on le fouille très minutieu- 
sement; les objets qu'il 
possède sont enveloppés 
dans un mouchoir. Quand 
le lendemain, à 9 heures 
du matin, on le conduit au 
bureau du commissaire de 
police, l'agent qui le tient 
porte le petit paquet ; 
comme généralement ils 



sont huit ou dix à la file, 
quand ils passent, le peuple 
dit par allusion : Tiens ! 
/es vingt-huit jours ! (Ar- 
got du peuple). N- 

LESSIVANT : Avocat d'of- 
fice (Argot des voleurs). 

LESSIVEUR : Avocat. 

Il y a souvent des clients 
qui en ont besoin d'une 
rude de lessive pour blan- 
chir leur conscience. V. 
Blanchisseur. 

LESSIVEUR DE PÉTROUS- 
QUIN : Voleur qui dévalise 
les paysans. Motàmotrll 
les lessive (Argot des vo- 
leurs). 

LEVAGE AU CRACHOIR 

(Un) : 

Lever une femme par 
une faconde intarissable, 
l'éblouir par un luxe de 
paroles, pour l'empêcher 
de songer à la galette (Ar- 
got du peuple). 

LEVANQUÉ : Deux francs 

(Argot des voleurs). N. 

LÈVE-PIEDS : V. 3fon- 
lante. 

LEVER : Lever une affaire, 
la prendre à un autre. 

Lever im homme au café 
ou sur une promenade pu- 
blique. 

— A quelle heure vous 
levez-^ow'?^ ? 



164 



LÏG 



LIM 



- Quand on me couche. 
(Argot des filles). 

LEVER LA LETTRE : Pren- 
dre les lettres dans la casse 
pour aligner les mots dans 
le composteur et former 
les phrases (Argot d'im- 
primerie). 

LEVER LE CLL DEVANT 

(S'être) : Eti-e de mauvaise 
humeur. 

On dit aussi : il est de 
mauvais poil (Argot du peu- 
ple). 

LEVER LE PIED :V.3/^//n^ 

la dé sous la porte. 

[JCHANCE : Repas épatant 
où les convives repus rou- 
lent sous la table. 

— A la noce de mon cousin 
Ro-bosse. il y a eu une si 
balh lichance, que j'en ai 
boulotte pour quinze jours 
(Argot du peuple). 

LICIIE-FRITE : Pommes de 
terre frites (Argot du peu- 
ple). 

LIGNARD : V. Fantahoche. 

LIGOTTANTE : La corde 
(Argot des voleurs). 

LIGOTTER : Attacher les 
mains. 

Quand le prisonnier est 
trop récalcitrant, on le 
ficèle comme un saucisson 
(Argot du peuple). 



rJMACE : V. Rôdeuse. 

LL\IAGE : Chemise (Argot du 
peuple). 

LLMANDE : Plate comme un ' 

limande. 

— Prends garde, la li- 
mande va te couper dans 
le pieu. 

On dit également d'une 
femme qui a la figure en 
lame de couteau : 

— Elle a une gueule de 
limande. 

Quand elle grimace : 

— Elle a une gueule de 
raie (Argot du peuple). V. 

. Sac à os. 

LIME : Diminutif de limace 
(Argot des souteneurs). 

LIMER : Fait qui se produit 
après trente ans de mariagf 
(Argot du peuple). 

LIMONADE : Eau. 

Tomber dans la limo- 
nade, ce n'est pas « se lais- 
ser choir dans l'eau », 
comme le dit A. Delvau, 
c'est tomber dans la mi- 
sère : — Il est tombé dans 
la limonade. 

Il existe à ce -^ujet une 
chanson : 

Ah ! il est tombé dans la 
I limonade 
(Argot du peuple). N. 

LIMOrSINIER : Voleur de 
tuyaux de plomb dans hs 
maisons en construction. 



LIN 



LOC 



165 



Il se noiniiie V'J?'»^^'" 
iiieul \o\euv(\e f/rasdoub/e, 
jiînce ((lie les feuilles de 
[ilouib ou (le ziuc roulées 
ressenihlent aux rouleaux 
(le tripes que l'ou voit k 
lï'lalage des tripiers (Argot 
du peuple). 

MNCÉ : Vingt-cinq cenliines 
(Ai-got des voleurs). 

LLNGE liAVÉ (Avoir sou) : 
Les voleurs en prison 
connue les troupiers, n'ont 
plus à s'occuper de la blan- 
chisseuse (Ai^jjot des vo- 
leurs). 

IJNCOT : Forain qui met de 
la porcelaine ou de la ver- 
rerie en loterie. 

La roue qui tourne pour 
indiquer le nuuKJro gagnant 
se nomme un /itif/ol (Ai^got 
des forains). iV. 

LINGRE : Couteau. 

Quelques auteurs disent 
lingue, c'est une erreur, 
lingre est une corruption 
de Langres, ville renom- 
mée pour la fabrication de 
ses couteaux (Argot des vo- 
leurs). 

LINGRELK : Assassin qui 
tue à l'aide d'un couteau 
(Arçot des voleurs). 

LLNSPRE ou L'L\SAPRÉ: 
C'est plutôt celte dernière 
expression qui est la vraie, 



car elle signifie inspecteur 
et non prince (Argot des 
bouchers). 

LLWÉ : Un franc (Ai-got des 
voleurs). N. 

LIQUETTE : V. Limace. 

LIQUIDE DE BACCIIUS : 

Vin (Arçot du peuple). 

LIQUIDE DE CANARI) : 
Eau (Argot du peuple). V. 
Lance. 

LIRE AUX ASTRES : Syno- 
nyme de bailler à la lune, 
ujettre trois heures pour 
faire une course de cinq mi- 
nutes (Argot du peuple). 
V. Gohe-7nouches. 

LISDRÉ : V. Fricadier. 

LITARGE : V. Lance. 

LIVRAISON DE BOIS DE- 
VANT LA PORTE : V. Ca- 

pito7inée. 

LOCANDIER : V. Bonjon- 
rier. 

LOCANDIER : Variété de 
voleur au bonjour (Argot 
des voleurs). V. Bonjou- 
rier. 

LOCHE : Oreilles (Argot des 
voleurs). V. Esgourdes. 

LOCHE : Paresseux, fainéant. 
Allusion à la loche qui se 
traîne péniblement. 



166 



LOP 



LOU 



On dit égaleiuenl 



Pa- 



resseux comme un loir. 

Le loir dort au soleil 
(Argot du peuple). N. 

LOCIIER ; Branler, tomber. 

— Tu branles dans le 
manche, tu vas être renvoyé 
de ta place. 

Ce à quoi les farceurs 
répondent : 

— Tout ce qui branle ne 
tombe pas (Argot du peu- 
ple). N. 

LOGER RUE DU CROIS- 
SANT : Si tous les maris 
cocus devaient rester rue du 
Croissant, il faudrait pro- 
longer cette rue jusqu'à 
Vincennes (Argot du peuple) . 
V. Joseph. N. 

LOITÉ : Quinze centimes (Ar- 
got des voleurs). ISf. 

LONG DU MUR (Le) : Les 

murs sont blancs; quand on 
s'y frotte, on blanchit ses 
elïéts. 

Allusion à une bonne qui, 
avant d'entrer en place, de- 
mande ce qu'elle gagnera : 

— Nourrie, vingt francs 
par mois, un jour de sortie. 

— Et blanchie ? 

— ■ Le long des murs 
(Argot du peuple). iV". 

LONGE : V. Berge. 

LOPHEUR : Fabricant de faux 
papiers (Argot des voleurs) . 



LOQUES : Vieux vêlements 
usés jusqu'à la corde. 

Cette expression s'ap- 
plique également aux vieux 
morceaux de ferrailles qui 
servent d'enjeu aux enfants 
(Argot du peuple). 

LORCEFÉ DES PONIFEES : 
Prison de Saint-Lazare 
(Argot des filles). 

LORGNE : Borgne. 

On dit aussi : lorgne- 
bé. Le borgne ne lorgne 
que d'un œil. 

On dit aussi : 11 ne peut 
voir que à^un bon œil (Ar- 
got du peuple). 

LOUCIIONNE : La cuillère 

(Argot des voleurs). N. 

LOU F : Abréviation de lou- 
foque (Argot du peuple). 

LOUFIARDER : Vesser sour- 
dement (Argot du peuple). 

N. 

LOUFOQUE : Fou (Argot 
des bouchers). 

LOUP : V. Contre-coup. 

LOUPEUR : Mauvais ouvrier 
qui flâne, qui tue le temps 
en loupant pour attendre 
l'heure de la sortie et qui 
a plus souvent les yeux 
fixés sur la pendule que 
sur son ouvrage. 

En 18i8, un marchand 
de vins, boulevard de Bel- 



LUI 



LUS 



167 



leville, avait pris pour en- 
seigne : Aie camp de la 
hiipe, tenu par Feigyiant 
(Argot du peuple). 

l.OUPEUR : Désigne le vo- 
leur qui, à la tombée de la 
nuit, vole des diamants chez 
les bijoutiers au moyen 
d'une loupe à deux bran- 
ches (Argot des voleurs). 

I.OUP-CERVIER : Alors que 
les boîirsiers seréunissaient 
devant Tortoni, on les nom- 
mait ainsi. 

Aujourd'hui, l'expression 
n'est plus eu vogue, mais le 
boursier est toujours syno- 
nyme de loup-cervier (Ar- 
got des boursiers). 

KOUPIOT : Enfant (Argot du 
peuple). 

i.OLRDIEK (Le) : V. Pessi- 

gner les lourdes. 

LUISANT : Le jour (Argot 
des voleurs). iV. 



LUISARD : V. Bourguignon. 

LUiMIGNON : V. Bourgui- 
gnon. 



LUNE (La faire voir) ; Mon- 
trer son cul : 

Quand j'étais petit je n'étais 
I ^)as grand 
Je montrais mon cul a tous les 
( passants. 
Allusion à la rondeur ; fa- 
cile à comprendre (Argot 
du peuple). 

LUQUELR : Voleur qui es- 
croque les gens à l'aide de 
faux papiers (Argot des 
voleurs). 

LUSQUINEUR : Voleur qui 
s'habille en charbonnier pour 
dévaliser les baquets des 
véritables charbonniers. 
C'est une variété du rou- 
lottier (Argot des voleurs). 

LUSQUIN : Charbon (Argot 
des voleurs). 

LUSTRE : V. Palpeurs. 



168 



MAI- 



MAC 



M 



MAC : Diiniimlir de n);i((ue- 
reau. 

Quelques- nus écrivent 
mec, d'autres mecque. 

C'est mac qui est le 
vrai mot (Aruot des soute- 



MACADAM : Accoster les 
hommes. L. L. 

On voit d'ici les filles 
faire le macadam qui est 
la chaussée des houlevards, 
pour raccrocher sans doute 
les omnibus, les fiacres et 
les becs de gaz. 

Macadam est le nom 
rlonné à un vin blanc épais, 
venant soi-disant de Mont- 
bazillac, qui est vendu par 
les mastroquets au moment 
des vendanges (Argot du 
peuple). N' 



MACARONER: Vient (\e ma- 
caron. 

Macaron dans le peu- 
])le veut dire huissier ; 
dans l'argot des voleurs, il 
veut dire traître. 

II est vrai qu'il n'y a 
pas grande différence entre 
les deux. 

Un voleur est traître en 
dénonçant ses complices ; 
un huissier est traitre vis- 
à-vis des malheureux (Ar- 
got des voleurs). N. 

MACÉDOINE : Combustible. 
L. L. 

Macédoine est une sa- 
lade composée de toutes 
sortes de légumes ; on la 
nomme salade russe. 

Macédoine est égale- 



MAD 



MA( 



\{\\) 



ment syiiouyiut; d'arlequin 
(Ai^çîot du peuple). A'. 

MACIŒK LES MOTS uNe 
pas) : Dire ean'énieut à 
(|uelqu'un ee (jue l'on pense. 
Parler gros.sièrenient : 
ainsi, dansle peu[)le, quanti 
on (lit vierde à quelqu'un, 
on r('pontl : mâche (Arj,M>t 
(lu peuple). X- 

MACUOTIN : Petit nuMpie- 
leau d'oceasion (jui j^dane 
par-ei par-là quelques sous, 
en attendant qu'il soit assez 
ioit pour avoir une mar- 
mite à lui seul. 

Le petit macrotin coni- 
nienee généralement à être 
ratoji et pégriot (Argot 
des souteneurs). N. 

MACCiL\BÉE : Cadavre. 

Se dit plus parliculière- 
ment d'un noyé que les ma- 
riniers retirent de l'eau. 

Les croque-morts diseni 
aussi du mort qu'ils vont 
enlever : 

— Emballons vivement 
le macchabée, il fouette à 
en ci'ever (Ai-got du peu- 
ple). V. Bouffi. 

.\L\DAME LA HESSOLRCE : 

La marchande à la toilette, 
la brocanteuse, le mont-de- 
piété (ma tante), tous ces 
rongeurs sont madame la 
Ressource pour les pauvres 
gens qui venden t ou engagent 



leurs dernières nippes( Argot 
du peuple). 

MADEMOISELLE DU lil- 
TUME : Péripatétitienne 
qui foule le bitume du ma- 
tin au soir. 

Le bitume, c'est son 
atelier, sou champ de nia- 
meuvres, elle y règne en 
souveraine, elle l'a conquis 
à la pointe de ses bottines 
( Ai-got du peuple). 

MADEMOISELLE DU PONT 
NEUF : Fille publique. 
L'allusion est typique. 
Connue sur le Pont-neuf 
tout le monde y passe libre- 
ment, avec cette dillérence 
toutefois que h^ pont est à 
péage (Argot du peuple). 
N. 

MADKICE : Finesse. 

Vient de madré, 

— lia roulé le palpeur. 
il est rieixmadrice, lego/tce 
(Argot des voleurs). 

MAGASLN DE BLANC : Mai- 

son de tolérance. 

Il est assez difficile d'ex- 
pliquer le pourquoi de cette 
expression ; elle vient sans 
doute de ce que dans le 
))euple, tous ceux qui vi- 
vent de la fennne sont des 
mangeurs de blanc. 

La maquerelle est dans 
ce cas (Argot du peuple). 
N. 

10 . 



170 



MAI 



MAL 



MAGNES : Abréviation de 

manières. 

Magne est ici pour fa- 
çon. 

— Ne fais donc pas tant 
de magnes, il fout y aller 
carrément. 

— Tu fais des magnes 
ma vieille, ça ne prend pas 
Argot du peuple). A^. 

MAILLOCHE (Il est) : Syno- 
nyme d'avoir reçu un coup 
de marteau. 

On connaît la légende de 
Martin et Martine, de l'hor- 
loge de Cambrai, qui a 
donné naissance au dicton 
populaire pour qualifier un 
être déséquilibré : 

— Il a passé à Cambrai, 
il a reçu un coup de mar- 
teau. 

Mot à mot : il est tim- 
bré (Argot du peuple). A^. 

MAILLOCHONS : Les pieds. 

Allusion au bruit que 

font les pieds en marchant. 

— Ils frappent le pavé, 
ce qui produit des coups de 
mailloche (Argot des vo- 
leurs). A^. 

MAITRES CHANTEURS: In- 
dividus qui font payer des 
imbéciles pour acheter leur 
silence. 

Il y en a de différentes 
catégories. 

Le maître chanteur fi- 
nancier qui fait chanter les 
sociétés financières. 



Le maître chanteur qui 
se sert d'un Jésus pour 
l'aire chanter l'homme à 
passions contre nature, 

Il y a des maîtres chan- 
teurs dans toutes les clas- 
ses de la société (Argot du 
peuple) . 

MAITRESSE DE PIANO : 

Professeur qui apprend aux 
cocottes illettrées le moyen 
de tirer des carottes par 
correspondance à leurs 
amants. 

En fait de musique elle 
coupe les cors et tire les 
cartes. 

Elle procure au besoin 
(Argot des filles). 

MAJOR DE TABLE D'HOTE : 

Individu à tout faire, qui 
est maquereau à l'occasion. 
Le major a toutes les 
apparences d'un militaire 
en retraite ; il porte à la 
boutonnière une rosette mul- 
ticolore d'ordres exotiques. 
Le major de table d'hôte 
est un rastaqiiouère de 
premier ordre (Argot du 
peuple et des filles) . 

MAL BLANCHI : Nègre. 

{}nQ plaisanterie popu- 
laire très usitée consiste à 
dire à un nègre : 

— Si on te conduit chez 
le commissaire, je ne te 
vois pas blanc (Argot du 
peuple). N. 



MAN 



MAN 



171 



MALADIE : Emprisoiiiu 
gol des voleui's). 



(Ai- 



MALTAISE : Pièce de viiigl 
francs (Argot des voleurs) . 
V. Signe. 

MALTOUSE : Contrebande. 

Ilalbert d'Angers dit j:>a6- 
quiner la maltoiise. 

C'est une erreur; c'est 
pastiquer, parce que ce 
mot veut dire passer. 

Mot à mot, pasHquer la 
maltouse : passer de la 
contrebande, faire la fraude 
sur des objets soumis aux 
droits de roclroi (Argot des 
voleurs) . 

MAMAX-MACA : Maquerelle 
qui lient une maison de to- 
lérance. 

Les pensionnaires appel- 
lent la tenancière maman; 
quand elle est vieille, ce qui 
est fréquent, elles y joi- 
gnent le mot maca, abré- 
viation de macaque qui, 
dans le peuple , signilie 
vieille guenon (Argot des 
tilles). N. 

MANCHE (Faire la) : Mendier, 
quêter. 

Les voleurs restés en li- 
berté font la manche pour 
venir en aide à un cama- 
rade qui est en prison. 

Les sœurs de charité 
font la manche dans les 
maisons aisées pour soulager 
les pauvres et les malades 



des hôpitaux (Argot des 
voleurs). iV. 

MANCHE A MANCHE : 

Quand deux adversaires ont 
perdu chacun une partie, ils 
sont manche à manche 
(Argot des voleurs). V.ii^//^. 

MANCHON (Avoir des vers 
dans son) : Avoir le crâne 
dénudé par place. 

Allusion aux mites qui 
font des stries dans les étof- 
fes de laine (Argot du peu- 
ple). 

MANDOLLE (Eu jeter une) : 
Donner un soufllet à quel- 
qu'un (Argot des voleurs). 
V, Giroflée à cinq feuilles. 

MANGER LA GRENOUILLE: 

Caissier qui mange le con- 
tenu de la caisse. 

Notaire qui vole les fonds 
qui lui sont confiés. 

Sergent-major qui lève 
le pied avec la solde de sa 
compagnie. 

Se dit en général de tous 
ceux qui mangeyit l'argent 
qui ne leur appartient pas. 

Cette expression vient de 
ce que, en Hollande, les 
banquiers avaient pour em- 
blème prolecteur, sur la 
serrure de leur coffre-fort, 
une grenouille en bronze ; 
lorsque le colfre-fbrt était 
fracturé, la grenouille était 
déplacée. De là; manger la 



172 



MAN 



MAQ 



grenouille (Argot du peu- 
ple). N. 

MANGER LE MORCEAU : 

Dénoncer ses complices, ou 
avouer ses méfaits (Argol 
«les voleurs). V. Mouton. 

MANGER DE LA VACHE 
ENRAGÉE : Malheureux qui 
ne mange pas tous les jours. 
— Ah ! tu ne veux pas 
travailler, propre à rien, tu 
vas foutre le camp, tu man- 
geras de la vache enragée 
(Argol du peuple). 

MANGER DU PALN ET DU 
FROMAGE : Repas de fu- 
nérailles. 
C'est une vieille coutume. 
Quand on enterre un ca- 
marade, on mange du pain 
et du fromage, ou on casse 
la gueule à un lapin en sou- 
venir du mort (Argot du 
peuple). 

MANGER LE BON DIEU : 

Communier. 

L'allusion est claire (Ar- 
got du peuple). 

MANGER SUR L'ORGUE : 

Charger un complice. 

Mot à mot : lui mettre 
ses méfaits sur le dos pour 
essayer de s'en décharger 
(Argot des voleurs). 

MANGEUR DE BLANC : 

Homme qui vit aux dépens 
des autres, et particulière- 



ment des femmes qui se li- 
vrent à la prostitution. 

L'allusion est suffisam- 
ment claire pour se passer 
d'explication (Argot du peu- 
ple). 

MANGEUSE DE MANDE 
CRUE : Cette figure dégoû- 
tante, mais très caractéris- 
tique, désigne une fille pu- 
blique qui a une certaine 
spécialité (Argot des soute- 
neurs). 

MANNEQUIN (Tu n'es qu'un): 
Pas grand'chose de bon. 

Mannequin : indivirlu 
guindé, habillé à la der- 
nière mode. 

Mot à mot, qui ressem- 
ble à un mannequin expos«'' 
à la porte d'un tailleur. 

Mannequin : liotte «le 
chiffonnier (Argot «lu peu- 
ple). 

MANNEQUIN DE MACHA- 
BÉES : Corbillard. 

Allusion au panier dans 
lequel est jeté le condamné 
après l'exécution (Argot des 
voleurs). V. Omnibus de 
coni. 

MAQUEREAU : Les uns 

croient que ce mot vient de 
l'hébreu machar., qui si- 
gnifie vendre, parce que 
c'est le métier de ces sortes 
de gens de vendre les fti- 
veurs des filles. 



MAQ 



MAO 



173 



D'autres font dériver 
celte expression à'aquarius 
ou iVaquario/as, parce que 
chez les Romains les por- 
teurs d'eau étaient les in- 
termédiaires de la prosli tu- 
lion, d'où nous avons fait, 
en ajoutant la lettre J/, 
Maqnariohis. et que de là 
s'est formé le nom de ma- 
quereau. 

D'autres encore affirment 
que ce mot vient du latin 
macalarellus, parce que 
dans les anciennes comédies, 
à Rome, les proxénètes de 
la débauche portaient des 
habits bizarres,et ils étayent 
leur opinion sur ce que ce 
nom n'a été donné à l'un 
de nos poissons de mer que 
parce qu'il est mélangé de 
plusieurs couleurs dans le 
dos (Dassessart, Diction- 
naire de police, Bnlenger 
opuscul.) 

Quoi qu'il en soit, la si- 
gnification du mot maque- 
reau est de vivre aux dé- 
pens de quelqu'un, mais 
l'expression s'applique plus 
généralement à ceux qui 
vivent de la prostitution 
des femmes. 

Soute7ieur, qui vit des 
filles publiques, ou mari 
qui laisse sa femme se pros- 
tituer, lequel est unmaqîce- 
reau légitime (Argot du 
peuple). 

MAQUERELLE: Maîtresse de 



maisons de tolérance ou de 
maisons de rendez -vous, 
femme qui vit du travail 
des filles (Argot du peuple), 
V. Maraan-Maca. 

MAQUECÉE : Abbesse d'une 
maison de tolérance. 

Vient des deux mots : 
maq, abréviation de maqiie- 
relle, et de ce, femme d'ar- 
gent; de là maquecée (Ar- 
got des souteneurs). iV. 

MAQUILLER : Se farder le 
visage. 

Pour réparer des nuits l'irrépa- 
I rable outrage. 

Quand un ouvrage est 
raté, on le maquille pour 
le faire accepter. 

Maquiller un tableau. 
11 existe des peintres spé- 
ciaux qui font du vieux 
avec du neuf. 

Une toile est fabriquée 
par un rapin quelconque, 
une signature de maître 
figure au bas, Xemaqnilleur 
lui donne l'aspect de la 
vétusté, et un amateur naïf 
l'achète. 

Il y a comme cela des 
Velasquez peints à Mont- 
martre (Argot des filles et 
des peintres). i\r. 

MAQUILLEUSE DE BRÈ- 
MES : La tireuse de cartes. 
Il en existe de célèbres 
dans le monde des filles. 

10. 



174 



MAR 



MAR 



Elles font des recettes fruc- 
tueuses. 

La maquilleuse de brè- 
mes ne se borne pas à tirer 
les cartes, elle procure pour 
les deux sexes. 

Généralement, c'est une 
ancienne fille sur le retour 
qui ne peut plus peloter 
que le valet de cœur (Argot 
des filles). 

MARBRE : Ainsi nommé parce 
que c'est une table en fonte. 

Table sur laquelle les ty- 
pographes alignent les ^a- 
^W(?^5 corn posant les articles. 

Avoir un article sur le 
marbre : attendre son tour 
pour être imprimé. 

Quand un article reste 
trop longtemps sur le mar- 
bre, il faut le distribuer. 

Marbre est une ironie 
pour les pauvres journa- 
listes. 

Leurs articles refroi- 
dissent sur le marbre (Ar- 
got d'imprimerie). iV. 

MARCANDIER : Cette ex- 
pression désigne les mar- 
chands, quel que soit leur 
commerce (Argot des vo- 
leurs). 

MARCHAND DE MORT SU- 
BITE : Le maître d'armes 
et le bourreau. 

Le maître d'armes ap- 
prend à ses élèves les 



moyens de tuer un homme 
proprement. 

Le bourreau coupe la 
tète du condamné pour lui 
apprendre à vivre (Argot du 
peuple). iV. 

MARCHER DEDANS : Mettre 
les pieds sur une senti- 
nelle. 

Marcher dans la merde, 
suivant un dicton populaire, 
cela porte bonheur. 

On dit d'un homme heu- 
reux en toutes choses, à qui 
tout réussit : 

— C'est pas possible, il 
a marché dans la merde 

On dit également : 

— Il a écrasé un colora- 
bin (Argot du peuple), N. 

MARCHER SUR LE DER- 
NIER QUARTIER • User 

le restant de ses souliers . 

Par dérision, on dit à 
un homme dont les souliers 
boivent l'eau du ruisseau : 

— Tes 'pafs sont fo- 
chards. 

On dit encore : 

— Tu vas t'enrhumer, 
tes rigodons ont un cou- 
rant d'air (Argot du peuple). 
N. 

MARCHEUSE : Belle femme 
qui figure à l'Opéra, 

Marcheiise : la femme 
qui appelait les passants en 
termes très engageants ; elle 
détaillait avec complaisance 
les charmes de la marchan- 



MXW 



MAR 



175 



(lise qui était dans l'iiiU!- 
l'ieiir de la maison. 

La marcheuse était gé- 
néralement un heefteack à 
corbeau hors d'âge et de 
service. 

Les marcheioses furent 
supprimées à la porte dos 
maisons de tolérance par 
arrêté de M. Andrieux, pré- 
fet de police, en 1881 (Ar- 
got des souteneurs). 

MARGOT : Femme de peu. 

— Tu n'es qu'une sale 
Margot. 

l*ourquoi chercher dans 
Margot le diminutif de 
Marguerite"^ 

Toutes les Marguerites 
ne sont pas de Bourgogne. 

11 y en a qu'on aimerait 
à effeuiller. 

On dit aussi Margoton 
(Argot du peuple). iV. 

MARGOULETTE : La bou- 
che. 

Il existe en Boui^ogne 
des vases en terre vernissée 
qui ont un goulot sem- 
blable à la bouche. Pour 
cette raison, on appelle ces 
vases des gouleltes. 

Mar a tout simplement 
été ajouté, déformant le 
mot primitif pour en for- 
mer un autre qui a le même 
sens, car les nourrices di- 
sent aux enfants : 

— Viens que j'embrasse 
ta petite goulette. 



Rincer la margouletle 
h un ami, c'est lui payer à 
boire (Argot du peuple). 
X. 

MARGOUf.lN : Débiteur de 
mauvaises boissons. . 

Marchand de vin qui a 
une fontaine dans sa cave 
pour fabriquer le fameux 
cru de Château la Poinpe. 

Margoulin : méchant; 
ouvrier, fainéant, grossier, 
brutal, qui lève plus sou- 
vent le coude qu'un mar- 
teau. 

C'est, dans le peuple, un 
gros terme de mépris que 
de dire h un individu : 

— Tu n'es qu'un mar- 
goulin 1 (Argot du peu- 
ple). N. 

MARIAGE A LA DÉ- 
TREMPE : Mariage à la 
colle. Quand elle est trop 
détrempée, le papier ne 
tient pas. 

Autrefois, avant l'an- 
nexion de la banlieue à Pa- 
ris, on disait : 

— Ils sont mariés au 
treizième arrondissement . 

Parce qu'il n'y en avait 
que douze. 

Aujourd'hui on dit au 
vingt et unième, parce qu'il 
n'y en a que vingt (Argot 
du peuple). N- 

MARIE -COUCHE-TOI- LA : 

Femme qui se met sur le 



176 



MAR 



MAR 



dos pour un oui ou un non. 
Rôdeuse de caserne (Ar- 
got des troupiers). iV. 

MARIE-SAG-AU-DOS : 

Femme toujours prête. 

Allusion aux troupiers 
qui, quand le quartier est 
consigné en vue d'un évé- 
nement quelconque, cam- 
pent dans la cour de la ca- 
serne sac au dos, 'prêts à 
partir (Argot des troupiers). 
V. Rem'par denses. N. 

MARIE-PIQUE- REMPART : 

Femme qui rôde la nuit sur 
les remparts, aux environs 
des postes de soldats. 

On devine ce qu'elle cher' 
che : un gîte et un restant 
de soupe. 

Huit ou dix jours plus 
tard, le troupier sait ce 
qu'elle a apporté (Argot 
des troupiers). iV. 

MARIOLE : Malin, rusé, rou- 
blard. 

On est mariole ou on le 
fait. 

Dans les ateliers, un ma- 
riole passe pour un phé- 
nix. 

Mariole doit être pris 
ici comme synonyme de 
marlou. 

— Tu n'as pas coupé la 
patte à coco, tu n'es pas 
si tnarioleqneça, on pour • 
rait bien te river ton clou. 

11 existe une chanson qui 
dit : 



Tant qu'il y aura des 

I pantes. 

Les marioles buulotte- 

I ront. 

(Argot du peuple et des 
souteneurs). N. 

MARKOUSE : Carte mar- 
quée visiblement par le 
honneteur . Mais aussitôt 
qu'elle a été vue par la dupe, 
elle est démarquée. 

Il la devine, mais ce n'est 
plus la même (Argot des 
camelots). 

MARLOU : Individu qui vit 
de la prostitution des 
femmes. 

Marlou vient du vieux 
mot mar lier, avec un chan- 
gement de finale (Argot des 
filles). 

MARLOU A LA MIE DE 
PAIN : Marlou qui ne sait 
pas faire travailler sa mar- 
onite ou qui en a une récal- 
citrante. 

Je lis dans les Lamenta- 
tions d'un souteneur : 

Quoi ? C'est éteint... tu 

I r'buttes au flanche. 

Y'a pu de trottinage à la 

I clé. 

Des dattes pour aue tu 

I fass'la planche, 

L'anse de la marmite est 

! cassée. 

(Argot des souteneurs). N. 

MARLOUPliN : Jeune mar- 
lou qui fait son apprentis- 
sage dans les bals publics. 
On dit aussi goussepin : 



MAU 



M Ali 



177 



petit vagabond dont la pre- 
mière étape est la petite Ro- 
({uotte et la dernière sou- 
vent, la grande. 

Goussepin gouspiné : 
voler (Argot des voleurs). 

MAULOIJSIER : Malin, rusé, 
diniinutirde marlou (Ar- 
got des soulen'urs). 

MARMITE : D'après M. Lo- 

rédan Larchey, c'est une 
lille publique nourrissant 
son souteneur. 

Un souteneur sans sa 
marmite est un ouvrier sans 
ouvrage, dit Canler. 

La marmite de terre est 
une prostituée qui ne gagne 
pas de pognon à son soute- 
neur. 

La marmite de fer com- 
mence à être cotée; elle 
gagne un peu de galette. 

La marmite de cuivre^ 
suivant Halhert, c'est une 
mine d'or. 

J/«rwî7^, d'après Pierre, 
est une femme qui n'aban- 
ilonne pas son mari ou son 
amant en prison et lui porte 
des secours. 

Le peuple qui ne cherche 
ni si haut ni si loin, consi- 
dère tout tranquillement la 
femme comme une mar- 
iiiite. 

Quand elle trompe son 
mari avec son consente- 
ment, elle fait bouillir la 
marmite. 



Quand elle fait la noec 
jtour son compte, qu'ell.» ne 
rapporte pas, il y a un 
crêpe sur lamarmite (Ar- 
got du peuple). N. 

MARMITE AXARCmSTE : 

Comme la précédente, celle- 
là ne rapporte pas ; elle fait 
sauter — pas les écus, mais 
les maisons. 

C'est une marmite qui 
n'est guère en faveur, car 
elle fait perdre la tète (Argot 
du peuple). N. 

MARMITEUX : Homme qui 
a sans cesse la larme à 
l'œil. 

Corruption par exten- 
sion du mot miteux (qui a 
la cire aux yeux) (Argot du 
peuple). N. 

MARMITON DE D0MAN(;E : 

Vidangeur. 

On dit aussi : marmiton 
de Richer (Argot du peu- 
ple). 

MARMOTTE : Madras que 
les marchandes portent en- 
core sur la tète en guise de 
coiffure. 

Marmotte : diminutif de 
marmite. 

— Tu n'es qu'une sale 
marmotte (Argoi du peu- 
ple). 

MARMOUSET : Le pot au 
feu. 

— Amène-ta morue ce 



178 



MAR 



MAR 



soir, nous boiùlotierons, 
mince de hidoche dans le 
marmouset: 

Allusion au bruit que fait 
l'eau en bouillant : elle 
marmoiise (Argot des vo- 
leurs). 

MARNER : Signifie travailler. 

Les voleurs disent éga- 
lement marner pour voler, 
puisque voler est pour eux 
travailler. 

Marner est une variété 
du vol à V embrassade ^ à 
l'exception toutefois qu'il 
est généralement pratiqué 
par des femmes (Argot des 
voleurs). 

MARNEUSES : Filles publi- 
ques qui travaillent au bord 
des rivières 

On dit aussi : jponiffes et 
magneiises. 

Cette dernière expres- 
sion indique une spécialité 
(Argot des souteneurs). 

MARNOIS : Souliers énor- 
mes. 

Synonyme de péniche 
('Argot des voleurs). 

MARRAINE : Témoin femelle 
(Argot des voleurs). 

MARRÉ : En avoir assez, 

s'ennuyer d'être en prison. 

— jfe vais me marrer 

pendant cinq berges (Argot 

des voleurs) . 

MAROTTE (Avoir une) : Idée 
fixe qui varie suivant les 
tempéraments, 



Tous les collectionneurs 
sont des gens à marotte. 

Marotte est synonyme 
de dada. 

Marotte signifie égale- 
ment chanter. 

— A toi, la Saucisse, 
c'est ton tour de raarotte 
(Argot des voleurs). N. 

MARRON : Livre imprimé 
clandestinement (Argot d'im- 
primerie). 

MARRONNER UN GRIN- 
CHISSAGE : Celte expres- 
sion n'est pas juste, car 
marronner veut dire en 
vieux français 'pirate.^ et, en 
même temps, bouder, mur- 
murer entre ses dents. 

Les voleurs l'emploient 
pour dire qu'ils ont man- 
qué un Dol (Argot des vo- 
leurs). N' 

MARQUE-MAL : Se dit de 
quelqu'un qui a un vilain 
aspect (Argot du peuple). 

MARQUÉ OU MARQUETS : 

Mois (Argot des voleurs). 

MARQUÉ (Il est) : Être gra- 
vé par la petite vérole (Ar- 
got du peuple). V. Poêle à 
marrons. 

MARQUÉ : Être ridé comme 
une vieille pomme (Argot 
du peuple). 

MARQUE DE CE : Femme 
légitime de voleur. 



MAS 



MAT 



179 



ï 



Femme d'ai^'ent (Ai^ot 
(les voleurs). 

MVKQUER (Ne plus) : Fem- 
me qui n'a plus d'échéance 
à chaque fin de mois (Ai-got 
(hi peuple). 

MARQUER A LA l'OlR- 
CHETTE: Marchand de vin 
(|ui majore ses notes. 

Allusion aux quatre dents 
<1(* la Iburchette; il fait qua- 
tre raies à la fois (Argot 
(lu peuple), 

MARQUIS DE LA BOURSE 
PLATE : Homme absolu- 
ment sans le sou (Argot du 
peuple). V. les toiles se 
1 lichen û. 

MASTIC : Terme usité en im- 
primerie pour indiquer qu'il 
y a erreur dans le classe- 
ment des phrases et des 
alinéas, ce qui rend l'arli- 
cle tout à fait incompréhen- 
.sible (Argot d'imprimeur). 

MASTIC (Péter sur le) : Le 
peintre en bâtiment qui, le 
lundi, veut llàner, emploie 
cette expression pour dire 
qu'il ne veut pas travailler : 
— .le péie sur le mastic 
(Argot du peuple). N- 

MASTROQUET : Marchand 
(le vin. 

Dernière transformation 
(lu mot mannezingue. 

Mann, homme, zinc, 



par corruption zmgue , 
comptoir (Ai^ot du peuple). 
V. Bistro. 

MASSEPAIN : Ce nom se 
doime généralement à une 
sorte de gâteau que l'on 
vend dans les Ibires; il a 
aujourd'hui une signitiea- 
tion bien autrement « fin- 
de-siècle »; il sert à dési- 
gner la catégorie d'indivi- 
dus qui ont à Paris des sa- 
lons d'essayages pour da- 
mes, avant de les expédi<M' 
dans les maisons hospita- 
lières de France ou de l'é- 
tranger (Argot des soute- 
neurs). iV^. 

MASSER : Travailler, peiner 
ferme. 

Allusion au cantonnier 
qui casse avec une masse 
les cailloux sur les routes. 
Il n'existe pas de métier 
plus pénible, il est vrai 
qu'ils n'en prennent qu'à 
leur aise, car la sueur des 
cantonniers n'a pas de prix. 
Ce n'est sûrement pas 
eux qui ont créé la fameuse 
légende , que les riches 
mangeaient la sueur du peu- 
ple (Argot du peuple). N. 

MASTARDIER: Faire le wza^- 
tar au gras double (Argot 
des voleurs). V. Limousi- 
nier. 

MATADOR : Homme riche ou 
qui en a les apparences. 



180 



MAL 



MEL 



— Tu fais le matador, 
pour : Tu fais rudement tes 
embarras (Argot du peuple). 

iMATADOR : Partie de domi- 
nos. 

Les gros dés : double-six, 
double-cinq, etc., sont les 
matadors (Argot du bou- 
levard). A". 

MATELASSÉE : Femme qui 
a des seins énormes. 

Son estomac est mate- 
lassé. 

Quand c'est une fille et 
qu'elle maigrit, son soute- 
neur lui dit : 

— Tu t'débines des mate- 



Quand une femme est 
plate comme une limande 
elle se matelasse en bour- 
rant son corset d'assez de 
coton pour donner l'illu- 
sion. 

Les femmes fin-de-siècle 
en })ortenl en caoutchouc 
qu'elles gontlen t chaque ma- 
tin (Argot des souteneurs). 

MATIIURINS : Dés pipés qui 
servent aux camelots pour 
voler au 7, au passe- dix 
et à la consolation (Argot 
des camelots). 

xMAZAGRAN : Café servi dans 
un verre. 

Par abréviation on dit un 
rnazag. (Argot du peuple). 



MEC pour me g : Chef, pa- 
tron, Dieu, le mec plus ul- 
tra (Argot des voleurs). 

MEC A LA COLLE FORTE 

Se dit d'un voleur redouta- 
ble, par opposition au mec 
à la mie de pain. 

Voleur de rien (Argot des 
voleurs). 

MÈCHE : Les mauvais ou- 
vriers qui voyagent sans 
cesse demandent mèche 
dans les ateliers qu'ils ren- 
contrent sur leur routt; : 

— Y a-t-il mèche de tra- 
vailler ? 

Mèche pour moyen (Ar- 
got du peuple). 

MÉDAILLE ou MÉDAILLON : 

Y. Pièce de dix sous. 

MÉDAILLON : Derrière. 

Les joueurs de manille 
appellent ainsi les as, par 
corruption de maniflnu] 
quelques-uns disent le mer- 
daillon (Argot du peuple). 

MEC DE LA ROUSSE (Le 

grand) : Le préfet de police 
(Argot des voleurs). V. 
Dabe des reniflews. 

MÉLASSE (Être dans la] 
Dans la misère jusqu'au cou 
(Argot du peuple) Y. Pu- 
rée. 

MÊLÉ CASS.: Mélange d'eau- 



MEiN 



MER 



181 



cle-vio et de cassis (jue les 
ouvriers boiveiil le matin 
sur le zinc pour tuer le 
rer. 
On dit dans le peuple : 

— Faire ses dévotions à 
Notre-Dame de Mélé-Cassis 
(Argot du peuple). A^. 

MIXEÏ : Petit, petite (Argot 
des voleurs). 

MENKE : Une douzaine. 

— Nous étions une me- 
née pour ratiboiser ]e (/on- 
de r ; pas mèche d'en venir 
à bout, c'était un ri(de la- 
pin (Argot des voleurs). 

MENDIGOT : Mendiant. 

D'un petit mendiant on 
dit qu'il mendigotte. 

Mendigotj changement 
detinale (Argot du peuple). 

MKNER PAS LARGE (N'en): 
Être fort mal à son aise. 

iMot à mot : serrer les 
fesses ou n'être pas dans 
ses petits papiers. 

Le condamné qui va être 
exécuté 7i'en mène pas 
large (Argot du peuple. 

MtNESSE : Femme (Ai^ot 
des souteneurs). 

MENTEUSE : Langue. 

On dit par opposition 
d'une langue d'animal : 

— Allons manger une 
langue qui n'a jamais menti. 

Parce qu'elle ne parle pas 
(Argot du peuple). 



MENOUILLE : Monnaie (Ar- 
got du peuple). 

MFNTON DE GALOCHE : 
Menton qui avance comme 
celui du classique Polichi- 
nelle. 

On dit de celui ou de 
celle qui possède un menton 
semblable qu'il lait carna- 
val avec son nez (Argot du 
peuple). 

MÉQl^'ARD : Commandant 
d'ime bande de voleurs (Ar- 
got des voleurs). 

MERCE : Pour merci (Arçot 
des voleurs). 

MERDAILLON : Moins que 
rien, une sous-merde (Ar- 
got du peuple). V. Avor- 
ton. 

MERDE : A bout d'ai-gument, 
dans le peuple, on dit : 

— Merde, est-ce fran- 
çais ? 

C'est-à-dire : Me com- 
prends-tu ? 

Ce à quoi on répond : 

— Goûtes tes paroles. 

— Tu peux te retourner 
et te mettre à table. 

— S'il pleuvait de la 
njerde et que chacun en ait 
suivant son grade, t'en au- 
rais un rude paquet, car tu 
es le colonel des imbéciles 
(Argot du peuple). N. 

n 



182 



MES 



MET 



MÈRE AU BLEU : La guillo- 
tine. Les voleurs veulent faire 
croire que c'est le chemin 
du ciel. A. D. 

Pas du tout, c'est parce 
que le condamné n'y voit 
que du hleu (Argot des vo- 
leurs). 

MÈRE D'OCCASION : Les 

mendiantes louent à des 
industriels du quartier 
MoulFetard des petits en- 
fants qu'elles Iraînent dans 
les rues pour exciter la cha- 
rité publique. 

Ces enfants changent 
chaque jour de'iuère; de là. 
mère d'occasion ou de ren- 
contre (Argot du peuple). 
N. 

MERLAN (Rouler des yeux de 
merlan frit). 

Homme langoureux el 
timide qui, n'osant adresser 
la parole à une femme, la 
regarde en roulant des yeux 
(Argot du peuple). N. 

MERLAN : Coiftl-ur perru- 
quier. 

Quand le perruquier met 
de la poudre de riz à son 
client, il l'enfariné comme 
le merlan avant d'être mis 
dans la poêle à frire (Argot 
du peuple). 

MESSE (Être à la) : Quand 
un ouvrier arrive à l'atelier 
cinq minutes après la clo- 
che, la porte est fermée, il 



perd un tiers ou une demie 
journée ; il va pendant ce 
temps boire des canons sur 
le zijic, l'autel des pochards; 
le mastroquet officie. 

De là, aller à la 7nesse 
(Argot du peuple). 

METTRE A L'OMBRE : Aller 
en prison. 

En effet, on ne craint pas 
l'ardeur du soleil (Argot du 
peuple). 



METTRE AU CHAUD 

Rouscailler. 



V. 



METTRE DANS LE MILLE: 

Réussir une affaire du pre- 
mier coup. 

Terme usité chez les pé- 
dérastes; raille: podexi^r- 
got du peuple). 

METTRE EN BRINDE- 
ZINGUE (Se) : Faire îa 
noce. 

Être dans les hrinde- 
zingues: être pochard (Ar- 
got du peuple). N. 

METTRE EN BRINGUE : 

Mettre en morceaux, bri- 
ser. A. D. 

Bringue, signifie femme 
maigre, l'expression est 
donc fausse. 

Mettre en bringue, est 
synonyme de brindezin giie 
(Argot du peuple). N. 

METTRE EN PATE : Les 

compositeurs lient les pa^ 



MET 



M EU 



183 



qmts lie caractères avec 
une ficelle. 

Quand \e paquet est mal 
lié ou que le bout de la 
ficelle est emprisonné, le 
metteur en pages met le 
paquet en/;a^e, c'est-h-dire 
(jue les caractères se mé- 
langent et qu'il faut recom- 
poser. 

Quand, dans lupaquet^W. 
y a des lettres qui ne sont 
pas du corps, ou que le pa- 
quet n'a pas été assez 
mouillé, en le déliant, si les 
It'ttres tournent, on appelle 
cela : faire un soleil (Ar- 
got d'imprimerie). .Y. 

METTRE LA TÈTE A LA 

FENÊTRE : Condamné à 
mort qui passe la tète dans 
la lunette (Argot des vo- 
leurs). 

METTRE LA CLEF SOUS 
LA PORTE : Se sauver, 
déménager furtivement . 

Se dit communément d'un 
connnerçant qui, ne faisant 
pas ses affaires, abandonne 
sa boutique (Argot du 
peuple). 

METTRE LA CLEF SOLS 
LE PAILLASSON. V. 

Mettre la clef sous la 
porte. 

METTRE LES BOLCllÉES 
DOUBLES : Se dépêcher 
de faire quelque chose. 
Synonyme de manger 



un morceau sur le pouce, à 
la hâte. 

Cette expression est em- 
ployée pour tout ce qui est 
fait précipitamment (Argot 
du peuple). 

METTRE DU PAPIER DANS 
SA SONNETTE : V. Affa- 
ler son grelot. 

METTRE SUR LES FONDS 
DE BAPTÊME (Se): Quand 

le nourrisseur de pou- 
pard a mal renseigné ses 
complices et qu'ils sont 
dans une position difficile, 
pour se sauver et n'être 
pas paumés marrons : 

— Ils sont sur les fonds 
de baptême (Argot des vo- 
leurs). 

METTRE UNE ÉPINGLE A 
SA CRAVATE : S'enfiler 
un demi-selier (Argot du 
peuple). N- 

MEULARD : Veau. 

Allusion à la mollesse de 
la viande. 

On dit aussi : un bœuf 
en bas âge (Argot du peu- 
ple). N. 

MEULE : Vide. 

C'est veule qu'il faudrait 
dire, veule signifie mou. 

Meule Q%\. une corruption 
(Argot des souteneurs). N, 

MEUNIER : Receleur qui a 
la spécialité d'acheter aux 
mastardiers ou voleurs de 



184 



MIE 



MIR 



(jras double, le [»loiu!>, 
Tétaiii ou le zine, volés dans 
les maisons en consli'uclion 
( Ai'got des voleurs). 

MEZIGUE : Moi. 

On dit aussi medgo ( Ai'- 
got des voleurs). 

MICIIÉ : Homme qui monte 
avec une tille, en payant, 
ou qui y couche. 

Miche était déjà connu 
en 1764. Merard de Saint- 
Just dit ceci : 

D'où vient qu'on appelle miche 

Quiconque va de nuit et se glisse 

j en cachette 

Chez des filles d'amour, Barbe, 

I Rose ou Fanchette ^ 

(Argot des souteneurs). 

MlCIlÉ DE CAftTON : Homme 
à qui une fille demande 
cinq louis et qui lui ollre 
quarante sous. 

On dit aussi : rniché à 
la mie de pain (Argot des 
lilles). 

MICHETON : Petit miche 
qui raie sur le prix des fa- 
veurs des filles (Argot des 
souteneurs) . 

MIE DE PAIN : Moins que 
rien , 

Les typos, par la grande 
habitude, savent, du pre- 
mier coup d'œil, discerner 
un bon article d'un mau- 
vais. 

Le mauvais, c'est de la 
mie de pain (Argot d'im- 
1 rimerie). 



MIE DE PAIN : Pou. 

On sait combien une mie 
de pain est désagréable sur 
la peau ; le poio occasionne 
une démangeaison sem- 
blable (Argot des voleurs). 

MIJOU (Faire le) : Simuler 
une maladie (Argot des vo- 
leurs). 

MILLED : Billet de mille francs 
(Argot des voleurs). N. 

MILLERIE : Loterie que tien- 
nent les camelots dans les 
fêles publiques (Argot des 
camelots). 

MINCE : Rien. 

Mais, dans le peuple, 
cette expression sert à ma- 
nifester Télonnement. 

— Ah ! mince alors, elle 
en a une nichée dans la 
paillasse (Argot du peuple). 

MINETTE : V. Descendre à 
la crémerie. 

MINISTRE DE L'INTÉ- 
RIEUR : Doigt. 

Allusion à ime coutume 
très en usage dans les cou^ 
vents de jeunes filles (Argot 
du peuple). 

MIOU : Enf-mt. 

Allusion au miaou du 
jeune chat (Argot du peu- 
ple). 

MIRADOU : V. Mirante. 



IIÎANTE : La glace (Argot 
des voleurs. 



:mis 



MOL 



185 



MIRETTES : Les yeux (Argot 
(les voleurs). 

MJROIH A PUTAINS : Joli 
i^arçon qui s'en croit beau- 



coup, une espèce 



de « Ni- 



colas » (le faubourg. 

Dis-lui qu'un miroir à putain 
^^JU^ dompter le pays latin 
Ksi un fort mauvais personnage. 

Celle expression triait em- 
ployée au temps de Searron 
(Argot du peuple). 

MUIULIN : Bonnet. 

— J'ai vu une (jerce au 
rastue de Saint-Layo ; 
elle t'tait rudement gironde 
avec sou melet mirquin; 
il y manquait un ra?/07t 
de miel (Argot des vo- 
leurs). .Y 

MlFiZALES : Boucles d'oreilles 
(Argot des voleurs). 

MISE-BAS : Quand une 
(îquipe de compositeurs est 
mécontenie pour ime raison 
ou pour une autre, elle met 
bas, elle quitte le travail 
(Argot d'imprimerie) . 

MISÉREUX : Malheureux. 
Homme qui est dans une 
profonde misère (Argot du 
peuple). iV. 

MISLOQUE : Théâtre (Argot 
des voleurs). 

MISTOUFLES : Fairedes mi- 
sères, causer des désagré- 
ments à quelqu'un (Argot 
du peuple). 



MITARD : Cachot (Argot des 
voleurs) . 

MI-TEMPS : Milieu. 

A. Delvau écrit mitan, 
(•(> n'est pas exact (Argot du 
peuple). 

MITRE : Cachot. 

Allusion à la mitre de 
l'évèque, qui est un signe 
de dignité. 

Être au cachot, pour un 
voleur, est un titre à la con- 
sidération de ses pareils. 

— Où donc est Barbe-à- 
Poux ? 

— 11 est mitre pour huit 
jornes (Argot des voleurs) . 

MOINE : Qu'une épreuve ty- 
pographique soit faite à la 
brosse ou à la machine, la 
partit' qui ne prend pas 
l'encre se nomme un moine 
(Argot d'imprimerie). 

MOISSONNEUR : Le com- 
missaire de police. 

En effet, il moissonne 
ceux qui sont amenés à son 
hurlingue. 

Mot à mot : il les fauche 
comme des blés murs. . . pour 
la prison (Argot des voleurs). 
V. Q,uart d'œil. 

MOEARD : Cracher des mu- 
cosités qui fdent comme du 
macaroni. 

Graitlonner salement. 

Quand un large crachat 
s'étale sur un trottoir, on 
dit: 



186 



MOM 



MON 



— Quel beau molard 
(Argot du peuple). 

MOLETTE : La bouche. 

Je ne vois pas bien qui a 
pu donner naissance à cette 
expression. 

La molette sert à un 
éperon, elle sert aussi à 
couper la pâte pour une 
certaine espèce de gâteau ; 
enfin, quoi qu'il en soit, ce 
mot est usuel (Argot des 
voleurs). N. 

MOME : Petit. 

On appelle aussi une 
femme la môme. 

11 y en a de célèbres : la 
Môme-FromageM Môme- 
Goutte-de-Sperme, la Mô- 
me-Caca. 

On dit aussi momaque 
(Argot du peuple). iV. 

MOME D'ALTËQUE : Jeune 
homme beau et efféminé 
que l'on rencontre vêtu 
d'un ça ne te gêne pas 
da7is le /)«rc (veston), d'un 
pantalon collant gris clair, 
d'une cravate voyante à 
larges bouts, et maquillé la 
plupart du temps, 

Op le rencontre dans la 
galerie d'Orléans, au Pa- 
lais-Royal, ou au passage 
Jouffroy. 

Ce n'est pas l'omnibus 
qu'il attend. 

On les nomme aussi 
chouard. en souvenir du 



fameux procès Germiny (Ar- 
got du peuple). N. 

MOMIGNARD : Diminutif de 

môme. 

Petit enfant (Argot des 
voleurs). V. Abéquense. 

MOMINETTE : Absinte ser- 
vie dans un petit verre 
mousseline. 

Allusion à la petitesse 
du verre, qui est un mô)/ie, 
en le comparant à un grand 
verre (Argot du peuple). iV. 

MONSEIGNELiR(Pince) : Ou- 
til qui sert spécialement à 
fracturer les portes ; il est 
tout spécialement employé 
par les cambrioleurs. 

Cet outil en acier me- 
sure 45 centimètres de hau- 
teur et 23 millimètres de 
circonférence. 

11 est connu depuis le 
xvni° siècle. 

C'était un des princi- 
paux instnnnents dont se 
servait le légendaire Car- 
touche (Argot des voleurs). 

MONTANT : Paiitalon. 

Il monte en effel le long 
des jambes. 

Le montant à pattes 
d'éléphant est, depuis des 
années, le signe distinctif 
des citoyens à trois ponts 
(Argot (les souteneurs). Y. 
Falzar. N. 

MONTANTE : Échelle. 



MON 



MON 



187 



L'image est frappante. 
Quand, autrefois, l'écha- 
iauil était élevé de treize 
marches (pie le condanmé 
devait gravir, on nonmiait 
les marches la montante du 
catraire (Argot des vo- 
leurs). .V. 

MONTE EN L'AIR l<"s 
cambrioleurs. 

Ils sont ainsi nommés 
parce que ces voleurs opè- 
rent généralement dans les 
chambres de domestiques 
situées aux étages supé- 
rieurs. 

\hmontent en Vair (Ar- 
got des voleurs). N. 

MONTER UN BATEAU: Faire 
croire à une atlaire ima- 
ginaire; présenter à des 
îiiais un projet de mise en 
actions pour exploiter une 
fonderie de pavés ou une fi- 
lature de pains de sucre. 

Monter un bateau, sy- 
nonyme de inonter le coup 
(Argot du peuple) . N. 

MONTER LE VERRE EN 

FLEUR (Se) : Se mo7iter 
le conp à soi-même. S'illu- 
sionner sur toutes choses. 

S'imaginer être aimé par 
désintéiessement. 

En un mot, croire que 
c'est arrivé 

— Mon tniché ({111 s'est 
monté le verre en fleur 
que j'y allais de mon voyage, 



faut-y qu'il soit poire (Ar- 
got du peuple) . N- 

MONTER LE JOB (Se) : Se 
monter le coup. 

Croire que c'est arrivé 
ou vouloir le faire croire à 
un autre (Argot du peu- 
ple). 

MONTER A L'ÉCHELLE '' 

Être guillotiné. 

Mot à mot : mont- r à 
l'échelle de l'échafaud. L. 

L. 

Monter à l'échelle a 
une toute autre significa- 
tion dans le peuple ; cela 
veut dire: faire mettre quel- 
qu'un en colère. 

_ n a la tête près du 
bonnet, il s'enlève comme 
une soîipe au lait. 

On dit aussi : 

— 11 a un si sale carac- 
tère qu'il grimpe à tout 
bout de champ (Argot du 
peuple). N. 

MONTER UN SCIITOSSE : 
Mentir.. 

Svnonyme de monter le 
coup à quelqu'un. 

Sloss en allemand veut 
dire coup. 

Ce mot s'est francisé et 
court les ateliers. 

— Pour faire le lundi et 
ne pas avoir son sac, on 
monte un schiosse au pa- 
tron en lui disant que Ton 
va à l'enterrement de son 
père. 



188 



MOR 



MOR 



Il en est qui ont enterré 
leur père autant qu'il y a de 
jours dans l'année (Argot du 
peuple). iV. 

MONNAIE DE SINGE : Une 

monnaie qui n'a pas cours à 
la Banque de France, car 
les garçons de recette n'ac- 
cepteraient pas des (jri- 
maces en paiement (Argot 
du peuple). 

MONTRETOUT (Aller à) : 
Quand les tilles vont au dis- 
pensaire, tous les quinze 
jours, pour passer la visite 
sanitaire, elles montrent 
tout au docteur (Argot des 
filles). 

MORACE : Cri. 

— Si le pante morace 
et que les hecs de gaz ac- 
courent, lingre le pour ne 
pas être paumé (Argot des 
voleurs). N. 

MORBAC : Moutard désagréa- 
ble. 

Morhac, diminutif de 
morpion (Argot du peu- 
ple). 

MORCEAU DE GRUYÈRE : 

Individu grêlé dont le visage 
est percé de trous comme 
une passoire. 

Morceau de gruyère est 
une allusion aux innom- 
brables trous dont ce li'o- 
mage est percé (Argot du 
peuple). N. 



MORDANTE : Lime. 

On dit d'un individu fiel- 
leux, qui ne peut prononcer 
une parole sans dire une 
méchanceté, qu'il est mor- 
dant comme une râpe ^ Ar- 
got des voleurs). 

MORFE : Repas. 

Refaite du matin, déjeu- 
ner. 

Refaite du jorne, dîner. 

Refaite à^ sorgue, souper. 

Refaite exprime bien 
l'action de se refaire l'es- 
tomac. 

Morfer est ici pour man- 
ger (Argot des voleurs). 

MORFIAILLER : Manger. 

Vieux mot employé par 
Rabelais au Propos des 
Beuveurs. 

Où dial)le les escarpes 
ont-ils été dénicher cette 
expression ? (Argot des vo- 
leurs). 

MORFILLER LE DARDANT 

(Se) : Se faire du mauvais 
sang, se manger le cœur. 
A. D. 

Morfiller veut bien dire 
manger, mais dardant si- 
gnifie amour. 

C'est morfiller le ver- 
meil (sang) ou \e palpitant 
(cœur) (Argot des voleurs). 

MORLINGUE : Porte-mon- 
naie. 

D'aucuns disent mor- 



MGR 



MOU 



189 



Il serait plus juste de 
dire mornillinque, puisque 
momifie veutc^ire monnaie 
(Argot des voleurs). iV. 

MORNANTE : Bergerie (Argot 
des voleurs). 

MORNIFFLE : Gille. 

— Je vais te plaquer 
uue moniiffle sur la hure 
si tu m'emmerdes longtemps 
(Argot du peuple). Y. Giro- 
flée à cinq feuilles. 

MORMFFLELR : Fabricant 
de finisse monnaie, argent, 
or, ou billets de banque 
(Argoc des voleurs). 

MORNOS : La bouche. 

Manger une bouchée, 'ava- 
1er une mornée (Argot des 
voleurs). 

MORPION : Insecte qui occa- 
sionne des démangeaisons 
fort désagréables. 

Par analogie, on dit de 
quelqu'un dont on se débar- 
rasse difTicilement : 

— 11 colle comme un 
morpion. 

On dit également : mille 
pattes (Argot du peuple). 

MORUE : Terme employé par 
les femmes des halles pour 
répondre aux râleuses qui 
leur ofTrent un prix déri- 
soire de leurs marchan- 
dises. 

— Va donc, morue, fau- 
drait-y pas te foutre du 



beurre avec et te le porter 
à ton poussier (Argot du 
peuple). 

MOUCOMMEUNECIIIQUE: 

Homme de peu de consis- 
tance, sans volonté, qui tra- 
vaille mollement. 

Allusion au morceau de 
tabac qne le chiqueur a 
mâché toute une journée : il 
est mou. 

De là, mou comme une 
chique (Argot du peuple). 

MOU POUR TON CHAT : 

Quand on regarde avec in- 
sistance une jolie fille et que 
cela ne lui plaît pas, elle 
répond : 

— Ça, mon vieux, c'est 
pas du mou pour ton chat. 

D'aucunes, plus expres- 
sives, disent : 

— Tu peux regarder, c'est 
pas de la ciande pour ton 
serin (Argot du peuple). N. 

MOUCHARDE : La lune. 
Elle se montre souvent 
fort mal à propos pour dé- 
ranger messieurs les voleurs 
dans leurs expéditions noc- 
turnes (Argot des voleurs). 
N. 

MOUCHE : Laid, bête, ridi- 
cule. 

— Elle est rien mouche, 
la môme à Poil-aux-pattes 
(Argot du peuple). 

MOUCHES (Tuer les) : On dit 
11, 



190 



MOU 



MOU 



de quelqu'un qui a une ba- 
leine infecte : 

— Il tue les mouches à 
quinze pas (Argot du peu- 
ple). V. Pot de chambre 
cassé dans Vestomac. 

MOUCHER LE QUINQUET 

(Se faire) : Recevoir une 
verte correction, une for- 
midable volée (Argot dii 
peuple). 

MOUCIIIQUE : Laid à faire 
peur. 

Vient du mot russe me- 
jiks (Argot du peuple). N. 

MOUCIIIQUE A LA SEC- 
TION : Mal noté dans son 
quartier. 

Quartier est synonyme de 
section, depuis la division 
des arrondissements en sec- 
tions pour les votes (Argot 
du peuple). N. 

MOULE A GAUFRE : Indi- 
vidu dont le visage a été 
ravagé par la petite vérole. 
Allusion au moule employé 
par les gaufriers (Argot du 
peuple). N. 

MOULE A PETS : Homme 
qui se làcbe facilement. 
Dans le peuple on dit : 

— Avec un vent pareil, 
il va pleuvoir de la merde. 

On dit également : 

— Si on chante comme ça 
à ton enterrement, il y aura 
plus de cochons que de cu- 
rés (Argot du peuple). iV^. 



MOULE EST CASSÉ (Le) : 

Se dit d'un personnage ex- 
ceptionnel, inimilaile. L-L. 
Celte expression n'est 
pas prise dans ce sens par- 
mi le peuple ; elle est em- 
])loyée pour dire d'une 
iemme qui a passé l'âge, 
qui wQmarque plus, qu'elle 
ne peut plus faire d'enfants : 
le moule est cassé (Argot 
du peuple). N. 

MOULIN ; Boutique du rece- 
leur. 

C'est pour cette raison, 
sans doute, que l'on nomme 
le receleur, le 'ineunier[\i'- 
got des voleurs). iV. 

MOULIN A MERDE : La 

bouche. 

En mangeant, elle tra- 
vaille poiu' Richer (Argoi 
du peuple). 

MOULIN A PAROLES : 

Femme bavarde qui ne ta- 
rit pas, qui parle avec vo- 
lubilité. 

Elle broie les paroles 
comme le moulin, le café 
(Argot du peuple). 

MOULIN A VENT : Le der- 
rière. 

Dans la Chanson du 
Propriétaire on trouve : 

Moulin à eau par devant, 
Moulin à vent pur derrière. 

(Argot du peuple). .V. 

MOUILLANTE : La soupe 
( Argot du peuple) . V . Laff'e . 



MOU 



MUF 



191 



MOUSCAILLE : La marchan- 
dise que l'on abandonne 
avec salisfaclion dans les 
cliàlets de nécessité. 

Monscailler : faire ses 
besoins (Argot du peuple). 

MOUSQrKT.URE (iRlS : 
Pou. 

Allusion à la couleur de 
cet horrible animal que 
pourtant certains adorent. 
Un amateur marchande 
un pou à un chillonnier ; il 
lui ollïv d'un pou magni- 
fique un prix dérisoire. 1/é- 
leveur le remet délicate- 
ment dans sa chemise en lui 
chantant le relrain célèbre : 

Tu n'en veux pas ! J'I'remets 
I dans ma chemise. 
Ça n'mange pas il'pain. 

(Argot du peuple). N. 

MOUSSANTE : Bière (Argot 
du peuple). 

MOUSSERIE : Fosse d'ai- 
sance des prisons (Argot 
des voleurs). 

MOUSTIQUE DANS LA 
BOITE AU SEL : V. .4.?^?- 
cot dans la noisette. 

MOUTON : Dénonciateur qui 
vend ses complices. 

Prisonnier qu'on place 
dans une cellule avec un 
autre prévenu pour le mou- 
tonner. 

C'est-à-dire le faire 
avouer dans la conversation 
(Ai^otdes voleurs). 



MOUTON : Matelas. 

Quand il est plus que 

plat, on dit : galette (Ar- 
got du peuple). 

^R)UVETTl: : Indicateur qui 
fournit des indications à la 
police. 

C'est généralement un 
camelot ; il se meut d'un 
point à un autre, suivant 
les cas (Argot des voleurs). 
N. 

MUETTE (Avoir une puce à 
la) : Condamné qui a des 
remords. 

On dit aussi : jouer à la 
muette (ne pas parler) (Ar- 
got du peuple). 

MUFFÉE (En avoir une) : 
S'être empiffré jusqu'à en 
étouffer. 

Avoir une soulographie 
numéro un. 

3Iuffée : n'en plus pou- 
voir (Argot du peuple). N- 

MUFFLE: Communément, ce 
sont les maçons qu'on ap- 
pelle ainsi. 

La chanson dit : 

Tous les muffles que nous 
I connaissons 
Ne sont pas à la grève. 

En effet, il y a plusieurs 
genres de muffles : 

Tout individu qui se con- 
duit mal avec quelqu'un est 
un mu f fie. 

Muffle est synonyme de 
goujat (Argot du peuple). 



192 



MUS 



MUS 



MURON : Sel. 

Muronnière : la salière 
(Argot des voleurs). 

MUSETTE (S'en faire jouer 
un air) : Expression em- 
ployée dans les maisons de 
rendez-vous pour désigner 
un certain travail très esti- 
mé des écoliers (Argot dès 
filles). 



MUSETTE (Couper la) : Em- 
pêcher quelqu'un de par- 
ler. 

On dit aussi : lui couper 
la chique (Argot du peu- 
ple). 

MUSICIEN : V. Mouton. 



NEP 



NEP 



193 



N 



NAZ : Nez. 

On (lit aussi 7iase. 

C'est certainement une 
abréviation de naseau (Ar- 
içot du peuple). 

m: pas attacher son 
chien avec des sau- 
CISSES : Avare. 

C'est une expression très 
populaire, superlatif de 
chien, (/rippe-soiis. 

On ne peut rien dire plus 
d'im homme ( Argot du 
peuple). iV. 

NE KIEN AVOIR DANS LE 
FUSIL : Avoir le ventre 
vide. 

L'allusion est facile à sai- 
sir : 

.l'sens l'paquet d'tripes qui s'ca- 
I vale. 
(Argot du peuple). 



NEG AU PETIT CROCH : 
Chiffonnier. 

I\^eg est une aliréviation 
de néyocia7it, et croch de 
crochet, outil indispensable 
aux chiffonniers (Argot du 
peuple). 

NÈ(ïRE : Heure de minuit, à 
laquelle l'obscurité est la 
plus profonde (Argot des 
voleurs). 

NÉGRESSE : Puce. 

Allusion de couleur (Ar- 
got du peuple). 

NÉGRESSE : Bouteille. 

— Allons-nous étouffer 
une négresse de ginglard 
à Argenteuil? (Argot du 
peuple). 

NEP : Rastaquouère vendant 
aux imbéciles des décora- 



194 



NIB 



NIP 



lions exotiques (Argot fies 
voleurs). 

NETTOYÉ : N'avoir plus rien, 
être absolument à sec. 

Nettoyé, être à l'agonie, 
se sentir mourir. 

— Le médecin m'a dit que 
j'étais nettoyé (Argot du 
peuple). 

NEZ CULOTTÉ : Nez d'ivro- 
gne. 

Dans le peuple on dit : 

— Si on lui pressait le 
piton il en sortirait du vin. 

Le nez culotté a été cé- 
lébré par Ch. Colmance : 

Un nez culotté; 

Piquante parure, 

Gracieuseté 

De dame nature. 

Heureux l'elTronté doté 

D'un nez culotté. 

11 y a des nez culottés 
qui coûtent plus cher que 
s'ils étaient en or (Argot 
du peuple). 

NEZ RETROUSSÉ : Nez à 

narines larges et ouvertes. 

— 11 va te pleuvoir dans 
le nez. 

— Elle se pleure dans le 
nez quand elle a du chagrin 
(Argot du peuple). 

NIB : Signifie rien. 

Ce'.te expression n'est 
pourtant pas toujours prise 
dans ce sens. 

Quand on dit : nib de 
blaire, par exemple, pour 



qualifier un nez énorme, nih 
devient synonyme At mince 
qui veut dire beaucoup (Ar- 
got du peuple). N. 

NIB DE BRAISE : Pas d'ar- 
gent. 

— Par un houryiiignon 
pareil tu restes à la 'piaule, 
allons décanille. 

— Nib de braise, les 
valades sont dégraissées 
(Argot des voleurs). 

NICHE A SEINS : Corset. 
Allusion à ce qu'il sou- 
tient les forts, augmente le 
volume des faibles, disci- 
pline les vagabonds et pro- 
tège les égarés (Argot- du 
peuple). N. 

NICHONS : Les seins. 

— Laissez-moi tàter vos 
jolis nichons. 

— Combien qu'tu payes? 
(Argot du peuple). 

NIÈRE : Homme quelconque, 
lui. 

— Le g once a rudement 
le tr.ac pour son nière. 

On dit aussi : mon nière 
bobécUon pour moi. 

Bobéchon, ici, fait dou- 
ble emploi (Argot des vo- 
leurs). 

NIE : Non (Argot des vo- 
leurs). 
NIPPÉ : Bien habillé. 

— J'avais olus rien, les 
requins m'avaient bazar- 
dée pour payer mon pro- 



NON 



NOU 



19: 



bloque^ j'ai dégoilénn mi- 
che qui m'a renippée, à 
j)ivscnt je suis rupine je 
|)eux trimardcr (Arçjot du 
peuple) 

MQLE DE MÈCHE : N'avoir 

pas (le complice. 

— J'ai fait mon coup de 
vogue saos nique de mèche 
(Argot des voleurs). 

MQIE DE MÈCME : Refus 
d'un complice de partager 
le produit d'un vol. 

— Xique de mèche, je 
ne fade pas le pognon 
(Argot des voleurs). 

MORTE: Viande (Argot des 
voleurs"^. V. Cri g ne. 

NOCE DE TAILLEUR : 
Faire une) : Se promener 
le long des berges et faire 
des ronds dans l'eau avec 
des cailloux f Ai-got du peu- 
ple). N. 

NOIX (En avoir) : Avoir 
beaucoup de bijoux (Argot 
des voleurs). 



.NONNE (Faire) 
foule. 



Faire la 



Rien de plus simple : 
les nonneurs (complices) 
se groupent autour de 
l'un d'eux, qui simule un 
mal subit, de prélérence 
dans une rue barrée ; les 
badauds s'amassent, le ti- 
reur peut à l'aise explorer 



les poches, et souvent la 
moisson est féconde. 

Quand l'un d'eux est 
ju'is et qu'il se met à table, 
on dit qu'il mange sur ses 
nonneurs (complices) (Ar- 
got des voleurs). 

NON N EL R S : Complices de 
voleurs, plus parliculière- 
nieiit des pick-pockets (Ar- 
got des voleurs). 

NORD : Tèlc. 

Dans le peuj)le, du dit 
souvent de quelqu'un qui 
devient fou : 

— Il perd le nord (Ar- 
got du peupKO- 

NOZIÈRES : Qui ? (Argot 
des voleurs). N. 

NOURISSEUR DE POU- 
DARDS : Complice qui 
prépare les vols à accom- 
plir. 

Un bon nourrisseur de 
pohpards est très recher- 
ché par les voleurs (Argot 
des voleurs). 

NOUSAILLES : Nous. 

Nosigues est beaucoup 
plus usité (Argot des vo- 
leurs). 

NOUVELLE (La): Le bagne. 

Abrévfation de Nouvelle 
Calédonie. 

Autrefois, quand les ba- 
gnes étaient à Rrest et à 
Toulon, on disait \q grand 
pré. 



196 



NOY 



NU A 



— Il est sapé à faucher 
h grand pré à perpète 
(Argot des voleurs). 

NOYEUSE D'ÉTRONS: Mère 
de famille qui va au lavoir 
public laver le linge de ses 
enfants. 



Allusion aux déjections 
des bébés qui souillent les 
couches (Argot du peuple). 

NUAGE : La tournure que 
portent les femmes ; ainsi 
nommé parce qu'il cache la 
Itine (Argot du peuple). A^. 



OEI 



OKI 



19: 



\ 



ŒU. A LA COQrE : Ueco- 
voir sur l'a 'il un iormi- 
(lalde coup de poing qui le 
poche et en fait un œil me 
beurre noir. 

La violence du coup fait 
extravaser le sang et le 
lendemain, l'œil est couvert 
par une large lâche noire. 

On appelle alors le blessé : 
fape à l'œil (Argot du peu- 
ple). 

OLIL EN COULISSE : Re- 
garder quelqu'un amoureu- 
sement, tendrement, avoir 
l'air de lui dire : 

— Veux-tu ? 

Faire le genou à sa 
voisine sous la table, est 
aussi significatif et beau- 
coup moins visible, surtout 



si le mari est là (Ai^ot du 
peuple). 

ŒIL QUI DIT MERDE A 
L'AUTRE : Deux yeux qui 
ne vivent pas en bonne in- 
telligence, qui se regardent 
en chiens de faïence (Argot 
du peuple). V. Guigne à 
gauche. 

OEIL (Faire de l') : Les filles 
font de Vœil aux passants 
qu'elles veulent raccrocher: 

Ses deux beaux chasses vous 

! rembroquaient 

Puis à la piaule tous lesgonces 

I rappliquaient. 

dit la chanson du marlou 
(Argot des filles), 

OEIL (Faire 1') : Avoir à cré- 



198 



OIS 



ONG 



dit chez les fournisseurs. 

Dans le peuple, quand 
on oublie de payer, le four- 
nisseur refuse crédit ; alors 
on dit que Yœil est crev6 
(Argot du peuple). 

0. PRESSE : La procureuse 
ou la proxénète, bouquetière 
ou marchande à la toilette ; 
elle donne cent sous aux 
tilles quand elle touche 
viiîgt francs, elle leur vend 
mille francs ce qui vaut 
cent francs. 

Mot à mot : V ogresse les 
mange toutes crues (Argot 
des filles). 

OCxRESSE : Eemme friande 
de chair fraîche appartenant 
à son sexe (Argot des filles). 
V. Accouplées. 

OIGNON (L') : Il s'appelle 
aussi trou de halle (Argot 
des souteneurs). V. Figne. 

N. 

OICNON : Montre énorme. 
Argot du peuple qui dit : 

ognon. 

— Ton ognon marque-t- 
il l'heure et le linge ? (Ar- 
got du peuple). 

OISEAU : Ilélas ! quand il 
est envolé c'est pour long- 
temps et les regrets si 
amers qu'ils soient sont 
super (lus. 

Heureux encore s'il ne 



laisse pas un petit dans la 
cage. 

— Elle a perdu son oi- 
seau (Argot du peuple). .Y. 

OLIVIER DE SAVETIER : 

Navet. 

Comme ils sont écononxs 
pour la plupart, ils se ser- 
vent de l'huile de nai'eltc 
qui se vend bon marché 
pour assaisonner leur sa- 
lade. 

C'est exactement la 
même chose que pour les 
pommes déterre; on dit des 
oranges de limousins 
(Argot du peuple). 

OMNIBUS : Femme à tous. 

On dit aussi : wagons 
et omnibusardes. 

Fréquemment, ces omni- 
bus là donnent une corres- 
pondance pour l'hôpital (îu 
Midi (Argot du peuple). 

OMNIBUS A CONI: Voi- 
lure qui emporte le guillo- 
tiné du lieu d'exécution au 
cimetière (Argot des vo- 
leurs). 

ONCLE : Le guichetier qui 
garde la première porte 
d'entrée d'une prison. 

Je ne vois pas trop pour- 
quoi on l'appelle mon oncle 
car il n'a guère de tendresse 
pour les visiteurs, à moins 
que ce ne soit un à peu près. 
Quand on va au clou, mon 



ORG 



ORP 



199 



oncle proiid soin dos objets 
déposés (Arj,'ot dos prisons). 

ONGLES CROCHES (Les 
avoir) : Ce sont généraU*- 
lement les Normands qui 
ont cette spécialité, car on 
dit très souvent d'un grippe- 
sous (pie Ton pourrait le 
jeter au plalond (ju'il ne 
le tomberait i)as. 

Avoir les ongles crèches 
est synonyme de poser zéro 
et de retenir tout (Argot 
du peuple). 

(HIANGERDE SAVETIER: 

Pied de sarriette, que les 
savetiers placent dans leur 
échoppe à côté d'eux f Argot 
du peuple. 

OUDLNAIRE : La soupe et le 
bœuf que les ouvriers man- 
gent le malin. 

Comme presque toute 
l'année c'est la nourriture 
ordinaire, de là, le nom 
(Argot du peuple). 

ORDINAIRE : Homme habi- 
tué à venir à heure et h 
jour tixe chez une lille. 

C'est un protecteur inter- 
mittent (Argot des filles. 

ORCUE : Homme. 

Mon orgue, moi. 
Ton orgue, toi. 
Son orgue, lui. 
Leur orgue, eux. 
(Argot.des voleurs). 



ORGIE (Jouer de T) : Ronfler. 

Il roidle comme un tuyau 
iVorgue. 

Il ronlle comme une tou- 
pie d'Allemagne. 

Allusion au ronflement 
sonore que fait la toupie en 
tournant sur elle-même (Ar- 
got du peuple). 

ORNICHON : Oie, volaille. 
Les voleurs qui ont la 
spécialité de dévaliser les 
poulaillers dans les cam- 
pagnes se nomment des 
nettoyeurs d'ornic/ions 
(Argot des voleurs). V, An- 
gluce. 

ORNIE DE BALLE : Dindiu. 
(Argot des voleurs). 

ORPHELIN DE MURAILLE: 

Les élrons qui s'alignent le 
long des murs isolés. 

Pourquoi orphelins ? 

Us sont parfois en nom- 
breuse société et beaucoup 
ne peuvent être pris pour 
des vagabonds étant munis 
de papiers (Argot du peuple) . 

ORPHELIN : Bout de cigare 
ou de cigarette que le fu- 
meur abandonne dédaigneu- 
sement. 

Ils sont aussitôt recueillis 
par le ranmsseur de mégots 
qui leur fait un sort (Ar- 
got du pe iple). 

ORPHELIN : Verre de vin à 
moitié bu que le buveur 



200 



OSE 



oss 



abandonne sur le comptoir 
du maslroquet. 

Quand un consommateur 
boit seul sans trinquer, il 
étouffe %m orphelin. 

Dans les bars, ii ne man- 
que pas de Saint-Vincent- 
de-Paul pour les recueillir 
(Argot du peuple). 

OSEILLE : La faire à l'o- 
seille. 

Jouer un tour désagréable 
à quelqu'un. A. D. 

11 attribue ce mot à un 
cabotin habitué d'une petite 
gargote de la rue de Malte 
où mangeaient les artistes 
des théâtres du boulevard 
et du Temple. 

Selon lui, ce mot date de 
1861 environ. 

Comme cette locution: la 
faire à l'oseille est très 
répandue, il est bon de ré- 
tablir son origine. 

Le petit père Vinet, mort 
il y a deux ans dans un 
taudis de la rue de Tour- 
tille, à Belleville, était 
vers 1840 un chansonnier 
en vogue. 

Il avait été sauvage au 
Caveau des Aveugles, au 
Palais-Royal, avant le père 
Blondelet ; il mangeait dans 
la gargote citée par Del- 
vau. 

La gargote était non rue 
de Malte, mais rue de la 
Tour. Un après-déjeuner, il 
composa une chanson inti- 



tulée : Vous me la faites à 
l'oseille. ho\x\2ivA,Vhomrûe 
à la vessie la chantait en- 
core en 1848, place de la 
Bastille. 

Voici un couplet de cette 
chanson : 

Comme papa j'suis resté gar- 
I çon 
Tour bonne j'ai pris Gervaise. 
Elle est maîtresse à la maison 
Je la troiwe mauoaise 
De la cave au grenier 
La danse du panier 
Que c'est une merveille. 
Elle mange à son goût 
Mes meilleurs ragoûts. 
Vous me la faites à l'ossille. 

Comme on le voit, il y a 
plus de cinquante ans que 
Ton connaît cette expres- 
sion (Argot du peuple j. .V. 

OS : Argent, or ou monnaie. 

— J'ai de Vos à moelle 

dans ma poche (plusieurs 

pièces de cent sous) (Ai-got 

du peuple). 

OSEILLE : Argent (Argot du 
peuple). V. Aubert. 

OSEILLE (La faire à l'i : 
Réussir un bon vol qui a 
été bien nourri. 

Sûrement c'est la faire 
à l'oseille à celui qui a été 
dévalisé. 

Les voleurs sont quel- 
quefois facétieux (Argot des 
voleurs). 

OSSELETS : Les cinq doigts. 
lies gamins jouent un jeu 



OUR 



OUV 



201 



(jui se noinnie osselet avec 
(les os de pied de mouton 
( Ai*gol du peuple). V. Apô- 
tres. 

01 KLER LE BEC : Besogne 
terminée 

Quand un ouvriergraveui" 
met sa signature au bas de 
sa planclie ou de son l)ois, 
le bec est ourlé (Argot d'a- 
telier). 

()l RS : llonnne sombre, triste. 
Dans les ateliers, on dit 
d'un ouvrier qui fuit ses 
eama rades : c'est un ours. 
En réalité, ours mal 
léché est synonyme de 
ïïiufle (Argot du peuple). 

OLRS : Mauvais livre qui 
reste pour compte à l'édi- 
teur. 

Mauvais manuscrit de 
pièce qui dort dans les car- 
tons du directeur. 

En un mot, tout ce qui 
ne vaut rien, qui est raté, 
est un ours (Argot du peu- 
pie). 

OURS (En poser un) : Quit- 
ter sa casse pour raser un 
copain ; la séance se pro- 
longeant, les camarades 
crient : 

— Mince d'onrs (Argot 
d'imprimerie). 

OURSER : \\ est très difficile 
d'expliquer le sens brutal 
de ce mol autrement que 
conmie ceci : 



Mari qui renqilil ses de- 
voirs conjugaux comme un 
ours (Argot du peuple). .V. 

OUTIL : Vieille lénune. 

Objet de reliul qui ne 

peut servir à aucun usage. 

Terme de mépiis fré- 

(jucmment employé : 

— Sale outil (Argot du 

peuple). 

01 TIL DE BESOIX : Fennne 
ou fille. 

Elles ne deviennent oî/iîV 
que par l'habit ide de la co- 
habitation. 

Un souteneur qui n'a [)as 
de poigne pour défendre sa 
marmite est également un 
outil de besoin... jusqu'à 
temps qu'elle en trouve un 
autre (Argot du peuple). 

OUVRIR SA SOUPAPE : 

Péter bruyamment. 

Allusion à la soupape de 
la chaudière qui se soulève 
pour laisser échapper la va- 
peur quand la pression est 
trop haute. 

On crie à celui qui s'ou- 
blie aussi fort : 

— Ferme ta soupape, 
ça pue (Argot du peuple». 
N. 

OUVRIR SA TABATIÈRE : 
Péter. 

Par allusion à l'odeur, 
on dit : Quelle rude prise ! 
On en prend plus avec son 
nez qu'avec une pelle (Ar- 
got du peuple). N. 



202 



PAF 



PAG 



PAF : Celle expression dé- 
signe Tobjel qui distingue 
l'homme de la femme. 

Ce sont les voyous qui 
ont inventé le mot. 

Quand un tenaneier d'une 
maison de tolérance se re- 
tire des affaires et qu'il se 
l'ait construire une maison 
à la campagne, s'il éprouve, 
par vanité, le besoin de 
mettre au fronton de sa 
maison un écusson, il peut y 
ajouter cette devise qui ex- 
plique le mot paf : 

Pêne erexit dom uni 
(Argot du peuple]. iV. 

PAF (Être) : Être gris. 

— Je me suis pd/fë hier 



soir que c'en est dégoûtant. 

— Paf, (;a y est. 

Chose accomplie. Syno- 
nyme de : J'en ai mon 
pied. (Argot du peuple). 

PAFFS : Souliers. 

C'est à peu près le meil- 
leur mot d'argot pour dési- 
gner le bruit que fait le 
marcheur en frappant le 
sol du pied. 

C'est une image : pa^! 
paffl (Argot du peuple). 

PAGNE : Lit. 

Allusion au pagne qui 
entoure la taille des sau- 
vages ; les draps cachent 
également la nudité de 
l'homme et de la femme 
(Argot du peuple). A^. 



PAI 



PAL 



•203 



PAGNE : Provision. 

On n'ics but'jilus, car c'est un 

I mauvaiïj Hanche, 

^ tn a toujours qui sont pau- 

j niés marrons, 

Mais sans r'niftler, pour eux on 

I fait la manche, 

' 'v leur envoie le pagne au 

I violon. 

Argot des voleurs). 

PAGNOTER (Se) : Se coii- 
(Iier. 

Maliçré le double eiiiploi, 
ou dit dans le peuple : 

— Je vais me paynotc)' 
dans mon pieu avec mes 
dardants (Argot du peu- 
ple). 

PAILLASSE : Femme. 

Ln homme se promène, 
sa femme au bras ; il est 
rencontré par un ami : 

— Tiens, lu déjnénages, 
Chariot? 

— Pourquoi donc? 

— Puisque t'as ta pail- 
lasse sous le bras (Argot 
du peuple). V. Boulet. 

PAILLASSE A SOLDAT: 

Fenmie smr laquelle tout 
un régiment couche. 

Mot à mot : qui sert de 
liuillasse (Argot du peu- 
pie). N. 

PAILLASSE : Pitre qui lait 
le boniment devant les ba- 
raques de saltimbanques. 
Paillasses : les hommes 

f)olitiques qui servent tous 
es gouvernements, pourvu 
qu'ils paient. 



Paillass', mon ami, 

N'saui' pas à demi. 

Saute pour tout le monde. 

(Ai-got du peuple). 

PAILLE (C'est une) : Signe 
d'étonnement qui veut dire 
beaucoup, trop gros fardeau 
à porter : 

C'est une paille que de 
porter ça là bas (Argot du 
peuple). iV. 

PAILLE AL CUL (Avoir la): 
Être mis à la réforme. Z. 
Z 

S'en aller la paille au 
Ctily c'est quitter le régi- 
ment en ayant encore de la 
salle de police ou de la 
prison à faire. 

Allusion à la paille sur 
laquelle couchent les pri- 
sonniers (Argot des trou- 
piers). iV. 

PALABRE : Discours en- 
nuveux, prudhommesque. 

Palabra^ en langue es- 
pagnole, signifie parole, 
il est vrai, mais ce n'est 
pas le sens dans le langage 
populaire. 

Palabre trembleuse : 
figure de bourgeois qui 
tremble à propos de rien, 
qui a peur de son ombre, 
qui se cache au moindre 
bruit. 

Palabre signifie figure : 

— Le bi/fard a telle- 
ment la frousse que sa 



204 



PAM 



PAN 



(•in<| 



palabre défargue (Argot 
(lu peuple). A^. 

PALAIS : Pièce 
francs. 

Allusion à la forme plaie 
du palais qui sert pour 
jouer au tonneau (Argot du 
peuple]. V. Tune. 

PALLAS : Discours. 

— Tu ne vas pas bien- 
tôt nous lâcher le coude 
avec ton pallas à dormir 
debout. 

— \'iens-tu entendre le 
bénisseur, il va pallasser 
sur la tombe de son ami 
(Argot des voleurs). 

PALLASSEUR : Individu qui 
parle d'abondance, longue- 
ment, sur tout ce qu'il ne 
sait pas. 

— Gare aux inondations ! 
le pallasseur a ouvert son 
robinet (Argot du peuple). 



Juge d'inslruc- 



PALPEUR 

lion. 

11 palpe en effet les pri- 
sonniers pour les faire 
avouer. 

Cette expression est plus 
jolie que l'ancienne : cu- 
rieua; (Argot des voleurs). 
N. 

PALPITANT : Le cœur (Ar- 
got des voleurs). V. Grand 

ressort. I^. 

PAMPLNE: Sœur de charité 
(Argot des voleurs). 



PANAMISTE : Cette expres- 
sion date de 1892. 

Ce sont les dénonciations 
faites par M. Andrieux 
contre les lOi députés qui 
auraient touché des chèques 
à la caisse du Panama qui 
ont donné naissance à ce 
mot (Argot du peuple). A^. 

PANADE : Soupe de pain 
qui mijote lentement sur un 
feu doux. 

Dans le })euple, être dans 
la panade, c'est être dans, 
la misère. ■ 

Allusion à ce que la pa- 
nade est généralement faite 
avec des croûtes de pain 
(Argot du peuple). A^. 

PANAIS : Pan de chemise. 

Être en panais, être en 
chemise. 

Dans le peuple, pafiais 
est employé comme néga- 
tion. 

— Veux-tu me prêter 
cent sous? 

— Des parlais, tu le 
fouterais de ma fiole (Ar- 
got du peuple). A^. 

PANIER: Lit. 

— Mon petit homme, 
veux-tu venir avec moi 
faire une séance de panier, 
tu verras comme je suis. . . 
aimable (Arçot des filles). 

PANIER A SALADE : Voi- 
lure cellulaire pour con- 
duire les prisonniers des 



PAN 



PAR 



203 



posles (le police au Dépôt 
(le la préroeliire, ainsi 
Momnu'e parce (pi'aulrel'ois 
celte voiture était à claire- 
voie (Arjiol (li's voleurs). 

I»ANIKU A DKl X ANSKS : 

Avoir une lennne à chaque 
liras (Argot du peuple). 

PANIER V¥J\Œ : llonnne 
(pii n'a rien à lui. 

Allusion au panier sans 
Ibnd que jamais on ne peut 
emplir (Argot du peuple). 

PANSU : Terme de mépris 
employé par le peuple; i)our 
(pialitier un bourgeois qui 
lait un dieu de stm ventre 
et qui a une panst' arron- 
die. 

Pansu : égoïste qui ne 
songe qu'à lui (Argot du 
peuple). N. 

PANTIN : Paris. 

Quancï on a bien hillanclté 

I pour son compte, 

On defourage et renquiUe à 

I Pantin. 

L'iong du triinard, beqial- 

I lant son décompte, 

De gueule en gueule on 

I pique vm gai refrain. 

Pantin: Argot du peu- 
ple. 

Pantruche : Argot des 
voleurs. 

PANTE : Imbécile qui se 
laisse facilement duper. 

Inutile, je pense, de dire 
{\\w panle vient d(! pantin: 
gens de Paris (Argot des 
voleurs). 



PANTKE AKGOTÉ : Imbé- 
cile de la pire esp(^ce, plus 
Itéte (pie ses pieds ; être 
facile -A lronq»er (AipH des 
v( (leurs j. 

PANTKE AUNAlî : Mot à 

mot: individu qui renaude, 
(pii marronne en s'aperc(v 
vanl (pi'il vient d'être vic- 
time d'un vol (Arçot des 
voleurs'. 

PANUCIIE : Femme élégam- 
ment mise, Z. Z. 

Panucàe eai la maîtresse 
d'une maison de tolérance 
(Argot des souteneurs). V. 
Maman-maca. 

PAPILLON : Blanchisseur de 
campagne (Argot des vo- 
leurs). 

PAPILLON : Vol à la mar- 
que. 

Il se pratique dans les 
voitures de blanchisseu- 
ses qui viennent de la cam- 
pagne et contient leurs voi- 
tures à la garde d'un 
enfant (Argot des voleurs). 

PAQUET : Homme ou femme 
gros, court sur pattes, sans 
élt^gance, ressemblant à un 
^paquet de chair (Argot du 
peuple). 

PARANGONNER : Arranger 
au moyen d'interlignes des 
caractères de différents 
corps (Argol d'imprime- 
rie). 



206 



PAR 



PAS 



PARAPHE (l<:n délacliei' uuj: 
Donner un souftlet à quel- 
qu'un. 

On dit aussi : 

— Je vais te poser un 
cachet . 

Détacher un paraphe 
est rarement employé, c'est 
trop long ; hègne vaut 
mieux (Argot du peuple). 

PARC AUX HUITRES : 

Mouchoir. 

L'allusion n'est pas tout 
ce qu'il y a de plus distin- 
gué, mais l'image est juste 
(Argot du peuple). N. 

PARFAIT AMOUR DE CHIF- 
FONNIER : Eau-de-vie 
vendue dans les assom- 
moirs (Argot du peuple). 

PARFUMEUR : Avocat. 

Mot à mot : il couvre son 
client de lleurs (Argot du 
peuple). V. Blanchisseur. 

PARISIEN A GROS DEC : 

Quand, dans les ateliers, un 
provincial lait de l'embar- 
ras, qu'il prend des airs 
casseurs, qu'il fait le crâne 
et dit : nous autres Pari- 
siens, parce qu'il habite la 
capitale depuis &ix mois, on 
lui répond : 

— Tu n'es qu'un Pari- 
sien à gros bec (Argot du 
peuple). N. 

PARLOIR DES SINGES : 

Parloir des prisons. 

Allusion aux trois grilles 



entre lesquelles sont enfer- 
més les visiteurs et les pri- 
sonniers (Argot des vo- 
leurs). 

PAROUFLE : La paroisse. 
C'est un sale parou- 
flard ; pour sale paroissien 
(Argot des voleurs). N". 

PARRAIN : Avocat. 

Il sert en elfet de par- 
rain à l'accusé, il le tient 
sur les fonds baptismaux en 
cour d'ar.sises (Argot des 
voleurs). iV. 

PASCAILLER : Passer. 

— Le go?ice a pascaillé 
avant toi au carré des pe- 
tites gerbes, il est enfla - 
qiié pour dix berges. 

Pascailler veut dire éga- 
lement prendre le tour ou 
la place de quelqu'un. 

— rtxipascaiiléh 31 orne 
Livarot au Rouquin (Ar- 
got des voleurs). N. 

PAS CUIT : Un courtier de- 
mande à un libraire un livre 
ou une revue ; s'ils ne sont 
pas })arus, on lui répond 
laconiquement : pas cuit . 
Mot à mot : ils sont en- 
core au four (en confection) 
(Argot des libraires). N. 

PAS SI CHER : Silence, 
parlez plus bas, on nous 
écoule. 

Expression employée 
dans les prisons pour signa- 
ler l'arrivée d'un gardien 



PAS 



PAS 



•207 



([ui punirait les causeurs. 
Synonyme de : il pleut, 
employé dans les imprime- 
ries quand le proie ou le 
patron entre à l'atelier (Ar- 
got des voleurs). 

PAS MÈCHE : Impossible 
de réussir. 
Mèche |)Our moyen. 
— J'ai l)eau la chauffer, 
pas mèche d'y arriver (Ar- 
got du peuple). 

PASSE (Être gerhé à lai : 
Mauvaise allaire pour celui 
qui est dans ce cas-là. 

Être (jerbé à la passe, 
c'est être condamné à mort. 
La passe, c'est la guil- 
lotine (Argot des voleurs) . 

PASSE (Faire une) : Fille 
qui raccroche sur la voie 
publique et conduit ses 
clients de hasard au pre- 
mier hôtel venu. 

Elle ne fait que passer. 
Faire une passe vient 
aussi de faire un passant 
(Argot des filles). 

PASSE-BOURGEOISE : 

Femme mariée, habituée 
des maisons tle rendez- 
vous et qui, par ses passes, 
aide à faire bouillir la mar- 
mite (Argot du peuple). 

PASSER A LA PIPE : Quand 
un individu est arrêté et 
conduit dans un poste, les 
agents h; battent. 



On le passe (i la pipe. 

Mot à mot : il est fumé. 

Synonyme de passer à 

tabac (Argot du peuple). 

PASSER DE RELLE (Se) : 
Ne pas recevoir sa part 
d'un vol ou d'une affaire. 

Il s\m passe de belles : 
homme qui vit joyeuse- 
ment. 

Mot à mot : qui passe de 
belles journées. 

Il s'en 2^asse de belles 
pour exprimer que dans tel 
endroit il se ^a56'<? de ci- 
laines choses. 

Il en fait de belles : 
commettre de mauvaises 
actions. 

— Il en fait de belles 
ton vilain sujet, il crèvera 
sur l'échalaufl (Argot du 
peuple et des voleurs). N. 

PASSER DEVAMLEFOUR 
DU BOULANGER : Voilà 
une expression qui n'est 
pas banale et qui est très 
usitée. 

Quand un gamin ou une 
gamine sont trop précoces, 
qu'ils ont l'esprit plus 
éveillé qu'il ne faudrait, on 
emploie ce mot. 

Mais il est plus typique 
dans ce sens. 

Quand une toute jeune fille 
a avalé sonpépinel qu'elle 
pose quand même pour la 
vertu, on lui dit : 

— Ne fais donc pas 



208 



PAS 



IWT 



tant ta gueule, tu as passé 
devant le four du bou- 
langer. 

Mot à mot, elle a vu en- 
fourner (Argot du peuple). 
N. 

PASSER LE GOUT DU 
PAIN : Etrangler un indi- 
vidu, lui faire passer le 
(joïU du pain (Argot du 
peuple). 

PASSER DEVANT LA 
GLACE : Payer. 

Allusion à la glace qui 
est toujours derrière le 
comptoir, chez le marchand 
de vin (Argot du peuple). 

PASSER L'ARME A GAU- 
CHE : Mourir (Argot du 
peuple) . 

PASSER L'ÉPONGE : Ou- 
blier, pardonner. 

Mot à mot : laver le passé 
(Argot du peuple). 

PASSER A TABAC : Cette 
expression est toute récente. 
Quand un individu est 
arrêté et conduit dans \m 
poste de police, il est sou- 
vent frappé par la police, 
de là : passer à tabac (Ar- 
got du peuple). 

PASSÉ-SINGE : V^oné.A.D. 

Singe ne doit pas ici être 

pris dans le sens de patron ; 

singe est l'animal de ce 

nom. 

Passé-singe, passé maî- 



tre dans l'art de faire des 
grimaces et de se contor- 
sionner. 

Synonyme de souplesse 
et d'agilité. 

— Il est donc passé- 
singe qu'il a pu cromper 
la tant', malgré V oncle et 
les barbaultiers (Argot 
des voleurs). 2Ç'. 

PASSE VANTERNE: Échelle. 
Mot à mot : passer par 
la fenêtre f'Argol des vo- 
leurs). 

PASSIFS : Souliers. 

Il en est peu, en effet, 
qui résistent au mauvais 
temps, surtout depuis l'in- 
vention des semelles en cuir 
factice (Ai^ot du peuple). 

PASSIF: Homme pour homme, 
celui qui subit. 

Habitué des latrines de 
la berge du Pont-Neuf, des 
bains de la rue de Penihiè- 
vre ou des pissotières des 
Champs-Elysées. 

Dans le peuple on dit : 

— Il va ramasser des 
marrons dans l'allée des 
Veuves. 

L'allusion est claire (Ar- 
got du peuple). 

PATAPOUF : Homme gros 
et court sur jambes, qui 
peut à peine soufller en mar- 
chant. 

Dans le peuple on dit : 

— Ce patapouf souflle 



PAT 



PA\^ 



209 



comme un phoque (Argot du 
peuple). 

PATELIN : Pays. 

Corrupliou' du vieux mot 
pasqiielin, qui signifiait la 
même chose (Argot du peu- 
ple). 

PATINER (Se) : Se sauver. 

— Je me ^«^/«^ parce que 
je suis en relard. 

Allusion aux patineurs 
(pii avancent ra[>idement. 

Patiner veut aussi dire 
se dépécher de terminer 
une besogne. 

— Je me patine de finir 
ma pièce, autrement samedi 
pas de galette. 

Patiner du chiffon 
rouge, se patiner de la 
langue : parler vite (Argot 
du peuple). N. 

PATOUILLER : Manier. 

— Vous n'avez pas bien- 
tôt fini de me patouiller 
avec vos sales pattes ? 

On patoviUe dans un 
coft're-forl . 

On dit également ^a^rî- 
fouillcr. 

— Ce cochon de quart 
d'œil a passé deux heures 
à pairifouiller dans mes 
frusques pour trouver de 
quoi me faire sapé, mais il 
est grinchi. C'était au 
moulin. 

Patri fouiller est le su- 
perlatif de fouiller (Ar- 
got des voleurs). K- 



PATRICOTAGE : Les dan- 
seurs patricotent des jam- 
bes. 

On dit aussi : 

— Il a patricoté dans la 
caisse. 

Patricoter est ici pour 
tricoter (Argot du peuple). 
N. 

PAUMER : Perdre. 

— Tu fais une drôle de 
gueule. 

— J'avais deux sigues 
d'amure et j'en paume 
quatre, y a de quoi. 

— Fallait pas jouer (Ar- 
gol des voleurs). A^. 

PAUMÉ : Être pris, empoi- 
gné. 

Les agents arrêtent un 
voleur en lui mettant géné- 
ralement la paume de la 
main sur Tépaule. 

L'allusion est claire. 

Être empaumé : être 
fourré en prison (Argot des 
voleurs). 

PAUMÉ MARRON : Paumé, 
pris, marron, l'être. 

Je suis marron signifie 
être refait. 

Vn gogo est marron 
dans une affaire qui rate. 

— On m'a pris ma place, 
je suis marron. 

Synonyme de rester en 
panne (Argot des voleurs). 
A". 

PAVE (On) : Rue dans la- 
quelle on ne peut passer à 

12. 



210 



PÉG 



PEL 



cause d'un créancier (Argot 
du peuple). 

PAYEPt UN HOMME (Se) : 

Moyen que possèdent toutes 
les femmes sans débourser 
d'argent. 

Cette expression est gé- 
nf^ralement employée par 
les femmes à caprices. 

— Elle se ^aye autant 
d' hommes i}^\W\'à change de 
chemises (Argot des fillt^s). 
N. 

PEAU COUPxTE (Avoir laj : 
Accident qui arrive à ceux 
qui mangent trop de hari- 
cots. 

Mol à mot : 'peter f Argot 
du peuple). 

PEAU DE LAPIN : Nom 

donné aux ouvrières car- 
tonnières : 

— Jamais mes 'peaux de 
lapins ne turbinent le 
lundi (Argot du peuple). 
N. 

PÉDÉRASTE : Ce mot est 
trop connu pour avoir be- 
soin de l'expliquer autre- 
ment que j)ar ceci : homme 
qui commet volontairement 
des erreurs de grammaire 
et met au masculin ce qui 
devrait être au féminin 
(Argot du peuple). 

PÉGOCE: Pou. 

On dit aussi gau. 
Abasourdir des gaux: 
tuer les poux qui morga- 



nent sur son cuir (Argot des 
voleurs). 

PÈGRES : Voleurs. 

Les pègres forment deux 
catégories : la haute et la 
basse pègre (Argot des 
voleurs). 

PÉGRÏOT : Petit voleur. 
Diminutif de ^(^^r^. 
Le pégriot est d'une 
très grande utilité pour les 
ratiboiseurs de boutan- 
ches^ qui pratiquent le vol 
au radin (Argot des vo- 
leurs). 

PEIGNER UN DIARLE QUI 
N'A PAS DE CHEVEUX : 
Réponse d'un débiteur 
malheureux à un créancier 
obstiné (Argot du peuple). 

PEIGNE-CUL : Homme vil, 
bas, tlatteur. 

Mot à mot : homme de 
rien. 

Terme de profond mé- 
pris, enusage dans les ate- 
liers, pour qualitier un ou- 
vrier qui donne toujours 
raison au patron (Argot du 
peuple; . 

PÉLAGO : La prison de 
Sain if -Pélagie. 

Cette expression est une 
défiguratîondu moi Pélagie 
par l'emploi du suffixe go. 
Ce fait se produit sou- 
vent en argot (Argot des 
voleurs). 



PEX 



PEN 



•211 



l»KLO : Sou. 

— Je suis dans une 
dèche carabinée, <loj)uis 
un<' semaine je n'ai pas 
loiiclié un pélo (Argot du 
peuple). 

PELOTER LE CARME : On 

sait que les changeurs, pour 
attirer les regards, placent 
dans leurs vitrines des sé- 
biles remplies d'or ; les 
pauvres diables s'arrêtent 
a contempler ces richesses 
comme le savoyard mange 
son pain à l'odeur des cui- 
sines du Café Anglais. 

Ils pelotent le carme... 
moralement (Argot du peu- 
pie). 

PELURE : Paletot ou ves- 
ton . 

— J'enquille ma pe- 
lure à manger le rôti (Ar- 
got du peuple). 

PENDARDS : Seins qui pen- 
dent comme de vieilles ves- 
sies . 

Celte expression est at- 
tribuée à Talleyrand. 

Il assistait à la toilette 
d'une grande dame. Il re- 
gardait une femme de 
chambre lui lacer son cor- 
set ; elle lui dit en minau- 
dant : 

— Vous regardez mes 
petits coquins ? 

— Vous pourriez dire 
vos grands pendards (Ar- 
got du peuple). 



PENDL (Se payer un) : On 
sait que les brocantem-s 
pendent à lem* étalage les 
vêtements qu'ils ont h ven- 
dre. 

Ils passent les manches 
dans un bâton, ce qui 
donne l'aspect des bras. 

Vu d'un j)eu loin, on ju- 
rerait un pendu. 

Se payer un pendu, 
c'est acheter ce vêtement 
(Argot du peuple). 

PENDU GLACÉ : Le candé- 
labre en forme de potence 
qui supporte le bec de gaz. 
Les voleurs n'aiment pas 
beaucoup ces ^^W6?«5-là. 

— J'ai été paumé pour 
avoir barbotté un pante, 
sans ce chameau de pendu 
glacé, je me cavalais à la 
frime du sergot (Argot des 
voleurs). N. 

PENDULARD : Voleur de 
pendules. 

Les Allemands, en 1870, 
nous ont donné un joli 
échantillon de leur savoir 
faire dans ce genre de vol. 
Ce sont les bonjouriers 
qui pratiquent ce vol, prin- 
cipalement dans les loges 
de concierges (Argot des 
voleurs). Ù. 

PENDULE A PLUMES : Le 

coq qui chante chaque ma- 
tin à heures tixes. 

On dit également réveil- 
matin. 



212 



PER 



PER 



C'en est un très écono- 
mique qui n'a pas besoin 
d'être remonté et qui a 
l'avantage de pouvoir être 
mangé quand il a cessé de 
plaire (Argot du peuple). 

PÉNICHES : Souliers, lors- 
qu'ils sont d'une dimension 
démesurée (Argot du peu- 
ple). 

PÉPÈTES : Sous. 

— Ça commence à être 
rudement rasant, pas un 
pé-pète à la clé (Argot du 
peuple). 

Pt]PIN : Avoir un pépin, ai- 
mer quelqu'un. 

Se dit aussi à la poule 
qui se joue au billard. 
Quand un joueur a derrière 
lui un adversaire maladroit, 
il est protégé par un pépin, 
il est couvert. 

Fépin, par le même 
motif, signifie parapluie 
(Argot du peuple). N. 

PERCHER : Lojjer au ha- 
sard, tantôt ici, tantôt là. 

Allusion à l'oiseau qui 
perche tantôt sur une 
branche tantôt sur une au- 
tre (Argot du peuple). 

PERDRE SES BAS: Oublier. 

— Tu perds donc tes 
bas, que tu manques au 
rendez-vous que tu m'as 
donné ? 

— Prêtez- moi mille 
francs. 



— Vous perciez donc 
vos bas, mon vieux ? 

Ici le sens est ironique. 
On dit aussi : 

— Tu fais dans tes bas. 
Pour : Tu te moques de 

moi (Argot du peuple). 

PÈRE PEINARD (En) : Y 
aller doucement, sans se 
presser, sans se faire de 
bile. 

Les agents arrivent en 
Père Peinard pour sur- 
prendre un voleur en flagrant 
délit (Argot du peuple). X. 

PERLOT : Tabac —dérivé 
de semper. L. L. 

Semper s'écrit Sainl- 
Père dans toutes les pri- 
sons. 

k\2iCentroîisseàe Melun, 
on chante depuis des années : 

Pour du tabac, disait un pègre, 

Et pour trois pouces de Saint- 

I Père. 

(Argot des voleurs). 

PERSIL : Faire le persil, 
aller au persil: raccrocher. 
On n'est pas iixé sur l'o- 
rigine et la valeur de cette 
expression. Francisque Mi- 
chel la fait venir de pes- 
ciller ; Delvau dit qu'elle a 
pour motif que les filles 
raccrochent dans les terrains 
vagues où pousse le persil; 
le peuple, qui ne connaît ni 
l'un ni l'autre, applique cette 
expression aussi bien aux 
filles de la rue qu'à celles 



PES 



pi<:t 



•213 



(lu boulevard, parce que la 
lille trotte rians la houe et 
((u'ello a les pieds sales; or, 
depuis plus de cinquaute 
:ius, on dit d'une fdle qui a 
les pieds nialproi)res : 

— Elle a du persil dans 
les pieds ; de là : faire sou 
persil ('.\rt,'o! (W< soute- 



IM'.JIIIOQEET: Absiullie. 
Allusion à la couleur verte 
de la liqueur, qui ressemble 
à celle du {«'rroquel (Argot 
du peuple). V. Poileuse. 

l'KPilUQEE : Vieille perru- 
(/ne, vieux serin, honiuie 
qui n'cbt pas fin-de-sièc/e. 
Perruque (En faire une) : 
Vendre des matériaux qui 
appartiennent à autrui (Ar- 
KOt des entrepreneurs). 

IMSCILLER D'ESBROUF- 

l"T. : Prendre d'autorité. 

Le voleur à Xeshroiiffe 
p esc if le de celte (îiçon le 
portefeuille ou le porle- 
inonnaie du bourgeois (Ar- 
i^ot des voleurs). V. Vol à 
l^eshrouffe. 

PESSIGXEH ou PESSI- 
<:rER : Ouvrir. 

— J'ai une carouhle qui 
pessigne tc-utes les lourdes 
vans fric-frac (Argot des 
\oIeurs). 

IM.STAILLES : Ageuts de la 
iireié ou sergents de ville. 



Pour les voleurs, ce sont 
des pestes; ils ont ajouté la 
finale de railles, l'ancien 
mol, et n'en ont fait qu'un 
(Argot des voleurs). N' 

PET : Signal convenu pour 
prévenir ses complices qu'il 
y a du danger. 

— Pet, pet^ v'Ia les pes- 
tait les. 

On dit également : 

— Au bastringue du Pou 
Volant, il y aura du pet ce 
soir (Argot des voleurs). 

PET A VLNGT ONGLES : 

Enfant nouveau-né (Argot 
du peuple). 

PÉTARD : Sou. 

C'est une corruption du 
mot patard, expression 
employée par François Vil- 
lon. 

En Suisse, il y a des 
siècles, patard était une 
monnaie divisionnaire ; en 
terme de mépris, on disait : 
un patard de vache (Argot 
du peuple). N. 

PÉTARD : E.e derrière. 

— Crois-tu qu elle est 
bien en viande? Quel riche 
pétard ! On en mangerait 
une tranche. 

L'allusion se devine ; sou- 
vent il tire des feux d'arti- 
tice (Argot du peuple). N. 

PÉTARDIER , PÉTARDIÉ- 

RE : Faire du tapage, du 
bruit. 



214 



PÉT 



PET 



— Ah ! tu sais, il ne faut 
pas remmener quand il a le 
nez sale, c'est un yétardier 
(Argot du peuple). 

PÉTASE : Chapeau ridicule 
comme en portent les pay- 
sans les jours de fête. 

Ce chapeau se transmet 
de père en fils, tant pis si 
la tête est plus ou moins 
forte. 

11 en est qui datent du 
siècle dernier (Argot du 
peuple). 

PËTASSE : Vieille femme 
avachie qui perd ?>e?,vestiges 
en marchant. 

Putain et soularde (Argot 
des souteneurs). 

PKTE-SEC (Monsieur) : Indi- 
vidu qui ne rit jamais et 
paraît toujours en colère. 

Surnom donné au régi- 
ment aux ofliciers dont la 
rigueur est proverhiale (Ar- 
got du peuple). 

PÉTER : Se plaindre. 

— Ah ! mon vieil amin- 
che, comme ta frime est 
toquarde, tu as les douilles 
savonnées, d'où que tu 
sors ? . 

— De la boUe aux cail- 
loux.. A cause d'un mec qui 
a pelé Siu moissonneur, ]i\\ 
paisse à la planche à pain. 

Péter, mot à mot : faire 
à^pet, se plaindre à la 



Justice (Argot des voleurs). 

N. 

PÉTER LA SOUS -VEN- 
TRIÈRE (S'en faire) : Teime 
ironique employé pour dire 
à quelqu'un qui vous fait 
une demande saugrenue : 

— Tu t'en ferais péter 
la sons-ventrière. 

Synonyme de : Tu n'en 
poudrais pas. 

Avoir mangé à s'en faire 
péter la - sous-ventrière 
(Argot du peuple). N. 

PÉTER PLUS HAUT QUE 
LE CUL : Yvàve de l'em- 
barras, de l'esbroulle, vou- 
loir prouver que l'on est 
riche lorsque l'on n'a pas 
le sou. 

Homme ou femme qui 
s'hatiille élégamment en se 
privant sur la nourriture : 

— Ils veulent j9(?'/^r plvs 
haut qu'ils n'ont le cul. 

C'est le cas des fdles de 
boutique et des commis de 
magasins. 

Dans le peuple, par iro- 
nie, on les appelle : 

Tout sur le dos, rien 
dans l'estomac (Argot du 
peuple). N. 

PÉTEUR : Dénonciateur. 
Comme pour dénoncer 
il faut parler, le mot je- 
teur doit être pris dans le 
sens de péter du hec (Ar- 
got des voleurs). 



PET 



PÉZ 



215 



IM/riT MONDE : Lentille. 
Oïl (lit aussi par allusion 
(le (orme et presque de 
couleur : punaise (Argot 
• les voleurs). 

I M PILLARDS : Diamants. 
Pétiller est dit pour 
hriller. C'en est le super- 
latif. 

— I-ies durailles de la 
lonzesse sont pétillants 
aux pendus glacés (Argot 
des voleurs). N. 

»ÊTIT SALÉ: Petit enfant. 

— Tu ne vas pas faire 
taire ton salé ; fous-y 
donc sa gamelle pourquoi 
ne chialle plus (Argot du 
peuple). 

PETITE FILLE : Demi-bou- 
>illo. 

— Viens- lu boire une 
mteille ? 

— Non , une petile- 
llle surtira (Argot du peu- 
le). 

'ROLE : Mauvaise eau- 
vie servie dans les as- 
tommoirs. 
Elle brûle l'estomac (Ar- 
)t du peuple). iV. 

ÎTROLSQLIN : La partie 
[du corps sur laquelle on 
[lombele plus souvent. A . D. 

Pétrousquin, paysan. 

Malgré la croyance po- 
hpulaire, le paysan n'est ])as 
[aussi cul qu'il le paraît. 



Ce n'est donc pas de là, 
que vient l'expression. 

Pétrousquin, ne vien- 
drait-il pas de Pétrus, avec 
une finale ajoutée (Argot 
du peuple). 

l'ETSOUILLE : Cette expres- 
sion est sulïisammentclaire. 
Elle désigne un jardi- 
nier liabitué à travailler la 
terre ; elle est un ternie de 
mépris lorsqu'elle est em- 
ployée vis-à-vis d'un bour- 
geois (Argot du peuple). 

PÈRE LA TUILE (Le): Dieu. 

Il n'est pourtant jamais 
tomhé sur persom^e. 

Cette expression est en 
usage dans le monde des 
prisons. 

— As- lu entendu le ra- 
ticJion balancer sa ja- 
sante au Père la Tuile 
(Argot des voleurs). 

PÈZE ou PÈSE : Argent. 

L'expression est due à 
Frédérick-Lemaître . 

Il jouait avec Clarisse Mi- 
roy à la Porte-Saint-Mar- 
lin sous la direction Ilarel. 
Ce dernier n'aimait pas 
payer ; un soir qu'il était 
en retard avec les appoin- 
tements du grand artiste, 
celui-ci ne voulut pas entrer 
en scène avant d'être réglé. 
Il envoya Clarisse à la 
caisse; elle en revint peu 
après avec un énorme sac 



216 



PIA 



PIE 



(le pièces de cent sous. Elle 
le tend il à Frederick. 

— Tiens, pèse ? 
Depuis ce temps, on dit 

dans le peuple : 

— As-tu àxxpèset (Ar- 
got du peuple). 

PlIILÉMON- BALCIS : 

Quand deux bourgeois 
jouent aux dominos, et que 
Tun d'eux se dé!)arrasse du 
double -six, il s'écrie en 
riant : 

— Filez mon beau six 
(Argot des bourgeois). 

PIANO DU PAUVRE (Le; : 
Des haricots. 

Allusion au bruit du 
lendemain (Argot du peu- 
pie). 

PIAU : Cette expression est 
employée dans les ateliers 
de composition en réponse à 
une question indiscrète ou 
ridicule. Piau, c'est tout 
dire. 

Quand on ne veut pas 
répondre, on se contente de 
dire : 

■ — Il est derrière lejjjêle 
chez Cosson. C'est tout. 

Si l'insistance est trop 
grande, on dit : 

— Va donc chier dans le 
cassetin aux apostrophes. 

Cette dernière expression 
est également employée 
(juand un camarade devient 
riciie : 

— // a chié dans le 



cassetin aux apostrophes. 
En ce cas', elle ne sert 
pas souvent, car nos cama- 
rades, les typos, nous res- 
semblent, le travail ne les 
enrichit guère (Argot d'im- 
primerie). N. 

PIAULE : La maison. 

— Y a pas, faut rapp/i- 
querk la piaule (\eh\daùe, 
sans ça pas de houlotlage à 
la clé. 

Pourquoi piaule ? 

Delvau dit que c'est 
une allusion aux nondjreux 
entants qui piaillent dans 
la maison. Ne serait-ce 
])as plutôt à cause àiMpieu 
(lit) dont par déforn)atioa.4 
on a fait piaule ? 

C'est plus que probable 
(Argot du peuple). 

PICIIENET : Petit vin aigre ^ 
que l'on boit à Argenteuil 
(Argot du peuple). 



chemins. 

Le picorage est le vdU 
commis au hasard sur le i 
passant qui e^i picoré, ou- 
dans les fermes isolées. 

Le voleur picore comme-"^ 
la poule, dans les armoires;* 
il y trouve plus de butin 
que sur le fumier (Argot 
des voleurs). 

PIED DE DICIIE : Pince^ 

(Argot des voleurs). V.'' 
Monseigneur. \ 



PIG 



PIL 



217 



IMKDS FLMCLLÉS i A voir 
les) : Refuser de marcher. 
Allusion au funiculaire 
(le Belleville ((ui marche 
quand il veut (Argot du 
peuple). N. 

IMEURK A AFFl TEll : Le 

[)ain . 

En le coupant, cela n'af- 
fûte pourtant pas le cou- 
teau, mais c'est une allu- 
sion au va et vient du cou- 
teau sur la pierre à repas- 
ser, quand le rémouleur 
lui donne le fil, ou quand 
le boucher l'aiguise sur 
son fusil (Argot du peuple). 

PIERREUSE : Fille publique 
qui bat son quart dans les 
lerrains vagues, où il se 
trouve plus de cailloux 
que d'herbe (Argot des 
souteueurs). 

PIEU : Le lit. 

Se fourrer au pieu. 

Se coller dans le pieu. 

Allusion à ce que l'on 
s'y enlonce comme le pieu 
s'enlonce dans la terre (Ar- 
got du peuple). 

PIÈCE DE DIX SOUS : Mon- 
naie alFectionnée par les pé- 
dérastes. 

Ils la préfèrent particu- 
lièrement quand elle est 
neuve (Argot du peuple). N. 

PIGE : Année. 

Synonyme de berge CAr- 
got des voleurs j. 



PKiE : l^x pression employée 
dans les imprimeries pour 
constater quel est celui des 
compositeurs (pii lève le 
plus de lignes à l'heure 
(Argot des imprimeurs). 

PIGE : Employé par les en- 
fants quand ils jouent aux 
billes; à Taide d'une paille 
ou d'un petit morceau de 
b is, ils mesurent la dis- 
tance de la bille la phis près 
du but pour trancher le 
dillérend (Argot du peuple) . 

PIGEON : Homme facile à 

plumer. 

Plumer un pigeon, c'est 
plumer un individu qui a 
un béguin pour une fille. 

— Je liens mon pigeon, 
il laissera sinAcvmîiVQ plume 
dans mon alcôve (Argot des 
filles). 

PIGNOCIIER : Terme em- 
ployé dans les ateliers de 
peintres pour désigner un 
artiste qui piint à petits 
coups de pinceau. 

Il pignoche sa toile. 

Meissonier était le roi 
des pignocheurs {Argoldes 
artistes). 

PIGNOUF : Un r/iické qui 
pose un lapin à une tille est 
un pi gnou f (Argot des 
filles). 

PILE (En recevoir une) : Être 
battu à plate couture (Ar- 
got du peuple). 

13 



218 



PIL 



PIX 



PILE (Une) : Cent Irancs (Ar- 
got des voleurs). 

PILER DU POIVRE : Indi- 
vidu ({iil a des chaussures 
neuves qui lui font niai ; il 
niarclie sur la pointe des 
pieds. 
11 'pile du poivre. 
On dit également : 
— II est dans la prison 
de Saint-Crcpin. 

Quand une personne ( st 
absente et que Ton médit 
d'elle, on pile du poivre 
sur son compte. 

On connaît cette anecd(jte 
de Tortoni : 

11 y avait une vingtaine 
de journalistes réunis. Cha- 
que fois que l'un s'en allait, 
aussitôt il était arrangé de 
belle façon, et ainsi de suite 
jusqu'au dernier. 

Celui-là, en partant, se 
dit : au moins on ne pilera 
pas de poivre sur mon 
compte ; je reste seul. 

Le garçon l'accompagna 
et dit en fermant la porte : 
— Quel crétin que ce coco- 
là, il se croit l'égal de Vic- 
tor Hugo et il est plus bête 
que trente-six cochons. 

Le garçon pilait du 
poivre. 

Faire piler du poivre 
à quelqu'un : lui casser la 
tète sur le pavé (Argot du 
peuple). N- 

PILIER DE CABARET : 



Soulard qui ne quille pas 
le mastroquet. 

C'est, en ellet, une des 
colonnes de la boutique. 

Les ménagères emploient 
souvent cette expression 
(juand leur mari rentre "^'àx 
trop imbibé (Argot du peu- 
ple). 

PILIER DE COUR D'AS- 
SISES : Récidiviste qui a 
subi plusieurs condamna- 
tions. 

Cheval de retour (Argot 
du peuple). 

PINCEAU : Balai. 

— Quel riche coup de pin- 
ceau (Argot du peuple). 

PINCE-CUL : Bal de bas 

étage où l'on pelote la mar- 
chandise avant de l'emme- 
ner hacher (Argot des sou- 
teneurs). 

PINCÉ : Être pincé ^ être 
pris. 

Etre pincé : être amou- 
reux. 

— Je suis pincé pour 
Nana. Je n'en dors plus. 

En pincer pour quel- 
qu'un, c'est avoir un ardent 
désir (Argot du peuple). .Y. 

PINCER DE LA ^iUITARE : . 

Toutes les fenêtres des cel- r 
Iules des prisonniers sont 
garnies de barreaux de fer. 
Ih pincent de la guitare 
avec les barreaux. . 



PIN 



IMP 



210 



Allusion aux cordes de 
la guitare (Argol des vo- 
leurs). 

FMNCE-LOQUES : Aiguille, 
l/aiguille, en ellet. sert 
à repriser les loques, à les 
raccommoder. Klle raj)j>ro- 
clie les trous, elle les phice 
i\i"gotdes voleurs). 

IMNCER DES ERÉTIE- 
EANÏES : Danser. 

L'image est jolie, les 
jambes fréiillent. 

Quand la Goulue pince 
des frétillantes dans un 
cavalier seul distingué, elle 
pince le pas du hareng 
saur en détresse (Ai^oi du 
peuple). 

PINCETTES : Jambes, quand 
elles sont minces. 

— Tu fais sécher les 
bas sur des mncettes (Ar- 
got du peuple). 

PINGAUD (Il est) : Il est joli, 
bien élevé. 

— Ah ! Madame, le joli 
enfant que vous avez là. 

— Fais voir à Madame 
que tu es pingaud ; sou- 
haite-lui le bonjour. 

— Est-ce que je la con- 
nais, c'te vache-là. 

— Oh ! c'est y Dieu pos- 
sible, un enftmt que j'ai 
porté neuf mois dans mon 
sein ... 

— Fous-moi le cul dans ta 
hotte, tu me porteras trois 



mois de plus ; ça fera un 
an (Argol (hi peuple). 

PIXGHE : Avare qui rai)ine 
sur tout. 

Ee roi des pingres était 
un nommé Crétin, un des 
plus riches j)ropriétaires de 
Lyon ; il déchij-ait les mar- 
ges blanches des afliches 
ap|K)sées sur les murs, pour 
en laire des quittances pour 
toucher ses loyers. 

Quand il jileuvait, il lâ- 
chait ses poules dans les 
champs ; elles lui rappor- 
taient à leurs pattes la 
terre du voisin ! (Ar^ot du 
peuple). 

PIOCHER : Travailler dur et 
hn'me. 

— Je pioche mon exa- 
men. 

Piocher est synonyme de 
fouiller. 

Allusion à l'ouvrier qui 
fouille la terre en la pio- 
chant (Argot du peuple). 

PIONCER : Dormir à poings 
fermés (Ai^ot du peuple). 

PIPE (Tète de) : La tête. 

Allusion à ce que la plu- 
part de nos grands hommes 
ont eu l'honneur d'être mou- 
lés en terre de pipe et fu- 
més par le peuple, culottés 
quelquefois. 

Il existe une chanson sur 
ce sujet : 



2-20 



PIO 



PIS 



Ilsdis"nten le voyant picter 

Sa pipe enfin commence à 

I s'ciiluiter. 

Ou dit d'un individu gro- 
tesque qu'il a une tête de 
pipe (Argot du peuple). 

PIPÉ : Château. 

Il est presque impossible 
de trouver le pourquoi des 
principales expressions em- 
ployées par les voleurs pour 
désigner des choses spé- 
ciales, telles que bergerie, 
grange, ferrae, etc., etc. 

J'en ai questionné un cer- 
tain nombre, tous m'ont ré- 
pondu : 

— Ça s'appelle comme 
ça, voilà tout (Argot des 
voleurs). 

PIQUE-PRUNE: Ouvrier 
tailleur. Allusion à la mar- 
che (le l'aiguille. 

On dit aussi : Tique- 
puce ai pique-poux. 

C'est un terme de métier 
(Argot du peuple). 

PIQUER UNE ROMANCE : 
Dormir. 

Allusion au ronllement du 
dormeur qui est une sorte 
de chansoa en laux-bour- 
don (Argot du peuple). 

PIQUER LENEZ(Se):Se payer 
une belle soulographie (Ar- 
got du jie.iple). 

PIQUER SON MOULIN : Sa- 
lade trop épicée. 
Elle vous pique le mou- 



lin (la bouche) (Argot du 
peuple). N. 

PIQUER SON FARD : Rougir 
en entendant un propos 
grossier (Argot du peuple). 

PIQUE-VERT : Petite scie 
fabriquée avec un ressort 
de montre (Argot des vo- 
leurs). 

PIQUETTE : Fourchette. 

L'allusion est claire (Ar- 
got des voleurs). N. 

PISSER DE L'OEIL: Pleurer. 

— Depuis que mon homme 
a foutu le camp, je pisse 
de l'œil comme une ion laine 
Wallace (Argot du peuple). 

N. 

PISSE - FROID : Homme 
guindé, raide, froid, dont 
l'aspect vous glace. 

Homme qui, en parlant, 
laisse tomber ses mots avec 
une lenteur monotone. 

Se dit de tout homme à 
l'aspect peu sympathique 
(Argot du peuple). 

PISSER COMME LES POU- 
LES : Aller au cabinet. 

Pour qualitier un individu 
très niais, on dit : 

— Il a une gueule à me- 
ner les poules pisser (Ar- 
got (kl peuple). 

PISSER DES LAMES DE 
RXSOIR EN TRAVERS: 

Celui qui est dans ce cas-là 
n'est pas heureux. 



^ 



PIS 



PIV 



•J-21 



L'image est juste pour 
indiquer les douleurs .cui- 
santes ([u'éprouvent les pau- 
vres diables qui ont reçu 
un coup de pied de Vémis. 

Pour témoigner à une 
personne qu'elle vous impa- 
tiente, on lui dit : Vous 
nie faites pisser des lames 
de rasoir en travers (Ar- 
got du peuple). 

pissi':r une côtelette : 

Accoucher. 
On dit aussi : 
— Elle pisse des os. 
Pisser une côtelette est 

une allusion à la légende 

biblique d'Adam et Eve 

(Ai^got du peuple). 

PISSER A L'ANGLAISE : 

S'en aller subrepticement 
sans payer son écot. 

Pisser à l'anglaise : 
quitter un salon sans sa- 
luer les maîtres de la mai- 
son pour ne pas jeter le 
trouble dans la réunion. . . 
ou parce que l'on s'embête 
à quarante Irancs par tête 
(Argot du peuple). 

>ISTOLE : Pièce de dix francs 
dans l'argot des maquignons 
et des bouchers. 

La pis tôle, dans les pri- 
sons, est une chambre à 
part où les détenus, par fa- 
veur et moyennant une re- 
devance quotidienne, jouis- 
sent de quelques douceurs. 
Sous la Révolution, pour 



être à la pistole, à la Con- 
ciergerie, les prisonniers 
payaient pour un lit 27 li- 
vres 12 sous le premier 
mois, et 25 livres 10 sous 
les mois suivants. 

Sous la Terreur, les pri- 
sonniers payaient io livres 
par nuit. Chaque lit rap- 
portait 22,000 livres par 
mois. 

Alboize et A. Maquel qui 
me donnent ces chiflh sdans 
leur Histoire des prisons 
de r Europe, ajoutent que 
la Conciergerie élait le pre- 
mier hôtel garni de Paris. 

Les détenus qui sont à la 
pistole s'appellent des pis- 
toliers (Argot des voleurs). 

PITON : Nez extraordinaire 
qui se rapproche de la 
trompe de l'éléphant. 

— Monsieur, ôtez vo- 
tre nez de là, dit Gavroche 
à un homme affligé d'un pi- 
ton phénoménal, pour que 
je voie l'heure à Notre- 
Dame (Argot du peuple). 

PIVE : Vin (Argot des vo- 
leurs). V. Pivois. 

PI VOIS : Vin rouge. 

Je ne vois guère qu'une 
raison à celte expression : 
c'est une allusion de cou- 
leur. 

Pivois vient certaine- 
ment de pivoine (Argot du 
peuple). 



222 



PLA 



PLA 



PI VOIS DE BLANCIIIMONT : 

Vin blanc (Argot des vo- 
leurs). 

PLACARDE : La place. 

Non pas seulement 
comme le dit A. Delvau la 
place oîi se font les exécu- 
tions, mais bien n'importe 
laquelle. 

La placarde du four- 
milion : la place du mar- 
ché (Argol des voleurs). 

PLACE D'ARMES : La poi- 
trine (Argot du peuple). 

PLAN DE COUILLE : Faire 
de la prison pour un autre. 

Faire de la prison sans 
avoir joui du produit de son 
vol. 

Coiiillé est le diminulil' 
de couillon. 

Dialogue au Dépôt : 

• — Pourquoi que t'es 
ici? 

— J'ai pas de piaule 
pour pagnoter. 

— Je file la comète ; j'ai 
été fabriqué par \\n sale 
s ergot. 

— Et ton 7iière ? 

— Mon orgue ? J'étais 
méquard de la bande à 
Bibi. 

— Alors tu vas aller au 
carré des petites gerbes. 

— Veux-tu me désen- 
flaquer et m'aider h casser 
la ficelle^. 

— Pour aller à la hotte 
aux cailloîoœ, où y a pas 



mèche de faire chibis ; 
où on ne boulotte que 
des bourres-coquins et où 
onxw. lampe (\\x<à an sirop de 
macchabée ? y a pas de pet. 

— Je te donne la paire 
de sigues, mais tu ne bon- 
ni-ras que peau. 

— Tes sigues, c'est du 
carme à Vestorgue. 

— Non, c'est du bath. 

— C'est pas assez, car 
si les palpeurs me Ibutent 
deuxbergesde Centrousse, 
ça serait du plan de 
couillé. 

Mot à mot : de la prison 
pour rien (Argot des vo- 
leurs). 

PLAN : Le Mont-de-Piélé. 
Allusion à la planche 
sur laquelle on emmagasine 
les etfets engagés (Argot du 
peuple). 

PLAN : Prison. 

• — Je tire dix berges de 
plan . 

Tomber en plan: se 
faire arrêter. 

Etre en plan : rester en 
gage pour un écot . 

Laisser sa lémme en pi a n 
c'est synonyme delà lâcher 
(Argot dupeiiple). 

PLANTEUSE DE BOIS : 
Femme qui fait son mari 
cocu. 

Motàmot: elle luiplanie 
du bois sur la lèle (Argol 
(bi peuple). N» 



IMA 



PLA 



'2-23 



PLANCHE A PAIN : Cour 
(l'assises. 

Se (lit aussi (Vune fem- 
me maigre (Argot des vo- 
leurs). iV". 

PLANCHE A LAVEMENT : 
Le conlessionnal. 

On y lave sa conscience ; 
pour certains, il faudrait 
une rude lessive (Argot des 
voleurs). 

PLANQLE (En ^faire une) : 
Agent i[n\ s^i' planque pour 
surveiller des individus. 

Être en planque, être 
filé. 

Mot à mot : planque, 
attendre. 

La chanson des mecs 
dit : 

Jadis pour une fille, la plus 

I chouette des catins 

Tous les mecs se niettaieiu en 

I planque 

C'qui lui valait le flac dont cas- 

I quaieni les rupins 

Sans les grinchiv ni d7rac ni 

i ni ^'banque. 

(Argot des voleurs). 

PLANQUE A LARBIN : Bu- 

n^au de placement spécial 
pour les domestiques (Ar- 
got des voleurs). V. Suce- 
larbin. 

PLANQUER : Cacher. 

— Pour dépister la 
rousse, ]Q\A\smQ planquer 
un marqué chezun garnaf- 
fier de mes aminches (Ar- 
got des voleurs). 



PLANTER UN DRAPEAU : 

Autrefois on disait faire an 

Les ouvriers et les petits 
employés ont Thahitude de 
manger à la semaine ou ati 
mois chez leur restaurateur; 
frécpicmment quand ils 
quittent leur place, ils ne 
pavent pas le gargotier. 

'_. Pourquoi ne passes- 
lu pas par-là ? 

— J'ai planté un dra- 
peau. 

Allusion au drapeau 
planté par les cantonniers 
sur la voie publique qu'ils 
réparent pour avertir qu'il 
ne faut pas passer là (Argot 
du peuple). N. 

PLATRE (En avoir) : Possé- 
der beaucoup d'argent. 

Allusion au propriétaire 
qui fait construire une mai- 
son : il a du plâtre (Argot 
du peuple). 

PLAT-CUL : Tomber sur le 
côté pile. 

Les typographes disent 
sur le côté de deux. 

Allusion à l'envers de la 
page (Argot du peuple). 

PLATS A BARBE : Oreilles 
démesurées, se détachant 
du visage. 

— Faudrait un balai 
pour nettoyer tes plats à 
barbe (Argot du peuple). 

I»LAT DU JOUR : Femme 



224 



PLO 



PLU 



nouvelle servie aux habi- 
tués des maisons de ren- 
dez-vous avant qu'elle ne 
serve au public (Argot des 
filles). N. 

PLAT DE CHAT : Il ne s'a- 
git pas de la gibelotte de 
goiàtière servie chez les 
Borgias à vingt-trois sous 
(Argol des filles). V. Ac- 
couplées. 

PLAT- GUEUX : Homme 
lâche (Argot du peuple). V. 

Plat-ventre. 

PLAT-VENTRE (Se mettre 
à) : Se dit de quelqu'un 
qui rampe devant un su- 
périeur. 

Se mettre à plat ventre, 
c'est le comble de l'humi- 
liation et de l'abaissement 
(Argot du peuple). 

PLEL\ COMME UN BOU- 
DIN (Être) : Être repu 
de nourriture et de bois- 
son. 

Mot à mot : avoir mangé 
comme un cochon (Argot 
du peuple). 

PLOMB (Avoir une carotte 
dans le) : Puer de la 
bouche. 

Plomb est une expres- 
sion déjà ancienne. 

Théophile Gautier fai- 
sant goûter à Alexandre 
Dumas père de la fine 
Champagne excessivement 
rare, celui-ci avala son 



petit verre d'un seul coup. 

— Ah! dit Théophile 
Gautier, lu jettes ça dans 
le plomb (Argot du peu- 
ple). N. 

PLOMBÉ : Ivre; l'homme 
ivre est lourd comme du 
plomb. L. L. 

Plombé veut dire atteint 
d'une maladie qui a fait la 
fortune de Charles Albert. 

— Elle m'a plom.bé jus- 
qu'à la moelle (Argot du peu- 
ple). N. 

PLOMBES : Heures. 

— Voilà dix plombes i\\\\ 
se décrochent au tinta- 
marre de Vantonne; le ra- 
ticho7i va grimper à son 
zinc pour débagouler sa 
jasante au père la Tuile. 

Plombes, allusion au 
marteau qui tombe d" aplomb 
sur la cloche (Argot des 
voleurs). 

PLOMBER DE LA GAR- 
GUE : Sentir mauvais de 
la bouche. Tuer les mou- 
ches au vol (Argot du peu- 
pie). 

PLUMARD : Lit de plumes. 
C'est un simple change- 
ment de tinale, comme pour 

épicemar et frimard (Ar- 
got du peuple). 

PLUMES : Cheveux. 

— Tu veux toujours pa- 
raître jeune, mais lu te dé- 
plumés. 



POC 



POI 



22; 



¥ 



— Tu as rudement grandi; 
ta tète dépasse tes cheveux 
(Argot du peuple). 

IMllMES DE BEAUCE : 

Bottes de paille. 

On sait que les plaines 
(le la Beauce sont îertiles 
en graminées ; le blé, le 
seigle et l'avoine y sont 
cultivés avec soin. 

Dans les prisons où les 
détenus n'ont pour literie 
qu'une simple paillasse, ils 
(lisent, par ironie, qu'ils 
couchent sur de la plume 
(le Beauce (Argot des pri- 
sons). 

PLUMER : Dépouiller. 

Allusion à l'oiseau que 
la cimnnQve plume pour le 
faire rôtir. 

Ruiner un individu, lui 
prendre jusqu'à sa dernière 
plume. 

— Il faut à tout prix que 
vous sortiez de celte af- 
faire, vous y laisseriez vos 
plumes (Argot du peuple). 

POCHETTES : Les joues. 
Comme les poches, elles 
se gontlent (Argot du peu- 
ple). 

POCHETÉE (Avoir une) : 
Avoir une forte dose de 
bêtise. 

— Il en a une rude po- 
che tée. 

Synonyme de gourde 
(Argot du peuple). 



POÊLE A MARRONS : 

Homme grêlé. 

Allusion à la poêle pe cée 
de trous (Argot du peupIeV 

N. 

POGNON : Argent, monnaie. 

Allusion à l'argent mis à 
même la poche et que l'on 
prend à poignée. 

Une poignée d'argent ; 
de là, pognon (Argot des 
souteneurs). 

POIGNE (Avoir de la) : Raide, 
dur comme une barre de 
fer. 

Diriger une affaire avec 
énergie, commander avec 
rudesse. 

Cette expression date de 
l'Empire, qui inventa les 
préfets à poigne (Argot du 
peuple). 

POIL DE BRIQUE : Femme 
ou homme à cheveux rou- 
ges, rou/ttin. 

On dit dans le peuple, 
par allusion à la couleur : 

— Trois jours de plus 
dans le ventre de sa mère, 
elle était rôtie (Argot du 
peuple). N'. 

POIL (En avoir quelque part) : 
Homme courageux qui ne 
redoute rien. 

Dans le peuple, on dit le 
mot carrément (Argot du 
peuple). 

POIL (En recevoir un) : Être 
fortement grondé. 

13. 



226 



POI 



POI 



Chi dit aussi recevoir un 
galop ou un gras. 

Ce mot remplace suif 
(Argot du peuple) . 

POILS (Être à) : Être dans 
un costume primitif, comme 
Geneviève de Brabant, avoir 
ses cheveux pour vêtement, 
ou, comme au bal des Qua- 
tr'z'Arts, avoir laissé sa 
chemise au vestiaire (Argot 
du peuple). 

POIL DANS LA MAIN (En 

avoir un) : Paresseux qui 
ne veut pas travailler, qui 



pas 
; lesi 



fête tous les jours la Sainte- 
Flemme. 

— Il faudrait une rude 
paire de ciseaux pour lui 
couper le poil qu'il a dans 
la main (Argot du peuple). 

POILEUSE : Absinthe. 

Dans les assommoirs où 
l'on débite de l'absinthe 
commune à la mesure, on 
emploie celte expression. 

Elle vient de ce que 
riiomme, abruti par cette 
boisson, ne peut plus tra- 
vailler ; il est poileux. 

Mot à mot : il a un poil 
(Argot du peuple). N. 

POINCELETS : Clés fabri- 
quées d'une certaine ma- 
nière. 

Au lieu d'avoir un an- 
neau à son extrémité comme 
les clés ordinaires, lepoin- 
celet se termine en poitite 



et peut servir à deux usa- 
ges : à caroubier les por- 
tes ou h pratiquer une pe- 
sée pour faire sauter les 
gâches des serrures (Argot 
des voleurs). 

POINT DE COTÉ : Créancier. 
Maître-chanteur exploitant 
les hommes qui ont un cer- 
tain vice. 

Allusion à la gène cau- 
sée par le mal de ce nom. 
L.L. 

Point de côté : tiers gê- 
neur. Celui qui, par exem- 
ple, vous empêche, par sa 
présence, de lecer une 
iémme et de l'emmener 
après l'avoir levée. A. I). 

Point de côté, mari gê- 
nant, ombrageux, jaloux, 
qui surveille sa femme 
comme Bartholo sa nièce : 

— Je ne peux pas sortir, 
mon point de côté est à la 
maison, il ne me lâche pas 
d'une semelle (Argot du 
peuple). N- 

POIRE : Tête. 

On dit d'un homme naïf 
et simple : 

— 11 a une bonne poire, 
il est facile à acheter. 

— Vous n'allez pas long- 
temps vous moquer de ma 
poire, je suppose? 

Se payer la têt£ de 
(juelqu'un est synonyme de 
se payer sa poire (Argot 
du peuple). 



POI 



POI 



227 



POIKOTËK: V. Faire le poi- 
reau. 

POISSE : Volour. A. D. 

C'est absolument, tout le 
contraire ; un poisse est un 
a^^ent de la sûreté. 

La poix du cordonnier 
s'attache aux mains en 
poissant le lii; Tarent s'at- 
tache au voleur, il le poisse. 

Il le lait bon pour 
Poissy. 

Nous seinmes poissés : 
nous sommes pris [Argot 
des voleurs). N. 

I>OISSÉ SUR LE TAS : Être 
pris en flagrant délit de 
vol. 

Poissé de poisse., agent ; 
tas, terrain (Argot des vo- 
leurs). iV. 

POISSER DES PHILIPPES: 

Poisser^ voler; philippes. 
pièces de cinq francs. 

Mot à mot : voler des 
pièces de cinq francs (Ar- 
got du peuple). 

POISSON SOUFFLEUR : 

Rendre par les narines, 
comme le font certains fu- 
meurs de cigarettes, ce qui 
est aspiré par la bouche. 

Se prend dans deux sens 
(Arçot du peuple). 

POITOU : Non. A. D. 

Poitou : Public. A. D. 
Poitou : Nulle chose. 
Z. Z. 



C'est assez difficile h ac- 
corder. Qui a raison des 
deux auteurs? 

Moi, je crois que poitoîc 
veut dire silence, prenez- 
garde, car ce mot est em- 
ployé dans les prisons à 
l'arrivée d'un surveillant 
(Argot des voleurs). N'. 

POIVRE ET SEL : Cheveux 
qui commencent à grison- 
ner. 

L'allusion est claire (Ar- 
got du peuple). 

POIVRER : Quand la cuisi- 
nière poivre trop ses mets, 
elle met le feu au i>alais 
des convives. 

Quand une femme poivre 
un homme, le poivré mau- 
dit Christophe Colomb 
comme F'rançois I^"" la belle 
Ferronnière (Argot du peu- 
pie). 

POIVRIER : Voleur qui dé- 
valise les ivrognes qui s'en- 
dorment sur les bancs ou 
sur l'herbe des fortifica- 
tions. 

Ce vol est connu sous le 
nom de vol au poivrier 
(Argot des voleurs). 

POIVROT : Ivrogne qui se 
colle des hitures à tout 
casser. 

Poivrot vient sûrement 
de ce que dans les assoiïi- 
moirs, on débite de l'eau- 
de-vie qui ressemble à une 



228 



POM 



POM 



flécoclion de poivre long. 
Il est saoul, il est poi- 
vré, de là poivrot (A.rgot 
du peuple). 

POLOCHON : Le traversin 
qui complète' la fourniture 
du troupier à la caserne. 

Quand on a bu un coup 
de trop, on a reçu un coup 
de polochon. 

Allusion à la farce qui se 
fait dans les chambrées aux 
jeimes conscrits : on les 
'étovrdit à coups de polo- 
chon (Argot des troupiers). 

POMMADEUR : Piéparateur 
de vieux meubles à qui il 
donne l'apparence du neuf 
en les truquant avec de la 
cire et de la gomme laque 
(Argot du peuple). 

POMMADEUR t Flatteur. 

Passer de la pommade à 
quelqu'un, lui trouver tou- 
tes les qualités possibles. 

Dire à un bossu, par 
exemple, qu'il est droit 
comme un cierge. On en a 
fait ce calembour : la louange 
comme le tonnerre fout 
droit (Arg;>t du peuple). 

POMMADIN :. Individu infa- 
tué de lui-même, qui ne 
songe qu'à soigner sa tète. 
Mot à mot : qui ressem- 
ble à une poupée de coif- 
feur C Argot du peuple). 



POMPER : Boire comme un 
trou. 

Dialogue devant le comp- 
toir d'un marchand de vins : 

— Voulez- vous, en bu- 
vant, ressembler à deux 
empereurs romains ? 

— Comment? 

— Soyez César et pom- 
pez (Argot des bourgeois 
facétieux). ISf. 

POMPER : Travailler ferme. 
Quand le travail se ra- 
lentit, le metteur en pages 
dit : 

— Allons, les amis, en- 
core un petit coup de 
pompe (Argot des typo- 
graphes). 

POMPEZ,SEIGNEUR,POUR 
LES BIENSDELA TERRE 
ET LE REPOS DU PAU- 
VRE MILITAIRE. 

Fomper signifie pleu- 
voir ; alors le soldat coupe 
à la corvée ou à la revue 
(Argot des troupiers). 

POMPON (Vieux) : Se dit 
d'un vieux soldat : 

Le soldat est comme son 

I pompon 

rius il devient vieux, plus 

I il devient... melon. 

(Argot des troupiers). 

POMPON (En avoir un) : Être 
abominablement gris. 

Avoir la face rouge comme 
une pivoine. 

Allusion à la couleur 



POR 



POS 



229 



ro'ige du pompo)i des gre- 
nadiers (Argot du peuple). 

PONTES POUR L'AFF : 

Ponte doit être pris dans 
lesensde bailleur de fmds 
assemblés pour lancer une 
affaire plus ou moins vé- 
reuse. 

On sait que le yonte 
(joueur) est généralement 
peu scrupuleux (Argot des 
boursiers). 

POXAME: Fille publique. 
On dit également yonette 
quand elle est jeune (Arçot 
des voleurs). iV^. 

ïM)MFLE : Raccrocheuse de 
bas étage. 

Ponifle est le diminutif 
de poni/ler, aimer (Argot 
des souteneurs). 

PORC-ËPIC: L'ostensoir. 
Allusion aux rayons qui 
l'entourent (Argot des vo- 
leurs). 

PORTE-BONHEUR : Le ca- 
briolet que les agents pas- 
sent aux poignets des pri- 
sonniers. 

Allusion de forme (Argot 
des voleurs). iV. 

l'ORTE-EFFETS, PORTE- 
TURBIN 

Porte-tiirhin est une ex- 
pression heureuse ; elle dé- 
signe à merveille les épaii- 
les du coltineur (Argot des 
voleurs). V. Bascules. JSf. 



PORTEFEUILLE : Le lit. 
— Je vais me fourrer 
dans mon porteléuille. 

Allusion de lorme (Argot 
du peuple j. 

PORTER LE BÉGUIN : Pâ- 
lir, perdre sa fraîcheur. 

Celui des deux jeunes 
mariés qui est le moins ro- 
buste ou le plus gourmand, 
porte le béguin le premier 
(Arçot du peuple). 

PORTER LES CULOTTES : 

Virago qui traite son mari 
comme un petit garçon (Ar- 
got du peuple). V. Décu- 
lotté. 

PORTE-MORNIFLE : Porte- 
monnaie (Argot des vo- 
leurs). V. Morlingue. 

PORTION: Fille publique. 

Allusion à l'heure de la 
soupe . 

Quand le soldat a faim, 
il tombe sur la bidoche (Ar- 
got des troupiers). 

POSE TA CHIQUE ET FAIS 
LE MORT: Reste tran- 
quille et ne parle pas (Ar- 
got du peuple). 

POSER UN GLUAU : Ce ne 
sont pas les oiseaux qui se 
prennent dans ce gluaii-h^ 
mais le plus souvent les pieds 
(Ai^ot du peuple). 

POSTICHE : Quand, dans un 
atelier do composition, un 
compagnon raconte une his- 



230 



POT 



POU 



toire à dormir debout, on 
lui crie : 

— A Chaillot le posti- 
cheur. 

Postiche : faire un boni- 
ment sur la voie publique 
pour amasser le trèpe (la 
foule). 

Les saltimbanques qui 
font des tours de caries ou 
jonglent avec des poids sur 
les places publiques, font 
une postiche. 

Postiche : travail (Argots 
divers). N. 

POSTILLON : Baver en par- 
lant, c'est lancer des pos- 
tillons (Argot du peuple). 

POSTILLON : Boulette de 
mie de pain dans laquelle 
est un billet laconique. 

Cette boulette est lancée 
dans la cour où se trouve le 
prisonnier que l'on veut 
prévenir qu'un de ses com- 
plices s'est mis à table. 

Le postillon est aussitôt 
ramassé, et ouvert ; le bil- 
let est collé sur la muraille ; 
quand les gardiens s'aper- 
çoivent du coup, il est trop 
tard (Argot des voleurs). 

POSTILLON D'EAU 
CHAUDE : Infirmier (Ar- 
got du peuple). V. Canon- 
nier de la pièce humide. 

POT A COLLE : Ouvrier me- 
nuisier (Ai^ot du peuple) . 



POT A TABAC: Homme énor- 
mément gros et court, par 
analogie avec le cochon 
gras. 

On dit aussi dans le peii- 
ple : bon à tuer (Argot du 
[)euple). 

POT DE VIN : Argent donné 
pour obtenir un privilège, 
un monopole, une adjudica- 
tion en dehors des voies lé- 
légales. 

Un maître maçon donne 
un pot de vin à un archi- 
tecte pour obtenir des tra- 
vaux (Argot (lu peuple). 

POT DE VINARD : Qui ac- 
cepte le pot devin. 

Nous en avons eu un 
triste exemple dans l'alfaire 
du Panama (Argot du peu- 
ple). 

POTEAU : Ami. 

La figure en juste ; un 
poteau soutient. 

Poteau veut dire aussi 
complice (Argot des vo- 
leurs). 

POTEAUX : Jambes énormes, 
comme disent les vojous : 
grosses du bas et énormes 
du haut (Argot du peuple). 

POUBELLE (La) ; Boîte à 
ordures qui lire son nom 
du préfet de la Seine qui en 
a ordonné l'usage. 

Avant, les ordures étaient 
jetées en tas dans la rue 
(Ai"got du peuple). A^- 



POl 



PRE 



231 



POIFFIACE : Fille publi- 
(jiu' avariée. 

On dit aussi : chameau, 
rhiasse, camelolte (Ar^'ot 
(les souleneurs). 

POULE D'EAU : Blanchis- 
eliisseuse. 

Elle est bien nommée, 
j)uis!jirelle passe sa vie à 
l'eau (Arçot du peuple). 

POULET DE CARftME : 
Hareng saur. 

C'est un triste poulet qui 
pourtant t'ait le bonlieur 
(l'un las de pauvres j^ens. 
Le hareng se nomme aussi 
un gendai^me (Argot du 
peuple). 

l^OUSSAII : Homme gros, 
ventripotent, qui a peine à 
i rainer son corps dillornie 
sur ses jambes courtes (Ar- 
got du peuple). 

POUSSE-MOULLN : Eau. 
Allusion à ce que Teau 
sert de moteur pour faire 
tourner la roue du moulin 
(Argot du peuple). 

POUSSE-FAUTEUIL : Valit 
(Ai^ot du peuple). 

POUSSE-MOU : Homme mou 
qui travaille avec mollesse, 
sans courage (Argot du 
peuple). 

POUSSER SA MOULURE : 
Faire ses besoins. 
Allusion à la moulure 



ronde qu'il faut pousser 
avec ellbrt sous le 1er du 
rabot (Argot du |)euple). 

POUSSER A LA PEAU : 

Femme de l'eu, amoureuse, 
ciiaude comme braise dont 
l'ensemble parle aux sens. 
Elle pousse à la peau 
(Argot du peuple). 

POUSSIER : Lit malpropre. 
Poussier^ cbambre pau- 
vre, en désordre. 

— Comment peux -tu 
vivre dans un pareil pous- 
sier"^ 

Synonyme de taudis (S^v- 
got du i)euple). 

PRÉ AU DAR COURT TOU- 
JOURS : Prison de Mazas 
(Argot des voleurs). 

PRÉFECTANCE : La Préf. c- 
ture. 

Quelques-uns écrivent : 
Préfectanche (Argot du 
peuple). 

PRENDRE LE COLLIER DE 
MISÈRE : Aller travailler. 

L'établi est bien un col- 
lier de misère, c'est même 
un collier de force, car 
l'ouvrier ne peut le laclier, il 
subit ce ca/'ca;r jusqu'à la 
tombe. 

Ce qui fait dire quand 
l'un d'eux meurt : 

— II a quitté le collier 
de misère (Ai-got du peu- 
ple). 



232 



PRO 



PRU 



PRENDRI] LA VACHE PAR 

LES (ce que porle le 

taureau entier) : Prendre 
les choses au rebours, com- 
mencer quelque chose par 
la fin (Argot du peuple). 

PRENDRE UN PLAT : V. 

Rouscailler. 

PRÊTER LOCHE : Prête 
moi ton oreille. 

Écoute bien ce que je 
vais te dire (Argot des vo- 
leurs), 

PRINCESSE : Vivre pour 
rien. Vivre aux frais de la 
princesse (Argot du peu- 
ple). 

PRORLOQUE : Propriétaire 

(Argot du peuple). iV. 

PROCUREUSE : Ancienne 
fille publique qui fait mé- 
tier de procurer sur com- 
mande des jeunes filles aux 
vi ux cochons. 

Elle alimente les maisons 
clandestines. 

Souvent, c'est une mar- 
chande à la toilette qui 
masque sa honteuse pro- 
fession sous les apparences 
de son commerce (Argot du 
peuple). 

PRODUISANTE : La terre. 
L'allusion est juste : la 
terre produit (Argot des 
voleurs). 

PROFONDES : Poches. 

Elles sont, hélas ! parfois 



si profondes., que l'on ne 
peut parvenir à y trouver 
le moindre maravédis (Ar- 
got du peuple). 

PROLO : Abréviationde^ro- 
létaire. 

Travailleur de n'importe 
quel métier qui n'a d'au- 
tres ressources que ses dix 
doigts pour vivre (Argot du 
peuple). N. 

PROPRIO : Abréviation de 
propriétaire (Argot du peu- 
ple). 

PROUTER : Marronner, ne 
pas être content (Argot du 
peuple). V. A cran. 

PROXÉNÈTE : Ou maque- 
relle ; c'est la même chose. 

La proxénète eslîx l'affût 
de toutes les misères pour 
livrer les malheureuses à la 
prostitution. 

Celle-là ne connaît pas 
la grève des mineures. 

Elle revêt toutes les 
formes, depuis la grande 
dame qui a « eu des mal- 
heurs », qui tient une 
agence dramatique, jus- 
qu'à l'ancienne cuisinière 
qui tient un bureau dépla- 
cement (Argot du peuple). 

PRUNEAU : Tabac en ca- 
rotte qui se nomme gross<^ 
ou petite ficelle ; il se chi- 
que. Gomme le morceau, 
une fois mâché, est noir et 



PUX 



PUT 



V33 



juteux, on le nomme un 
'pruneau CArgol du peu- 
ple). 

IMIUSSIEN : Leclenière. 
-* Je vais le fourrer un 
coup (le pied dans le prus- 
sien (Argot du peuple). 

PUCE DE MEUNIER :\.P/- 

(loce. 

I LCE TRAVAILLEUSE : 
(l'est l'ancienne expression 
pour désigner les femmes 
pour femmeSi 

C'est dans les maisons de 
rende/.-vous, où il y a des 
coijeurs (voyez ce mot), 
que ce travail s'accomplit, 
à la grande satisfaction des 
vieux érotomanes qui vien- 
nent là, chercher par les 
yeux un spectacle écœurant 
pour émoustillercequi leur 
reste de sens. 

Les femmes qui opèrent 
dans ces maisons sont payées 
à la séance (Argot du peu- 
ple). 

PUCELAGE : Petit oiseau 
qui s'envole quand il lui 
pousse une queue. 

On sait que les petits 
sortent du nid quand cet 
appendice caudal arrive à 
point (Argot du peuple). N. 

PI NAISE : Cette expression 
date de 1862 ; elle est due 
à un voyou. Sur le boule- 
vard Montmartre, une tille 
hèle un cocher. 



— Au Rois, lui dit-elle. 

— Au bois de lit, pu- 
naise, fait le gamin. 

Le mot e 
du peuple). 

PURÉE (Être dans 1:,^ : V. 
Mélasse. 

PURÉE : Absinthe. 

Quand elle est forte, la 
liqueur épaisse ressemble, 
en effet, à une purée de 
pois cassés (Argot du peu- 
ple). 

PURGATION : Quand un 
avocat plaide en cour d'as- 
sises ou en police correc- 
tionnelle, les voleurs de pro- 
tession appellent sa plai- 
doirie une purgation. 

— As-tu entendu mon 
blanchisseur ; ce qu'il a 
assis l'amcal bêcheur et 
les Honneurs. Quelle pur- 
gation! (Argot des vo- 
leurs). 

PUROTAIN : Qui est dans la 
purée (Argot du peuple) V. 
Mélasse. 

PUTAIN : Femme qui va à 
tous, soit à l'œil, soit par 
métier. 

La putain est vieille 
comme le monde ; depuis le 
lupanar antique elle existe. 

Malgré la brutalité de 
cette expression, on la re- 
trouve chez tous les poètes 
anciens. 



!234 



PUT 



PUT 



r.e Dict des rues de Paris, 
par Guillot (1270), publié 
on 175i par I'al)b6 Fleurv . 



Y entrai dans la maison Luce 
Qui maint en la rue Tyron. 
Des Dames hymnes vous diron, 



Une femme vi destrecié 
Pour toi pignier qui me donna 
Au bon vin ma voix a donné 
Où l'on trouve bien por denier 
Femmes, par son cors sulacier 
Où il a maintes tencheresses 
Qui ont maint homme pris au 
brai. 



(Argot du peuple). 



OUA 



OUA 



235 



Q 



Ql'ANTKS? : BuMivenuo que 
paie un ouvrier nouvelie- 
ntent embauché dans uu 
aUïlier. 

Tant qu'il n'a pas satis- 
fait à cette vieille coutume, 
qui date du compagnon- 
nage, les camarades lui 
crient : quanùèsf (Argot 
du peuple). K. 

QUART D'OEIL : Commis- 
saire de police (Argot du 
peuple) 



V. Moissonneur 
Se- 



ULART DE MARQUF 
main\ 

Le quart du mois [mar- 
qué) (Argot des voleurs). 

QUATRE-VINGT-DIX : Truc, 
secret de métier. 

Vendre le quatre-vingt- 



dix : révéler le secret. ^4. 
D. 

Le quatre-vingt-dix est 
une loterie composée de 
quatre-vingt-dix billets 
qui sont contenus dans un 
sac ; le 90 gagne le gros 
lot. Les 90 numéros sont 
divisés par 30 cartons qui 
sont placés dans le public, 
deux compères (engayeurs) 
prennent deux cartons ; le 
tenancier du jeu s'arrange 
de façon à les faire gagner 
par un truc ingénieux ; le 
public volé n'y voit que du 
ien (Argot des saltimban- 
ques). À^. 

QUATRE-COINS : Mouchoir. 
La figure coule de source. 
Il y a aussi un jeu cpii 



236 



OUI 



OUO 



se nomme les quatre-coins , 
il faut èlre cinq pour le 
jouer. 

Chaque joueur se place 
à l'angle du carré, le cin- 
quième au milieu fait le pot 
(le chambre, et essaye de 
prendre un des coins ; s'il 
y arrive, celui qui a perdu 
sa place prend la sienne 
(Argot du peuple). 

QUELPOIQUE : Rien (Argot 
des voleurs). 

QUEUE : Faire une queue à 
sa femme : la tromper avec 
une autre et réciproque- 
ment. 

On fait également une 
queue à un fournisseur, en 
achetant chez sou concur- 
rent. 

Laisser une queue : ne 
donner qu'un acompte sur 
une dette. 

Se tirer la queue, se... 
battre (Argot du peuple). 

QUEUE DE CERVELAS 

(Faire la) : Promenade 
dans les promenoirs des 
])risons (Argot des voleurs). 
V. Dévidage. 

QUI A DU ONZE CORPS- 
BEAU ? : Quand un curé 
entre dans un atelier de 
composition, cette question 
salue son apparition. 



On répond en chœur : 

— Ache (Argot d'impri- 
merie). 

QULMPER: Tomber (Argot 
des voleurs). 

QUINTE ET QUATORZE ET 
LE POINT : V. Plombé. 

QUIQUI : Rognures de viandes 
ramassées par les chiffon- 
niers dans les ordures. 

Ils les revendent aux 
Borgias à 1 fr. 13 qui eu 
font des potages (Argot du 
peuple). 

QUI-QUI : Le col. 

— Si tu rebiffes, je vais 
te serrer le qui-qui. (Argot 
du peuple). 

QUINQUET: Les yeux. La 

marmotte allumeXt pante 
du quinquet (Argot des 
souteneurs). V. Chasses. 

QUOQUANTE: Armoire à 
glace (Argot des voleurs). 

N. 

QUOQUARD : Arbre. 

— J'ai flanqué la gal- 
touze sous le premier quo- 
quard à gauche de la gar- 
naffe (Argot des voleurs). 
iV. 

QUOQUERET : Rideau (Ar- 
got des voleurs). V. Gueu- 
sard. 



UAB 



UAH 



•237 



R 



RAFiATTEURS : Individus 
qui font le métier de rabat- 
tre les filles pour les hom- 
mes et les hommes poul- 
ies filles. 

On peut lire la monogra- 
phie curieuse de cette ca- 
tégorie d'individus dans 
Trottoirs et Lupanars 
(Argot des souteneurs). N. 

RABATTEURS A LA SOR- 
GUE : Voleurs qui opèrent 
la niiil. 

C'est un redoublement 
de syllabe; ils ne rabattent 
pas, ils s' abattent sur les 
maisons à dévaliser. 

Les rabatteurs sont les 
complices qui nourrissent 
le poiipard (Ai^got des 
voleurs). 



RABIAGE : En avoir, c'est 
posséder des renies (Argot 
des voleurs). 

RABIBOCHER : Quand un 
ménage est en désaccord et 
qu'un raccomodage a lieu, 
il est rabiboché. 

Le rabibochage n'est le 
plus souvent qu'un replâ- 
trage. 

Quand les enfants jouent 
aux billes, ceux qui ont 
perdu disent au gagnant : 

— Veux-tu nous rabibo- 
cher'^ 

C'est-à-dire nous rendre 
quelques billes (Argot du 
peuple). 

RABIOT : Faire plus de temps 
qu'il n'a été convenu. 



238 



RAC 



RAC 



Au régiment, un lionim ' 
puni fait autant de jours de 
présence en plus qu'il a eu 
de jours de punition. 

Avoir dîù rahiot: avoir 
du bon, toucher un reliquat 
sur lequel on ne comptait 
pas (Argot du peuple). 

RABOTÉ : Synonyme de net- 
toyé, plus rien. 

On dit aussi d'une lemme 
mince : 

— Elle a été rabotée 
(Argot du peuple) 

RABOTER LE SIFFLET(Se): 

Boire un verre d'eau-de-vie 
qui gratte si fort le gosier 
qu'il semble en emporter 
des lambeaux. 

L'eau-de-vie, qui joue le 
rôle du fer du rabot, enlève 
des copeaux dans le sifflet 
du buveur (Argot du peu- 
ple). N. 

RABOUIN : Le diable (Argot 
des voleurs). 

RAGLNE DE BUIS : Dents. 
Ainsi nommées lorsqu'elles 
sont sales et noires. 

Vesinier, membre de la 
Commune en 1871, fut sur- 
nommé par Henri Roche- 
forl : racine de buis, par 
allusion à la racine de c et 
arbuste qui est noueuse avec 
des protubérances qui res- 
semblent à des verrues dif- 
formes. 
Racine de huis caracté- 



rise la iéledca individus qui 
ressemblent à cette racin«; 
(Argot du peuple). N". 

RACAILLE : Moins que rien. 

Terme suprême de mé- 
pris plus fort que crapide ; 
résidu de tout ce qu'il y a 
de plus abjet. 

— Tu n'es qu'une sale 
racaille {kv^oi du peuple). 

RACOLER: Fille qui racole 
les passants (Argot des 
souteneurs). 

RACCROCHER A LA FLAN : 

Fille qui n'a pas de poste 
fixe ; elle part de chez elle 
à l'aventure. 

Elle raccroche à la 
flan, au hasard (Argot des 
souteneurs). 

RACCOURCIR : Se dit d'un 
condamné à mort à qui on 
coupe la tête. Il est en ellet 
raccourci d'autant. 

Le mot est vieux ; il date 
de Martinville. 

Il était devant le tribu- 
nal révolutionnaire. Fou- 
quier-Tinville lui dit : 

— Citoyen de Martin- 
ville, qu'as-lu à répondre, 

— Je ne suis pas ici pour 
i\\\'oum''allo7ige, mais pour 
qu'on me raccourcisse (Ar- 
got des voleurs). 

RACLETTE : Agent de police 
de la Sûreté ou sergent de 
ville. 
Allusion à la raclette du 



HAD 



RAF 



239 



l'anioiieiir i|ui enlève la 
suie des elieminées. 

Les agents raclent les 
niallaiteurs qui sont la suie 
(1<» la société (Argot des vo- 
leurs). iV. 

1;AI)E ou radeau : Tiroir 
de comptoir oîi sont les ra- 

Signifie aussi boutique. 

IA.D. 
Ce n'est ni rade ni ra- 
deau, c'est radin. 
Le vol au radin est cé- 
lèbre; ceux qui le prati- 
qu nt se nonniient le radi- 
neur et le raton (Argot des 
Toleurs). iV. 

RADICAILLE : Ceux qui 
professent des opinions ra- 
dicales (Argot au peuple). 

RADIS : V. Fricadier. 

RADIS NOIR : Prêtre. 

Allusion à la robe noire. 

Cette expression date du 
temps où l'on jouait à l'Am- 
bigu la pièce des Mystères 
de Paris. 

Rodin, célèbre type de 
canaille, mangeait pour son 
dîner un plat àç^ radis noir 
Argot du peuple). iV- 

RADIXER : Revenir. 

— Je radihe à la piaule. 

Radiner: faire le radin, 
voler le tiroir-caisse d'un 
' omptoir. 

Ce tiroir est nommé ra- 



din parce qu'il leid'ernie 
des radis (sous) (Argot des 
voleurs). 

RADURER : Repasser son 
couteau sur une meule. 

— Je radure mon lin- 
yr^ afin que le pante soit 
fait d'un coup et qu'il n'ait 
pas le temps de cribler à 
la y rù'^ (Argot des voleurs). 

RAFFALE (Je suis dans lu) : 
Etre au plus mal, près di; 
mourir (Argot des voleurs). 

RAFFALÉS : Être dans la 
misère, emporté par la 
rajfale de la dèche (Argot 
des voleurs). 

RAFLE, RAFLER : Pren- 
dre. 

Quand un crime est com- 
mis et (pie les auteurs sont 
introuvables, la police or- 
ganise des rafles dans les 
lieux suspects et dans les 
endroits où se réunissent 
les vagabonds. 

On nomme ces rafles 
un coiiy d'êperdier, parce 
que l'on y prend générale- 
ment beaucoup de pois- 
sons. 

Quand les filles publiques 
deviennent par trop encom- 
brantes, on les rafle en 
masse. 

Le croupier o'afle l'ar- 
gent des joueurs. 

Le voleur rafle l'argent 



240 



RAI 



RAM 



des passants (Argot des 
souteneurs). 

RAFFURER : Regagner. 
C'est le redoublement 

à'affure (gagner). 

— J'ai raffuré du ter- 
rain sur les pescailles qui 
voulaient me paumer (Ar- 
got des voleurs). 

RA(;OUT : Soupçon. 

— J'ai du ragoût sur 
sézières, il s' esl mis à table 
sur mon orgue. 

— Fais attention de ne 
^2i's, faire deragoia,\Qqîmrt 
nous a au chasse (Argot 
des voleurs). 

RAGOUT DE POITRINE : 

Femme ragoûtante qui a 
sur la poitrine des tétons 
volumineux (Argot du peu- 
ple). V. Capitonnée. 

RAIDIR : Mourir (Argot des 
voleurs). 

RAILLE : Cette expression 
est ancienne, elle se trouve 
dans les Mystères de Pa- 
ris (Argot des voleurs). V. 
Arnaque. 

RAIGUISÉ : Avoir tout perdu. 
Mot à mot : il est ré- 
guisé, il va mourir (Argot 
du peuple). 

RAISINÉ : Sang. 

— J'ai lin gré le gonce, 
il a répandu son raisiné 



sur le trimard (Argot des 
voleurs). 

RAMASSER : Se faire ra- 
masser, c'est se faire ar- 
rêter. 

Quand un individu tient 
un langage imprudent ou 
qu'il dit des bêtises, il se 
fait ramasser (rappeler à 
l'ordre) . 

Dans le peuple, on dit : 

— Nous l'avons relevé 
du péché de paresse. 

On dit également à une 
femme qui vous embête : 

— Allons, rainasse tes 
cliques et les claques et 
fous le camp (Argot du peu- 
ple). N. 

RAMASSEUR DE MÉGOTS : 

Ramasseur de bouts de ci- 
gares et de débris de ciga- 
rettes. 

Ces mégots sont séchés, 
triés, hachés, puis vendus 
par paquets aux ouvriers. 

La bourse aux mégots se 
tient place Maubert, au 
pied de la statue d'Etienne 
Dolet (Argot du peuple). 

RAMASSER UNE PELLE : 

Être certain de roussir une 
affaire et la rater. 

Faire la cour six mois à - 
une fénnne au bout des- ^, 
quels elle vous envoie pro- 
mener. I 

Ramasser une pelle, ses 
dit de tout ce qui manquel 
(Argot du peuple). iY. 1 



RAN 



RAP 



■241 



|{AMASTIULi:i K : Désigne 
io j;enre de vol qui consiste 
à 7'amasser à terre un bi- 
jou faux qu'un compère a 
préalablement laissé tom- 
ber (Argot des voleurs). V. 
Trouceiirs. 

HAMENEUH : Homme qui 
n'a que quelques cheveux 
et les ramène en avant sur 
son front ponr faire croire 
à une chevelure abondante 
(Argot du peuple). 

UAMENEUSE : Fille puMi- 
(jue qui ramène les hom- 
mes qu'elle raccroche à sou 
garni. 

— J'ai une chouette 
fjosse, hier elle a ramené 
<lix fois (Argot des soute- 
neurs). 

KAMOIXOT : Honnne /ï/- 
inolli,%'A\\<> consistance, qui 
rabâche vingt fois la même 
chose. 

Le capitaine Ramollot 
a fait rire tout Paris. 

L'exj)ression est récente 
(Argot du peuple). N. 

KANCARD ou RANCART. 

Mettre quelque chose ou 
quc'Iqu'uu dont Oii ne veut 
plus au rancart de cùlé. 
Un coup de rancart est 
aussi une chose imprévue, 
comme le fait par exemj)le 
de raccrocher u le lemme 
!;ms lui lieu public (Argot 
ies souleueurs). 



. RANCARD : Renseignements. 
. — J'ai besoin d'un ran- 
card sur un tel. 

— Le rancard du 'pro- 
bloque est tout ce qu'il y a 
de i)lus mouche. 

Le rancard est un terme 
convenu pour la correspon- 
dance des tenanciers de 
claquedents avec les pla- 
ciers qui les alimentent de 
camelotles (Argot des sou- 
teneurs). 

RAPAPILLOTER : Un mé- 
nage désuni se rapajjil- 
lotte. 

Mot à mot : se raccoia- 
i II ode. 

La chanson populaire 
dit : 

Je me rapapiUote 
Avec Charlotte. 

(Argot du peuple). A^. 

RAPE : Le dos. 

Râpe, avare. 

— Il est dur comme la 
râpe du menuisier. 

C'est de râpe qu'on a 
fait rapiat pour désigner 
• les auvergnats, qui, comme 
on le sait n'attachent pas 
leur chien avec des saucisses 
(Argot des voleurs et du 
peuple). N- 

RAPER : Chanter. 

Vieille expression de 
goguolle pour qualitiei- un- 
chanteur qui écorchait les 

14 



242 



RAT 



\\\r 



oreilles de ses auditeurs. 

Mot à mot : il râpait sa 
chanson (Argot du peuple). 

A^. 

lUPPFJQUER : Revenir. 
— Depuis huit jornes 
que je suis en horclée, je 
rapplique à la piaule, 
mince de siiifsi la clé (Ar- 
got du peuple). 

llÂPIOTiai : Fouiller dans 
les puches de quelqu'un. 

Ce devrait être dépioter 
puisque l'on le fouille dans 
l'intention de le dévaliser. 

Cette expression est 
néanmoins employée par 
les voleurs. 

Les ouvriers tailleurs 
sont plus logiques. Vom ra- 
piécer (mettre une pièce), 
ils disent rapioter (Argot 
des voleurs et des tail- 
leurs) . 

RAPPOINTIS : Morceau de 
fer pointu, forgé par un 
apprenti. 

On appelle ainsi les ché- 
tifs (Argot du peuple). A'. 
Avorton. N. 

RASEUR : Être ennuyeux, 
qui vous raconte des riens 
pendant des heures en- 
tières (Argot du boulevard) 
V. Crampon. 

RAT (Courir le) : Voler la 
nuit. 

Allusion au chat qui ne 



sort que la nuit pour chas- 
,ser le rat, excepté qu'ici 
- il faut retourner le l'ait, 
c'est le rat qui chasse le 
chat — le passant (Argot 
des voleurs). N.- 

RAT DE PRISON : Avocat. 
Allusion à ce que ces mes- 
sieurs grignottent à i)elles 



dents l'argent, des prison- 
niers qui ont besoin de leurs 
services. 

Sangsue serait plus juste 
que rat (Argot des voleurs). 

RAT DE PALAIS : Clerc 
d'huissier qui attend les 
malheureux avant l'audience 
des référés pour accrocher 
une pièce de cent sous. 

Hommes d'affaires véreux 
qui passent leur existence 
dans la salle des Pas-Per- 
dus à la recherche d'un 
imbécile. 

Rat de palais, en un 
mot tous les rongeurs qui 
rongent les plaideurs (Argot 
du peuple). A^. 

RATATOUILLE (En recevoir 
une) : Être battu. 

— Je vais te fiiutre une 
ratatouille, numéro un. 

On dit également : 

— Je vais te tremper 
une-soiipe (Argot du peu- 
ple). .V. 

RATÉ : Manquer une affaire, 
rater un coup... de fusil, 
un examen. 



RAT 



RXT 



243 



D'un homme petit, on 
(lit : il est raté. 

En lilléralnre, en mu- 
sique, en peinture, une 
œuvre est ratée lorsqu'elle 
est incomplète. 

Un homme qui donnait 
(le belles espérances et qui 
n'arrive à rien est un raté. 

En un mot, j'aie se dit 
(le toutce qui n'est pas l)ien 
(Argot du peuple). 

KATEAU : Agents de police. 
Ils ratissent les voleurs 
(Ai^got des voleurs). 

KATIBOISÉ : Plus le sou. 

— Je n'ai plus le sou, je 

n'ai plus de criîdit et pas 

envie de bien laire, je suis 

ratiboisé (Argot du peuple) . 

RATIBOISEUR DE CABOT : 

Voleur de chiens. 

C'est une industrie toute 
spéciale, elle est florissante 
au printemps quand les 
chiennes sont amoureuses. 
Les chiens une lois volés, 
sont tondus, maquillés pour 
les rendre méconnaissables, 
puis expédiés en Angle- 

, terre à une association afli- 
li(;e aux voleurs parisiens. 
Ce vol est des plus sim- 
ples, il faut être deux pour 
l'accomplir. Pendant que 
l'un lait la cour à la boi::ie 
qui promène Tom ou Mirza, 
le complice profite de son 

V inattention, il enlève le 



cahot (Argot des voleurs). 
N. 
RATIBOISEUR DE LAN- 
DAU A BALEINES : Vo- 
leur de parapluies. 

On les nomme aussi dès 
ratiboiseurs à réchange. 

Le voleur entre dans un 
grand café, il a un mauvais 
parapluie à la main, il le 
place au porte-parapluie, 
au milieu des autres. Il 
s'assied h c(*)té ptjur gui- 
gner de l'œil le plus beau, 
il paye sa consommation, 
se lève sans afieclation en 
emportant le parapluie sur 
qui il a jeté son dévolu. 

Si l'on s'aperçoit de 
l'échange, il s'excuse de 
s'être trompé, puis s'en va 
tranquillement. 

Il est rare que ce vol ne 
réjssisse pas (Argot du 
peuple). N. 

RATICIION : Curé. 

Ratichon est un mot an- 
cien. On le trouve dans Oli- 
vier Chéreau à propos des 
Arche-Suppots chargés de 
réformer le langage, mais là, 
il n'est pas pris dans le 
sens de prêtre (Argot des 
voleurs). 

RATISSER : Voler, retour- 
ner la poche d'un individu, 
le ratisser avec autant de 
soin que le jardinier en 
met à ratisser ses allées 
(Argot du peuple). 

RATISSER LE BAS DES 



241 



RAV 



RER 



REINS AVEC UNE BRI- 
QUE : Ce n'est guère ré- 
créatif, c'est pourtant ce que 
l'on dit aux personnes qui 
s'ennuient. 

— Ah ! comme je m'en- 
nuie. 

— Ratissez-vous le bas 
des reins avec une brique. 

Ou bien encore : 

— Bàclez-vous les os 
des jambes avec un tesson 
de bouteille (Argot du peu- 
ple). 

RATON : Apprenti voleur qui 
s'introduit par l'inipuste 
dans une boutique et se 
cache dans un coin. Quand 
tout bruit a cessé, il ouvre 
la porte à son complice 
(Argot des voleurs). 

RAVAGEUR : Individu qui, 
aux bords de la Seine, re- 
cherche les débris de fer- 
railles et d'os. 

Autrefois les ravaneurs 
formaient une puissante cor- 
poration ; ils opéraient dans 
les ruisseaux qui coulaient 
au milieu des rues de Paris 
(Argot du peuple). 

RAVIGNOLE : Récidiviste. 

Ce doit être une corrup- 
tion de revignole. 

Gnole yQwiàivQ imbécile, 
de revient oa a fait revi 
on y a soudé gnok., de là 
l'expression. 

Mot à mot : 



^- Tu reviens imbécile 
(Argot des voleurs). 

RAVIGNOLET (Se payer un) : 
V. Bataille des fésitites. 

REBIFFE (Il y a de la) : Re- 
venir à la charge, retomber 
sur un adversaire plus fort 
que soi . 

Se rebiffer contre une 
autorité quelconque (Argot 
du peuple). 

REBONNETER : Amadouer 
un individu pour le fourrer 
dans une affaire. 

Cacher ses griffes sous 
un gant de velours, faire le 
patelin pour mieux trom- 
per. 

— As-tu rebonneté le 
pante pour l'afft 

— ■ Oui, il est boni 
Rebonneter dans le peu- 
ple veut dire raccommoder 
(Argot du peuple). N. 

REBONNETEUR : Le confes- 
seur. 

Il rebonnète le pécheur 
avec Dieu. 

iMot à mot ; il le récon- 
cilie dans la 'planche à 
lavement (Argot des vo- 
leurs). 

REBOUISER DU CORRI- 
DOR : Sentir affreusement 
mauvais de la bouche. 

— Ce cochon-là pue tel- 
lement qu'il fait tourner le 



lŒC 



REC 



245 



bouillon (Argot du peuple). 

.¥. 

IlEBROUSSE-POIL (A) : 
Prendre les choses de tra- 
vers, à l'envers, du côté où 
ça n'est pas vrai. 

Ne pas savoir prendre 
les gens par leur côté lai- 
ble 

iMot à mot : les prendre à 
rebrousse-poil (Argot du 
peuple). 

lïEBUTTER : Ne plus vou- 
loir. 

Synonyme de refouler 
et de renifler. 

On rebutte sur un ou- 
vrage qui déplaît ou qui 
dure trop longtemps (Ar- 
got du peuple). 

IIÉCALCITRANT : Coftre- 
lorl. 

Les voleurs éprouvent 
souvent de la résistance 
à l'ouvrir ; de là l'expres- 
sion (Argot des voleurs). 
N. 

RECEVOm UN SAVON OU 
EN DONNER UN : Gron- 
der quelqu'un, être grondé. 

— Quand un ouvrage est 
mal fait, on reçoit un sa- 
von. 

— Attends un peu mon 
neveu, je vais te savonner 
la tète (Argot du peuple) . 

RECHASSER : Regarder 
quelqu'un ou quelque chose. 



— As-tu vu ce coup de 
chasse 1 

Les tilles rechassent les 
passants pour les dlliimer. 

Cela se nomme : distri- 
buer son prospectus. (Ar- 
got des tilles). 

RÉCHAUFFANTE : Perru- 
que. 

Elle tient chaud h la tête 
et ceux qui en portent ne 
craignent pas de se prendie 
aux cheveux. 

Un coilleur de la rue de 
Bondy avait pris celle en- 
seigne : 

D'Abdalon pendu par la 

I nuque, 

Passants, contemplez la 

I duuleur! 

S'il avait porté perruque. 

11 eût eviié ce malheur. 

(Argot du peuple). 

RECHAUFFÉ (C'est du) : 
Quand un individu fait un 
discours émaillé de lieux 
communs, ou raconte une 
histoire à dormir debout, 
c'est du réchauffé. 

Allusion aux mets ré- 
chauffés qui ne valent plus 
rien. 

On dit également : 

— Lâche-non^ avec tes 
boniments ; c'est de la 
vingtième resucée (Argot 
du peuple). 

RÈCHE : Sou 

— Pas un rèche dans 
mes profondes ; je ne suis 
pas réchard. 

14, 



24G 



RED 



REF 



Rèche veut aussi dire : 
femme qui a un caractère 
cassant. 

— Elle est tellement 
mauvaise que Ton ne peut 
pas la toucher avec des 
pincettes (Argot du peuple). 

RECONOBRER : Recon- 
naître. 

Quelques - uns écrivent 
conobrer. Ce n'est pas 
exact. Conobrer veut dire 
connaître et non recon- 
naître (Argot des voleurs). 

RECORDER : Reconcilier. 
L. L. 

Recorder veut dire 
prévenir, remonter le mo- 
ral à un désespéré ; lui 
apprendre ce qu'il doit 
faire (Argot du peuple). 
N. 

RECOURIR A L'ËiMÉTI- 

QUE : Escompter de faux 
billets (Argot du peuple). 

RÉDAM : Grâce. 

Comme ledit A. Delvau, 
redam ne peut venir de 
rédemption. 

C'est une corruption de 
retam. 

Allusion à la casserole 
qui est neuoe lorsqu'elle 
est étamée. 

Dans le peuple on dit 
rétamé pour étamé : le vo- 
leur gracié est rétamé, il 
est remis à neuf (Argot des 
voleurs). N. 



REDINGUE : Abréviation de 
redingote (Argot du })eu- 
ple). 

REDOUBLEMENT DE FIÈ- 
VRE : Fièvre^ révélation. 

Quand un voleur a été 
dénoncé, il a la fièvre. 

Une nouvelle révélation 
à sa charge lui occasionne 
un redoiiblement de fièvre 
(Argot des voleurs). 

REDRESSE (Être à la). 

— Il est à la redresse le 
mec, pas moyen de lui 
monter le verre en fteiir ; 
il la connaît, c'est lui (jui a 
inventé les queues de bil- 
lard cintrées pour faire les 
elfets dans les coins. 

Être à la redresse , ru- 
sé, malin. 

On dit aussi : être à la 
hauteur (Argot du peuple). 

REFILER: Veut dire: donne- 
moi. 

Le souteneur dit à sa 

marmite : 

— Refile-mo\ le po- 



Re filer quelqu'un : c'est 
le suivre ou le rechercher. 

— J'ai eu beau le re- 
filer, c'est comme si j'a- 
vais cherché une aiguille 
dans une botte de foin (Ar- 
got des voleurs). N- 

REFROIDIR : Tuer un indi- 
vidu. 

Refroidi : Allusion au 



RE(i 



HEL 



247 



ciidaYre (jui, aiissilùl la 
mort, (leviciil froid comme 
le inarl)ro (Ai|,'(>l des vo- 
leurs). 

REFLCiES : Les croyants 
disent au péclieur : ref'ti- 
(/iez-yons dans le sein de 
Dien. 

C'est un refuge qui est 
l»oui,'i'enienl haut. 

Ees giccrneurs préfèren t 
de beaucoup les refuges 
niuiiieipaux et d'autres, 
inconnus de la masse des 
I*arisiens : rue Galande, rue 
.lui ien-le- Pauvre, rue St- 
Denisetrue Sl-Séverin, où 
l'on couche pour quatre 
sous, sur un liane, avec une 
soupe par dessus le mar- 
ché. 

Ces refuges oni pour en- 
seigne : Crémerie. Je ne 
conseille pas aux lecteurs 
de s'y aventurer, s'ils ne 
veulent pas être saignés 
(Argot du peuple). N. 

RÉGLER SONTRIMESTRE : 

Rallre quelqu'un. 

Synonyme de régler son 
compte. 

Quand une marmite ne 
rend pas, le souteneur dit : 

— Je vais lui régler son 
trimestre. 

Pour certaines de ces 
malheureuses, le trimestre 
est tous les jours (Argot 
des souteneurs). JSf. 

REGON : Dette» 



llegon est une corrup- 
tion de regout (rancune). 

Quand un voleur a été 
donné par un nonneur, il 
a du regout, de la rancune, 
il a coulracté une dette de 
haine qu'il lui paiera tôt ou 
lard (Argot (les voleurs). 
N. 

REGOUT : Rancune. 

Avoir du regout contre 
quelqu'un, lui vouloir du 
mal. 

Les voleurs ont du re- 
gout contre un complice 
qui les a dénoncés. 

— Je renqiiille dans 
Pantin sans regout ni mo- 
race. 

Mot à mot : Je rentre à 
Paris sans colère, sans ran- 
cune et sans cri (Argot des 
voleurs). iV". 

RÉJOUISSANCE : Qui ne 

réjouit pas du tout la mé- 
nagère, lorsque le boucher 
lui donne plus d'os que de 
viande(Argot des bouchers). 

RELEVEUR DE CHANDE- 
LIER : Quand un miche 
monte avec une lille, il ne 
lui donne pas toujours l'ar- 
gent de la main à la main; 
discrètement, avant de s*; 
mettre en chantier, il lait 
sa mise sous \q chandelier; 
aussitôt partis, le souteneur 
arrive et relève la monnaie 
qui est sous le chandelier 
(Argot des souteneurs). 



248 



REM 



REM 



RELEVEURDE PESOCIIE: 
Garçon de banque qui la 
relève les l^r^ 15^1 30 de 
chaque mois. 

La pesoche est le sac où 
il enferme la monnaie (Ar- 
got, des voleurs). 

RELUQUER : Regarder. 

— Qu'avez- vous donc à 
me reluquer comme ça, 
est-ce qne je vous ai vendu 
des pois qui n'ont pas vou- 
lu cuire? 



-moi un peu 
ce canard, en a-t-il une 
trompette (Argot du peu- 
ple). 

RELICHERSONMORVIAU : 

Voilà une image qui n'est 
pas propre. 

Dans le peuple on dit à 
un enfant qui ne se mouche 
pas et qui de son nez laisse 
pendre deux chandelles : 

— Reliche ton mor- 
viau (Argot du peuple). N- 

RELUIT : L'œil (Argot des 
voleurs). V. Ahal-relmt. 

REMRINER : Quand on a 
bien débiné un individu, 
on le rembine. 

Rembiner est synonyme 
de rebonneter (Argot' du 
peuple). 

REMBROCARLE (Elle est) : 
Beau visage que Ton peut 
regarder. 

— Tu n'en perdras pas 



la vue ni le poil de dessus, 
la môme est rerubrocable. 
Mot à mot : tu peux la 
regarder^ elle vaut la se- 
cousse (Argot des voleurs). 

REMBROQUAGE DE PAR- 
I{AI^' : Confrontation avec 
le 'parrain fargiieur (té- 
moin à charge). 

Le parrain rembroque 
(regarde) le détenu pour 
voir s'il le r 
du peuple). 

REMBROQUER : Regarder. 

Ses deux beaux chasses vous 

( rembroquaient, 

Puis à la piaule tous le» go"ces 

I la refilaient. 

Elle fit mince casquer les mar- 

I lous, 

dit la chanson du 7nac de 
Grenelle (Argot des soute- 
neurs). 

REMÈDE A L'AMOUR : 

Femme laide à faire reculer 
même le plus intrépide. 

— Quelle bouillotte , 
mon vieux, s'il n'y avait 
qu'elle et moi sur terre nous 
ne ferions pas de petits. 

Elle guérirait de l'a- 
mour pour la vie (Argot du 
peuple). 

REMONTER SA PENDULE: 

Battre sa femme, mot à 
mot : la faire marcher. Z. 
L. 

Remonter sa pendule se 
dit d'une personne qui re- 



REN 



RE\ 



21!) 



nifle pour remonter sa 
morve et éviter de se mou- 
cher. 

Remonter le moral A' yine 
personne désespérée (Argot 
du peujtle). N. 

RlvMOrCIIER : Regarder. 

— Remouche moi cette 
[»elile gueule-là, elle rcrail 
relever un morl. 

On dit aussi : 

— Je vais te remeiicher 
poiu' : te battre (Ai^ot du 
peuple). 

HE.MPARDEUSE : Fille qui 
fait les soldats autour des 
casernes, sur les glacis ou 
dans les fossés des furtili- 
calions (Argot des trou- 
piers). 

RENACIIÉ : Fromage (Argot 
«les voleurs). 

RFNARD (Le hkher) : Dé- 
gueuler. 

Expression ancienne; dans 
les ateliers, quand un ou- 
vrier a trop bu, il lâche son 
renard; un camarade cha- 
ritable dit alors quand il 
est copieux : il en a une 
de queue. 

Une vieille chanson de 
compagnon dit : 

Quand je sens que ça me çar- 
I gouille, 
Je lâche le renard. 

(Argot du peuple). 
RENAUD : Faire des repro- 



ches à quelqu'un, c'est lui 
pousser un renand. 

— Y m'en a foutu \\\\ de 
renaiid h l'inslruction, y 
m'a dit que je crapserai 
d'une fièvre cérébrale soi- 
gnée par Chariot (Argot 
des voleurs). 

RENAUDER : Ne pas être 
content. 

Ce mot vient du verbe 
arnaiider. 

Avoir du renaud contre 
quelqu'un veut également 
dire : avoir de la rancune. 

Synonyme de l'expression 
être à feu (Argot du peuple). 

RENDEZ-MOI (Le vol au) ; 
C'est très simple. L'un des 
complices jette un louis sur 
le comptoir; pendant que le 
marchand rend la monnaie, 
l'autre ramasse pièce et 
monnaie et se sauve. 

Cette manière de procé- 
der se nomme par abrévia- 
tion : le rendent [Argot des 
voleurs). 

RENDOUBLÉE : Signifie 
plusieurs choses. 

Dans le peuple on dit : 

ReJidoublée de putain, 
pour exprimer qu'il est 
impossible de l'être davan- 
tage. 

On dit d'une femme en- 
ceinte : 

— Elle est rendoublée 
pour doublée (Argot du 
peuple). 



250 



REN 



REX 



RErsDRE L'AME : Mourir. 

Rendre sou àme à Dieu 
ou au diable. 

On dit aussi d'un po- 
cliard qui a le renard fa- 
cile : 

— Il a rendu tripes et 
boyaux jusqu'à son âme. 

Là, il n'en meurt pas., il 
recommence le lendemain 
(Argot du peuple). 

RENCARD : A l'écart. 

On met un objet au ren- 
card quand on en a assez. 

La faire au rencard : 
lever une femme qui est 
seule sur un banc, dans un 
square, ou sur une prome- 
nade publique. 

Les courtiers qui lèvent 
les bonnes pour les placer 
dans les maisons de tolé- 
rance disent : 

— J'ai fait la môme 
au rencard (Argot des 
souteneurs). N- 

RENCOEUR : En avoir gros 
sur le cœur contre quel- 
qu'un 

Ne pouvoir avaler ou 
digérer une affaire. 

Synonyme de la locution 
très populaire : 

— Je travaille à contre- 
cœur. 

— Je n'y vais pas de 
Ion cœur, je n'y vais pas 
avec courage. 

Epouser un homme mal- 



gré soi, c'est avoir un ren- 
cœur (Argot du peuple). 

RENFONCEMENT : Vigou- 
reux coup de poing appli- 
qué sur un chapeau haut 
de forme. 

Quand les voyous se 
battent, le coup du ren- 
foncement., c'est un coup 
de tète donné en pleine ^ 
poitrine (Argot du peuj)lej. 

RENGAINER SON COM- 
PLIMENT ; Faire du plat 
à ,une femme, elle vous 
envoie 'aVouts, il faut ren- 
gainer son compliment. 

Être en tête-à-tèle avec 
une femme mariée pour la 
première ibis ; au iiioment 
psychologique, lemari ar- 
rive... il faut rengainer 
son compliment (Ai-got du 
peuple). N' 

RENIFLANTES : Des bot- 
tes. 

L'image est heureuse : 
quand un pauvre diable a 
des bottes éculées et per- 
cées, elles reniflent l'eau 
des ruisseaux (Arçot du 
peuple). 

RENIFLER : Ne rien vou- 
loir faire. 

— Tu renifles sur le 
truc. 

Mot à mot ; rebuter 
(Argot des voleurs). 



UKN 



UEP 



251 



UKMtLK.lHS : Agents de 
la sùrelé. 

Il faut avoir im certain 
nez, un certain llair, pour 
laire ce métier. 

Quand les agents arrê- 
tent un voleur, ils le re- 
diflent (Argol des vo- 
leurs). 

IIKMFLEIK DE CÂVIE- 
EOTTE A LA FLANC : 

Voleur qui flâne au hasard 
pour dévaliser le premier 
étalage qui se présente à 
lui (Argot des voleurs). 

KENQLILLER : Rentrer. 

— Je renqiiille à la 
piaule. 

Renquiller veut dire 
aussi retourner. 

— Je renquille au pa- 
telin (Argot du peuple). 

:NQLILLER : Faire for- 
tune, devenir gros et gras 
(Argot d'imprimerie). 

INVERSER SA CHAUF- 
FERETTE : Mourir. 

Synonyme à^éteindre sa 
braise (Argot du peuple). 

RENVERSER SA MAR- 
MITE : Mourir. 

Renverser la marmite : 
ne plus tenir table ouverte, 
évincer les parasites. 

Renverser la marmite : 
refuser le service. 

Allusion aux Janissaires 



qui rencersaient la mar- 
mite pour indiquer qu'ils 
se mettaient en étal d'in- 
surrection. 

Nous avons, c'esi le pro- 
grès, la marmite à re7t- 
versement des anarchistes 
(Argot du j)euple). N. 

REPASSE : N'avoir plus 
rien. 

Quand un créancier te- 
nace importune son débi- 
teur, ce dernier par ironie 
lui dit : 

— Vous repasserez. 

C'est le créancier qui est 
repassé quand on ne le 
paye pas (Argot du peuple). 

REPÉSIGNÉ : Arrêté de 
nouveau. A. D. 

Résigner veut dire 
ouvrir. 

Il faut donc prendre le 
mot repésigner dans le 
sens de voir ouvrir à nou- 
veau la porte de la prison 
et non dans celui d'arrêter 
(Argot des voleurs). 

REPIGER : Je vais te repi- 
ger au demi-cercle. 

On dit de quelqu'un qui 
a été pigé — pris une 
première ibis : 

— Je vais te repiger 
une seconde (Argot du peu- 
pic). 

REPIQUER : Deux joueurs 
font une partie ; l'un joue 



25-2 



REP 



RES 



'pique, l'autre répond : re- 
pique. 

Repiquer de riffe : rap- 
pliquer d'aulorité (Argot 
du peui)le). 

REPIQUERAI TRUC : Re- 
venir à la charge. 

Avoir été chassé par la 
porte et rentrer par la Ce- 
lle tre. 

Demander à crédit et se 
le voir refuser, le rede- 
mander à nouveau, c'est 
repiquer au truc (Argot 
du peuple). N' 

REPORTER SON OU- 
VRAGE : Dans le peuple, 
quand un médecin suit le 
convoi d'un malade qu'il a 
soigné, les voyous disent : 
— Tiens, le docteur qui 
reporte son ouvrage (Ar- 
got du peuple). 

REPOUSSER DU GOULOT: 

Puer de la bouche. 

L'image est typique ; 
ceux qui sont affligés de 
cette infirmité repoussent 
en effet tous ceux qui les 
approchent (Argot du peu- 
ple). 

REPOUSSER LES URINES : 

Il est, je pense, inutile 
d'expliquer cette expres- 
sion ; sa l-rulalilé la rend 
très compréhensible. 

Allusion au piston qui 
repomse la viai)eur dans le 



cj/a>^^/'^(Argotdesvovous). 

N. 

REPOUSSER DU PARLE- 
MENT : V. TrouiUoter de 
la hurlette. 

REQUIN DE TERRE : Huis- 
sier. 

Voilà un nom qui n'est 
pas volé. En effet, comme 
le requin dont on trouva 
dans le ventre une paire de 
botles, une araioire à glace 
et un poêle de iaVence, 
Vhuissier dévore tout (Ar- 
got du peuple). N. 

RESSAUT (Avoir du) : Être 
surpris à en ressauter. 

Une proposition saugre- 
nue fait ressauter d'élon- 
nement celui à qui elle est 
faite. 

On ressaute à la pen- 
sée de faii'e une chose qui 
ne plait pas (Argot des sou- 
teneurs). N. 

RESTANT DE SOUPER : 

Terme de mépris employé 
dans le peuple à l'égard 
d'une fille qui a roulé peu- . 
dant vingt ans les restau- 
rants de nuit. 

Restant de souper, mot 
à mot : tout le monde a 
mangé sur son cuir. 

On dit également pour 
exprimer une idée phis 
basse: roj?iures d'abattoir', 
c'est le sujU'è ne debout 
(Argot du peuple). N'. 



I 



KET 



i{i:v 



•253 



\ 



UÉSL'IUIECTION (Laj : 
Prison de Saint-Lazare. 

Allusion biblique à La- 
zare le ressuscité. Z. Z. 

En quoi cette prison d'où 
les femmes sortent plus 
pourries moralement qu'à 
leur entrée peut -elle è^--^ 
ime résîinrcHo7i? 

Ce n'est une résitrrec- 
/ioJi que pour celles qui 
sortent guéries de l'inlirme- 
rie, parce qu'elles peuvent 
recommencer leur com - 
merce (Argot du peuple). 

K ETAPE : On retape un 
vieux chapeau pour lui don- 
ner l'aspect d'un neuf. 

On relape une seconde 
fois un ami déjà tapé une 
première. 

Les tilles du trottoir re- 
tapent les hommes, mais 
l>as pour les rendre neufs, 
car quelquefois elles laissent 
des souvenirs qui ne sont 
pas tapés. 

Mot à mot : retaper, 
raccrocher (Ai^ol des sou- 
teneurs). 

Il ETl RATION (Être en) : Ou- 
vi'ier typographe qui com- 
mence à vieillir et qui trouve 
difficilement de l'ouvrage. 
Le progrès n'a pas encore 
inventé la machine à tuer 
ceux qui ne peuvent plus 
travailler après avoir fait la 
fortune des patrons (Argot 
d'imprimerie). 



RETOLRNEK LA MOLLE : 

V. Avaler le pépin. 

RETOURNER SA VESTE : 

Changer d'opinion. 

Reproche fait souvent à 
la plupart de nos hommes 
politiques par le peuple qui 
ne connaît pas le mot de 
Thiers : 

— n n'y a que l'Iiomme 
absurde qui ne change ja- 
mais (Argot du peuple). N. 

RETOURNER (Savoir se) : 
Se tirer d'embarras. L. L. 

S'en retourner , c'est 
vieillir. 

Dans le peuple, cette ex- 
pression n'est pas prise 
dans ce sens; ceux qui font 
métier de se retourner, 
ont pour atelier Xqa Champs- 
Elysées. 

On les appelle plus com- 
munément des ramasseurs 
de marrons (Argot du peu- 
ple). 

REVENDRE : Révéler un se- 
cret confié. 

Commerson disait à ce 
sujet que les secrets c'est 
le contraire des fruits, que 
ce n'est pas ceux qu'on 
veut garder qu'on confie. 

Revendre : commettre 
une indiscrétion qui amène 
l'arrestation de quelqu'un. 

— Il est revendu à la 
police (Argot des voleurs), 
N. 

15 



254 



REV 



RIF 



KEVIDAGE : Recision des 
marchandises achetées par 
les brocanteurs dans les 
ventes publiques. 

La reDîsion consiste en 
ceci : 

— Pour ne pas faire 
monter les enchères et 
acheter bon marché, un ou 
deux de la bande noire 
pousse les enchères. Les ob- 
jets en vente sont, par ce 
système, généralement ad- 
jugés à vil prix. 

La vente terminée, ils 
se réunissent dans le cabi- 
net d'un marchand de vin 
voisin et ils procèdent au 
revidage, c'est-à-dire à de 
nouvelles enchères. 

Chacun prend alors le 
lot de marchandises qu'il 
peut écouler dans sa bouti- 
que, et la différence entre 
le total de la vente publi- 
que et l'opération du revi- 
dage est partagée égale- 
ment. 

Cette opération illicite 
est défendue, c'est pour- 
quoi elle se pratique au 
grand jour (Argot des l)ro- 
canteurs). 

REVISER : V. Revidage. 

REVOLVER : Femme légi- 
time. 

Les voleurs qui emploient 
cette expression estiment 
qu'elle suicide son mari 
quand elle est par trop aca- 



riâtre (Argot des volenrs). 

N. 

RIBOLIS : Souliers. 

Au carreau du Temple, 
c'est une spécialité. 

Les ribouiseurs achè- 
tent toutes les vieilles 
chaussures ; ils ont des ou- 
vriers qu'on nomme des 
jpassifleurs, ils les ri- 
bouisent si bien que sou- 
vent on les prend pour du 
neuf, pas les jours de pluie 
par exemple, car les mal- 
heureux qui les chaussent 
rentrent chez eux sans ser 
melles (Argot du peuple). 

RIC-A-RAC : Avoir du res- 
saut pour payer. 

Payer ric-à-rac : par 
acomptes, prolonger la dette 
le plus longtemps possible 
(Argot du peuple). 

RIGIIONNER : Rire. 

— Tu richonnes à te 
mordre l'œil, ce n'est pour- 
tant pas richonnant (Ar- 
got des voleurs). 

RIFFAUDER : Brûler. 

Riffaudante : llamme. 

Une vieille chanson qui 
date au moins de cinquante 
ans, bien connue des voleurs, 
dit : 

L'autre jour, fumant ma haya- 

I daise, 

Je rifflatidais, la lumant dans 

I un coin. 

Rifflauder voudrait donc 



IIIF 



RIG 



•255 



(lire sonmieiller (Argot des 
voleurs). 

|;IF ouRIFLt: : Feu. 

— Passe-moi un peu de 
l'if que j'allume Joséphine 
(Argot du peuple). 

i'.iFFE : Prendre de force, 
(l'autorité. 

— Il a pris une fille de 
rilfe. 

Synonyme de violer (Ar- 
got des voleurs) . 

KIFFLARD : Parapluie. 

Le mol date de Picard et 
(le la Petite Ville, comédie 
dans laquelle il y a un per- 
sonnage nommé Rifflard, 
(pii ne raarclie qu'escorté 
d'un parapluie. A. D. 

Au quinzièm ' siècle, on 
trouve déjà ce mol employé 
dans des comédies ou mys- 
tères avec un sens satirique 
et boullbii. RifilanL houf- 
f'ard, narinard, dentard 
étaient des épitliètes bur- 
lesques que les acteurs se 
renvoyaient constamment — 
même quand elles n'étaient 
pas dans leur rôle. 

Le personnage le plus 
important de la Passion, 
mystère d'Arnould Gresban, 
bacli lier en théologie, qui 
fut joué avec un immense 
succès au quinzième siècle, 
resl im berger nommé Rif- 
flard, qui se plaint amère- 
ment et impudemment des 
impôts excessifs dont le 



peuple était accablé. Il fau- 
drait pouvoir ci 1er la scène 
où Rif/lard est amené de- 
vant un magistrat qu'il ap- 
pelle Maclieibin : 

Comment te nomme-t-oti .' 

Rifflard, 
Tout norry de pois et de lard. 

Plus tai-d, le mot rifflard 
fut appliqué aux sergents, 
ainsi que nous le voyons par 
une charte citée par Du- 
cange. 

Picard, en appelant, dans 
sa comédie de la Petite 
Ville, un de ses person- 
nages François Rifflard, 
n'a fait qu'emprunter, ce 
(ju'ignorait sans doute Del- 
vau, ce nom au mystère 
d'Arnould Gresban (Argot 
du peuple). 

RIFLER : Brûler (Argot du 
peuple). 

RIFFLER : Veut également 
dire brûler. 

Ri f fier est aussi le syno- 
nyme de soitffl r : prendre. 

En ce cas, c'est une cor- 
ruption de rafler (Argot 
du peuple). 

RIGODON (En pincer un) : 
Vieux mot qui veut dire 
danser (Argot du peuple). 

RIGODONS : Souliers. 

Dans le peuple, on dit 
d'un homme qui a ses sou- 
liers percés et éculés : 



t>56 



UIG 



RIO 



— Ses rigolons engueu- 
lent le pavé. 

On dit également des ri- 
gadins (Argot du peuple). 

RIGOLARD : Chose très amu- 
sante (Argot du peuple). 

RIGOLBOGIIE : Quelque 
chose de supérieurement 
amusant, beaucoup plus fort 
que rigolo. 

Rigolboche était connue 
à Bullier sous le nom de 
Marie la Huguenote ; ce 
nom lui venait de ce qu'elle 
protestait sans cesse quand 
le municipal la rappelait à 
l'ordre ou plutôt à la dé- 
cence. 

Elle débuta aux Délasse- 
ments-Comiques en 1860 
sous le nom de Rigolboche. 

On la nommait aussi Bo- 
hoche. 

Ce n'est pas elle l'inven- 
teur de ce mot; il était connu 
dans les ateliers depuis 
1840. 

On dit également, pour 
affirmer que l'on s'est bien 
amusé : 

— Nous avons rudement 
rigolboche (Argot du peu- 
ple). 

RIGOLETTE : Nom donné par 
Eugène Sue à un des per- 
sonnages des Mystères de 
Paris 

Ce nom est resté pour 
désigner une jeune fille 
joyeuse. 



— Elle est rigolotte (Ar- 
got du peuple). N. 

RIGOLO : Attaque nocturno. 
L. L. 

Rigolo : terme employé 
dans les ateliers pour qua- 
lifier un camarade qui ri- 
gole sans cesse, qui amu>c 
les autres. 

Ilyeut.enl866, un muld 
qui portait ce nom au Cirque- 
Napoléon ; il fit courir tout 
Paris, tant il était amusant, 
rigolo (Argot du peuple). K. 

RIGOLO : Sinapisme de farine 
de moutarde. 

Rigolo^ c'est le nom de 
l'inventeur. 

Autrement, cette appel- 
lation serait une amère iro- 
nie, car un sinapisme n'est 
pas plus rigolo que d'avoir 
un clou planté dans les fesses 
(Argot du peuple). N. 

RIGOLO : Pince. 

Si elle fait rigoler quel- 
qu'un, ce n'est certainement 
pas la victime du vol avec 
effraction. 

Elle est rigolo pour le 
voleur, car avec l'argent 
volé il peut se payer de la 
rigolade (Argot des vo- 
leurs). V. Monseigneur. 

RIGOUILLARD : Chosedrùlc, 

c'est plus fort que rigolo. 

C'est tellement rigouil- 

lard qu'il y a de quoi s'en 

tamponner le coquillard, 



RIP 



RIO 



c'est à se tordre, c'est cre- 
vant (Argot du peuple). iV. 

PilNXÉ : Être rincé comme 
un verre à bière, n'avoir plus 
lien. 

Recevoir une rincée: être 
battu comme des œufs h la 
neige. 

Rincer quelqu'un : le 
voler jusqu'à son dernier 
sou (Ài'got du peuple). V. 
Raboté. 

IIINCER LA DALLE (Se 
laire) : Se faire régaler par 
un camarade. 

— Je lui ai tellement 
rincé la dalle qu'il n'a pas 
une dent dans la gueule qui 
ne me coûte au moins vingt 
francs (Argot du peuple). 

RIOLE : Ruisseau ou rivière 
dans l'argot des voleurs. 

Riole se dit aussi dans 
le peuple de quelqu'un qui 
est pochard : 

— Il est en riole. 

Ce n'est pourtant pas 
dans la rivière que le vin 
a été puisé (Argot du peu- 
pie). 

RIPATINS : Brodequins (Ar- 
got des voleurs). 

RIPATONS : Souliers (Argot 
du peuple). 

RIPATONNER : Le passi- 
fleur qui racommode les 
vieux souliers, ripatonne 
(Argot du peuple). 



RIPER : Embrasser tendre- 
ment. A. D. 

C'est une singulière fa- 
çon d'embrasser tendre- 
ment les gens que de les 
voler car riper dans le 
peuple signifie : 'prendre. 

— Je lui ai ripé sa ga- 
lette (Argot du peuple). iV. 

RIPOPÉE : Quelque choso 
qui ne vaut rien. 

Synonyme de rata- 
touille. 

On dit aussi : 

-— Ton Borgia à 23 
sous ne nous fait boulotter 
que de la ragougnace (Ar- 
got du peuple). N. 

RIQUET : Tout petit. 

Sobriquet donné dans les 
ateliers aux apprentis mal 
formés. 

— Viens ici, mon petit 
riquet. 

C'est un pléonasme d'ac- 
coupler ces deux mots iden- 
tiques, mais dans le peu- 
ple, on n'y regarde pas de 
si près (Argot du peuple). 
N. 

RIQLIQUI : Mauvaise eau-de- 
vie. 

Riquiqui est générale- 
ment employé peur peindre 
quelque chose de mesquin, 
de petit, d'élroit. 

— Son esprit est comme 
sa taille, c'est riquiqui. 

— Ah ! regardez- moi 



258 



RIR 



RIV 



cette toilette, est-elle assez 
riqiiiqui ? 

Il existait jadis une li- 
queur appelée riquiqui\ ou 
ne la connaît plus (Argol 
du peuple). 

RIRE COMME UN CUL : 

Rire sans desserrer les 
dents. 

Veut dire aussi rir(> 
comme im imbécile, sans 
savoir pourquoi. 

Être cul, dit M. Lorédan 
Larchey, c'est être bêle et 
grossier. 

Ce pauvre cnl n'a vrai- 
ment pas de chance, car, 
non content d'en faire le 
synonyme de tout ce qui 
«.'St sale, on en fait le syno- 
nyme de tout ce qui esthète 
et ridicule. 

S'il pouvait répondre au- 
trement qu'en pétant! (Ai- 
got du peuple). N. 

RIRE JAUNE : N'être pas 
content et être forcé derire 
quand même ; avoir les 
larmes dans les yeux et le 
cœur gros et être forcé de 
paraître joyeux. 
On dit aussi : 
-- Son rire est jon- 
quille. Allusion au cocu 
qui rit y«?f^^ quand la sage- 
femme lai présente son der- 
nier en lui disant : 

C'est tout le portrait d'son père, 
Quel cochon d'enfant ! 
(Argot du peuple). 



RISETTE : Surnom donné Ji 
une jeune fille rieuse et ai- 
mable quia toujours leson- 
rire sur les lèvres. 

C'est un vieux boniment 
enq)loyé dans les foires : 

— Entrez, mesdames cl 
messieurs, vous verrez la 
femme colosse; cent kilos 
sur l'estomac et le sourire 
sur les lèvres. 

Quand une amie est fâ- 
chée, qu'elle boude, on l'em- 
brasse et on lui dit : 

— Allons, fais une petite 
risette à papa, il revient 
d'Afrique. 

Quand une femme vous 
fait des risettes, on peut y 
aller carrément (Argot du 
peuple). N- 

RISQUER LE PAQUET : 

Synonyme de tout risqii^\ 
c'est-à-dire de tenter l'a- 
venture. 

— Tu n'oses pas ! risque 
donc le 'paquet (Argot du 
peuple). 

RIVANCHER : Aimer (Ar- 
got des voleurs). 

RIVER SON CLOU : Quand 
un bavard intarissable 
ennuie quelqu'un par un 
discours filandreux, on lu' 
rive son cloto en lui disant 
carrément : 

— Tais ta gueule ou j 
chie dedans. 

Mot à mot : river le 
clou, c'est empêcher d'allei 



^i 



R0( 



ROM 



259 



plus loin (Arç;ot du peuple). 

iV. 

IlIVETTE : Prostituée, du 
verbe rioancher, se livrer 
à l'amour. Z. L. 

Cette expression ne s'ap- 
plique pas aux femmes 
(Argot des pédérastes). V. 
Passif. 

IlOBE DE ClIAiMBRE : Cer- 
cueil. 

Ce n'est pas un vête- 
ment bien ouaté, surtout 
([uand c'est la bière des 
imuvres (Argot du peuple). 

nOBIGXOLE : Mot employé 
comme superlatif d'admira- 
tion pour une chose extra- 
ordinaire « qui dépasse 
nation. » 

Une évasion auda- 
cieuse, c'est rohignoL 

— La môme est rohi- 
gnoU elle gouale sans 
cesse. 

RohignoU en ce cas, est 
pour joyeux et joyeuse (Ar- 
got dès voleurs). 

ROCAMBOLE : Moins que 
rien. 

— Finis-donc avec tes 
7'ocamholes, nous ne cou- 
pons pas dans le pont. 

Rocamhole, synonyme de 
hlagiie, en souvenir de 
Ponson du Terrail et de 
son célèbre roman qui porte 
ce titre ("Argot du peuple). 



R0CIIP:T : Evêquc. 

Allusion au rochet que 
porte ce dignitaire de l'église 
(Argot des voleurs). 

RODEUSE : Fille publique 
qui n'a pas de poste fixe, 
(pli fait son persil dans les 
terrains vagues. 

On l'appelle ainsi pour 
cette raison (Argot des 
souteneurs). 

ROGNOLER : Marronner. 
Ne jamais trouver rien 
de bien (Argot du peuple). 
V. Ronchonner. 

ROGNURE DE SOUFFRICE : 

Terme employé dans le peu- 
ple, pour qualifier une 
vieille fille publique. 

L'usine Soulfrice a le 
monopole de faire des 
graisses avec les rognures 
pourries des animaux noyés 
qui viennent s'échouer sur 
les bords de la Seine (Ai^ot 
du peuple). N. 

ROGUE : Se dit de quel- 
qu'un qui a des allures 
hautaines, cassantes : il a 
l'air rngue. 

On trouve cette expres- 
sion en Normandie. Les 
marchandes de harengs vous 
disent . il est rogué pour 
œuvé ("Argot du peuple). 
N. 

ROMAGNOLouROMAGNONt 



260 



RON 



ROS 



Trésor caché (Argot des 
voleurs). 
ROMAINS : Individus qui, 
moyennant un faible sa- 
laire , applaudissent les 
acteurs (A'got des coulis- 
ses). 

ROMPEZ : Allez-vous en, 
foutez-moi le camp. 

Allusion au commande- 
ment de rom/pez les rangs 
(Argot du peuple). 

RONCHONNER : Père ron- 
chon qui trouve à redire à 
tout. 

Le colonel Ronchonot 
est célèbre depuis quelques 
années (Argot du peuple). 

ROND-DE-GUIR : Employé 
de bureau. 

Allusion au rond de cuir 
ou de caoutchouc que les 
employés mettent sur leurs 
chaises pour économiser 
leur fond de culotte (Argot 
du peuple). 

ROND COMME UNE BOULE : 

Être pochard à rouler par 
terre (Argot du peuple). iV^. 

RONDINS: Les seins... quand 
ils sont ronds (Argot du 
peuple) V. Capitonnée. 

RONDIN JAUNE : Pièce de 
vingt francs. 

Allusion à la forme ronde 
(Argot des voleurs). 

RONDOUILLARD : Plus que 
beau. 



Dans le peuple on dit 
d'une femme qui possède 
des qualités surprenantes : 

— Elle est rondouil- 
larde. 

Quand elle est houloUe, 
ronde., on dit également 
par allusion à la forme : 

— Elle est rondoidl- 
larde (Argot du peuple). 
N. 

RONFLAN : C'est ron/lau, 
beau, bien, chouette, tapé 
(Argot du peuple). ?i. 

RONFLER DU BOURRE- 
LET : Péter longuement. 

Le Pétomane célèbre 
chantait du bourrelet 
(Argot du peuple). 

ROSSARD : De rosse, dur. 
cruel (Argot du troupier). 

ROSSIGNANTE : Flûte (Ar- 
got des voleurs). 

ROSSIGNOL : Marchandises 
défraîchies ou hors de sai- 
son. 

Dans les magasins, les 
commis qui écoulent les 
rossignols touchent une 
prime qui se nomme la 
(jiielte (Argot des bour- 
geois). 

ROSSIGNOL : Fausse clef 
(Argot des voleurs). 

ROSSIGNOL A GLAND : Un 

cochon. 

Quand un individu a la 
manie, dans une société, de 



I 



ROU 



ROU 



261 



vouloir toujours chanter, et 
qu'il le lait comme une cré- 
celle, on lui dit : 

— Ali! ferme ta boUe, iu 
|i chantes conmie un rossigiiol 

à gland (Arçot du peuple). 
N. 

ROTIN : Sou. 

— Je suis à fond de cale, 
pas un rotin (Argot du 
peuple). 

ROUBIGNOLE : Petite boule 
de liège dont les roubigno- 
leui'S se servent pour le 
jeu de cocange, jeu qui 
vole les paysans dans les 
foires (Arçot des voleurs). 

R0UBIGN0LLES:V.5'œMr5. 

ROUBION : Fille publique 
laide comme les sept péchés 
capitaux (Argot des soute- 
neurs). 

ROUBLARD : Les voleurs 
disent d'un homme aifreu- 
sement laid qu'il est un 
roublard. A. D. 

Ce n'est pas le vrai sens 
aujourd'hui. 

Roublard veut dire ma- 
lin, lin comme un renard. 

Un homme qui sait habi- 
lement se tirer d'un mauvais 
pas est un roublard. 

Roublard : homme qui 
cache soigneusement sa pen- 
sée, qui est pétri de rou- 
blardise (Argot du peuple). 
N. 



ROUCm : Homme sans con- 
science, pour qui le Code 
est un bréviaire. 

Terme méprisant très en 
usage (Argot du peuple). 

ROUCIIIE : Femme avachie, 
usée. 

Vient de mauvais cheval : 

rouchi. 

Quand une fille est trop 
vieille, qu'elle a rendu trop 
de services à l'humanité 
sou(rrante,qu'ellenerue plus 
dans les brancards, c'est 
une rouchie (Ai^ot des 
souteneurs). 

ROUE DE DERRIÈRE : 

Pièce de cinq francs en ar- 
gent. 

Quand on n'en possède 
qu'une, la voilure va cahin- 
caha, mais, quand il y en a 
plusieurs, on roule vive- 
ment (Argot du peuple). 

ROUE (Être à la) : Malin, 
roublard (Argot du peuple). 

N. 

ROUFFLÉ : Battre un indi- 
vidu à coups de pieds et à 
coups de poings. 

— Je vais te foutre une 
bath rouf fié (Argot des vo- 
leurs). 

ROUGET : Cuivre (Argot des 
voleurs). 

ROU LANCE : Quand une 
équipe de compositeurs ty- 

15. 



262 



ROU 



ROU 



pogi'ii plies est mécontente, 
ses membres le manifestent 
en frappant tous à la fois la 
casse avec un outil quel- 
conque ; le bruit produit 
une sorte de roulement, 
de là, rouiance{Xrgoi d'im- 
})rimerie). 

ROUILLARDE : Rlouse. 

On sait que la blouse est 
le vêtement favori des roît- 
liers, de là l'expression 
rouillarde. 

Les voleurs disent souil- 
laude (Argot des voleurs). 
N. 

ROULER SA ROSSE : Ou- 
vrier trimardeur , qui 
n'a pas de domicile fixe, qui 
roule sa bosse de ville en 
ville. 

C'est un mendiant dé- 
guisé qui cherche de l'ou- 
vrage et prie le bon Dieu 
de n'en pas trouvei' ( Aii^ol 
du peuple). 

ROULER SA VIANDE DANS 
LE TORCHON : Se cou- 
cher. 

On dit plus communé- 
ment : 

— Je vais remiser ma 
viande .(Argot du peuple). 

ROULEUSE : Fille publique. 

Elle roule partout pour 
trouver pratique. 

Elle roule ses clients de 
hasard, car elle promet 



mais ne tient jamais (Argot 
du peuple). 

ROULOTTE : Voiture. 

Les voleurs qui prati- 
quent le vol à la roulotte 
disent : 

— Grinchir une rou- 
lotte en salade (Argot des 
voleur sL 

ROULOTTIERS : Vol à la 

roulotte. 

Quand un camionneur dé- 
charge une livraison, le 
roulottier, vêtu comme un 
employé des messageries, 
prend un ballot ; un com- 
plice est à quelques pas 
plus loin, avec une voiture 
à bras, toujours au détour 
d'une rue ; il charge le bal- 
lot sur sa voiture, et en 
route (Argot des voleurs >. 
V. Fusilleurs. 

ROUPIE DE SINGE : Mau- 
vais café qui a la couleur de 
la roupie qui pend au nez 
du priseur (Argot du peu- 
ple). 

ROUPILLER : Dormir. 

Quand on ne dort que 
quelques instants, on fait 
un petit roupillon. 

— Il est tellement goua- 
peur qu'il roupille sur son 
ouvrage (Argot du peuple). 

ROUSCAILLER : Voulait 
dire autrefois parler. 
Les voleurs en ont fait 



ROI 



RUE 



263 



le synonyme iV aimer, mais 
pas dans le sens platonique 
(Argot des voleurs). 

UOUSSELETTE : Moins que 
rien (Arçot des souteneurs'^. 
V. Came lot te. 

UOUSSIN : Tous ceux qui 
appartiennent, de près ou 
de loin, à la police, sont des 
roiissins. 

Autrefois, les agents en 
bourgeois étaient vêtus de 
la redingote sombre, d'un 
ton roussâtre. De Va est 
née l'expression : 

— Voila les roiisses ! 
(Argot des voleurs). 

IlOl SSINFR : Faire arrêter 
par la pulice. L. L. 

Roussiner veut dire^/- 
ter mollement et puer forte- 
ment. 

— Il roiissme à faire ro- 
i' r un vidangeur (Argot du 
peuple). N. 

ROUSPANT : Homme qui 
fournit des sujets aux tan- 

fes. 

C'est le procureur des 

'dérast( 
teneurs). 

ROUSTENPANNE : iMoins 
que rien (Argot du peuple). 



ROUSTIR : Prendre, s'ap- 
proprier le bien d'autrui. 

Être rousti : être pris 
Argot des voleurs). 



ROUSTISSURE : Mauvaise 
plaisanterie. A. D. 

MoHstissîcre, dont par 
corruption on a fait roics- 
tenpanne, veut dire moins 
que rien (Argot du peuple). 
V. Rousselette. 

ROUSPÉTANCE (Fairede la). 
V. Rouspéter. 

ROUSPÉTER : Récriminer, 
{•MVQàwpet, du bruit (Ar- 
got des voleurs). 

ROYAUME DES TAUPES. 

V. Les pissenlits pousser 
par la racine. 

RUBIS SUR L'ONGLE : Être 

régulier, payer recta ses 
dettes à l'écliéance. 

Boire son verre jusqu'à 
la dernière goutte. 

— Il a séché son glacis 
rubis sur V ongle (Argot du 
peuple). N. 

RUER DANS LES BRAN- 
CARDS : Femme amoureuse 
qui, au moment psycholo- 
gique, se démène furieuse- 
ment, comme le cheval em- 
ballé. 

La figure peut se passer 
de commentaires (Argot du 
peuple). N. 

RUE AIT PAIN (La) : Le 

gosier. 

Le pain y passe. 

Mauvaise affaire quand la 
rue est barrée (Argot du 
peuple) . 



264 



RUP 



RUT 



RUE DU BEC DÉPAVÉ : La 

bouche, quand elle n'a plus 
de dents. 

Elle ne peut guère ali- 
menter sa voisine, la rue 
au pain (Argot du peuple). 

RUPIN : Homme riche, calé, 
cossu. 

Au fiuperhûf mpin-sko/f, 
alors c'est unhommQpoîcrri 
de chic. 

Les souteneurs disent à 
leur marmite : 

— Lève donc le go7ice, 
il esl rupin ^ il doit être au 
sac (Argot des souteneurs). 



RUTIÈRE : Voleuse ou fill»' 
publique, souvent les deux 
à la fois (Argot des voleurs). 

RUTILANT, RUTILANTE : 

Il est rutilant (joyeux). 

Elle est rîUi/ante, res- 
plendissante de fraîcheur et 
de beauté. 

Une chose est rutilante 
(éclatante) . 

Ce mot est très français, 
mais il est employé par le 
peuple dans un tout autre 
sens que celui indiqué par 
les dictionnaires classiques 
(Argot du peuple). N'. 



SAB 



SAR 



265 



SABIR : Bois, forêt. 

Quelques-uns écrivent : 
sah7n. 

C'est la finale retournée 
(Argot des voleurs). 

SABLER : Il est des voleurs 
qui se servent d'un os de 
mouton^ arme dangereuse, 
pour estourbir le pante. 

Gela laisse des traces très 
faciles à constater. 

Un autre moyen a été 
imaginé. 

On remplit de sable fin. 
ou (le grès pulvérisé, un sac 
(?n peau, et on assomme le 
client avec. 

Quand on le relève, on le 
déclare mort d'une conges- 
tion ou d'une attaque d'apo- 
plexie (Argot des voleurs). 



SABOT : Barque. 

— Nous allons embar- 
quer dans le sabot pour la 
Nouvelle^ disent les vo- 
leurs. 

Dans le peuple on dit 
d'un homme qu'un coup de 
canon ne réveillerait pas : 

— Il dort comme un sa- 
bot. 

Allusion à la toupie que 
les enfants nomment sabot y 
laquelle ronfle comme un 
tuyau d'orgue (Argot des 
voleurs et du peuple). 

SABOTER : Ouvrage mal f\»it, 
gâché. 

Allusion au sabotier, qui 
travaille son bois à gi*ands 
coups de sabre pour l'é- 
quarrir. 

Un ouvrage saboté est 



266 



SAC 



SAC 



bien près d'èlre im loup 
(Argot du peuple). 

SABOULER : Décrotter. A. 
D. 

Sahouler veut dire chas- 
ser. 

— Je l'ai sahoiUé de la 
piaule avec perte et fracas. 

On saboule un ouvrier 
qui ne fait pas l'affaire (ne 
sait pas travailler) (Argot du 
peuple). N. 

SABOULETTE : Table de toi- 
lette. 

Elle supporte le savon et 
les brosses qui saboiUent 
la crasse. 

C'est ainsi que les voleurs 
nomment les lavabos com- 
muns qui leur servent dans 
les prisons (Argot des vo- 
leurs). N. 

SABRE : Bâton. 

Sabre : être gris. A. D. 
C'est sas qu'il faudrait 
dire. 

Être sas, être blùidé i 
saoul, est un vieux mot nor- 
mand très fréquemment em- 
ployé dans le peuple. 

— Q.miie-nous le coude, 
t'es sas comme une bour- 
rique (Argot du peuple). 

SAC : L'affaire est dans le 
sac, elle est conclue. 

Être pris en flagrant délit 
de vol, c'est avoir son affaire 
dans le sac. 



Être laide ou jolie, c'est 
être ou n'être pas dans le 
sac. 

Il y a une vieille chanson 
là-dessus : 

EU' n'est pas mal 
Pour foutre clans l'canal. 
Elle est encore mieux 
Pour fouir' clans les lieux. 

(Argot du peuple). 

SAC (Avoir le) : Posséder 
beaucouj) d'argent. 

— Il a un Ibrt sac. 

— 11 est au sae. 

Avoir un sac dans lequel 
il y a une mauvaise pierre, 
c'est être condamné par les 
médecins (Argot du peuple). 

SAC A OS : Femme maigre. 

On dit dans le peuple : 
— On peut lire son jour- 
nal au travers. 

Il y eut longtemps, il y 
a une trentaine d'années, 
une lémme diaphane qui se 
faisait voir dans une baraque 
à la foire aux pains d'é- 
pices. 

Le pitre pour exciter la 
foule à entrer, disait : 

— Avec une chandelle, 
on peut lui compter les côtes 
(Argot du peuple). 

SAC A MERDE : Le ventre. 
L'image n'est pas propre, 
mais elle exprime bien le 
fait. 

On se souvient de ce gé- 
néral du premier Empire à 



SAF 



SAI 



267 



qui Napoléon avait recom- 
mandé le plus grand silence 
:i un grand dîner. 

Le général se tint coi, 
comme il l'avait promis, 
mais au dessert il ne put ré- 
sister, il frappa sur le ventre 
(le son voisiîi, un archi<luc, 
en lui disant : 

— Eh bien ! mon vienx, 
maintenant que t'as bien 
mangé, y en a beaucoup là- 
dedans ? (Argot du peuple). 

S\C PLFIN (Avoir le) : Être 
ivre. A. D. 

Avoir le sac plein se 
dit d'une femme sur le point 
d'accoucher (Argot du peu- 
ple). iV. 

SAC A VIN : Ivrogne pour 
(jui toutes les boissons s(mt 
bonnes. 

Mot à mot : il engloutit 
tous les li(juides dans son 
sac (Argot du peuple). 

SACRISTAIN : Maître d'une 
maison de tolérance. 

Mol à mot : il est le 
sacristain de V abhay eàowi 
sa femme est l'abbesse, 
puisque c'est elle qui, d'a- 
près le règlement, est la 
propriétaire du livre {kv^oi 
des souteneurs). 

SAFRAN : Mari trompé, voué 
au jonquille comme on 
voue les enfants au bleu. 

On dit aussi d'un mari 
dans ce cas : 



— Il a h Jaunisse toute 
l'année (Ai^ot du peuple). 

SAIGNER : Synonyme de 
bufer. 

Cette expression est gé- 
néralement employée par 
les bouchers qui conservent 
dans la vie les habitudes de 
l'abattoir (Argot des bou- 
chers). 

SAIGNER : Emprunter de 
l'argent à quelqu'un. 

Mot à mot : laire une 
saignée à s n porte-mon- 
naie ou à son coîlVe-fort. 

Faire une saignée blan- 
che : ce n'est pas un méde- 
cin qui est chargé de faire 
celte opération à moins que 
ce ne soil une doctoresse 
(Argot du peuple). ^Y. 

SAINT-DOMINGUE : Tal ac. 

Dans les prisons, par 
abréviation, on dit : Saint- 
Dome. 

Saint-Domingue, allu- 
sion au pays où prospèrent 
les plantations de tabac 
(Argot des voleurs). N. 

SAINT- FRUSQUIN : Lot 

d'objets ou de mobilier 
(Argot du peuple). 

SAINT- LAGO : Abréviation 
de Saint-Lazare; les filles 
disentégalement *S'«^w^Zc^. 
Quand elles sont dans 
cette prison, elles disent 
qu'elles .sont à \2i campagne. 



268 



SAI 



SAL 



— Tiens, voilà six mois 
que Ton ne le voit plus ? 

— J'étais en villégiature, 
je sors de ma campagne. 

On sait ce que cela veut 
dire (Argot des tilles). 

SAINT-PÈRE : Tabac à fu- 
mer (Argot des voleurs). 

SAINT- VINCENT-DE- 
PAUL : Les ramasseurs 
de mégots. 

Ils sont les Saint-Vin- 
cent-de-Paul des orphe- 
lins qui traînent devant 
les terrasses des cafés 
(Argot du peuple). 

SAINTE-TOUCHE (Le jourde 
la) : La paye de chaque 
semaine ou de^ fin du mois. 
La Sainte Espérance 
est la veille de la Sainte- 
Touche. 

C'est une sainte bien 
fêtée par les ouvriers (Ar- 
got du peuple). 

SAINT-JEAN : Signal con- 
venu entre les voleurs ])our 
avertir un complice. 

Ce signal consiste à lever 
l'index et le médium. On dit 
aussi d'un individu qui n'est 
pas à la hauteur pour faire 
(|uelque chose : 

-- Il est de la Saint- 
Jean (Argot du peuple). 
N. 

SAISISSEMENT : Terme em- 
ployé par les voleurs pour 



désigner les liens qui ser- 
vent pour ligotter le con- 
damné à mort au moment 
de la toilette. 

Il y a de quoi en effet 
être saisi (Argot des vo- 
leurs). 

SALÉE (La) : La mer (Argot 
des voleurs). 

SALÉ A LA BANQUE (En 

demander) : Demander au 
metteur en pages ou au 
prote une avance sur la se- 
maine. 

Salé : travail payé d'a- 
vance. 

Saler une note: addition- 
ner le numéro du cabinet 
avec la carte (Argot d'im- 
primerie] . 

SALIÈRES : Une femme qui 
a la poitrine creuse, a 
des salières, c'est-à-dire 
des trous en guise de seins. 
On dit également qu'elle 
a les tétons dans le dos 
(Argot du peuple). 

SALIVERNE : Gamelle ou 
écuelle qui sert dans les 
hôpitaux aux malades pour 
cracher. 

Ils salivent dedans (Ar-? 
gol des voleurs). 

SALLE A MANGER : La 

bouche. 

Pour indiquer qu'un in- ^ 
dividu n'a pas de j^dents, on 
dit dans le peuple : ' 



SAP 



SAU 



2G9 



— Il n'a plus de tabou- 
rets dans la salle à manger 

Argot du peuple). 

SAI.SIFITS : Doigts. 
Les voyous disent : 

— Je vais te coller une 
[>oignée de salsifits sur la 
luire (Argot du peuple). 

SANG DE NAVET : Homme 
sans courage, qui n'a pas 
(le sang dans les veines. 
On dit également : 

— Il a les fuies blancs 
(Argot du peuple). N. 

SViNS BLAGUE : C'est 
vrai, je ne mens pas (Argot 
du peuple). 

SANS-FEUILLE : La po- 
tence (Argot des voleurs). 

s VXS-GÈNE : Indiscret, mal 
élevé. 

Cracher par terre dans 
un saion, ôler ses bottes 
dans un wagon, se moucher 
avec ses doigts (Argot du 
peuple). 

SAPÉ : Condamné. 

Allusion au bûcheron 
qui, de sa cognée, sape un 
arbre (Ai^ot des voleurs). 

SAPEMENT : Jugement (Ar- 
got des voleurs). V. Sapé. 

SAPEUR. V. As dépique. 

SAPIN : Sentir le sapin. 

Etre sur le point de mou- 
rir. 



Sapin : cercueil . 

Sapin : plancher (Argot 
du peuple et argot des vo- 
leurs). 

SAQUÉ : On m'a dit de pas- 
ser au bureau pour y régler 
mon compte. 

L'expression vient des 
corporations où bs ouvriers 
lournissent leurs outils ; ils 
les mettent généralement 
dans un sac ; quand ils 
quittent l'atelier, ils les 
remportent ; ils reprennent 
leuri'ac; de là, saqué (kv^ol 
du peuple). 

SARRAZIN : Les ouvriers 
typographes qui travaillent 
au-dessous du tarif réglé 
par la Société et qui sont 
souvent la proie du syndi- 
cat, lequel les considère 
misérablement (Argot d'im- 
primerie) . 

SARRAZINEUR : Ouvrier 
qui va d'un atelier à un au- 
tre, suivant sa fantaisie 
ou les exigences du travail 
(Argot d'imprimerie). 

SATOU : Bâton (Argot des 
voleurs). 

SAUMON : Homme riche. 
— Emballons le samnon 
avec précaution ; il y a du 
pèze (Argot des croque- 
morts). 

SAUT DE COU: Foulard 
(Argot des voleurs). 



270 



SAIT 



SCH 



SAUTE-AU-KRACK : Sur- 
nom donné aux filles pu- 
bliques audacieuses (Argot 
des souteneurs). 

SAUTE-MOUTON (Le coup 
du) : Ce sont les remisiers 
pour (lames (les tripo- 
teuses du marché des pieds 
humides) qui le prati- 
quent. 

La joueuse vend mille 
francs de rente. Le remi- 
sier pour dames exécute 
cet ordre ; il vend immédia- 
tement, mais il attend la 
iermeture de la Bourse pour 
en informer sa cliente. S'il 
y a baisse, comme il a ven- 
du ferme, il encaisse tran- 
(juillement la différence ; 
si la rente reste au même 
taux, il lui raconte qu'il y 
a écart de deux ou trois 
centimes; dans tous les cas 
elle est volée (Argot des 
boursiers). N. 

SAUTE-RONDEf.LES. V. 

Fafioleur. 

SAUTE-RULSSEAU : Petit 
clerc d'huissier ou de no- 
taire qui porte à domicile 
les pièces de l'étude (Argot 
du peuple). 

SAUTER A LA CAPAIÏUT : 

Tuer un complice pour ne 
pas lui donner sa part de 
vol. 

C'est un fait assez rare, 
car chez les voleurs il existe 



une sorte de probité que 
l'on ne trouve pas chez cer- 
tains qui se disent honnêtes 
gens (Argot des voleurs). 

SAUTER LA CERVELLE 

(Se faire). V. Bataille des 
jésuites. 

SAUTER A LA PERCHE : 

Avoir très faim. 

En ce cas on est plus lé- 
ger que de coutume et on 
peut sauter facilement. 

Synonymede:y^«ï'(?«/^'rc? 
(Argot du peuple). .V. 

SAUTEUSE : Puce. 

Elle saute, en effet, sans 
cesse (Argot du peuple). 

SAUVAGE (S'habiller en) : 
Etre dans un costume pri- 
mitif, n'avrir pas même la 
feuille de vigne si chère à 
M. Bérenger, le Caton mo- 
derne (Argot du peuple). 

SAVOIR LIRE: Être au cou- 
rant de toutes les ruses du 
métier. 

Connaître tous les Irues 
pour voler (Argot des vo- 
leurs). 

SAVOYARDE : Malle. 

Allusion aux commission- 
naires, tous savoyards pour 
la plupart, qui transpor- 
tent les malles sur leur dos 
(Argot des voleurs). 

SCIINOC : Quand on ne veut 
pas dire à un individu c-o-n 



SEC 



SEN 



271 



pantoufle, on emploie cette 
expression qui est un terme 
(le mépris : vieux schnoc 
(Argot du peuple). N. 

SCÏINOFFE (Deux ronds de): 
Deux sous de tabac h priser 
I Argot du peuple). N. 

SCIIPHOMME : Faire du 
tapage dans un endroit 
public (Arçot du peMi|)le'). 

SCIITIGNER : Puer (Argot 
(hi peuple). A^. 

St'IE : Femme légitime. 

Quand un ouvrier me- 
nuisier porte sa scie, les 
voyous lui disent : 

— Tu trimballes la légi- 
time. 

Scier quelqu'un : l'en- 
nuyer, le raser (Argot du 
peuple). 

SCION : V. Lîoigre. 

SCIONNER : Tuer quelqu'un 
avec un couteau (Argot des 
voleurs). 

SKCIIÉ : Au lendemain d'une 
forte soulographie, l'ivro- 
gne est séché (Argot du 
peuple). 

SIXOUER LES PUCES : 

Stimuler un endormi, le 
secouer du péché de pa- 
resse (Argot du peuple). 

SECOUER SON PANIER A 
CROTTES : Se dit dans le 



f)cuple d'une danseuse dé- 
ïanchée qui fait le contraire 
de la danse du ventre, et 
remue les fesses agréai dé- 
ment (Argot du peuple). 

SECOUSSE : Dans le peu- 
ple, on dit d'une jolie lille 
pour indiquer qu'on cou- 
cherait volontiers avec elle: 
elle vaut la secousse. C'est 
suflisamment clair (Argot 
du peuple). N. 

SEIGNEUR A MUSIQUE : 

Assassin (Argot des vo- 
leurs). 

SE METTRE A TAREE : Dé- 
noncer, manger sur le dos 
d'un c ;mplice (Argot des 
voleurs). V. Mouton. 

SE METTRE LA CORDE AU 

COU : Se marier. 

Le peuple se souvient 
de la vieille chanson : 

Pan, pan, mariez-vous, 
Mettez-vous dans la misère; 
Pan, pan, mariez-vous, 
Mettez-vous la corde au 
I cou. 
(Argot du peuple). 

S'EMBROCIIINER: Se coller 
avec une femme. 

Synonyme de s'acoqui- 
ner (Argot du peuple). 

SENTIR MAUVAIS : Quand 
un voleur est sur le point 
d'être pris, quand on éveille 
un condamné à mort pour 
sauter le pas, quand on 



SEN 



SER 



est embarqué dans une sale 
affaire, cela sent mauvais 
(Argot du peuple). N. 

SENTIR LE LAPIN : Après 
avoir dansé toute une nuit, 
une femme sue des aisselles 
et d'ailleurs ; elle sent le 
lapin. 

On sait que lorsqu'on 
ouvre le ventre de cet ani- 
mal, une odeur chaude et 
nauséabonde vous prend au 
nez et à la gorge (Argot du 
peuple). 

S'EN FOUTRE COMME 
UN POISSON D'UNE 
POMME : Se moquer de 
tout et de tous. 

Mettre l'opinion et le 
quand dira-l-on sous ses 
pieds (Argot du peuple). 

S'EN FOUTRE COMME 
D'UNE GUIGNE : Se mo- 
quer de tout. 

On dit également : Je 

m'en moque comme de ma 
première chemise. 

C'est une nouvelle secte 
créée par les indifférents : 

les fmen foutistes (Argot 
du peuple). N. 

SENTINELLES : Élrons dé- 
posés le, long des murs par 
des passants pressés (Argot 
du peuple) . 

SENTIR LE ROUSSI : Sy- 
nonyme de sentir mauvais 
(Argot du peuple). 1S[. 



SERINGUE : Machine à va- 
peur qui fonctionne mal ; 
allusion au bruit du piston 
(x\rgot des ouvriers). 

SERINER : Divulguer. L. L. 

Seriner : Apprendre 
quelque chose à quelqu'un 
qui a la tête dure, en lui 
serina^it sans cesse. 

Vient d'un petit instru- 
ment qui n'a qu'un air : la 
serinette. 

On serine un merle, un 
geai, un chanteur ignorant 
la musique, une leçon, un 
discours ; en un mol seri- 
ner veut dire apprendre 
(Argot du peuple). N. 

SERINETTE : Jouer un air 
de serinette à quelqu'un 
(Argot des voleurs j. V. 
Maîtres chanteurs. 

SERRÉ: V. QerU. 

SERRER SA CEINTURE 
D'UN CRAN : Compression 
du ventre, afin d'empêcher 
les intestins de crier la- 
mine (Argot du peuple). 

SERRER LA CUILLÈRE 

(Se) : Poignée de main. 
Par al.réviation, on dit : 
je te la serre, ou bien en- .■ 
core : serre-xm\ la pince 
Argot du peuple). 

SERRER LA VIS : Etran- 
gler quelqu'un (Argot du 
peuple). 



sni 



SLN 



SERCOT : V. Bec de gaz. 

SERI>ILLi:ilK : Soutane du 
curé (Ar^ot dos voleurs). 

SKIIPII.UKUK : Tabiior des 
caiabins. 
(Argol des voleurs). 

SKKVIK DE HELEE: Dé- 
nonce!' un cou»[)lice faus- 
sement (Argot des voleurs). 

SERVIR (Faire) : Faire arrê- 
ter quelqu'un (Argot des 
voleurs). 

SEZIÈRES : Lui (Argot des 
voleurs). 

SIFFLER AU DISQUE : De- 
mander de l'argent à quel- 
qu'un ; le .solliciter d'ouvrir 
son porte-monnaie. 

Allusion au mécanicien 
qui sifjle au disque pour 
demander l'ouverture de la 
voie (Argot du peuple). 

SIFFLET D'ÉBÈNE : Y. Ha- 
bit à queue de morue. 

SIGNER DES ORTEILS : 

Le pendu, dans ses der- 
niers tressaillements, agile 
les pieds (Argot du peuple). 

SIGUE : Pièce de vingt francs 
(Argot des voleurs) . 

SIGUE (Un demi) : Pièce 
de dix francs (Argot des 
voleurs). 

SLME : Patrouille. 



J'ai clierclié en vain la 
raison de celte expression, 
elle n'a pu m'élre expliquée, 
mémo par des récédivistes; 
eonune elle est usuelle, je 
la «loniie (Argot des voleurs). 

SIMONE (La) : Vol à la tire- 
lire. 

Ce vol est pratiqué pai* 
(le faux vidangeurs On 
nomme ces voleurs des 
simonneurs parce ((ue ce 
truc fut inventé par un 
nommé Simon (Argot des 
voleurs). 

SINGE: Patron. 

Presque tous les corps 
de métiers, à l'exception des 
chapeliers, nonmient leur 
patron un singe. 

Singe, ouvrier composi- 
teur. 

Ce n'est pourtant pas 
dans un atelier de typogra- 
phie qu'il faut chercher des 
grimaces (Argot du peuple). 

SING LEURS : Les doigts 
(Argot du peuple). V. Salsi- 
fits. 

SINVE : Bonne tète, bon à 
fabriquer. 

Synonyme de patite ar- 
gotê. 

Affranchir un since : 
rendre un imbécile, canaille 
et voleur. 

Il u'yasouventpasgrande 
besogne à faire (Argot des 
voleurs). 



274 



SOL 



SON 



SIROP DEMACGUABÉE: 

Allusion aux gens qui se 
noient. 

Ils sirotent bien malgré 
eux Veati. de la rivière (Ar- 
got des voleurs). 

SKATING A MOUCHE : La 

tète. 

Les mouches , quand 
riiomnie est chauve, y pa- 
tinent à leur aise (Argot 
du peuple). JS'. 

SOIFFARD : Ilonune qui a 
toujours soif. 

Dans le peuple, comme 
superlatif, on dit : 11 boirait 
la mer et les poissons (Ar- 
got du peuple). 

S(JIFFER : Boire comme une 
éponge (Argot du peuple). 

SOISSONNAIS : Dos liaricols 
(Argot des voleurs). 

SOLDE ; .Quand un négo- 
ciant veut liquider, il solde 
le restant de ses marchan- 
dises. 

Elles sont généralement 
achetées par des juifs qui, 
à leur tour les soldent, par- 
tout où ils peuvent en y 
joignant souvent des mar- 
chandises volées (Argot du 
peuple). 

SOLIR : Vendre. 

Ce mot a donné naissance 
à une expression des plus 
piltoresques. Pour dire que 



Ton achète sur parole, on 
emploie cette phrase : 

Solirsiir le verbe (Argot 
des voleurs). 

SOLLICEUR DE ZIF : Com- 
mis-voyageur marron qui 
vend sur faux échantillons. 

C'est une variété du 
goiireur . 

Zif veut dire marchan- 
dise imaginaire. 

Le solliceur à la po- 
(/nô est le frère du solli- 
ceur de zif (Argot des vo- 
leurs). 

SONDEUR : Avocat. L. L. 
Sondeur, sonder quel- 
qu'un pour savoir ce qu'il a 
dans le ventre. 

Allusion au sondage d'un 
terrain pour en reconnaître 
la nature (Argot du peuple). 

SONNER : Quand un client 
fait du tapage dans une 
maison de tolérance, le \ 
garçon le jette à la porte, 
et s'il se rehilfe, il lui casse 
la tète sur l'angle du trot- 
toir ; la tête a sonné (Ar- 
got des souteneurs). iV. 

SONNETTES : Pièce de cent 

SOUS-^ 

Allusion au tintement que 
produisent en se heurtant 
les pièces, dans la poche 
du pantalon (Argot du peu- 
ple). 



sou 



sou 



SO^■^ET^ES : Giigneuaudes 
«le houe qui pendent aux 
poils des chiens. A. D • 

^S'o^^^i^/Z^s'appliqueùtou- 
les les yriynenandes qu'el- 
les soient de boue ou d'autres 
matières. 

Inutile d'insister (Argot 
du peuple). 

SOKBONiNP:: Tête. 

Vieille expression ; on lit 
en ellet, dans la chanson 

du Camtel : 

Iles réflexions m'trottaient dans 
I la Sorbonne. 

(Argot des voleurs). 

SOliGUE : La nuit (Argotdes 
voleurs). 

SORGUER : Dormir. 

C'est une très vieille ex- 
pression. 

D'autres écrivent sor(jne\ 
i;"cst une erreur {Argot des 
voleurs). 

SOUGUEK A LA PAIRE : 

Coucher à deux (Argot des 
voleurs). 

SORGUELIR : Voleur de nuit 
(Argot des voleurs). 

SORTE : Quand un camarade 
quitte son O'ang pour aller 
raconter à un copain une 
histoire de brigand inventée 
de toutes pièces, l'autre lui 
répond : 

— Laisse-moi avec ta 

Pour une mauvaise plai- 



santerie l'aile à un cama- 
rade, la réponse est- la 
uiênie. 

L'expression sorte vient 
de ce que, lorsqu'il man- 
que des caractères dans un<' 
casse, la sorte est absente. 

Sortier, celui qui lait 
des sortes (Argot d'impri- 
merie). 

SORLOTS : Souliers (Argot 
du peuple). V. Rijjatons. 

STRAPONTIiN : Femme qui a 
l'estomac bien garni. 

Elle possède un strapon- 
poniin supérieurement rem- 
bourré — ce n'est pourtant 
pas une place pour s'asseoir. 

Ou appelle aussi stra- 
pontin la tournure que les 
femmes njettent sous leurs 
jupons, peur paraître avoir 
un postérieur engageant 
(Argot du peuple). iV- 

SOUBASSEMENT : Lespieds. 

Ils supportent le corps 

comme le soubassement 

d'un piédestal supporte la 

statue (Arçot du peuple). 

SOUFFLt^.T (Le vol au) : Ce 
genre de vol est très origi- 
nal, il est à la portée de 
tous et ne demande ni ins- 
trument ni apprentissage. Il 
s'agit simplement d'entrer 
dans un magasin au moment 
où une femme tire son porte- 
monnaie de sa poche pour 
solder une empiète, de se 



27(; 



sol: 



SOI 



précipiter en lui llanquanl un 
soufflet à en voir trente- 
six chandelles, en lui disant 
à voix haute : 

— Ah ! coquine, voilà 
où passe l'argent du mé- 
nage. 

Pendant que la femme 
revient de sa surprise, le 
faux mari est loin (Argot 
des voleurs). 

SOUFFLET : Le derrière. 
Il ne fait guère bon être 
sous le vent qu'il produit 
(Argot du peuple). 

SOUFFLEUR DE BOUDLN : 

Individu à visage bour- 
souflé, joufflu. 

Allusion au compagnon 
charcutier dont les joues 
gonflent quand il souffle 
dans le boyau. 

Cette expression est éga- 
lement employée d'une au- 
tre manière, sous forme de 

proposition (Argot du 

peuple). N. 

SOUFFRANTES PERLÉES : 

Allumettes (Argot des vo- 
leurs) . 

SOULOGRAPIIE : Pochard 
qui prend trop souvent la 

harhe. 

Soulographie (en avoir 
une belle) : être pochard 
(Argot d'imprimerie). 

SOULOIR : Un verre. 

L'allusion est claire; plus 
le pochard boit de verres y 



plus il est saoul (Argot du 
peuple). A^. 

SOULOIRDESRATICIIONS: 

Autel sur lequel le prèlri; 
dit la messe. 

La figure est fausse; c'« st 
le ciboire qui contient le 
vin qui est le souloir (Ar- 
got des voleurs). 

SOUPAPE : Casquette (Argot 
des souteneurs). 

SOUPE A L'HERBE (En 

manger une) : Aller gouaper 
dans les champs sans avoir 
le so'j et s'allonger sur 
l'herbe pour dormir : 

— Qui dort dîne (Argot 
du peuple) . N. 

SOUPE ET LE BOEUF : La 

femme dit cela du mari et, 
naturellement, le mari de 
sa femme. 

^^wousmQàcpot-au-feu. 

Cette expression a donné 
naissance à un dicton qui 
est très ancien : 

— Toujours du bouilli, 
jamais de rôti (Argot du 
peuple). A^. 

SOUPE DE TA FIOLE : Jai 

assez de ta figure (Argot du 
peuple). N. 

SOUS PRESSE : Femme très 
occupée sur sa chaise longue 
à écouter le récit d'un ex- 
plorateur (Argot des filles). 



sou 



suc 



iLll 



l RICIKUK (La) : Est une 
iiinexe du Dépôt de la Pré- 
Icclure de Police; les pré- 
venus passent là avant de 
» oniparaî Ire devant les 
« liambres coiTectionnelles ; 
ils Y repassent après juge- 
ment pour monter en panier 
a salade et être dirigés sur 
l(^s prisons où ils doivent 
>ubir leur peine. 

La souricière est aussi 
appelée les trente-six car- 
reaux, parce que chaque 
ienèlre a ce nombre de vi- 
tres. 

On dit 'A\x?,û: établir une 
souricière pour pincer les 
complices qui viennent au 
gîte (Argot des voleurs). 

SOURICIÈRE : Cabaret con- 
nu de la police, tenu par un 
patron ([ui nomie sur l'o?'- 
tjv.e le ses clien ts dont la plu- 
l)arl sont des voleurs. 

La pèche se fait là 
sans hameçon (Argot des 
voleurs). 

SOURD OC HE : Lanterne 
sourde (Argot des voleurs). 

' )UTENEUR : Individu qui 
vit des fdies qui se livrent 
à la proslituti )n, fainéant, 
voleur et assassin si l'occa- 
sion se présente; on le 
trouve en haut comme en 

[bas de l'échelle sociale (Ar- 

[got du peuple). 

>US-VEiMRIÈRE : Ëcbar- 
ipe. 



— As-tu vu le quart- 
d'œil avec sa sous- ven- 
trière, y la dé(jotte mal ? 

Allusion à la sous-ven- 
trière du cheval (Argot du 
peuple). 

STORES : Paupières qui s'a- 
baissent et se relèvent à 
volonté (Argot des voleurs). 

STUC : Part de vol. 

Synonyme de fade. 
comme stuquer (partager) 
l'est de fader. 

Stuquer est encore pris 
dans le sens d'étrenner : 
recevoir des coups. 

— La gosse a stuqué 
(Argot du peuple). iV". 

SURLIMER : Travailler alors 
que les autres dorment. 

Il faut, en eiïét, être su- 
blime de courage. 

Cela ne se voit guère de 
nos jours, où huit heures de 
travail c'est encore de trop, 
ce qui n'empêche pas les 
poètes de chanter le su- 
blime ouvrier (Argot du 
peuple). 

SUCE-CANELLE : Ivrogne 
invétéré qui suce jusqu'à 
la dernière goutte. 

Une vieille chanson que 
le pitre de Moreau, le tireur 
de cartes, récitait sur la 
place de la Rastille, vers 
1848-18i9, dit : 

Si je meurs que l'on m'enterre 
Dans la cave où est le vin, 

16 



278 



SIX 



SUR 



Le ne/, contre Ja muraille 
Et la tète sous le robin. 
S'il en reste une goutte encore, 
(Je sera pour me rafraîchir, 
Et si le tonneau défonce, 
J'en boirai à mon loisir. 

(Argot du peui)le). 

SLGE-LAIIBIN : Bureau de 
placement (Argot des vo- 
leurs). 

SUCER LA PRALmE : Il 

est absolument impossible 
d'e.xpliquer cette expression 
(Argot (les filles). V. Ac- 
cou^lées. 

SUCER LA POMME (Se) : 
S'embrasser. 

Allusion au moutard qui 
suce ime pomme avant de 
la manger (Argot du peu- 
pie]. N. 

SUCER UNE PÊCHE : Boire 
un coup (Argot du peuple). 

SUÇON : Faire une consom- 
mation fantastique de sucres 
d'orge. L. Z. 

Suçon : en faire un sur 
l'épaule ou sur la gorge 
d'une jolie femme, ce n'est 
pas précisément sucer du 
sucre d'orge, c'est lui faire 
venir le sang à la peau. Ce 
qui adonné naissance à cette 
expression : ce n'est pas de 
l'amour, c'est de la rage, 
pour ceux qui embrassent 
de cette manière (Argol du 
peuple). N. 

SUCRE DE POMME : Pince 



qui sert à fracturer les por- 
tes. 

— Avant de cavahr as- 
sure-loi que ton sucre de 
pomme poui-ra pessigner la 
lourde (Argot des volein-s). 
N. 

SUCRE : Se dit d'une feimnc 
mijaurée : elle fait sa .v^'- 
crée. 

Se croire plus Si'<-r-' 
qu'un autre : s'imaginer lui 
être supérieur. 

Il a été sucré [)oviv sa/é. 

Les joueurs ont adopié 
cette expression pour mar- 
quer les points avec des je- 
tons : il faut sucrer mon- 
sieur (Argot du peuple) . X. 

SllFFART : Grec habile à 
corriger le hasard, voletu' 
cosmopolite qu'on rencontre 
dans tous les endroits où 
l'on joue. 

Il est connu sous dillé- 
rents noms : graisseur, 
bédouin, philosophe (Argot 
des joueurs) . 

SUIVEUR : Homme tenace 
qui suit les femmes dans 
la rue ; quand il tombe sur 
une vierge il la sidt jusqu'à 
temps qu'il la perde (Argot 
du peuple). N. 

SURBINE : Surveillance. Ètrr 

en surhine : élre surveille. 

Rompre sa surhine : 

quitter la ville où l'on était 



I 



SUR 



SYS 



279 



(Il surveillance poui- aller 
dans une autre ville. 
Autrefois on disait : ro7n- 
re son banc; c'est vieux 
' Ml (Argot des voleurs). 

S! liFIXE : Sœur de charité 
Argot des voleurs). N. 

SI IIGEKBER : Être con- 
damné en appel (Argot des 
voleurs). 

sriUiN : Couteau. 

Surin m net : canne plom- 
bée ; elle surine sans îruit. 

SI lllXER : Assassinera coups 
de eoul au. 

Celle expression rein- 



plaet! celle de chonriner 
(Argot des voleurs). 

SOEURS (Les deux) : Nattes 
de ciieveux que les femmes 
portent tressées sur leurs 
épaules. 

Mes deux sœurs, pour : 
lest icules(Argot des voyous i. 

SYDOME : La tête de car- 
ton, ou le mannequin sur 
lesquels la modiste et la 
couturière essayent leurs 
chapeaux et leurs robes 
(Argot du peuple). N. 

SYSTÈME : Portion servie 
aux prisonniers dans les 
maisons centrales (Argot 
des» voleurs). V. Bonde. 



I 



280 



TAF 



TAL 



TABAC : Misère. 

— Je suis dans le tabac 
mistoufle (Argot du peuple) . 

TABAR : Manteau. 

Cette expression est con- 
nue depuis le XV^ siècle 
(Argot des voleurs). 

TABLE RASE : Faire un 
nettoyage complet dans 
une maison, liquider un 
arriéré, renouveler un per- 
sonnel après avoir fait table 
rase (Argot du peuple). 

TAF : Individu qui a peur de 
son ombre. 

Qui a le trac, qui serre 
les fesses à la moindre 
alerte (Argot du peuple). 

TAFFEUR : Poltron. 



— Il est tellement lafjeur 
([ue l'on ne lui fourrerait 
pas une feuille de papier à 
cigarette entre les fes^^es 
(Argot du peuple). iV. 

TAILLER UNE PLUME : Il 

est des employés qui se ser- 
vent encore de plumes d'oie ; 
à la lin du mois, ils vont 
s'en faire tailler chez des 
spécialistes (Argot du peu- 
ple). N. 

TALBIN : Billet. 

Talbin d'altèque, billet 
de banque. 

Un billet de faveur pour 
un théâtre quelconque, se 
nomme un talbin d'enca- 
rade. 

Mot à mot : billet d'en- 
trée. 



TAM 



TAN 



U81 



Los voleurs disent aussi 
(le l'ordre du Parquet, de 
l'ordre de les écrouer à 
Mazas ou au Dépôt : 

— Milice de hiffeton 
d'encarade (Argot des vo- 
leurs). N. 

TALBIN : Huissier. 

Allusion ce à qu'il talhine 
un prévenu ou un témoin 
pour l'assigner en police 
correctionnelle. 

Talbiner, synonyme d'as- 
signer (Argot des voleurs) 
N. 

TALONS COURTS (Avoir les): 
Fille ou femme qui suc- 
combe sans résistance. 

L'image n'est pas exacte ; 
ce fiùt ne se produit généra- 
lement que lorsqu'une lemme 
porte des talons hauts; elle 
perd alors l'équilibre facile- 
ment (Argot du peuple). 

TAMBOUILLE : Ragoût, fri- 
cot. 

Faire la tambouille, 
faire sa cuisine. A. D. 

Tamhoiàlle : battre. 

— Je vais te foutre une 
tambouille que le tonnerre 
de Dieu en prendra les 
armes (Argot du peuple). A''. 

TAMPONNER : Donner ou 
recevoir un coup de tam- 
pon — un coup de poing. 

Allusion au choc de deux 
trains qui se tamponnent 
(Argot du peuple). JSf. 



TANNANT : Assommant, en- 
nuyeux. 

A Corbeil, on devait un 
dimanche jouer les Mous- 
quetaires ; la troupe y don- 
nait des représentations de- 
puis environ un mois. 

L'actrice chargée des 
grands pre.niers rôles, était 
mauvaise à faire ronfler un 
bec de gaz. Au moment du 
lever du rideau, le régisseur 
dut faire une aimonce. L'ac- 
trice avait dû partir précipi- 
tanmient pour enterrer son 
père. 

Il annonça son départ 
ainsi : 

Madame X . . . , ne pourra 
jouer ce soir, elle est à 
Nantes, pour les obsèques 
de son père. 

Un loustic du parterre 
s'écria : 

— Il y a longtemps qu'elle 
est tannante. 

Ouf ! (Argot du peuple). 
N. 



TANNER LE CUIR : Battre 
ju'un. 
Allusion au tanneur qui 
bat la peau pour la rendre 
souple (Argot du peuple). 



q„el^. 



TANTE : Pédéraste, homme 
à double fac • qui retourne 
volontiers la tète du tôle du 

mur (Argot du peuple). JSf. 

TANTE : Le Mont-de-Piété 
— Je porte ma toquant 

16. 



282 



TAP 



ÏAP 



chez ma tante, mon oncle 
en aura soin (Argot du 
peuple). 

TAP : Se disait autrefois des 
condamnés à être exposés 
publiquement et marqués 
au fer rouge. 

Travaux forcés à temps, 
T. F. T. 

Travaux forcés à perpé- 
tuité T. F. p. 

Faire le tapin c'était 
être exposé (Argot des vo- 
leurs). N. 

TAPANCÈ : Maîtresse ou 
femme légitime. 

Les typographes nom- 
ment ainsi la lemme parce 
qu'elle tape souvent à la 
poche ou... autrement. 

La tapance du mec, c'est 
la femme du patron. 

• — Elle est rien râleuse 
la tapance du mec, elle 
boufferait des cadratins à 
la sauce blanche (Argot 
d'imprimerie). N- 

TAPE (En recevoir une) : Re- 
cevoir un coup ou le don- 
ner. 

Voir ses espérances s'ef- 
fondrer. 

Recevoir une tape mo- 
ralement (Argot du peu- 
ple). 

TAPE A L'OEIL : V. Œil au 

leurre noir. 



nion de personnes. A. D. 

Tapée veut dire beau- 
coup, il est vrai, mais ce 
n'est pas le sens que lui 
donne le peuple. 

Tapée se dit d'une jolie 
femme : 

— Elle est tapée. 

Une phrase bien écrite ou 
bien dite : 

— C'est tapé (Argot du 
peuple). N. 

TAPER : Taper quelqu'un, 
lui emprunter de l'argent. 
On lui refuse en lui di- 
sant également : 

— Tu peux te taper. 
Synonyme de : Tu peux 

te fouiller (Argot du peu- 
ple). 

TAPER A TOUR DE BRAS : 

Cogner vigoureusement. 

— J'ai beau taper ma 
femme a tour de bras, 
quand elle me fait un im- 
pair, elle me gobe tout de 
même (Argot du peuple). 

TAPER DANS LE TAS : 
Prendre une femme au ha- 
sard. 

2\iper dans le tas : at- 
taquer un ouvrage avec vi- 
gueur. 

Taper dans le tas : 
frapper dans le tas d'une 
bande de rôdeurs qui vous 
attaquant (Argot du peu- 
ple). 



TAPÉE : Foule, 'grande réu- TAPETTE : Pédéraste ^«55//*, 



TAR 



TAS 



283 



il se fait taper dans le las 
! \rç;ot du peuple). N- 

TAPETTHl : Homme qui parle 
sans cesse. 

— Il en a une rude ta- 
;)ette . 

On dit aussi : (orle p/a- 
ine (Argot du peuple). 

i A PIQUER : Habiter (Argot 

(les voleurs). 

TAPIS DE iMALADES : Can- 
liiies des prisons (Argot des 
(tleurs). V. Cargols. 

iA«,)UINER LE GOUJON : 

Lt^ pêcheur à la ligne /«- 
!iiuie le goujon. 

11 est eu elFet taquiné 
tPèlre pris à ITiameçon (Ar- 
l;oi du peuple). 

TAQUINER LE CARTON: 

Jouer aux cartes. 

Je ne sais pas si les car- 
ies sont taquinées d'être 
/nillues, mais le joueur Test 
rudement quand il perd (Ar- 
got du peuple). iV. 

TAHAUDÉE : En mécanique. 
tarauder un écrou ou un 
boulon, c'est faire un pas 
de vis. 

On a appliqué cette ex- 
pression pour dire que l'on 
bal quelqu'un. 

— Je lui ai foutu une 
rude taraudée. 

— Je vais te tarauderiez 
côtes (Argot du peuple). N'. 



TAROQUAGE : Piquer les 
cartes d'un signe impercep- 
tible. 

Ce truc fut employé pour 
la preniière fois, par le fa- 
meux grec Garcia (Argot 
des grecs). 

TAUOQUE : La marque du 
linge. 

Quand les voleurs ont 
dévalisé la voilure d'un pa- 
pillon, ils détaroqiient le 
linge pour le revendre aux 
meuniers (Argot des vo- 
leurs"). N. 

TARTINES : Souliers avachis 
el éculés. 

— Ah! mon vieux, quel- 
les sales tartines f Argot rhi 
peuple). 

TARTIR : Vider ses iules- 
lins. 
Quand la marchandise est 
molle, elle s'aplatit en rond, 
comme une tarte, dont, 
d'ailleurs, elle a la couleur. 
Dans le peuple, on dit : 

— Je viens de faire une 
tarte bourbonnaise. 

Encore un emprunt à Ra- 
belais (Argot des voleurs). 

TAS (Être sur le) : Être à 
l'ouvrage. 

— Nous avons un tas d»' 
besogne pour beaucoup. 
— J'ai un tas de choses à 
vous écrire, pour quantité. 

— Ma marmite est sur le 
tas. 



284 



TAU 



TEN 



Pour indiquer qu'elle 
est couchée avec un miche 
(Argot du peuple et des 
souteneurs). N- 

TASSO : Nez. 

— Je vais te houffer le 
tasso (Argot du peuple). V. 
Blaire. 

TATA : Les enfants, les pe- 
tites lilles disent de Tune 
d'elles qui fait des maniè- 
res : 

— Elle ftnt sa tata. 

Dans le mondes des équi- 
voques une tata, c'est le 
passif. 

11 existe un chanson sur 
ce sujet : 
C'est nous qui sommes les tatas 
(Argot du peuple). 

TATE-MINETTE : Sage- 
femme (Argot du peuple). 

TATEUSE : Fausse clé. 

Ce nom indique bien l'ac- 
tion ; avec une fausse clé, 
si bien faite soit elle, il faut 
que le voleur taie la ser- 
rure avant de l'ouvrir (Ar- 
got des voleurs). 

TAUDION : Chambre mal- 
propre, infecte. 

— N'entrez pas dans 
mon iaudion, un chat n'y 
trouverait pas ses petits. 

— Sa chambre est un 
taudis. 

On dit aussi un chenil 
(Argot du peuple). 



TAULE ou TOLE : La mai- 
son. 

Les maîtres de maisons 
de tolérance sont appelés 
des tôliers. 

C'est une allusion à hi 
tôle qui barde les portes de 
ces maisons dans quelqiiis 
villes de province, pour h s 
défendre contre les tajia- 
geurs. 

C'est tôle qui est le vrai 
mot (Argot des souteneurs . 

TAUPER: Travailler. Z. Z. 

Tauper veut dire accos- 
ter. 

Quand les compagnons 
faisaient le tour de France, 
et que deux marchaient en 
sens inverse sur la grande 
route, ils s'interpellaient : 

— Tojje.^ pays, quelle 
vocation ? 

— Serrurier. 

— Passe au large. 

S'ils étaient du même 
métier, ou dé la même so- 
ciété, ils fraternisaient, au- 
trement ils se battaient. 

Cela s'écrit toper et non 
tauper. Toper veut aussi 
dire : conclure. 

— Affaire %ilé, tope-Và 
(Argot du peuple). 

TENDEUR : Homme qui est 
toujours prêt à satisfaire 
une femme gourmande et 
passionnée (Argot du peu- 
ple). 



Tirr 



TET 



•285 



TERRER : Tuer. 

Mot à mot : préparer les 
gens pour la terre. 

C'est cette expression qui 
a donné naissance au mot 
enfouissage pour les libre- 
penseurs qui ne passent pas 
par Téglise (Argot des vo- 
leurs et du peuple). N. 

TERREUR : Nom donné aux 
maquereaux dans les an- 
ciennes banlieues de Paris ; 
il y a généralement une 
terreur par quartier (Argot 
des souteneurs). 

TER RI ÈRE : Raccrocheuse 
qui pousse son persil dans 
les terrains vagues (Argot 
des souteneurs). 

TESIÈRE : Toi. 

Il y a plusieurs variantes 
de ce mot : tesigiie, te- 
aigo et téshigard. 

I'^5?<?r<? est l'expression la 
plus usitée. 

— La Môme-Livarot a 
un béguin carabiné pour 
lesière (Ai^ot des soute- 
neurs). 

TETASSES : Seins qui pen- 
dent jusque dans les bas de 
celles qui les possèdent (Ar- 
got du peuple). V. Cale- 
basse, 

TÈTE CARRÉE : V. Albo- 
che. 

TÈTE DE ROIS : Visage peu 
expressif. 



Dans le peuple, on dit 
aussi : il a été sculpté dans 
un marron d'Inde, quand 
l'individu à qui cette ex- 
pression s'adresse est laid 
à faire peur (Argot du peu- 
pie). 

TÈTE DE CARTON : Visage 
sans expression. 

Allusion à la poupée (Jo- 
séphine) des modistes (Argot 
du peuple). 

TÈTE DE CHOUCROUTE : 
V. Alboche. 

TÈTE DE PIOCHE : Individu 
à la tête dure qui ne veut 
rien apprendre. 

Allusion à la dureté de 
l'acier trempé de la pioche 
(Argot du peuple). N. 

TÉTER UNE GOUTTE : Faire 

téter une goutte, à quel- 
qu'un : le battre. 

Boire une goutte : se 
noyer. 

Au régiment quand un 
soldat est atteint de la nos- 
talgie, les camarades lui 
disent : 

— Tu voudrais bien aller 
téter une goutte. 

Téter une goutte, boire 
un verre sur le zinc (Argot 
du peuple). N. 

TÈTES DE CLOUS : Carac- 
tères usés, qui n'en peu- 
vent plus. 

— Il est rien dégueiUbif, 



286 



TIN 



TIR 



le canard que nous compo- 
sons avec des têtes de clous 
(Argot d'imprimerie). 

TIC HE : Bénéfices. 

Synonyme de guette. 

Prime que les directeurs 
de magasins de nouveautés 
donnent aux commis qui 
parviennent à vendre de la 
marchandise avariée ou des 
rossignols, 

Tiche. en ce cas, est de la 
même famille ({\\aff'ure 
(part de vol) (Argot des ca- 
licots) . 

TIERCE (La) : Association 
de faux monnayeurs ; comme 
ils sont généralement trois : 
le fahricateur, \ émetteur 
et un complice de réserve, 
de ce nombre, la tierce 
(Argot des voleurs), 

TIFFES : Les cheveux. 

Ti(fe est une corruption 
de tignasse (Argot des vo- 
leurs). A^- 

TIGNER D'ESBROUFFE : 

V. Riffe. 

TIMBRÉ : A moitié fou. 

Avoir reçu un coup de 
marteau (Argot du peuple). 
V. Mailloche. 

TINE : La foule. 

Réunion de souteneurs 
et de voleurs. 

Delvau dit dédaigneuse- 
ment que cette expression 



est due à « quelques Vau- 
gelas de la Roquette », que 
le vrai mot est ligne. 

Pas le moins du monde ; 
dans le peuple on dit : 

TigneAé, pour : le pren- 
dre par les cheveux. 

ligner est également 
synonyme de rechigner 
(Argot des voleurs). N. 

TIOLÉE (En avoir une) : Se 
dit dans le peuple d'une 
lamille qui a de no.nbreux 
enfants : 

Ils sont toute une tiolée. 

C'est une corruption du 
mot tôle qui veut dire mai- 
son. 

Il y en a plein la tôle 
(Argot du peuple). N- 

TIRANTES : Jarretières. A. 
D. 

Le mot est impropre ; 
c'est serrantes. 

En elïet, la jarretière 
serre la jambe ou la cuisse 
suivant la façon dont elle 
est placée. 

Il est vrai qu'elle tire 
le bas, mais c'est en le 
serrant (Argot des vo- 
leurs). 

TIRANTS : Bas. 

Tirants radoucis : bas 
de soie. 

Tirants de tremilet : 
bas de fd. 

Tirants de ftlsangue : 
bas de filoselle. 



TIR 



TOC 



287 



) 



Tirants à la maïKjnc : 
bas déchirés. 

Allusioi) aux inailles qui 
manquent (Argot des vo- 
leurs) . 

TIRE-JIS : Mouchoir. 

Le mot n'est pas ragoû- 
tant, mais il exprime bien 
le fait de tirer le fus des 
narines (Argot du peuple). 

TlHEiJHE : La tète. 

Allusion à la bouche ((ui 
représente exactement l'ou- 
verturc par laquelle on 
introduit les pièces de 
monnaies dans une tii'eiire. 

Tirelire veut aussi dire 
le contraire de la tète, mais 
celle-là ne contient que de 
la monnaie pour la compa- 
gnie Richer (Argot du peu- 
ple). N. 

TIHELIUE : Toutes les lilles 
publiques mettent l'argent 
que les miches leur don- 
nent pour leurs gants, 
dans leurs bas. 

Leurs bas sont des tire- 
iires{Xrgo[ des souteneurs) 
X. 

TIRE-MONDE (Madamei. Y. 
Guette au trou. 

TIRER LE DL4BLE PAR 
LA QUELE : 11 y en a (la 
moitié de Paris) qui passent 
leur temps à celle b sogne. 
sans être jamais avancés un 
irmr pln«; qn<^ r.-iijtrp. 



La misère ne les lâche 
pas. 

Ce pauvre diable, depuis 
le temps que l'on la lui 
tire , n'en devrait plus 
avoir (Argot du peuple). 

TIRER UN BOUCHON : 
Voleur qui t'ait dix ans du 
pi'ison (Argot des voleurs). 

TIRER LA LANGUE: Courir 

à en perdre haleine. 

Faire tirer la langue 
à un débiteur en lui pro- 
mettant de l'argent. 

Tirer la langue : avoir 
faim, attendre après quel- 
que chose qui ne vient ja- 
mais (Arçot du peuple). 
N. 

TOC : Bijoux de mauvais 
aloi. 

Personnage contrelait ; se 
(iit de tout ce qui n'est ni 
bien ni correct (Argot du 
peuple) 

TOCASSE : Méchant. 

On dit également tocas- 
serie pour méchanceté. 

Tocasserie est assuré- 
ment une corruption ^etra- 
casserie (Argot des vo- 
leurs). 

TOC AS SON : Fille qui de- 
puis des années est dans la 
circulation, qui veut conser- 
ver dos airs de jeunesse et 
se l'efuse k dételer %o\\ 
vieux fiacre. 



288 



TOM 



TOO 



— Crois-Ui que c'est pas 
dégoûtant, la mère Tocas- 
son qui ti'ime encore à 72 
herges (Argot des tilles). 

TOILETTE (La) : Avant le 
règne de M. Deibler, la 
toilette des condamnés à 
mort durait une grande de- 
mi-heure, une éternité ; 
aujourd'hui, le mot est 
resté, mais pour la forme 
seulement, car on ne la leur 
fait plus. 

Chaque semaine, les con- 
damnés sont rasés et ont 
les cheveux coupés : on leur 
épargne ainsi une torture 
inutile. 

Ileindrich, l'avant-der- 
nier bourreau, recomman- 
dait toujours à ses aides de 
se dépêcher pour ne pas 
laisser le condamné vieillir 
(Argot des voleurs). • 

TOLLARD : Bureau. A. D. 

C'est une grave erreur. 
Tollard, dans les prisons 
centrales, veut dire : bour- 
reau. 

Bureau, c'est hurlin- 
gue (Argot des voleurs). 
N. 

TOMBER MALADE: Être 
arrêté, alors qu'on se croyait 
en sûreté. 

Si l'arrestation a lieu à 
la rencontre, c'est-à-dire si 
on rencontre fortuitement 
l'agent qui vous recherchait, 



on dit : tomber le nez des- 
sus (\rgot du peuple). N . 

TOMBER A PIC : On va se 
mettre à table, vous tom- 
bez à pic. 

Mot à mot : Vous arri- 
vez bien. 

— J'étais dans la purée, 
ma tante vient de claquer 
Cl pic (Argot du peuple). 

TOMBER PILE : Tomber sur 
le cul. 

Les ouvriers typographes 
disent : 

— Il est tombé sur le côté 
de deux (Argot du peu- 
ple]. 

TOMBER SUR LE DOS ET 
SE FAIRE UNE BOSSE 
AU VENTRE : Cela pa- 
raît être un fait extraordi- 
naire ; pourtant rien n'est 
plus commun. 

C'est la secousse qui 
est cause de ce phénomène 
qui dure neuf mois (Argot 
du peuple). 

TOMBEUR : Homme fort. 

Lutteur qui tombe tous 
ses adversaires. 

Tomber une femme : la 
séduire, la faire céder. 

Dans les cercles, le crou- 
pier dit : cinq louis qui 
tombent (Argot du peuple). 

TOQUANTE : Montre de peu 
de valeur. 

Double sens : elle fait 



TOR 



TOR 



289 



iic-ioc et elle est en toc 
(Argot des voleurs). 

TOQUARD : A. Delvau et 
M. Loredan Larchey écri- 
vent tocard. 

Ces écrivains, pas plus 
que moi, n'ont inventé l'ex- 
pression ; j)our trouver la 
véritable orthographe, il 
était donc inutile de remon- 
ter à la source. 

Je trouve dans une vieille 
chanson ceci : 

Maiiit'nant tu i' toquardes 

I de la frime, 

Tes deux oranges tombent 

I dans tes bas. 

T'es des mois sans chan- 

I ger de lime, 

Va mènre des mois qu'tu 

I n'en a pas. 

C'est donc toquard qui 
est le vrai mot (Argot du 
peuple), 

TOKCHKR LE CUL DE 
MEKDE (Se) : Ce n'est 
pas le comble de la pro- 
preté, mais cette expres- 
sion caractéristique dit bien 
le peu de cas que l'on fait 
de quelqu'un et combien on 
le méprise (Argot du peu- 
ple). 

TORD BOYAUX : Mauvaise 
eau-de-vie. 

Elle corrode l'estomac 
et tord littéralement les 
J)oyaux des malheureux 
abrutis qui recherchent cet 
horrible breuvage (Argot du 
peuple). 



TORPILLE D'OCCASION : 

Eille publique. 

Ainsi nommée parce 
qu'elle lait sauter la bourse 
des pautes (Argot des sou- 
teneurs). 

TORTILLAxNÏE : Le cep de 

vigne qui pousse en espa- 
lier devant les maisons 
dans les campagnes. 

Allusion au bois qui se 
tortille de mille façons. 

Claude Tillicr a écrit dans 
un de ses pamphlets : 

— Nos pères étaient faits 
de ce bois noueux et tor- 
tillé dont on fait les forts 
(Argot du peuple). . 

TORTILLARD : Fil de fer 
(Argot des voleurs). 

TORTILLER : Manger. 

— Il te tortille un mor- 
ceaii de lartif en une bro- 
quille. 

Se tortiller pour ne pas 
vouloir dire la vérité : 
chercher des faux- 
fuyants. 

— As-tu vu comme elle 
tortille des fesses en mar- 
chant ? 

— Il n'y a ipi\s h tortiller 
du ciol, il faut que tu 
avoues. 

— Il ne faut pas tortiller, 
faut y passer (Argot du 
peuple). 

TORTU : Le vin. 

— Allons, raastroquet, 

17 



290 



TOU 



TOU 



sers-nous deux choleltes de 
tortu. 

Cholette : chopine, tor- 
tu : le vin, en souvenir du 
bois torti(> qui produit le 
raisin (Argot du peuple). 

TORTORER : Manger (Ar- 
got des souteneurs). 

TORTORENT : Gargote où 
l'on mange (Argot des sou 
teneurs), 

TOUILLER : Remuer. 

— Touille ton café pour 
faire fondre le sucre (Ar- 
got du peuple). N'. 

TOUPET (Avoir du) : Avoir 

un aplomb formidable. 
Se payer de toupet pour 

affronter quelqu'un. 

On dit dans le peuple : 
— 11 a plus de toupet 

que de cheveux (Argot du 

peuple). 

TOUR (LA) : La Conciergerie 
et le Palais de justice. 

Allusion à la tour de 
l'horloge. 

A ce propos, une légende 
populaire veut que cette 
horloge ait sonné l'heure du 
signal pour le massacre de 
la Sainl-Rarthélémy (Argot 
du peuple). 

TOUR POINTUE (La) : Pré- 
fecture de police (Argot 
des voyous). 

TOURBE (Être dans la). V. 
Purée. 



TOURBE : La lie du peuple. 
Populace, le plus bas qu'il 
soit possible de l'imaginer 
(Argot du peuple). 

TOURLADE : Les forçats, 
autrefois, quand le bagne 
était à 2'oîclon, appelaieni 
cette ville Tourlade. Chan- 
gement d.' finale (Argot d<'s 
voleurs). 

TOURNANTE : Clé. 

Elle fait en elfet tourner 
le pêne dans la serrure (Ar- 
got des voleurs). 

TOURNANTE: V. Anguille. 

TOURNE-YIS : V. Hiron- 
delle de potence. 

TOURNE-YIS: Chapeau ^ 
cornes que portent les gen- 
darmes. 

Ce terme s'est généra 
lise, il est employé pour 
tous les chapeaux quelles que 
soient leurs lormes (Argot 
du peuple). 

TOURNER DE L'OEIL : 

Mourir (Argot du peuple). 

TOURNIGUE : V. Blaire. 

TOURTOUSE : La corde. 

Tourtoiiser : lier. 

Tourtoiisier : le cordier 
(Argot des voleurs). 

TOURTOUSINE : La ficelle. 
Allusion à la torsion du 
chanvre par le cordier (Ar- 
got du peuple). 



TRA 



TRE 



291 



FRAC : Peur. 

Tracquer : avoir peiu'. 

— ■ J'ai un Irac à tout 
casser (Ai'u<>l 'lu jMMipIc). 
V. Taf. 

THAIN 11 (Le) : Les jambes. 

Ctlui qui ne peut pas se 
l)ayer do voilure, liacre ou 
omnibus, prend le train 
II. 

Quand on joue au lolo, 
celui qui ap[)elle les numé- 
ros, (piand il tire le nu- 
méro 11, crie : 

— 11, les deux jambes 
à ma tante (Argot du peu- 
ple). 

TRAÎNÉE : Fille publique qui 
traîne partout à la recher- 
che de clients. 

Traînée est un gros 
terme de mépris employé 
par le peuple vis-à-vis d'une 
lemme. 

Ti'aînée : synonyme de 
rouleuse (Argot du peu- 
pie). 

ÏRAINELSE : V. Rôdeuse. 

TRALNEUSE : Robe. 

Allusion à la traîne de 
la robe qui balaye les trot- 
toirs. 

On dit également : une 
balayeuse (Argot du peu- 
ple). 

TRA.\CIIE-LARD : Couteau. 
Allusion au couteau du 
charcutier. 



On dit aussi : un vmgt- 
deux (Argot du peuple). 

TRANCHE: Le visage. 

Tranche est aussi un 
terme d'amitié et de fami- 
liarité : 

— Tiens, comment vas- 
tu, ma vieille tranche ? 
(Argot du peuple). N'- 

TRAVAILLER DANS LE 
RATLMENT : Voler avec 
ellraction dans les maisons. 
L'expression est pitto- 
resque (Argot des voleurs). 

ÏRAVIOLES : Avoir des in- 
quiétudes. Z. L. 

Tramoles • aller de tra- 
vers, pochard (\\\\ festonne. 
Celui-là est loin d'avoir des 
inquiétudes, car il ne pense 
guère au lendemain. 

Lue jeune tille qui dé- 
raille et devient rosière de 
la Maternité, va de tra- 
violes, de travers dans la 
vie (Argot du peuple). N. 

TRÈFLE : Tabac (Argot du 
peuple). 

TRÉFOIN : Tabac. 

Ce mot est très vieux; il 
est employé par Eugène Sue 
dans les Mystères de Pa- 
ris. 

— Pas de tréfoin à 
mettre dans ma chi/furde. 
(Argot des voleurs). 

TREMBLOTTE : La fièvre. 
Allusion au trembleme7it 
qu'elle produit. 



292 



TRI 



TRI 



On dit d'un homme qui a 
peur de la moindre des cho- 
ses : il a la tremhlotte. 

C'est aussi un truc em- 
ployé par les mendiants 
pour exciter la charité pu- 
blique ; ils font semblant de 
tremhler. 

Mot à mot : de grelotter 
(Argot du peuple). N- 

TliÈPE : Ne veut pas dire la 
foule, comme le disent les 
dictionnaires d'argot ; ce 
mot veut dire clientèle, 
d'après LoysseL 

Faut pas blaguer, le trépe est 

f haih 

Dans ce taucUon, i s"ti'ouve des 

I rupins 

Si queuq's gonciers traînent la 

I savate 

J'en ai r'buurré qu'ont d'scar- 

I pins. 

(Argot des voleurs). 

TliESSER DES CHAUS- 
SONS DE LISIÈRES : 
Occupation des prisonniers 
dans les maisons centrales. 
— A tresser des chaus- 
sons de lisières pendant 
dix berges , j'ai a/f'uré 
quatre signes! (Argot des 
voleurs). 

TRICIIARD : Tricheur. 

Voler au jeu (Argot du 
peuple). 

TRICHER : V. Gêné. 

TRIEOUILLÉE : Remuer, 
chercher en bousculant tout. 
A. D 



Trifouillée, c'est trois 
fois fouiller, mais le peuple 
ne donne pas ce sens à cette 
expression. 

Trifouillée veut dire 
battre. 

— .Je vais te colbr une 
tri fouillée en cm({ sec (Ar- 
got du peuple). N. 

TRIMARD : Chemin. 

Grand trimard : grande 
route (Argot des voleurs). 

TRIMARDER : Voyager. 

Qimnd un apprenti a ap- 
pris son état, pour se for- 
mer, il fait son tour de 
France. 

Il trimarde, mais en 
travaillant. 

Mot à mot : parcourir 
les grandes routes. 

Ceux qui trimardent ne 
sont autre chose que des 
vagabonds ; ils ont une pro- 
fession, mais ne travaillent 
jamais. Cette profession 
leur sert pour mendier. 

Le truc est des plus sim- 
ples : 

Le trimardeur, suppo- 
sons le compositeur typo- 
graphe, entre dans un ate- 
lier avec la quasi-certitude 
({u'il ne sera pas embauché, 
c'est ce qu'il souhaite. 11 
demande wzf<?/^^; on lui ré- 
pond qu'il n'y a pas de 
place vacante, alors il lâche 
son boniment : 

— Il vient de loin, de 
Paris ; il a été malade en 



TRI 



TRI 



293 



chemin, il est dans la plus 
aflreuse misère, il sollicite 
la permission de l'aire la 
cpiète. Le patron donne, les 
compagnons donnent aussi ; 
il savent bien (pie c'est un 
fainéant, mais les typos ont 
bon cœur, ils préfèrent être 
volés dix fois que d'en re- 
fuser une à une misère vé- 
ritable. 

Avec ce métier, les tri- 
mardeiirs sont les gens les 
plus heureux du monde 
(Ai^got d'imprimerie). N. 

TRIMARDEUSE : Fille pu- 
blicpie qui fait le trottoir. 

L'asphalte n'est pas la 
grande route, on l'appelle 
néanmoins le triinard 
parce que la lille y trime 
(Argot des souteneurs). 

TRL>L\NCHER : Marcher. 
Même signification que 
trimarder (Argot (bi peu- 
ple). 

ÏRIMRALLEUR DE RE- 
FROIDIS : Le cocher qui . 
conduit les corbillards. 

— Ce qui m'emmerde, 
quand je serai refroidi^ 
c'est d'être trimballé par 
Voranibus à coni (Argot des 
voleurs). 

1T{IMER : Aller et venir inu- 
tilement, se morfondre. A. 
D. 

De trimer on a fait tri- 
raards raccrocher, c'est-à- 



dire travailler, c'est le vrai 
sens du mot. 

— Je trime d'un bout 
de l'année à l'autre pour 
élever mes gosses, et je 
n'en suis pas plus avancé. 

Trimer veut dire tra- 
vailler péniblement (Argot 
du peuple). iV. 

TRINQUER : Boire en cho- 
quant son verre. 

Trinquer : recevoir une 
volée (Argot du peuple). 

TRIPAILLE : Enfant (Argot 
des voleurs). V. Loiipiau. 
N. 

TRIPATROUILLAGE : Tripo- 
ter dans les poches de quel- 
qu'un. 

Tricoter dans une caisse 
ou un tiroir. 

— Vous n'allez pas bien- 
tôt finir de me tripatrouil- 
ler, vous allez me chif- 
fonner (Argot du peuple). 
N. 

TRIPES : Tétons déformés, 
élastiques comme un mor- 
ceau de caoutchouc. 

Allusion au morceau de 
tripe que les tripiers nom- 
ment le bonnet : c'est la 
panse (Argot du peuple). 

TRIPOTÉE : (En donner ou 
en recevoir une). 

— Il a reçu une rude 
tripotée. 

On dit aussi tripotée 
pour beaucoup. 



294 



TRO 



TRO 



— raiune tripotée d'en- 
fiints qui me font perdre la 
lète (Argot du peuple). 

TRIPOTEURS : Individu qui 
t7'ipote une femme. 

Boursier qui tripote, à 
la Bourse, des affaires mal- 
propres et louches. 

On dit AUSSI pairicoter 
(Argot du peuple) . N'. 

ÏRIQUE : Surveillance. 

Casser sa trique, rom- 
pre sa surveillance. 

Tripier (Être) : être 
condamné à la surveillance. 

Allusion ancienne, quand 
autrefois les condamnés 
étaient pendant cinq ou dix 
ans sous la trique des ar- 
gousins (Argot des voleurs). 

TROGNE : Le visage. 

Quand un individu a la 
trogne couperosée, dans le 
peuple, on lui lance cette 
plaisanterie : 

— ■ C'est ta femme qui 
boit, et c'est toi qui a le 
nez rouge. 

Avoir une trogne de vin 
de Bourgogne, c'est une 
trogne d'ivrogne (Argot 
du peuple). 

TROGNON : Expression de 
tendresse, comme mon pe- 
tit chat, mon petit lapin 
bleu. 

Qu'il est joli, qu'il est mignon, 
Qu'il est gentil mon p'tit tro- 
I gnon, 
(Argot du peuple). 



TROLLER : Porter. A. D. 

Troller veut dire mar- 
cher. 

— On te voit troller 
partout, tu ne travailles 
donc pas? 

n existe au faubourg An - 
toine des ouvriers ébénistes 
en chambre qui confection- 
nent des meubles pour leur 
compte. 

Ils troUent pour les 
*n'endre depuis la rue de la 
Muette jusqu'à la Bastille, 
généralement le samedi ; 
ce jour-là, le trottoir se 
nomme la trolle (Ai^ot des 
ébénistes). N- 

TROMBILLE : Bête, quelle' 
que soit sa race (Argot des 
voleurs). 

TROMBOLEER : Aimer au- 
trement que platonique- 
ment. 

— Je vais tromboller 
ma gonzesse (Argot des 
souteneurs). 

TROMPE-LA-MORT : Indi- 
vidu condamné par les mé- 
decins, qui n'en meurt pas 
plus vite pour cela. 

— Il trompe la mort 
qui le guette. 

On dit également : 

— Il a repris du poil de 
la bête. 

Cette expression ; trompe 
la mort, date de 18i8. 

Un ouvrier forgeron, ar- 
rêté sur une barricade, lors 



TRO 



TRO 



295 



de l'insurrection de Juin, 
fut conduit, avec un groupe 
(le coml)atlants, à la tom- 
bée de la nuit, au Champ 
de Mars, où se faisaient en 
masse les exécutions som- 
maires. On fusillait les mal- 
lieureux rang par rang. 

11 était au second rang; 
par une présence d'esprit 
incroyable, à ce moment 
suprême, il tomba en même 
temps que le premier rang; 
on n'y lit pas attention. 

Vers onze heures du soir, 
l'exécution terminée, des 
tond)ereaux vinrent enlever 
les cadavres pour les trans- 
porter au cimetière Mont- 
martre et les jeter dans la 
fosse commune. 

On ne les recouvrait j)as 
de terre, afin que les fa- 
milles puissent les recon- 
naître le lendemain. 

L'ouvrier avait eu la 
nialechance d'être jeté au 
fond du tombereau; il était 
inondé du sang qui coulait 
sur lui. 

Pendant le trajet, après 
des efforts inouïs, il parvint 
à se hisser au-dessus des 
cadavres; il sauta h bas 
de la lugubre voiture sans 
être aperçu, et alla se ca- 
cher chez un ami. 

Le calme revenu, il ren- 
tra à l'atelier. Stupéfaction 
générale. Les camarades, 
qui connaissaient l'aventure, 
lui crièrent : 



— Tiens ! voilà Trompe 
la mort. 

Il l'avait rudement trom- 
pée, car il ne mourut qu'en 
1888, à l'âge de quatre- 
vingts ans. 

Trompe la mort (Argot 
du peuple). 

TRONCHE : Tête (Argot des 
voltîurs). 

TRONCHE DE REFROIDI : 

Fromage de Hollande, connu 
plus généralement sous le 
nom de têle de mort (Ar- 
got des voleurs). 

TRONCHER : Le vocable 
s'explique suffisamment par 
ceci : 

— Ribi a tronche h môme, 
elle a avalé le pépin (Ar- 
got du peuple). 

TRONE (Être sur le) : Être 
assis sur la lunette des 
chiottes. 

Quand ça va bien, sûre- 
ment, on est plus heureux 
qu'un roi assis sur le trône 
(Argot du peuple). 

TROP CUIT : Femme ayant 
des cheveux rouges. 

— Elle a été trop long- 
temps enfournée, elle est 
trop cuite (Argot du peu- 
ple). N. 

TROP TOT VELE : Enfant 
venu avant terme. 

Allusion au veau mort- 
né. 



296 



TRO 



TRO 



Avorton chétif et ma- 
lingre (Argot du peuple). 

TROTTEUSE : Montre qui 
marque les minutes. 

Trottevse-. fille publique 
infatigable qui trotte du 
soir au malin pour raccro- 
cher (Argot des soute- 
neurs). 

TROTTIN : Apprenti modiste 
que l'on rencontre arpen- 
tant les rues de Paris, por- 
tant une petite boîte qui 
contient un chapeau. 

C'est le gavroche fe- 
melle des ateliers de mo- 
distes. 

Le mot n'est pas nou- 
veau. Scarron dit quelque 
part : 

Ensuite il appelle un 
I trottin. 

(Argot du peuple). 

TROTTINETTES : Bottines 
(Argot des voleurs). 

TROTTOIR : S'entend de 
deux façons. 

Faire le trottoir, rac- 
crocher. 

Il n'est pas nécessaire 
pour faire le trottoir d'être 
sur le trottoir. 

Le trottoir est partout 
où la femme lève l'homme. 

Pendant l'Exposition de 
1889, le trottoir de ces 
dames é(ait le pont de 
l'Aima. 

A ce sujet, on avait fait 
ce calem bourg : 



— Les putains préfèrent 
le pont pour voir le vélum 
(Ai^ot des filles). N. 

TROU DE BALLE : Le der- 
rière. 

On dit aussi : la lu- 
mière (Argot du peuple). 

TROUFFION: Petit trou- 
pier ( Argot du peuple) . N. 

TROUILLE : Domestique 
malpropre, femme du peu- 
ple rougeaude et avachie. 
A.D. 

Trouille ne se prend pas 
en ce sens ; cela veut diie : 
tu n'as pas j;(?%r. 

Trouille est synonyme 
de hardiesse. 

— Tu n'as pas la 
^rcz^«7/^ d'entreprendre une 
tâche aussi diflicile (Argot 
du peuple). N. 

TROUILLOTER DE LA HUR- 
LETTE : Puer de la bou- 
che (Argot du peuple). i\^" 

TROUVER MAUVAISE (La): 

Quand, par un verglas abo- 
minable, on se casse la fi- 
gure, elle est mauvaise. 

Quand votre femme vous 
pond un gosse tous les ans, 
elle est înauvaise . 

Quand on a acheté cent 
mille francs de Panama, 
elle est mauvaise. 

En un mot on trouve 
mauvais tout ce qui vous 
arrive de désagréable dans 
la vie (Argot du peuple). iST. 



TR[I 



TRU 



V97 



TIIOLVEUR OU PART A 
DEUX. V. Ramastiq^ieur . 

TROUVEURS-FAUX VEN- 
DEURS: Genre de vol pra- 
tiqué aux environs des ga- 
res de chemins de 1er. 

Il consiste à feindre de 
trouver une bague en cui- 
vre placée à l'avance par 
un complice dans un en- 
droit désigné, et à la vendre 
comme de Tor à un naïf 
qui débarque (Argot des vo- 
leurs). V. Ramastiqueurs . 
X. 

TUl G : Gonnaître le triic^ 
être malin. 

Avoir du t7'uc, avoir les 
moyens de réussir. 

Truc : machine de théâ- 
tre employée dans les fée- 
ries pour un changement de 
décors à vue. 

Trîic : moyen secret que 
possède un individu de faire 
quelque chose (Argot des 
camelots et des saltimban- 
ques). 

TRUGHE : Est une manière 
spéciale de voler. 

Le voleur qui la pratique 
est un truchehr (Argot des 
voleurs). 

TRUFFE : Nez, lorsqu'il est 
gros eu forme de groin. 

Allusion au cochon qui 
s'en sert pour cheicher des 
truffes. 

Ue peuple dit aussi : pi- 
ton (Argot du peuple). 



TRUFF'É : Grétin, niais, im- 
bécile. 

Synonyme d'andouille. 
On dit dans le peuple : 

— Il est ^rw//^/ de bêtise, 
il arrive de son patelin., il 
n'est pas dessalé (il n'est 
pas dégrossi). 

On dit également : 

— Il est truffe à' 2iV%eni. 
Truffé, pour : beaucoup 

(Argot du peuple). 

TRUFFE DE SAVETIER: 

Des marrons. 

Le marron remplace la 
truffé chez le savetier, 
comme la pomme de terre 
remplace Voraiige pour le 
Limousin (Arçot du peu- 
ple). 

TRUMEAU : Gomédie ou vau- 
deville Louis XV. A. D. 

Trumeau signifie vieille 
femme. 

On dit dans le peuple : 

— Sale trumeau, ta 
gueule est bonne à loutre 
dans les lieux pour faire 
chier les gens de peur 
(Argot du peuple). N . 

TRUQUAGE : Se dit d'un 
meuble, d'im tableau ou 
d'un objet d'art qui a subi 
un truquage pour lui don- 
ner l'apparence de la vé- 
tusté ou le style d'une épo- 
que. 

Il y a des truquages cé- 
lèbres qui ont trompé les 
plus grands amateurs. 

17. 



298 



TUB 



TUI 



Un des i)lus souvent mys- 
tifiés est M. de Rosthscliiïd. 

Tout le monde a présent 
à la mémoire le fameux 
bouclier acheté 100,000 fr., 
comme datant du XV° siè- 
cle, lequel avait été déni- 
ché à Rome chez un bro- 
canteur. 

Ce bouclier avait été fa- 
briqué de toutes pièces dans 
une cave de la rue Bourg- 
Labbô, et ne valait pas cent 
sous (Argot des artistes 
peintres). JV. 

TRUQUEUR: Le truqueur 
est un fdou qui va de vil- 
lage en village et de foire en 
foire, avec un petit jeu de 
hasard qu'il exploite habile- 
ment. 

Ce jeu est généralement 
un chandelier lait avec les 
débris d'un vieux chapeau ; 
il met un sou sur le chan- 
delier qui est placé dans 
une assiette. Il s'agit, au 
moyen d'une longue ba- 
guette d'osier, de fttire tom- 
ber le chandelier et que le 
sou reste dans l'assiette. 

Cela n'arrive jamais, à 
moins de connaître le truc. 

Il y a une masse de tru- 
queurs, surtout en cette 
fin-de-siècle oti tout est 
truc pour gagner sa vie. 
(Argot du peuple). ISf. 

TUBE : Chapeau haut de 
forme. 



On dit aussi : tuyau de 
'poêle (Argot du peuple). 

TUBE : Le gosier. 

Dans le peuple, on dit do 
celui qui a le ventre creux : 

— 11 n'a rien à se mettre 
dans le tube. 

Boire un bon coup, c'est 
se rincer le tuhe. 

— Il est quatre heures, 
je vais me coller un peu de 
fripe dans le tuhe. 

Mot à mot : je vais man- 
ger (Argot du peuple). 

TUER LE VER : Boire la 
goutte, le matin, ou un 
verre de vin blanc. 

Quand on suppose que le 
ver est solitaire (dur à tuer), 
les ouvriers boivent plu- 
sieurs tournées, alors ce 
n'est pas le ver qui est tué, 
mais bien le buveur. 

Les voleurs disent éga- 
lement qu'ils ont tué le ver 
lorsqu'ils ont des remords. 

Ils ne le tuent pas sou- 
vent (Argot du peuple et 
des voleursj. 

TUILE : Malheur qui arrive à 
quelqu'un. 

— J'ai perdu mon porte- 
monnaie, quelle tuile ! 

Quand il arrive inopiné- 
ment une douzaine de per- 
sonnes à diner, lorsqu'il n'y 
en a que pour deux, la mé- 
nagère dit : 

— Quelle tuile nous 



Tl R 



TUY 



299 



tombe sur la lète (Argot du 
peuple). 
Il NE : Pièce de 5 francs en 
;u'j,'ent (Argot du peuple). 
V. Brème de fonds. 

rUNE : Bicrlre, l'ancien 
refuj^e naturel des sujets du 
roi de Thunes. A. D. 

Ce n'est pas le mot Ume 
qui est vrai. 

C'est tunobe. 

[a\ prison de la Force, 
démolie en 1830, était ainsi 
appelée par les prisonniers. 

Dans les autres diction- 
naires d'ai^ot, on ne trouve 
que iuneço7iy expression 
qui ne veut rien dire (Argot 
(les voleurs). N. 

TlNEIl : Mendier. 

Tuneur : mendiant. 

Il est pourtant rare qu'on 
donne une tune à un men- 
diant. 

Tuner^ c'est l'apocope 
du mot importuner (Argot 
des voleurs). .Y. 

IIRBIN : Tout travail, quel 
qu'il soit. 

Turbiner , c'est dure- 
ment travailler. 

Aller aiL turbin, c'est 
aller à l'atelier. - 

Turbineiir : celui qui 
travaille. 

Turbineur : qui met en 
mouvement la turbine, de 
là, turbin, turbiner (Ar- 
got du peuple). 



TL'RNE : Poussier, taudis, 
logement malpropre et in- 
salubre, sans air ni lumière. 

— Si lu restes éternel- 
lement dans ta turne, lu ne 
Irouveras jamais rien à 
briffer. 

— Comment peux-tu res- 
ter dans une pareille turne ! 
(Argot du peuple). 

TU-TU : Petit paquet de 
mousseline cliargé de ca- 
cher ce que le maillot col- 
lant indique trop — pour le 
père la Pudeur — alias 
M. Bérenger-Calon. 
La vieille chanson dit : 



Son maillot en s'déchirant 

A laisse voir son... événement 

Ça d'vait la gêner su' Tmoment. 

Ça ne gêne pas la Môme 
Fromage ni Grille d'E- 
gout, moi non plus (Argot 
du peuple). 

TU T'EN FERAIS MOURIR : 

Réponse ironique à une 
question saugrenue. 

— Payes-tu à déjeuner ? 
prêtez -moi conl francs; 
avance-moi mon mois ; viens 
coucher avec moi ? 

— Tu t'en ferais mou- 
rir. 

Mot à mot : Tu ne vou- 
drais pas (Argot du peuple). 
N. 

TUYAU: Le gosier. 

Le tuyau est bouché, 



300 



TYP 



TYP 



pas mèche de boiUotter 
(Argot du peuple). 

TUYAUX : Renseignements 
confidentiels. 

Cette expression est en 
usage dans le monde qui 
fréquente les champs de 
courses. 

Un bookmaker qui a un 
cheval chargé de paris fait 
donner par un émissaire un 
faux tuyau sur une rosse ; 
les imbéciles s'empressent 
de prendre ce cheval, qui 
n'arrive jamais (Argot des 
bookmakers). N. 

TUYAU DE POÊLE : Chapeau 
haut de forme. 

Allusion juste, car il a la 
forme et la couleur d'un 
tuyau (Argot du peuple). 

TYPE : Individu quelconque. 
— J'ai un type qui me 
cramponne. 



Avoir un bon type, ù\oir 
un bon enfant qui se laisse 
faire (Argot des lilles). N. 

TYPOTE : Femme employée 
depuis peu d'années dans 
les ateliers de composition. 
C'est un compagnon au 
même titre que les ouvriers 
typographes ; néanmoins , 
quand les typotes sont nom- 
breuses, on se croirait plus 
volontiers dans une volière 
du Jardin d'Acclimatation 
que dans un atelier de com- 
position. 

Généralement, la typote 
est plus habile à soigner un 
pot-au-feu et à raccommo- 
der ses bas qu'à leDe?- la 
lettre. 

Enfin, il est dit qu'il faut 
que la femme lève quelque 
chose (Argot d'imprimerie). 
iV. 



URG 



URS 



301 



T'N DE PLUS : Homme qui a 
(les malheurs conjugaux. 

Encore \u\ de plus dans 
la grande confrérie. 

— Mon vieux, lu en fois 
tm de plus. 

— Il vaut mieux être 
cocic qu'aveugle; on peut 
voir ses confrères (Ai'got du 
peuple). 

l'RFE : Homme chic. 

— J'ai leoé un miche qui 
«^sl rien iirfe. 

Une chose îirfe est une 
belle chose, supérieure (Ar- 
got des tilles). N". 

URGE : Expression de con- 
vention entre les filles qui 
fréquentent les restaurants 
de nuit et certains bals pu- 



blics pour cote?' un homme. 
Un homme qui ne donne 
que trois urges est un 
miche de carton, celui qui 
donne six urges est pour 
le moins un prince russe 
(Argot des tilles). 

URLE : Parloir de prison. 
L.L. 

Ce n'est pas urle qui est 
en usage, c'est urloir. 

En efîet, les visiteurs sont 
forcés, à cause des grilles 
qui les séparent des déte- 
nus, de hurler pour se faire 
entendre et converser (Argot 
des voleurs). V. Parloir 
des singes. N. 

URSULE : Vieille fille qui a 
doublé le cap delà cinquan- 



302 



URS 



VT 



laine et a par conséquent 
coitFé deux fois Ste-Cathe- 
rine. 

Gomme sa patronne Ur- 
sule, martyr à Cologne, 
elle est martyr d'une vir- 
ginité rentrée et martyrise 
les autres par son caractère 
acariâtre (Argot du peuple). 
iV. 



UT : Quand les compagnons 
typographes portent 1 a 
santé d'un des leurs, ils 
disent : ui. 

Ut tibi prosit : que cela 
te profite (Argot d'impri- 
merie) . 



\\c 



\\c 



303 



\ AC i lE : Expression fréquem- 
iiioiU employée dans le 
j)onple ponr qualifier une 
tcmnie qui se livre au pre- 
mier veim. 

Dans le peuple, quand on 
a dit d'une femme : c'est 
une pache, il est impossible 
(le rien dire de plus. 

Quand un homme épouse 
une femme enceinte, on lui 
dit : 

— Tu prends la vache 
et le veau (Argot du peu- 
])le). 

\ ACHE : Homme mou, bon 
à rien. 

Vache, quand il dénonce 
ses camarades ou travaille 
au rabais. 

— Tu n'es qu'un cochon. 



tu passes ta vie à faire des 
vacheries (Argot du peu- 
ple). 

VACHE : Sergent de ville ou 
agent de la sûreté. 

Bans les prisons, malgré 
les règlements et la surveil- 
lance active pour les faire 
observer, les détenus écri- 
vent leurs pensées sur les 
murs. 

Les plus communes sont 
celles-ci : 

— Mort aux vaches. 

— Quand je serai désen- 
flaqtié, gare à la vache qui 
m'a fait chouette et qui 
m'a Aiit tirer un bouchon 
(Argot des voleurs). N. 

VACHE A LAIT : Homme 
riche, qui a le louis facile 



304 



VAC 



VAD 



et que les tapeurs trayent 
jusqu'à extinction. 

Vache à lait : gogo qui 
souscrit à toutes les émis- 
sions véreuses sans se 
lasser jamais , 

Pour le souteneur, la 
marmite est une bonne va- 
che à lait. 

Une affaire qui rend bien, 
qui rapporte beaucoup, sans 
risques et sans efïbrts, est 
une vache à lait. 

Allusion à la vache lai- 
tière qui est une fortune 
inépuisable (Argot du peu- 
ple). 

VACHER : Individu grossier 
en paroles ou en gestes. 

— Il est grossier comme 
du pain d'orge, on dirait 
qu'il a été élevé derrière le 
cul des vaches . 

Allusion aux vachers 
qui jurent toute la journée. 
(Argot du peuple). 

VACHERIES : Saletés, co- 
chonneries faites à quel- 
qu'un. 

Prendre la femme d'un 
camarade et surtout la lui 
rendre, c'est une vacherie. 
Emprunter les effets 
d'un ami, les coller chez 
ma tante et ensuite laver 
la reconnaissance, c'est lui 
faire une vacherie (Argot 
du peuple). N. 

VACHERIES : On nomme 
ainsi les brasseries où les 



consommateurs sont servis 
par des femmes. 

Le mot est juste, car 
elles sont de véritables va- 
ches, pas à lait, par exem- 
ple (Argot du peuple). N. 

VADE : Foule, rassemble- 
ment. 

Synonyme de trépe. 
Le camelot fait un vade 
pendant que des complices 
fabriquent les profondes 
des badauds (Argot des 
voleurs). 

VA CHERCHER UN DÉMÊ- 
LOIR : Se dit de quelqu'un 
qui parle d'une façon em- 
brouillée; on ne peut dé- 
mêler ce qu'il veut dire 
(Argot du peuple). 

VA T'ASSEOIR SUR LE 
BOUCHON : Quand un in- 
dividu vous rase, on lui dit 
d'aller s'asseoir; s'il in- 
siste, on l'envoie s'asseoir 
sur le houchon (Argot du 
peuple). 

VA-TE-LAVER (Un) : Souf- 
flet. 

On emploie aussi celle 
expression pour envoyer 
promener un gêneur (Argot 
(kl peuple). 

VADROUILLE : Celte ex- 
pression dans la marine si- 
gnifie : brosse à plancher. 
Elle s'applique aux filles 
qui traînent dans les ports 



VAL 



\\L 



305 



(le mer (Argot des soute- 
neurs). 

VADROUILLE : Faire une 

radrouille, en pousser 
une. 

Vadrouiller : se dé- 
ranger de ses habitudes, 
rôder dans des milieux aux- 
(juels on n'est pas habitué 
(Argot du peuple). 

\ AGUE (En pousser une) : 
Synonyme à'arracReiir de 
chiendent, aîler au hasard, 
vagueme7it, avec l'inten- 
tion de voler n'importe qui 
ou n'importe quoi (Argot 
des voleurs). 

\ AGUE : Les filles qui rac- 
crochent donnent un coup 
de vague, elles font leurs 
atlaires. 

Vaguer, promener au 
hasard, est une corruption 
du mot français vaquer 
(Ai"got des souteneurs). 

VAISSELLE DE POCHE : 

C'est une vaisselle que 
les ou\riers aiment bien à 
casser, surtout les jours de 
Sainte-Flemme (Argot du 
peuple). 

VALADE : La poche. 

— J'avais caré deux 
signes dans une valade de 
mon falzar, ma scie les a 
dénichés, je vais crapser 
de la pépie pendant tout le 
marqué {kv^oi(\e?> voleurs). 



VALANT : Pince à usage des 
cambrioleurs (Argot des 
voleurs). S .Monseigneur. 

N. 

VALSER : Battre quelqu'un. 

— Je vais te faire valser 
sans musique. 

Ce qui arrive souvent le 
samedi de i)aye, quand le 
mari rentre au logis plus 
qae'me'càé : il lait faire un 
tour de valse à sa ména- 
gère si elle ronchon7ie 
(Argot du peuple) . 

VALTREUSE : Valise. 

C'est un simple change- 
ment de finale (Argot du 
peuple). 

VALTREUSIER : Voleur de 
valise. 

Ce vol est pratiqué sur 
une grande échelle dans les 
salles d'attente des gares 
de chemins de fer. 

Il est des plus simples : 
Le valtreusier aune va- 
lise à la main qui paraît 
gonllée; pour compléter son 
apparence de voyageur, il 
porte une couverture de 
voyage. Il .se promène ayant 
l'air indifférent, mais en 
réalité il guigne un voya- 
geur assis à côté d'une va- 
lise respectable. Sans affec- 
tation, il s'assied à ses côtés 
et engage la conversation. 
Au moment de prendre un 
billet, le voyageur se dirige 
vers le guichet et laisse sa 



306 



VAN 



VEI 



valise à la garde de son 
compagnon ; aussitôt celiii- 
ci se lève, change de valise 
et s'en va tranquillement. 
Neuf fois sur dix, le volé ne 
s'aperçoit de la substi- 
tution qu'à son arrivée à 
destination : la valise ne 
contient en fait de linge que 
des cailloux (Argot des vo- 
leurs). 

VANNAGE : Tendre un piège, 
amorcer un individu par 
des promesses alléchantes 
pour le duper ])lus facile- 
ment. 

M. Loredan Larchey dit 
que c'est une comparaison 
de l'escroc au meunier qui 
lâche un peu d'eau de sa 
vanne pour faire tourner 
le moulin (Argot des vo- 
leurs). 

VANNE : Mot cher aux came- 
lots. 

Ils disent faire un vanne 
lorsqu'ils vendent un jour- 
nal qui annonce une fausse 
nouvelle à sensation (Argot 
des camelots). iV- 

VANNÉ : Avoir trop fait la 
noce et l'amour. 

Vanné: n'avoir plus rien 
dans le ventre, synonyme 
de vidé.' 

Vanné par excès de tra- 
vail (Argot, du peuple). N. 

VANTERNE : Lanterne. 
Vanterne sans loches. 
A. D. 



M. Lorédan Larchey, d'a- 
près IL Monnier, dit que le 
vanternier, au lieu d'en- 
trer par la lourde, préfère 
s'introduire par la fenêtre. 

Vanterne n'a jamais été 
une lanterne, pas plus ([ue 
vanterne n'est une fenêtre. 
V. Venter ne. 

VASEUX : Paysan. 

Il est vaseux parce qu'il 
vit dans la vase quand il 
pleut (Argot du peuple). ]S[. 

VEAU : Toute jeune fille qui 
n'a pas grand chemin à faire 
pour devenir vache. 

Il existe à ce sujet une 
vieille chanson qu'il serait 
impossible de citer en en- 
tier : 

Un jour, à la barrière, 

Un veau, 

Un veau, 
Tortillant du derrière. 

Fort beau, 

Fort beau. 
Je la ... . sur parole. 

Neuf jours plus tard, le 
camarade était au Midi (Ar- 
got du peuple). 

VEAU : Femme de barrière, 
rôdeuse de caserne (Argot 
des voyous). 

VEINARD : Homme qui a de 
la chance. 

Il a de la veine, tout lui 
réussi. 

Il a trouvé une bonne 
veine, tout lui réussira. 

Il existe un vieux pro- 
verbe à ce sujet : 



VEN 



VES 



307 



— Qui voit ses veines, 
voit ses j)^/«^5 (Argot du 
peuple). iY. 

Vi:i\ARnE : Fille qui a la 
main litMuruse et tombe sur 
(les miches qui se fendent 
i;«Miéreusement (Argot des 
tilles). 

\I:L0: Postillon. 

Vient de véloce, poste 
aux chevaux. 

Nos vélocipédistes mo- 
dernes qui portent une cra- 
vache et des éperons ])0ur 
ressembler à quel pi'un, 
ignorent certainement ce vo- 
cable ancien (Argot des vo- 
leurs). 

VKLOCIPÉDISTE : Im'x'cile 
à deux ro.ies (Argot du 
peuple). 

\ KNTERNE : [.a lenètre (Ar- 
got des voleurs). 

Vi:NTl':RNIER(Le):Ley^;i- 
ter)iier est une variété du 
cambrioleur^ avec celte 
diflerence toutefois qu'au 
lieu d'entrer par la lourde. 
il entre par la venterne. 

Le mnternier opère gé- 
néralement dans les cham- 
bres situées aux étages su- 
périeurs ; il grimpe sur les 
toits et entre dans les cham- 
bres par les fenêtres à ta- 
batières. 

Ces voleurs sont nom- 
breux (Argot des voleurs) . 



VENTOUSE : V. Venterne. 

VERONE : Pays ou ville. 

Vidocq dit : 

— • J'ai roulé de vergne 
en vergne pour apprendre 
à goupiner. 

A. Delvau dit : 

— Deux plombes cros- 
sent à la vergne (deux 
heures sonnent à la ville) 
(Argot des voleurs). 

VER-RON(.EUR : Un fiacre. 
Lorsqu'on le lait attendre 
longtemps à la porte d'une 
maison, l'heure s'écoule; au 
moment de le payer , il 
ronge le porte-monnaie (Ar- 
got du peuple). 

VERMINE : Avocat. 

Les voleurs ont raison, 
les avocats sont des ver- 
mines qui rongent encore 
plus que les huissiers (Ar- 
got des voleurs). 

VERTE (La) : L'absinthe. 

Quatre heures , c'est 
l'heure de la verte. 

Allusion de couleur (Ar- 
got du peuple). 

VERVER : Pleurer (Argot des 
voleurs). 

VESSE : Peur. 

Lâcher une vesse : péter 
sournoisement. 

Vesser : un pet mou (Ar- 
got du peuple). 

VESSIE : Femme avariée, 
grasse à lard. 



308 



VEU 



VIA 



Allusion aux vessies de 
graisse que l'on vend à la 
foire au jambon. 

Il existe une chanson à 
ce sujet, elle n'est pas des 
plus propres. 

La voici comme docu- 
ment : 

Catau, catau, catau, 

Vessie, pourriture et cha- 

I rogne, 

Catau, catau, catau. 

Vessie, pourriture et cha- 

I nieau. 

(Argot du peuple). 

VESTE: Remporter un et?^5^^. 
Avoir compté sur un 
succès et faire un four com- 
plet. 

Se dit d'une pièce mal 
accueillie au théâtre, d'une 
opération ratée, en un mot 
de tout insuccès (Argot du 
peuple). 

VESTIGES : Légumes que 
mangent les prisonniers. 

Dans le peuple, on dit 
d'un passif qui pratique 
depuis longtemps : 

— Tu perds tes légumes. 
Dans les prisons : 

— Tu perds tes vestiges. 
Cette explication suffit 
(Argot des voleurs). 

VEUVE (La) : La guillotine 
(Argot des voleurs). 

VEUVE POIGNET (En soirée 
chez la) : V. Bataille des 
Jésuites. 

VI : Voici ce que dit MathU' 
rin Régnier : 



Le violet tant estimé 
Entre vos couleurs singu- 
I lières. 
Vous ne l'avez jamais aimé 
Que pour les deux lettres 
I premières. 

A la prison de St-Lazare. 
une fille atteinte d'une ma- 
ladie épouvantable, était in- 
carcérée à l'Infirmerie. La 
sœur l'exhortait à changer 
de vie ; elle lui citait des 
exemples de conversions ab- 
solument édifiantes. La ma- 
lude, impatientée, lui répon- 
dit : 

— Ma sœur, il est trop 
lard pour changer de vie, 
il fallait me dire cela quinze 
jours plutôt; je ne serais 
pas ici (Argot du peuple). 

VIANDE : Chair. 

A.- Delvau trouve que 
cette expression est frois- 
sante pour l'orgueil hu- 
main. 

Pourquoi donc ? 

Est-ce que la chair hu- 
maine n'est pas de la viande 
au même titre que celle de 
n'importe quel animal? 

Quand une femme a une 
belle carnation, rose, fraî- 
che, c'est un hommage que 
lui rend le langage populaire 
en disant : 

— Ah ! la belle viande, 
on en mangerait. 

C'est assez rare en cette 
fin-de-siècle, pour que ce 
mot soit accepté comme 
une louange et non coniUK^ 



vie 



VI D 



309 



une grossièreté (Ai^got du 
[)eui)le). 

\l\ll»EU : Oublier tVéquom- 
nieiit le clieuiin de l'atelier 
|M)ur viauper eliez les nuir- 
clinnds de vins. 

— Que iiiit la lille ? 

— Ali ! ne m'en jmrle 
|)as ; elle viaiipe avec 
Pierre et Paul. 

Mot à mot : ciawper faire 
la vie. 

Faire la vie à quehiu'un, 
c'est lui faire une scène 
désagréable. 

[.ui rendre la vie dure, 
c'est le tourmenter, lui re- 
tuser à manger, être cruel 
(Argot du peuple). 

VIDANGE : Accouclieujent. 

— Ma femme est en vi- 
dange . 

Mot à mot : elle se vide. 

Elle est en vidange, car 
il faut qu'il se passe quel- 
({ues semaines avant de 
la remplir à nouveau (Argot 
du peuple). }( , 

VICE (En avoir) : Roué qui 
la coimaîl dans les coins. 

— On ne me la fera pas, 
j'ai trop de vice. 

Gela est la cause d'un 
mauvais calembourg par à 
peu près : 

— Les serruriers sont 
les ouvriers les plus malins 
du monde, parce qu'ils ne 
manquent jamais de vis 
(Argot du peuple). 



YICELOT : Gavroche qui a 
tous les vices en germe ; il 
est trop jeune pour qu'ils 
soient déveloj)pés. 

Dans les ateliers, on dit 
du gosse : 

— Il est si vicelot qu'il 
en remontrerait à père et 
mère (Ai^ot du peuple). 

VICTOIRE : Chemise. 

Ce mot n'est pas em- 
ployé, comme le dit A. 
Del va u, pour consacrer le 
souvenir d'une marchande 
qui fournissait les chiffon- 
niers. 

— Victoire! J'ai enlin 
j)u gagner de quoi m'acheler 
uni' limace pour balancer 
celle que je porte depuis 
six niois (Ai-got des chif- 
fonniers), 

VIDER SA POCHE A FIEL : 

Soulager son cœur, dire 
tout ce que l'on pense sans 
ménager ses expressions 
(Argot du peuple). N. 

VIDER SON PANIER A 
CROTTES : Satisfaire un 
besoin. Il est aussi agréa- 
ble de Tider son panier que 
de l'emplir (Argot du peu- 
pie). 

VIDER SON PETIT POR- 
TEUR D'EAU : Expression 
employée dans les couvents 
par les jeunes filles, pour 
dire qu'elles ont un petit 
besoin à satisfaire (Argot du 
peuple). iV. 



310 



VIE 



VIL 



VIDER UN HOMME : 11 y a 

plusieurs manières de le vi- 
der. 

On lui vide son porte- . 
monnaie , 

On le vide en le surme- 
nant. 

Une maîtresse amoureuse 
le vide, et quand il rentre 
au ' domicile conjugal, sa 
femme peut le Ibuiller ... et 
elle aussi (Argot du peuple). 
N. 

VIDOURSER : Terme em- 
ployé dans les ateliers pour 
qualifier un peintre qui ne 
se préoccupe, en peignant 
son tableau, ni du ton ni de 
la perspective. 

Il le vidourse, il le lime 
il le lèche: 

Allusion à la fameuse ex- 
pression : 

Il est poli comme un vi 
d'ours. 

De là : vidourser (Argot 
des artistes). ISf. 

VIE DE PATACHON : Mettre 
les petits plats dans les 
grands. 

Mener la vie à grandes 
guides. 

Faire une vie de hâtons 
de chaises. 

Mot à mot : faire ufie vie 
de chien, comme si la vie 
n'avait pas de lendemain 
(Argot du peuple). N. 

VIE DE POLICHINELLE 

(Faire une) : Avoir une con- 



duite déréglée, se saouler, 
courir la gueuse, se battre; 
en un mot, mener une vie 
désordonnée. 

On sait que le polichi- 
nelle du guignol lyonnais 
est le type parfait du ham- 
hocheur (Argot du [teu- 
ple). .V. 

VIEILLE PEAU : Expression 
méprisante employée dans 
le peuple, même vis-à-vis 
d'une personne jeune. 

On dit d'un vieillard qui 
se donne des allures juvé- 
niles : 

— C'est un jeune homme 
dans une vieille peau . 

Vieille peau signifie 
aussi : vieille putain (Ar- 
got du peuple). 

VIGNES (Être dans les m- 
gnes du Seigneur) : Être 
pocliard. 

Dans le peuple, on dit 
d'un homme qui est tou- 
jours entre deux vijis : 

— 11 ne peut plus boire ; 
il est saoul avec un pet de 
vigneron. 

L'expression : être dans 
les vignes., est très vieille 
et usitée en Bourgogne (Ar- 
got du peuple). 

VILAIN MERLE : Homme 
laid. 

— Tu vas te marier avec 
ce vilain merle-la\ tu 
])ourras chanter au roi des 



VIO 



VIR 



au 



oiseaux : lu auras uu beau 
merle au cuL 

Vilain merle : niéclianl 
homme, bilieux, fielletix, 
qui veut du mal k tout le 
moiule (Argot du peuple). 

VINASSE : Mauvais vin la- 
> briqué avec du bois de 
campèche. 

Se dit couuniUKMuent 

quand le marchand de vin a 

eu la main trop lourde pour 

- mouiller le vin (Argot du 

^ peuple). 

VINGT-DEUX : Couteau. 

Jouer la cingt-deux, 
donner des coups de cou- 
teau. 

Vingt-deux : les deux 
cocottes. 

Vingt-deux : quand le 
compagnon placé le plus 
près de la porte voit entrer 
le proie dans l'atelier de 
composition, il crie : 

— Vingt-deux! 
Synonyme d'attention. 
Quand c'est le patron, il 

crie : 

— Q,uarante-quatre ! 
En raison de l'importance 

du si?ige, le chillre est 
doublé (Argot d'imprime- 
rie). N, 

VIOCH : Vieillard. 

Vieux galanlin qui se 
croit toujours jeune, qui se 
maquille comme une vieille 
roue de carrosse pour faire 
croire que le bon Dieu l'a 



oublié et qu'il n'a pas neigé 
sur sa chevelure... quand 
il a des cheveux (Ai-got des 
lilles). N'. 

VIOCIIARD : Fauteuil. 

Allusion au fauieîdl dans 
lequel s'accroupissent les 
vieillards devant un bon 
leu, en attendant que la 
carlitie vienne frapper à la 
l)orte (Argot des voleurs). 
iV. 

VIOLON : Cellule du poste 
de police. 

Vieux jeu de mots qui 
date du temps où c'était 
Varcher qui vous condui- 
sait au violon (Argot du 
peuple). 

VIOLON (Le sentir) : Un in- 
dividu sans le sou, sans do- 
micile, vagabond, sent le 
violon (Argot du peuple). 

VIRGULE : Déranger explique 
ce mot : 

Ah ! prions Dieu pour ceux qui 
I n'en ont guère. 

Ah ! prions Dieu pour ceux qui 
j I n'en ont pas. 

Virgule : allusion à la 
forme; ce n'est ni guère, 
m pas, c'est un peu, comme 
on dit dans le peuple : 

— Pas de quoi faire dé- 
jeuner le chat. 

(Argot du peuple). iV. 

VIRGULE : Dans presque 
tous les lieux d'aisances 



312 



VIS 



VIT 



des maisons populeuses et 
des ateliers, il y a au mur 
des virgules qui sont au- 
tant de signatures des co- 
chons qui y passent. 

Ce qui a inspiré à un 
rimeur d'occasion : 

Vous qui venez ici soulager vos 

I entrailles, 

Léchez plutôt vos doigts que 

I de salir les murailles. 

(Argot du peuple). lY. 

VIS : Serrer la vis à quel- 
qu'un, c'est l'étrangler. 

Opération qui n'a rien 
d'agréable à subir au point 
de vue physique. 

Au point de vue moral 
non plus, car serrer la vis 
à un individu, c'est l'étran- 
gler au point de vue de 
l'existence. 

Être dur, injuste, ne rien 
jamais trouver de bien de 
ce que fait un individu, 
c'est lui serrer la vis (Argot 
du peuple). 

VISAGE SANS NEZ: Le der- 
rière. 

C'est un visage qui n'est 
pas désagréable à voir, sur- 
tout lorsqu'il est blanc, 
jeune, dodu et ferme. 

Voiture était de cet avis : 

.... Ce visage gracieux 
Qui peut faire pâlir le nôtre, 
Contre moi n'ayant point d'ap- 
I pas, 
Vous m'en avez fait voir un 
I autre 
Duquel je ne nie gardois pas. 

Ce visage a l'avantage 



sur l'autre de ne pas faire 
de grimaces (Argot du peu- 
ple). 

VISAGE DE BOIS : Se cas- 
ser le nez contre une porte 
ferinée. 

Éprouver une déception 
à laquelle on ne s'attendait 
pas. 

Aller dîner en ville et ne 
trouver personne : visage 
de bois. 

On dit également : rester 
en figure (Argot du peuple). 

VISCOPE : Casquette à lon- 
gue visière, comme en por- 
tent les gens faibles de la 
vue. 

Un képi de troupier se 
nomme également une vis- 
cope. 

On dit aussi un abat-jour 
(Argot du peuple). 

VISE AU TRÈFLE : Infir- 
mier. 

L'allusion est amusante 
(Argot du peuple). 

VITELOTTE : Nez. 

Quand un individu a bu 
beaucoup dans sa vie, son 
nez devient rouge et tuber- 
culeux. 

Allusion à la pomme de 
terre que l'on nomme vite- 
lotte, ou plutôt que l'on 
nommait, car elle a disparu 
entièrement, au grand déses- 
poir des amateurs de gibe- 
lotte. 



VIT 



VOl 



313 



Klle était la sauce du lapin 
(Argot du peuple). N- 

VITIIKS : Les yeux. 

Vitre : le lorgnon ; ■\l 
aide à voir (Art;ot du peu- 
ple). 

VniUKUS : Les chasseurs de 
Vincennes. — Ils portèrent 
d'abord des sacs en cuir 
verni reluisant au soleil 
comme la pièce de verre 
(pie les citriers portent sur 
leur dos. L. L. 

Ce n'est pas cette cause 
(pii a donné à ces soldats le 
nom de vUriers. 

En 1848, aux journées 
de Juin, les gardes mobiles 
et les chasseurs de Vin- 
cennes furent lancés aux 
endroits les plus périlleux 
dans les faubourgs, notam- 
mml faubourg dn Temple, 
Ils prirent toutes les barri- 
cades avec un entrain extra- 
ordinaire, mais sans cruauté 
inutile, la plupart de ces 
soldats étant des enfants de 
Paris. 

Au lieu de tirer sur les 
insurgés, ils s'amusèrent à 
casser les carreaux sur tout 
leur passage. 

Depuis le boulevard du 
Temple jusqu'à la Courlillé, 
il ne resta pas une seule 
vitre aux fenêtres. 

On lit une chanson à ce 
sujet: elle est restée très 
populaire : 



Encore un carreau il' cassé, 
V'iâ l'vitrier qui passe. 
Encore un carreau d' cassé, 
V'ià vitrier passé. 

(Argot du peuple). N. 

VOILA LE MARCHAND DE 
SABLE : Dans ie peuple, 
quand un enlant s'endort à 
table, on dit : 

— Voilà le marchand de 
sable qui passe (Ai-tçot du 
peuple). 

VOIK LA LLWE: Quand une 

femme a vu cet astre, sa 

ileur d'oranger n'existe plus. 

On dit, et c'est plus 

juste : 

— Elle a vu la comète. 
Inutile d'insister (Argot 

du peuple. 

VOIR LES PISSENLITS 
POUSSER PAR LA RA- 
CINE : Être sous terre. 

Dans le peuple, on dit 
également : 

Aller dans le royaume 
des taupes (Argot du peu- 
ple). 

VOIR LA EEUILLE A L'EN- 
VERS : Pour la voir, il ne 
faut certes pas être sur le 
ventre. 

Il existe plusieurs chan- 
sons qui célèbrent les joies 
de voir la feuille à l'en- 
vers : 

Sitôt, par un doux badinage, 

Il la jeta sur le gazon. 

— Ne fais pas, dit-il, la sauvage, 

18 



314 



VOL 



VOU 



Jouis de la belle saison. 
-Pour toi, le tendre amour mVn- 

... I 8^Se, 

Et pour toi je porte ses fers. 

Ne faut-il pas, clans le jeune âge. 

Voir un peu la feuille àl'enoem i 

(ftestif de la Bretonne, 

Les Jolies C rieuses.) 

Un autre auteur a écrit 
sur le même sujet : 

Oh ! la drôle de chanson 

Que chantaient Biaise et Toinon. 

(Argot du peuple). 

VOIR SOPHIE : Cette très 
désagréable Sojihie ne rend 
visite aux femmes qu'à cha- 
que lin de mois. 

Elle vient sans être an- 
noncée (Argot des filles). 

VOLANT : Manteau. 

Allusion à ce qu'il oole à 
tous les vents (Argot des 
voleurs). 

VOLE : Trompé dans ses es- 
pérances . 

— Je comptais toucher 
un grosse somme, rien, je 
suis volé. 

— Je rencontre une 
femme qui me paraissait 
dpdue, avoir de l'œil, de la 
dent, des seins et des mol- 
lets. Quand le soir, pour 
nous coucher elle se désha- 
bille, elle met un œil de 
verre et son râtelier sur la 
table de nuit, elle relire sa 
réchauffante', des tétons en 
caoutchouc garnissaient son 
corset, elle portait dix gi- 



lets de flanelle et six paires 
de bas. 

Ce n'était plus qu'une 
planche, j'étais volé (Argot 
du peuple). N. 

VOLÉE (En recevoir ou en 
donner une) : Battre ou 
être battu. 

Recevoir une volée de 
bois verts : être fortement 
grondé. 

Être éreinté par un ar- 
ticle de journal (Argot du 
peuple) . 

VOLEUR AU CROQUAM : 

Voleur qui dévalise les pay- 
sans. 

Ce sont les grincMs- 
seurs de camhroiisse. (Ar- 
got des voleurs) . 

VOLIGE : Femme d'une 
maigreur telle qu'il est im- 
possible de la toucher sans 
se couper. 

Allusion h la planche 
nommée volige qui est la 
plus mince connue en me- 
nuiserie (Argot du peuple). 

VOUS N'AVEZ RIEN ? Dans 
le peuple on nomme ainsi 
les employés d'octroi qui 
inspectent les passants aux 
barrières, parce que leur 
phrase consacrée est celle- 
ci : 

— Yous n'avez rien à 
déclarer ? 

— Si, leur répond quel- 
quefois un passant facétieux, 



VOY 



VRI 



3i: 



jo déclare que j'ai bien dé- 
jeuné (Argol du peuple). 

VOUSAILLE : Vous (Argot 
des voleurs). 

VOYAGE (Le) : Les saltim- 
banques qui l'ont le tour de 
France dans leur roulotte 
voyagent conslamnient. 

On dit de ceux qui con- 
naissent parfaitenjent leur 
topographie : 

— Ils se connaissent en 
voyage. (Argot des saltim- 
banques). 

VOYAGEUR : X'engayeur 
(jui hat comtois, qui lait le 
eonij)ère à la porte des ba- 
ra(|ues de lutteurs se nomme 
le voyageur (Argot des 
saltimbanques). 

\()YAGEUKS : Pou, puce, pu- 
naise ou morpion. 

Ces insectes désagréables 
voyagent sur le corps du 
jtauvre bougre qui en est 
allligé (Argot du peuple). 

VOYEURS : 11 existe des 
voyeurs poiu* hommes et 
pour femmes. 

Ce sont des trous imper- 
ceptibles pratiqués dans 
une tapisserie, qui per- 
mettent aux spectateurs de 
voir sans être vus. 

Il y a des maisons de 
rendez-vous célèbres, où 
les blasés payent cinq louis 
pour repaître leurs yeux 
d'un spectacle ignoble, où 
i<.ni.K: |,.^ lubricités lesplus 



ordurières s'étalent (Argot 
des lilles). JSf. 

VOYOU : Le voyou n'est pas 
à comparer à l'ancien titi, 
au gamin, au gavroche. 

C'est une petite crapule 
qui a en lui les germes de 
toutes les passions, de tous 
les vices et de tous les 
crimes imaginables. 

Le gamin de Paris est 
gouailleur, spirituel, cou- 
rageux, susccplible de dé- 
vouement, il est flâneur, 
c'est vrai, mais sa llànerie 
est innocente. 

Le voyou a un langage 
à part ; comme le moineau 
franc, il a les instincts pil- 
lards, il est sans cœur, 
n'aime rien et convoite tout 
(Argot du peuple). 

VOYOUTE : La femelle du 
voyou\ seulement, en plus, 
elle est putain à l'âge où 
l'on va encore à l'école. 

A douze ans, la voyoute 
est déjà une petite mar- 
mite qui gagne an pog7i07i 
à son voyou-soutejieur 
(Argot du peuple). 

VRILLE : Femme 
femme. 

Pourquoi vrille ? 

Elle ne perce rien (Argot 
des souteneurs). 

VRILLEURS : hesvrilleurs 
sont des voleurs de nuit 
qui dévalisent les boutiques 
des bijoutiers . 



pour 



316 



VRI 



VRI 



Ce vol nécessite une 
audace extraordinaire. 

Avec V avant-courrier 
(mèche), ils percent la de- 
vanture en tôle de plu- 
sieurs trous en carré ; avec 
une scie fine introduite 
dans l'un des trous, ils 
scient la tôle et pratiquent 
une ouverture assez large 
pour y passer le bras. 

A l'aide d'un diamant, 
ils coupent la glace en 
carré également, ])0ur que 



les débris ne fassent pas 
de bruit en tombant; préa- 
lablement, ils appliquent 
sur la partie coupée un 
fort tampon de mastic, 
après quoi, à l'aide d'une 
tringle d'acier, ils attirent 
à eux tous les bijoux qu'ils 
peuvent. 

Ils en est qui raflenl 
tout un étalage en quelques 
minutes (Argot des vff- 
leurs). N. 



AYA 



AVA 



317 



w 



WAGON : Chez certains mar- 
chands de vin, il y a des 
buveurs attitrés qui ont des 
verres qui contiennent une 
chopine et même un litre de 
vin. 

Celui qui ne l'avale pas 
d'un coup — pas le verre, 
le vin — perd la tournée. 

On nomme également ce 
verre un omnibus (Argot 
du peuple). N. 

\\'AGON : Vieille femme, usée, 
avachie. 

Vieille raccrocheuse de 
bas étage. 

Waijon de troisième 
classe, parce qu'il n'y en a 
pas de quatrième. 



On dit aussi vieux com- 
parliiïient (il y a dix pla- 
ces). 

On peut entrer chez elle 
avec une voiture à bras 
(Argol du peuple) . 

WATERLOO : Quand une af- 
faire ne réussit pas, qu'elle 
rate en un mot, celui qui 
l'a entreprise ou conçue 
éprouve une défaite. 

Allusion à la fameuse ba- 
taille du 18 juin 1815. 

Il en est qui se consolent 
facilement et s'écrient 
. comme Cambronne , 

— Merde ! (Argot du 
peuple) . 



18. 



318 



X : Inconnu, secret ; sert h X : Ce mystérieux X a fait 



désigner un polytechnicien, 
ou une personne qui a des 
dispositions pour les mathé- 
matiques : 

Sur l'affreux chevalet des a? et 
l des y 
a dit Victor Hugo (Argot 
des gens de lettres). 



parler de lui pendant six 
mois à propos de l'affaire 
du Panama. 

X, l'inconnu, c'est tout 
le monde et ce n'est per- 
sonne (Argot du peuple). 



YTO 



YOU 



319 



Y ALLER DE SON VOYAGE : 

Quand quelqu'un vous ra- 
conte une histoire à dormir 
debout et que Ton Técoute 
attentivement, on y va de 
son voyage. 

Y aller de son voyage 
est pris, dans le peuple, 
dans un sens tout dillêrend : 

— ... Ma femme y va en- 
core de son voyage (Argot 
du peuple). N. 

V TOMBERA DU BOUDIN 
r.RILLÉ. 

Vieille formule qui veut 
dire c'est impossible. 

Elle est due à Achille, un 
acteur du petit Lazzari. 

Un acteur du tiiéàtre des 
Folies-Dramatiques se van- 
lait d'avoir un talent énor- 
me. 



— Quand il dégottera 
Frederick Lemaître , dit 
Achille , y tombera du 
boudin grillé. 

C'est-à-dire jamais (Ar- 
got du peuple). iV^. 

YEUX SUR LE PLAT : 

Quand un individu fait des 
yeux blancs, que la pru- 
nelle remonte dans l'orbite, 
on dit : il fait des yeux sur 
le plat. 

C'est un jeu de mots fort 
juste (Argot du peuple). 

YOUPIN : Juif. 

Celte expression depuis 
peu remplace dans le peu* 
pie celle de youtre. 

C'est le superlatif du 
mépris : 



320 



YOU 



YOU 



— Tu n'es qu'un sale 
youpin (Argot du peuple). 

YOUTRE : Juif. 

Dans le peuple on ne dit 
pas y outre, mais youte. 

Vient du mot allemand 
jude (Argot du peuple). F. 
Baptisé au sécateur. N. 

YOUTRERIE (La): La Syna- 



gogue quand tous les juifs 
y sont réunis. 

Youtrerie est synonyme 
de ladrerie, d'avarice, d'a- 
preté. 

Ce mot peint bien les 
estimables rogneurs de piè- 
ces de six liards (Argot du 
peuple) . 



ZKZ 



ZIG 



3-21 



/ PIIIR : Quand un troupier 
iiKJiscipliné t^st envoyé on 
AIrique, aux compagnies de 
discipline, pour casser des 
cailloux sur les routes, il 
devient, de par son incor- 
poration, un zéphir. 

Quand il fait un vent 
doux, on dit : 

— Quel doux zéphir. 

Quand un malpropre lâche 
une tubéreuse, c'est un 
sale zéphir pour celui qui 
est sous le vent (Argot du 
peuple). 

ZEZETTE : Une petite ab- 
sinlhe. 

Dans les cantines de la- 
voir, les blanchisseuses qui 
ne crachent pas dessus s'of- 
IVent à quatre heur.'s une 



petite zezeite de trois sous 
(Argot des blanchisseuses) . 

.¥. 

ZIP : Marchandises imagi- 
naires (pi'un commerçant 
fait figurer sur son cata- 
logue pour avoir Tair d'être 
bien assorti (Argot des 
bourgeois). 

ZIG ou ZIGUE: Un homme 
est un bon ou un mauvais 
camarade. 

C'est un bon zig ou un 
mauvais zig. (Argot du 
peuple), 

ZIG A LA REBIFFE : Voleur 
hon enfant qui revient au 
liout de quelques jours k 
la prison. 



322 



ZIN 



ZUT 



Il rehiffe, il récidive (Ar- 
got des voleurs), 

ZL\G : Argent monnayé. 

— J'ai du zinc dans ma 
profonde, nous pouvons 
aller de l'avant (Argot du 
peuple). 

ZINC : Le comptoir du mas- 
troquet. 

Allusion au plomb qui 
couvre le comptoir. 

Boire sur le zinc, c'est 
boire debout. 

— Viens-tu licher un 
glacis sur le zinc, j'ai dix 
ronds d'affure (Argot du 
peuple). 

ZINC (Avoir du) : On ne dit 
plus chic, à ce qu'il pa- 
raît. C'est rococo. C'est 
bourgeois. Et quand une 
femme a du genre et de l'é- 
légance, on dit qu'elle a du 
zinc. A. D. 

Avoir du zinc ne vient 
pas du tout de là. 

Les fonctionnaires, offi- 
ciers de paix, commissaires 
de police et prétêts portent 
des habits brodés d'argent ; 
les préfets surtout en ont 
sur toutes les coutures ; les 
jours de cérémonie, ils sor- 
tent leur zinc. 

— As-tu vu le dabe des 
renifteurs, mince de zinc 



sur le rable (Argot du peu- 
ple). N. 

ZINC DES RATICHONS : 

L'autel du prêtre. 

En effet, pour célébrer la 
messe, il boit un coup de 
pive (Argot des voleurs). 

ZIOTER : Regarder. 

— Qu'a-t-il donc, le 
mec ? Il ne fait que me zio- 
ter (Argot du peuple). N. 

ZOZOTÏE : Argent. 

— Pas moyen de trim- 
baller ma bidoche, j'ai pas 
de zozotte. 

Zozotte a aussi une aulre 
signification dans le même 
argot : 

— As-tu bien passé la 
première nuit de tes noces ? 

— Mon cochon était tel- 
lement poivre qu'il apion- 
ce comme une marmotte 
toute la nuit. 

— Alors, pas de zozotte'? 
(Argot des blanchisseuses). 
N. 

ZUT : C'est fini, je prends 
congé. J'en ai assez. 

Que mes lecteurs ne pren- 
nent pas ce mot dans un 
mauvais sens. Je voudrais 
qn'ils le traduisent de celte 
manière : 

— Au revoir! 



Acn 



AFF 



323 



PETIT SUPPLEMENT 



Au fur et à mesure de la composition du diction- 
naire, de nouvelles expressions m'ont été adressées 
par d'aimables correspondants, il a été impossible 
de les placer à leur lettre respective ; pour être aussi 
complet que possible , on les trouvera par lettre 
alphabétique dans ce Petit Supplément, où le lec- 
teur pourra facilement se reconnaître. 



ACOEURER : Y aller de bon 
cœur. 

Assommer un individu, 
l'accommoder à la sauce 
pavé, le frapper avec en- 
Iraiu (Argot des voleurs). 
AGHETOIRES : Monnaie. 

Cette expression est très 
usitée dans le peuple. 

Le père ne travaille pas, 
tout est au most-de-piété, 
pas de feu dans le poêle, 
l'enfant pleure : 

— Maman, maman, j'ai 
froid, j'ai faim. 

— Mon pauvre petit, je 



n'ai pas à'acheloires (Argot 
du peuple). 

ACCESSOIRES : Objets de 
théâtre. 

Dans le peuple, on donne 
à ce mot un tout autre sens : 
accessoires, les testicules 
(Argot du peuple). N. 

AFFAIRE : Pour les voleurs, 
tous genres de vols sont des 
affaires (Arçot des voleurs). 

AFFE : La vie. 

Les voleurs vivant dans 
des transes continuelles, 
comme le mourant, ils ont 
des affres. 

Affres en français signi- 



324 



AVO 



hXL 



fie angoisses (Argot des 
voleurs). V. A^e {Dicl.). 

AGACER UiN POLICHI- 
NELLE SUR LE ZINC : 
On nomme polichinelle un 
verre d'eau-de-vie, environ 
un cinquième de litre, que 
certains pochards abrutis 
boivent sur le zinc. 

Il en est qui agacent 
jusqu'à cinq polichinelles 
dans une matinée (Argot du 
peuple). N' 

APPUYER : Abaisser un dé- 
cor, le faire descendre des 
frises sur la scène. A. D. 
Appuyer est pris dans 
un autre sens : 

— Je vais m' appuyer' 
six heures de chemin. 

— Je vais m'uppuyer ce 
vieux birbe sur l'eslomac, 
quelle corvée ! 

— Je vais m'appuger 
une chopine (Argot du peu- 
ple). N. 

ARTONNER : Tromper la 
police. 

C'est l'insaisissable Ai'- 
ton à qui revient l'honneur 
de ce mot. 

-^ Depuis six marqués, 
fartonne l'arnaque (Argot 
des voleurs). N. 

AVOIR LE FIL : Un couteau 
qui coupe bien a le fil. 

Un individu malin, rusé, 
possède le fil. 

— Y a pas moyen de lui 
mettre à ce g once là, il a 
lefiL 



Avoir le fil, être au cou- 
rant de toutes choses et être 
constamment en éveil (Ar- 
got du peuple). N. 

AVOIR L'ÉTRENNE : S'olfrir 
une chose neuve. 

Elle me dit : Mon vieux, 

Pâme-toi si tu veux, 

Tu n'en auras pas Vétrenne. 

Faire étrenner un cama- 
rade ; lui flanquer une bonne 
volée (Argot du peuple). N. 
AV OIR xMANGÉ SES PIEDS : 
Plier de la bouche (Argot 
du peuple). 



RAISSER UNE ESPACE QUI 
LÈVE : Dans les ateliers 
de typographie, quand un 
camarade envoie chercher 
un litre par l'apprenti, il le 
met sous son rang — le 
prote n'aime pas que l'on 
boive pendant le travail ; — 
il verse une rasade et fait 
dire au copain qu'il veut 
régaler : 

— Viens donc baisser 
une espace qui lève. 

Synonyn^e de lever le 
coude (Argot d'imprimerie). 
N. 

RALAYÉ : On balaye une 
foule à coups de canon. 

On balaye des ouvriers 
qui ne font pas l'affaire du 
patron. 

On balaye la femme 
quand elle devient par trop 
gênante. 



BAT 



BIB 



3-25 



Balayé : synonyme de 
netloijage (Argot du peu- 
ple). N. 
I5AIIBE A POLX : Barbe de 
capucin, barbe en bi'ous- 
saille, longue, sale el cras- 
seuse, dans laquelle jamais 
le peigne ne [)énclre ; les 
poux peuvent y niciier à 
Taise sans crainte d'être 
dérangés {Ai*got du peuple). 
N. 

BAROMtTRE : La médaille 
des députés. 

Pour le eoilVeiu' ou Tou- 
vrier clia[)elier (pii «piitte 
son rasoir ou balance son 
tablier par un caprice du 
sulVrage universel, la mé- 
daille qu'il a dans sa poche 
marque le beau tixe pendant 
quatre ans. 

Elle est pour lui le baro- 
71) être du bonheur (Argot 
du peuple). N. 

BATTRE LA BRELOQUE: 

Les tapins^ au régiment, 
battent la breloque \>oy\v 
annoncer l'heure de la soupe. 

Une pendule détraquée 
qui marche comme les mon- 
tres marseillaises, lesquelles 
abattent l'heure en quarante- 
cinq minutes, bat la bre- 
loque. 

Avoir le coco fêlé, ne 
plus savoir ce que l'on fait, 
avoir des moments d'ab- 
sence, c'est battre la bre- 
loque. 

On dit également : battre 



la campa g7ie (Argot du 
peuple). 

RiaiENGF'RISME : En être 
atteint, c'est une maladie 
bien désagréable. 

Le Père la Pudeur (pii 
lonclionne au bal de l'Ely- 
séc-Montmarln; bérengé- 
rise les danseuses qui lèvent 
la jand)e à hauteur de r<eil, 
sans pantalon : 

— Veux-tu cacher ton 
prospectus ? dit le vieil em- 
})écheur de danser en rond. 

— Ça m'est recommandé 
jtar mon médecin de lui 
laire prendre l'air, répond 
la Môme Cer celas (Argot 
du peuple). N. 

BÉQUET : Le passi/teur met 
dttabéquets, des pièces, aux 
vieux souliers ; il en existe 
qui arrivent à une perfection 
si grande qu'il est impos- 
sible de découvrir la pièce 
(Argot du peuple). 

BÉQUET : Terme d'imprime- 
rie. 

Petits paquets de com- 
position pour ajouter ou 
compléter un grand paquet. 

En corrigeant un article, 
on ajoute des. petits béquets 
à droite et à gauche pour le 
corser (Argot d'imprime- 
rie). 

BIBARDER : Vieillir. 

— C'est extraordinaire 
comme les chagrins te font 
bibarder. 

19 



326 



BOU 



BOU 



Bibarder veut aussi dire 
boire. 

— Bibardons-nous une 
tasse ? (Argot du peuple). 

iîlF.N DE LA MAISON (Es- 

lu) : Expression employée 
au jeu de manille. 

Dans la partie à quatre, 
les joueurs sont deux à 
deux ; ils se questionnent à 
Yoix haute pour savoir com- 
ment diriger leur jeu : 

— Es-tu bien de la 
maison ? As-tu beaucoup 
d'atout ? (Argot du peuple). 
iV^. ■ 

DINAISE : Abréviation du 
mot combinaison. 

Binais e : tirer un plan 
pour faire quelque chose. 

— Faisons une binaise 
pour nous olli'ir un kilo 
(Argot d'imprimerie). N. 

BOEUF (Avoir un màie) : Être 
fort en colère. 

Superlatif de bouffer son 
bœuf (Argot d'imprimerie). 
BOUCHON : Bourse. 

Allusion à l'argent qu'elle 
contient, qui sei-t à boucher 
des trous. 

Pour payer une dette, on 
(lit : bouclier un trou (Ar- 
got du peuple). 
BOUIF : Mauvais ouvrier. 

On disait cela primitive- 
ment des ouvriers cordon- 
niers, mais depuis, cette 
expression s'est étendue à 
tous les corps de métiers. 

Un mauvais écrivain ou 



un mauvais acteur, c'est un 
bouif {kv^oi du peuple). 

BOULANGER (Le): Le diable 

(Argot des voleurs). 
BOULANGER QUI MET LES 
AMES AU FOUR (Le): Le 
diable qui fait cuire les gens 
en enfer (Argot des voleurs). 
BOULE DE SUIF: Homme 
ou femme gras à lard (Argot 
des voleurs). 
BOULOÏTER DE LA CALI- 
JATTE : Cette expression 
très pittoresque aune saveur 
toute particulière ; elle est 
connue depuis peu. 

Boulotter : manger ; ca~ 
lijatte : secret. 

Mot à mot : manger du 
secret. 

On sait que la cellule est 
la terreur du plus grand 
nombre des détenus, mais 
elle est un paradis relatif 
quand il n'est pas au secret. 

Être au secret est un 
supplice épouvantable. On 
comprend que les plus en- 
durcis voleurs redoutent 
cette torture; cela explique 
qu'ils sont parfois empêchés 
de commettre un acte cri- 
minel ou qu'ils avouent tout 
ce qu'on leur demande pour 
éviter de boulotter de la 
calijatte pendant de lon- 
gues semaines (Argot des 
voleurs). N. 
BOUQUET : Quand un noîir- 
risseur de poupard a bien 
préparé une alfaire, et (pie 



r>pj 



CAP) 



3v'7 



le vol a élé rriicUieux. il 
reçoit une prime de ses 
complices, quelcpietois qua- 
laiile pour ceul.; cela se 
nomme recevoir un bouquet 
( Ari,'ot des voleurs). 

liOrUDON : Quand le met- 
teur en page ne s'aperçoit 
pas qu'un mot a élé oublié 
en conq)osant un article, ce 
dernier devient incompré- 
hensible. 

S'il s'en aperçoit et qu'il 
faille remanier le paquet, 
c'est enlever le bourdon 
- (Argot d'imprimerie). 

I BRANCAPiD : Un vieil adage 
dit que les femmes c'est 
conune les souliers : quand 
c'est vieux, ça boit. 

Toutes ne boivent pas ; 
il en est qui, trop vieilles 
pour continuer leur profes- 
sion, instruisent les jeunes 
et leur apprennent les se- 
crets du métier. 

-^lot à mot : brancard, 
aller traîner les appren- 
ties putains sur le iHmard 
(Argot des lilles). 

lUUCOLE A CHEVEUX : Le 
peigne ou l'épingle qui fixe 
le chignon d'une femme 
(Argot des voleurs). N. 

lîllISER : S'en aller. 

— Mon vieux, il est 
l'heure de la mouise, je me 
la brise au galop. 

Quand une commandite 
d'ouvriers compositenrs a 
achevé son travail, le met- 



teur en page frappe sur sa 
casse avec un taqicoir. 

Ce signal veut dire : c'est 
fini, brisez (Argot d'impri- 
merie). 
lUiODEUSE : Homme et 
lénnue à la fois. 

De la lamille des pédé- 
rastes (Argot du peuple). 
nnULER LA CHANDELLE 
PAU LES DEUX DOl ÏS : 
Individu qui dépense sans 
compter, qui jette son ar- 
gent par les fenêtres. 

— ïu brûles la chan- 
delle par les deux bouts 
(Argot du peuple). N . 

BUSTIXGUE : Garni. 

Il en existe un célèbre 
dans la rue de Flandre, à 
la Villette. C'est là que 
descendent les saltimban- 
ques et les phénomènes qui 
viennent se faire engager. 

On nomme bustingue 
tous les garnis où logent 
les ambulants (Argot des 
voleurs). 



ÇA NE VA QUE D'UNE 
FESSE : Chose qui va mal. 

Besogne accomplie avec 
répugnance. 

Être très malade (Argot 
du peuple). iV. 

CABARET DES SIX-FES- 

SES : Auberge tenue par 
trois femmes (Argot du peu- 
ple). iY. 



328 



CAR 



CAR 



CACHET DE LA RÉPUBLI- 
QUE : C'est un coup de 
pied canaille. 

Quand deux hommes se 
battent, le plus fort, d'un 
coup de talon, écrase la fi- 
gure de son adversaire. 

Il Impose le cachet (Ar- 
irot du peuple). 

CAILLÉ : Poisson cpielle que 
soit sa nature. 

11 est caillé, il a des 
écailles fArgot des vo- 
leurs). 

CALLOT : Teigneux 

Vient de calabre, teigne 
(Argot des voleurs), 

CAMBROU : Domestique 
mâle. 

Il garde la camhrouse 
(Argot des voleurs). 

CAMELOTTE EN POCNE ; 
Voler un objet quelconque 
dans la main de quel {u'un 
(Argot des voleurs). 

CANULE : Petit instrument 
placé au bout d'une serin- 
gue, d'un irrigateur. 
Canule : Être ennuyeux. 

— Ah ! làclie-nous, voilà 
une heure que tu nous ca- 
nules (Argot du peuple). 

CANELLE ; La ville de Caen. 

— Il y a un hath chopin 
à faire à Candie, en es-lu ? 
(Argot des voleurs). 

CAPOU : Écrivain public (Ar- 
got des voleurs). 

CARCAN A STRAPONTIN : 
Vieille fille publique. 



De carcan : vieux che- 
val (Argot des filles). 

CARIBENER : Vol à la carr. 

Le voleur qui a cette 
spécialité se nomme un ca- 
ribeneiir (Argot des vo- 
leurs). 
CARLINE (La) : La mort. 

Ce mot est usité dans 
les bagnes pour désigner 
cette vilaine personne. 

Allusion au personnage 
de Carlin dont le visage 
est couvert d'un masque 
noir (Argot des voleurs). 

CARRELEUR DE SOU- 
L1I']RS : Ouvrier lorrain 
qui vient tous les étés par- 
courir nos campagnes avec 
sa hotte sur le dos. 

Il raccommode les sou- 
liers. 

Ce nom lui vient de ce 
qu'il crie : carreleur de 
souliers. 

Ce à quoi les gamins ré- 
pondent : 

— Gare l'aut' soulier ! 
(Argot du peuple). 

CAROTTE FILANDREUSE : 

Carotte tirée de longueur, 
nais peu claire comme 
explications. 

Allusion à une vieille ca- 
rotte pleine de filaments. 
qui ne se digère pas facile- 
ment. 

— Ça ne prend pas, la 
' carotte est filandreuse 

(Argot du peuple). N, 



CHI 



DÉB 



329 



C.VZIN : Partie debillaid qui 
se .joue avec une quille au 
milieu du lapis (Argol du 
jieuple). JV. 

CAZINER : Jouer au cazin. 
taire toucher par la bande 
les billes, en jouant avec la 
rouge (Argot du peuple). 

CHAT (Mon petit) : Ternie 
d'amilié employé souvent 
vis-à-vis d'une jeune lille. 
Chat... (Argot du peu- 
ple). V. Tàte-minette. N. 

CUATOLILLE (Une) : Ine 
cliansonnette. 

Vieux terme degoguelle: 

— Allons, déffoise-nous 
ta petite chatouille (Argot 
du peuple). N. 

CilENAH.LER : Faire des 
reproches à quehpi'nn. 

C'est une latjon polie pour 
ne pas dire engueuler. 

— Je ne t'ai pourlant 
rien fait pour que tu soies 
toujours à me chenaillcr 
(Argot du peuple). iV^. 

CIIÉQUARDS : Les députés, 
ou, du moins, les Cent- 
Quatre à qui on reprocha 
si vivement d'avoir reçu 
des chèques du baron de 
Reinach et du fameux Ar- 
ton (Argot du peuple). N. 

CHEVALIER DE LA RO- 
SETTE : Homme qui aime 
son sexe (Argot du peu- 
ple). N. 

CliirFARDE : La pipe. 

— Pas mèche de fumer 



ma chiffarde, pas de saint- 
père (Argot du peuple). 
CIROULOT : La tète. 

Perdre le ciboulot : per- 
dre la tète. 

Se làire sauter le cibou- 
lot : se brûler la cervelle. 

— Son ciboulot est vidé 
(Argot du peuple). N. 
CLAIR COMME DE L'EAU 
DE ROUDIN : Affaire obs- 
cure, end)rouillée. 

Mot à mot : aflaire téné- 
breuse. 

Allusion à la noirceur de 
Veau qui sert aux charcu- 
tiers pour faire cuire le bou- 
din (Argot du peuple). N, 
COUP DOUBLE : Deux ju- 
meaux. 

Ce mot peut se passer 
d'exi)lications (Argot du 
peuple). N. 



DARONNE DU DARDANT : 

La déesse Vénus. 

Baronne, mère ; dar- 
dant, amour. 

Mot à mot : la mère des 

amours (Argot des voleurs). 

DARONNE DU GRAND 

AURE : La Sainte Vierge. 

Je n'ai pu trouver nulle 
part la signification du mot 
a%ire (Argot des voleurs). 
DËBRICADRAQUÉ : Un bric- 
à-brac monte sa boutique 
de bric et de broque, ric- 
à-rac (petit à petit). 

19. 



330 



FAG 



FIN 



On construit une pièce 
avec di lièrent s morceaux, 
un béqtoet par-ci, un bcqiiet 
par-là. Si elle ne plaît pas 
au directeur, il laut que 
l'auteur la retape, qu'il la 
débricahraque . 

Mot à mol : qu'il la dé- 
molisse pour la rebrica- 
braqi^er (Argot du peuple). 

DËCADENER : Quand le gen- 
darme Ole le cabriolet d'un 
prisonnier, il le décadène. 

Mol à mot : il le de- 
chaîne. 

On dit également dédu- 
railler (Argot des voleurs). 
DËFILER SON CHAPELET : 
Quand deux commères se 
disputent, c'est un déluge 
de paroles et d'épilliètes 
interminable. 

— As-tu vu comme je 
lui ai défilé mon chapelet ? 

Allusion au chapelet 
qu'une dévote fait tourner 
toute sa vie dans ses mains 
sans en trouver la fin (Argot 
du peuple). N. 

DEGUI : Abréviation de dé- 
guisement (Argot des vo- 
leurs). 



FAGOT AFFRANCHI : Forçai 
libéré. 

Mot à mol : il est affran- 
chi de ses fers (Argot des 
voleurs). 



FAGOT A PERTE DE VUE : 

Condamné aux travaux for- 
cés à perpétuité. 

Par abréviation on dit : 

gerbe à perpète (Argot des 
voleurs). 

FAIRE : Les bouchers font 
un animal à l'abattoir. 

Faire : tuer, voler. 

Faire quelqu'un : le le- 
ver. 

Faire : synonyme de fa- 
briquer (Argot du peu[)le 
et des voleurs). 

FAIRE LA TORTUE : Ne 
rien manger, 

Jeûner volontairement 
ou par la force des choses 
(Argot des voleurs). N. 

FEMMEDECARÈME:Femm. 

outrageusement maigre . 

Un hareng saur en ju- 
pons (Argot du peuple). .Y. 

FERME TA GUEULE OU JE 
SAUTE DEDANS : Ou dit 

cela à un individu qui haiile 
à se démantibuler la mâ- 
choire, ou qui braille à 
vous assourdir (Argot (hi 
peuple). N. 

FIN-DE-SIÈCLE : Celte ex- 
pression nouvelle veut dire 
bien (les choses. 

Un chapeau excentrique 
est fin-de-siècle. 

Une chanteuse comme 
Yvelte, une danseuse jiomme 
la Goulue., un livre ou une 
pièce où les expressions 
sont ce qu'il y a de plus 



FON 



IIOT 



331 



réaliste, tout cela est fin- 
de-siècle (Argots divers). 

N. 

FLAMSIK : Flamand. 

C'est une corruption du 
mot flahut (Argot des vo- 
leurs). 

ILAXCIIE : Alï'aire. 

— Si tu veux, uïon vieil 
aininche, nous avons un 
rude flanche en vue? 

— Je le connais ton 
flanche à la manque (Argot 
des voleurs). 

l'LAC'l'l'^T : Le gousset du 
pantalon, ou la poche du 
gilet. 

C'est là généralement ou 
on met son argent. 

Flac^ sac ou argent, de 
là flaquet (Argot des vo- 
leurs) . 

I LEUR DE CONNERIE : 
Suprême imbécile, crème 
de crétin. 

Mot à mot : le roi des 
gaffeurs (Argoi du peuple). 
N, 

FLOIE : La foule. 

Quand la foule est nom- 
breuse, les voleurs peuvent 
travailler à leur aise (Argot 
des voleurs). 

FONXÉE : Une mariée est 
en bla7ic le matin, le soir 
elle change de costume, les 
loustics disent qu'elle est 
en foncée (Argot du peu- 
ple). .Y. 

FONDANTS : Des bonbons 



pustuleux qui suintent sans 
cesse. 

On dit : il a des bon- 
bons fondants (Argot du 
peuple). N> 
FOUINARD : Individu qiii 
fouine partout, qui fourre 
son nez dans les allaires des 
autres. 

Fouinard date de la 
pièce de Lesurques ; c'était 
l'acteur Alexandre qui jouait 
le rôle de ce personnage 
(Argot du peuple). 

FOUKLINE: Vient de fmr- 
loureur . Ce mot signitie à 
la fois voleur et asssassin 
(Argot des voleurs). 

FRICOTEUR : Agent d'allai- 
res, synonyme de tripo- 
teur. 

Au régiment, les trou- 
piers qui coupent aux exer- 
cices, aux corvées, en un 
mot au service, sont des 
fricote urs (Argot du i)eu- 
ple). 

H 

HUILE DANS LA LAMPE 

(N'avoir plus d') : Mourir. 
Allusion à la lampe qui 
déteint faute d'huile (Argot 
du peuple). N. 

IIOTEL-DIDEROT : La [)ii- 
son de Mazas. 

On dit également J/«2:a,s- 
les-Bains (Argot du j)ea- 
ple). N. 



332 



MON 



MOT 



M 

iMALHEUREUX (Être) : C'est 
l'état de pauvreté, en fran- 
çais. 

En typographie , celte 
expression a une autre si- 
gnification. 

Dans une équipe, chacun, 
à tour de rôle, a son 
tour de malheureux, la 
liste en est affichée dans 
Tatelier de composition. 

Les malheureux restent 
après les autres pour corri- 
ger, faire les 7» or as s es et 
serrer les formes (Argot 
d'imprimerie). JV. 

MANCHE (Avoir son) : Être 
fornjidablement en colère. 

Un compositeur typogra- 
piie qui a de la mauvaise 
copie (la mienne par exem- 
ple) qu'il ne peut lire, a 
son manche contre l'auteur. 
Heureusement que ce 
n'est pas celui du balai. 

Synonyme d'avoir sa chè- 
vre (Argot (rim})rimerie), 

MESSIÈRES : Victimes. 

Cet mot est très vieux; il 
a été employé par Eugène 
Sué, à propos du person- 
nage du 3Iailre d'école, à 
qui la Chouette dit : 

— Ma vieille fourline, 
attention, v'ia le's messiè- 
res (Argot des voleurs). 

MON LINGE EST LAVÉ : 
Quand deux individus se 



battent, celui qui est vaincu 
dit qu'il a son linge lacé. 
Etre arrêté a la même 
signification (Argot des vo- 
leurs) . 

MOULIN A CAFÉ : Le tri- 
bunal correctionnel. 

Allusion à la vitesse avec 
laquelle les juges expédient 
les affaires. 

Les prévenus sont con- 
damnés à la vapeur (Argot 
du palais). N. 

MOUILLER SES BIBE- 
LOTS : Pisser dans son 
pantalon (Argot du peuple). 

MOTS A QUEUE : C'est une 
plaisanterie d'atelier fort 
amusante. 

C'est un homme deVar- 
tichaud Colas. 

On en a fait des à-peu- 
près tout aussi drôles sur 
les heures. 

Il est une heure, [teneur \ 
de livres. 

Deux heures, {deux 
sœurs) de charité. 

Trois heures [toiseur) 
vérificateur. 

Quatre heures , {car- 
deur) de matelas. 

Cinq heures, {zingueur) 
plombier. 

Six heures, [ciseleur) 
sur métaux. 

Sept heures (<?(?/^^ heure) 
est la mienne. 

Huit heures, {huîtres) 
d'Osten.le. 



NOI 



PLU 



333 



Neuf heures, {neveu) 
de son oncle. 

Dix lieures, (diseur) de 
bonne aventure. 

Onze lieures. {on se) ré- 
unira à la maison njor- 
tuaire pour midi (Argot 
des ateliers). 



N 

N'KX JKTKZ PLIS, LA 
COLll EST 1MJ:L\E : De 

18 IS 1 18G0, il exista un 
homme mystérieux qui 
chantait dans les cours ; 
son élégance et sa distinc- 
tion l'avait fait surnommer 
le marquis. 

Avec une 
aille, il chantait le réper- 
toire de Désaugiers. 

Aussitôt qu'il arrivait, 
les sous commen(,\iient à 
pleuvoir drus comme grêle, 
il s'arrêtait avant d'enta- 
mer une nouvelle chanson 
et criait : 

— N'en jetez plus, la 
cour est pleine. 

I/ex pression est restée 
comme synonyme de : j'en 
ai assez {kv^oi du peuple). 
N. 
NOIRE COMME LE CUL 
DU DL\BLE : Se dit d'une 
femme brune, presque mo- 
ricaude. 

On dit également de 
quelqu'un qui a la cons- 
cience chargée de nombreux 
méfaits : 



— Son âme est noire 
comme le cul du diable. 

Se dit aussi d'une aftaire 
embrouillée, dans laquelle 
personne ne voit goutte 
(Argot du peuple). 



PATTE DE VELOURS 

(Faire) : Avoir envie de 
dire des injures à quel- 
qu'un et au contraire lui 
faire risette.. 

Avoir envie à'égrati- 
gner et au contraire cares- 
ser. 

Allusion au chat qui 
rentre ses griffes quand il 
est content : 

— H fait patte de ve- 
lours (Argot du peuple). 
N, 
PHILOSOPHES : Des sou- 
liers. 

Ils sont bien forcés d'ac- 
cepter le temps comme il 
est, boue ou neige, et le 
pied qui les chausse. 

On appelle également 
philosophes des grecs qui 
opèrent seuls dans les cer- 
cles et dans les tripots. 

Le philosophe d'allu- 
mage est celui qui prépare 
les pontes, qui en ce cas 
deviennent des pantes 
(Argot du peuple). N. 

PLUS DE GAZ DANS SON 
COMPTEUR : Mourir. 
I^e robinet de la vie est 



334 



SCI 



STO 



fermé, les yeux sont éteints 
(Argot du peuple). N. 
PUTAINS DES PAUVRES : 
Les députés 

Cette expression nou- 
velle n'est pas très polie 
pour les Bidards du suf- 
frage universel, si on s'en 
rapporte à la légende de 
Sainte-Thérèse. 

Seulement cela ne doit 
pas être pris dans le même 
sens, car si les députés sont 
putains ce n'est pas par 
charité (Argot du i)euple). 
N. 

Q 

QUENOTTES : Les dents. 
— Fais voir, mon petit 
ami, tes jolies quenottes 
(Argot du peuple). 



S 



SANGLIER : Le prêtre. 

Pourquoi ? 

Le prêtre n'a pourtant 
rien du sanglier, ni les al- 
lures, ni la rudesse, car il 
ne tient pas tête à ceux qui 
le combattent (Argot des 
voleurs). 
SCIER SON ARMOIRE : 
Quand le contrebassiste , 
dans un orchestre, fait sa 
partie, les voyous disent : 

— Il scie son armoire. 

Allusion de forme (Argot 
<hi peuple). N. 



SE PAYER UN COUP DE 
VEUVE : S'offrir une sa- 
tisfaction personnelle soli- 
tairement. 

La veuve, c'est madame 
Poignet. 

Quand un assassin lùigrc 
m\ pante, il s'oftre un covi) 
de veuve, seulement c'est 
Chariot qui opère à sa 
place, et la satisfaction 
n'est pas synonyme de 
jouissance (Argot du peu- 
ple). N. 

SI MA TANTE ÉTAIT UN 
HOMME. 

Cette expression est em- 
ployée communément dans 
le peuple pour exprimer 
l'absence de la virilité de 
la femme : 

— Si ma tante en avait 
elle serait colonel dans la 
garde nationale (Argot du 
peuple). N- 

STOPPER : Stopper, arrê- 
ter. 

Le mécanicien arrête la 
machine, il stoppe. 

On dit à un orateur qui 
fait un discours maladroit : 
stoppez, dans le sens de 
taisez- vous. 

La science du tailleur a 
créé le stoppeur, celui qui 
reprise les accrocs aux vê- 
tements. 

Il est regrettable que 
son aiguille habile ne puisse 
repriser les consciences, il 
aurait eu un J'ude ouvniLie 



ta:m 



TRO 



335 



au Palais-Bourbon (Argot 
(lu peuple). 
SUIF (En reeevoir un) : Être 
forlement réprimandé par 
le patron. 

On (lit également rece- 
voir un gras 

— J'ai perdu un tiers, (:e 
(pu' le contre-coup n\'A 
graissé, c'est un vrai 
beurre. 

Deux mots pour expri- 
mer le même objet (Argot 
(lu peuple). 
SI KETTE : Pomme. 

Allusion à l'acidité de ce 

IVuit cpie Ton rencontre en 

Normandie sur les grandes 

roules (Argot des voleurs). 

SYMBOLE (Avoir un) : 

Avoir un compte ouvert 
ehez le mastroquet (Argot 
d'imprimerie). 



lABLEAU-RADIS : Toile cpie 
le marchand n'a pu Vendre. 

Quand il retient à l'ale- 
lier"!! on dit : mon tableau- 
radis. 

On en dit autant d'un 
livre : un Hcre-radis. 

Allusion au radis rose 
ou noir qui occasionne des 
renvois (Argot d'atelier). 
lAMBOUR : Chien. 

Quand un étranger pé- 
nètre dans une maison, les 
aboiementsréitérés du chien 



imitent le roulemeut du 
tambour. 

E'expression alarmiste., 
citée plus haut, est plus 
juste (Argot des voleurs). 

ÏABTE : Chose de mauvaise 
qualité. 

Les i'aux-monnayeurs sont 

des morni fleurs-tarte. 

Ils écoulent de mauvais 
argent. 

Allusion aux tartes faites 
avec de la vieille graisse et 
de la l'arine avariéi; que l'on 
vend dans les têtes foraines 
(Argot des voleurs). N. 

TEMB LA CHANDELLE : 

Mari complaisant qui sait 
que sa fenune le trompe et 
qui accepte ça très tranquil- 
lement. 

I/amant de cœur d'une 
lille entretenue. 

Ils tiennent la chan- 
delle (Argot du \)euple). 

TIBE-BOGEE : Voleur à la 
tire qui a la spécialité de 
faire les montres (Argot 
des voleurs). 

TOILE D'EMBALLAGE: Lin- 
ceul. 

Cette expression est tou- 
toujours en usage, malgré 
que dans les h(jpitaux on 
n'ensevelisse plus les morts 
dans des serpillières (Ar- 
got du peuple). 

TROU AUX POMMES DE 
TERRE : La bouche (Argot 
du peuple). 



336 



VIO 



VOL 



VERTU NAUFRAGÉE: 

Jeune fille qui ne pourrait 
plus être couronnée ro- 
sière, même laïque ; sa 
vertu a fait naufrage sur 
le gazon ou ailleurs (Argot 
du peuple). N . 

VIDER LE PLANCHER : 
S'en aller. 

— Mon p'iit, ça ne mar- 
che plus, tu vas vider le 
plancher (Argot du peu- 
ple). 

VIOLON : Les serruriers, 
pour percer des petits 
trous, se servent d'un foret 
emmanché dans une bobine 
})our l'activer ; ils ont une 
tige d'acier llexiljle, garnie 



d'un fil d'archal, ils ap- 
puient le pivot du foret sur 
une plaque de fer assujétie 
sur l'estomac ; cette plaque 
se nomme conscience, la 
tige d'acier se nomme un 
archet. Par le va et vient 
du foret, l'ouvrier joue un 
air de violon (Argot du 
peuple). iV. 

VOITURE A BRAS : Vieille 
femme. 

Celte expression est em- 
ployée pour dire qu'elle est 
une vieille charrette qui 
a traîné la moitié du Paris 
masculin (Argot du peuple). 

VOLE-AU-VENT : Plume 



FIN 



Ail moment d'imprimer celle dernière feuille, il 
m'arrive une série d'expressions nouvelles qui seront, 
pour compléter ce volume, publiées en supplément, 
à part. 



Imp. Lambert, Épinette et Cie, 231, rue Championnet. 



Pariï 



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PC Virmaitre, Charles 

3741 Dictionnaire d'argot 

V3 fin-de -siècle